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Une jeune association s’engage en faveur de la politique communale

Comment encourager des jeunes à s’engager politiquement au niveau communal? Cette question préoccupe de nombreuses communes. Depuis début 2025, l’association «Generation Gemeinderat» («Génération Conseil communal») s’attaque à la question. Elle est issue d’un projet mené par un groupe d'étudiantes et d'étudiants de la Haute école des arts de Berne. Dans le cadre de leurs études, elles et ils ont développé un jeu de cartes sur la politique communale qui s’adresse aux jeunes et ont organisé un événement de réseautage à Bienne. L’association s’est maintenant constituée indépendamment de la haute école et prévoit d’autres mesures. Par exemple des actions lors des cérémonies des jeunes citoyennes et citoyens, une plateforme d’information et de réseautage ainsi que des projets en collaboration avec des communes. Pour les quatre membres du secrétariat de l’association, il n’y a pas de solution simple pour motiver des jeunes dans une commune, il faut plutôt développer une stratégie globale. Informations (en allemand): www.generationgemeinderat.ch Nadja Sutter

Donner un visage aux citoyennes et citoyens

Dans le cadre d’une campagne d’image de l’Association des communes bernoises, des citoyennes et citoyens appellent depuis 2017 à travailler pour les communes et à exercer ainsi une activité porteuse de sens et variée. La campagne a été complétée en 2022 et en 2025 par des films promotionnels. Ceux-ci offrent une nouvelle opportunité de présenter les avantages des communes en tant qu’employeuses proposant des domaines de responsabilité passionnants. Les clips vidéos sont depuis 2023 utilisés chaque été pour une campagne sur les réseaux sociaux. Cette campagne de publicité payante vise spécifiquement un public jeune et est directement mise en lien avec les offres de places d’apprentissage des communes. Ces dernières doivent faire face à une forte concurrence sur le marché du travail. Il est donc central qu’elles puissent promouvoir activement leurs avantages auprès du public. Informations sur la campagne: https://www.begem.ch/de/dienstleistungen/Imagekampagne/Version-francaise Monika Gerber

Brigue-Glis lauréate du Prix Wakker 2026

Avec ses quelque 14 000 habitantes et habitants, Brigue-Glis est la plus grande commune germanophone du Valais. Le Prix Wakker ne distingue toutefois pas seulement le célèbre château de Stockalper mais aussi et surtout la démarche de la commune. Un modèle sert de fil directeur pour le développement spatial, du centre-ville historique jusqu’aux quartiers villageois. D’anciens bâtiments ont été reconvertis avec soin: le château in den Matten a été transformé en une structure d’accueil pour enfants et jeunes, l’ancien arsenal est aujourd’hui un lieu de rencontre culturel. Lors de projets de construction ou de transformation, la commune mise régulièrement sur des concours afin de garantir la qualité. Après les inondations de 1993, la vieille ville est devenue une zone sans voiture et adaptée aux piétons. Des surfaces désimperméabilisées, de nouvelles allées d’arbres ou un projet de parc à abeilles sauvages montrent comment de nombreux petits pas engendrent ensemble une stratégie à long terme. Fabio Pacozzi

Participation numérique dans les communes

Des exemples dans diverses communes le montrent: l’inclusion numérique accroît la participation. «A Aesch (ZH), il s’agissait surtout d’intégrer les nouveaux arrivants dans cette localité en forte croissance», indique André Guyer, le président de la commune. «Afin de permettre à tout le monde de participer, nous devons emprunter de nouvelles voies», note-t-il. Lors de la révision du règlement sur les constructions et les zones, une procédure de consultation numérique a été organisée. André Guyer se félicite du résultat. «Nous avons reçu beaucoup de réactions que nous avons pu utiliser pour améliorer le projet.» La commune de Schwytz a pour sa part mis sur pied une «Landsgemeinde numérique» et a consulté la population sur le développement futur du centre-ville au moyen d’un outil numérique. Les participantes et participants ont pu faire part de leurs idées. Selon le maire, Peppino Beffa, un large éventail de la population a participé et s’est parfois impliqué dans les débats à de nombreuses reprises. Bruno Hofer

Un assistant virtuel, mais plus que jamais une équipe derrière

Comment offrir aux communes un accès rapide et fiable à l’information, tout en renforçant l’accompagnement humain? Cette question a guidé le développement de l’assistant virtuel de l’Association des Communes Fribourgeoises (ACF), mis en ligne il y a quelques mois. Cet outil, fondé sur un moteur d’intelligence artificielle spécifiquement entraîné sur les contenus utiles aux communes du canton de Fribourg, est directement accessible depuis l’intranet de l’ACF. Il est alimenté par les documents de référence de l’association (fiches pratiques, modèles, FAQ, réponses rédigées par les collaborateurs, extraits de formations), ainsi que par les bases légales cantonales et fédérales pertinentes. L’assistant ne sort pas sur internet et n’utilise aucune source externe. Il fonctionne en circuit fermé. A ce jour, l’assistant virtuel a déjà répondu à plus de 1800 questions. L’analyse des requêtes montre que les utilisateurs posent majoritairement des questions précises, concrètes, souvent très ciblées: seuils de marchés publics, compétences des autorités, aides disponibles pour certains projets. Ces demandes expriment un besoin de «déblocage» rapide: une information claire pour prendre une décision, avancer dans un dossier ou orienter un citoyen. Contrairement à certaines craintes liées à l’arrivée de l’IA, l’outil n’a pas entraîné de baisse des sollicitations adressées à l’équipe de l’ACF. Au contraire, les demandes ont augmenté, mais elles sont devenues plus complexes, plus stratégiques, plus transversales. Le chatbot a permis de filtrer les demandes les plus simples, offrant à l’équipe le temps de se consacrer davantage à des situations nécessitant une analyse fine et sur mesure. Avec un peu de recul, une idée se confirme peu à peu: l’intelligence artificielle trouve tout son sens lorsqu’elle permet de renforcer le travail humain, et non de s’y substituer. Utilisée avec clarté et mesure, elle peut apporter un réel gain d’efficacité et contribuer à mieux valoriser les compétences de terrain. C’est le choix que nous avons fait, avec un outil ciblé, ancré dans les besoins concrets, au service d’une administration communale plus réactive. Le développement de l’assistant virtuel n’a pas exigé de moyens disproportionnés. Il s’est appuyé sur des briques technologiques existantes, adaptées à notre environnement, ce qui a permis de construire une première version fonctionnelle en quelques semaines. Grâce à une méthode agile et itérative, un prototype a pu être testé rapidement par des utilisateurs finaux, permettant d’ajuster l’outil avant une mise en service élargie trois mois plus tard. L’ensemble du développement a été réalisé avec l’appui d’experts locaux, permettant de renforcer la souveraineté de la solution, de contenir les coûts (moins de 20 centimes par habitant) et de rester dans un cadre budgétaire comparable à celui d’un site web complexe. Cet outil s’inscrit dans une stratégie plus large de services numériques pour les communes fribourgeoises. Il a été conçu comme un module supplémentaire de l’intranet, dans un esprit de mutualisation des compétences et des ressources. Il fait également l’objet de présentations régulières sur le terrain, au plus près des utilisateurs finaux, pour expliquer son fonctionnement, ses limites et ses cas d’usage concrets. «Le chatbot de l’ACF est une source précieuse d’information pour la commune. Nous nous préparons à l’utiliser davantage et de manière encore plus ciblée.» Julien Tüscher, syndic de la commune de Surpierre (FR) Julien Tüscher, syndic de la commune de Surpierre, raconte son expérience: «Le chatbot de l’ACF est un outil d’intelligence artificielle utile et fiable. Sa conception en vase clos garantit la qualité des réponses et renforce la confiance. C’est une source précieuse d’information pour la commune. Nous nous préparons à l’utiliser davantage et de manière encore plus ciblée — c’est une belle marge de progression pour l’administration comme pour les élus.» A moyen terme, plusieurs pistes d’amélioration sont à l’étude, notamment l’affinage des sources et une meilleure prise en compte de la jurisprudence cantonale ou encore des interactions plus contextualisées. Mais la logique restera la même: partir des besoins du terrain, tester, ajuster, expliquer. Et toujours garder une chose en tête: un assistant, oui. Mais plus que jamais une équipe derrière. Grégory Grin

Un meilleur vivre-ensemble grâce à l’intelligence artificielle

L’Institut Dalle Molle pour l’intelligence artificielle (IDSIA USI-SUPSI) collabore avec des communes tessinoises pour développer des algorithmes en vue d’une gestion et d’une consommation de l’énergie plus efficaces et plus durables. Il effectue aussi des recherches dans le domaine de la robotique sociale. «Lugaggia Innovation Community» avait pour objectif de maximiser l’autoconsommation d’énergie solaire locale grâce à l’utilisation d’algorithmes en lien avec l’intelligence artificielle. «Le projet nous a permis de comprendre les opportunités et les défis d’un point de vue social, technique et réglementaire», note Daniele Farrace, responsable innovation de l’Azienda Elettrica di Massagno (AEM) et porteur du projet. «Des robots chargés d’entretenir les espaces verts publics et des algorithmes conçus pour rendre la bureaucratie plus efficace: voilà à quoi pourrait ressembler, de plus en plus, l’avenir», estime Andrea Rizzoli, directeur de l’Institut Dalle Molle. «Il pourrait y avoir des robots qui s’occupent de l’entretien des espaces verts publics ou des algorithmes qui aident à rendre la bureaucratie plus efficace.» Andrea Rizzoli, directeur de l’Institut Dalle Molle (IDSIA USI-SUPSI) Nora Hesse

Comment soutenir le développement du numérique dans les écoles?

Les plans d’études en Suisse intègrent déjà des éléments de culture numérique, ce qui constitue une base solide. Mais dans un environnement qui évolue en permanence, il est nécessaire de poursuivre le travail, d’actualiser les contenus et de les enrichir. Former les jeunes à demain, ce n’est pas seulement leur apprendre à utiliser un logiciel ou à chercher une information en ligne: c’est leur donner les moyens de penser autrement, d’analyser, de créer et de comprendre le numérique qui les entoure. Concrètement, cela peut passer par des approches simples et transversales: analyser des réseaux sociaux en cours de langue, coder une simulation en mathématiques, questionner l’usage des algorithmes en histoire, expérimenter avec des capteurs en sciences, ou encore explorer la création numérique en art. On peut aller plus loin avec des projets interdisciplinaires où les élèves conçoivent une solution numérique à un problème de leur environnement, par exemple un projet confié par la commune, ou encore des ateliers où ils expérimentent l’usage d’une intelligence artificielle générative de manière critique et responsable. Préparer les jeunes à des métiers qui n’existent pas encore, c’est investir dans l’évolution des programmes scolaires et leur mise en cohérence. Le matériel viendra toujours en soutien. La valeur durable de l’éducation numérique se construit dans la culture. Grégory Grin

IA: beaucoup d’opportunités et de grands risques

L’IA a désormais de grandes potentialités: elle a par exemple conçu la page de couverture de cette édition. Elle pourrait aussi rédiger cet éditorial en quelques secondes. Derrière le texte que vous lisez se trouve néanmoins une humaine. L’IA peut certes formuler les choses de façon élégante, mais elle a plus de peine avec la vérité et à être proche de la pratique, ce qui est justement important dans «Commune Suisse». Nous voici déjà en plein dans la thématique. L’IA offre beaucoup d’opportunités pour les administrations communales et bon nombre d’entre elles utilisent déjà cette nouvelle technologie de façon judicieuse. Les communes ont toutefois aussi un grand devoir de vigilance. Elles sont responsables de la protection des données des habitantes et habitants et doivent s’assurer que celles-ci ne sont pas rendues publiques. Cela peut toutefois arriver rapidement si un outil d’IA est utilisé sans discernement. C’est pourquoi un expert en matière d’IA conseille, dans cette édition, à toutes les communes de se préoccuper de l’IA et de déterminer comment leur personnel doit utiliser cette technologie. Zollikofen (BE) l’a déjà fait. Vous apprendrez aussi dans ce numéro pourquoi de simples directives ne suffisent pas. Nous vous souhaitons une lecture intéressante! «Les communes sont responsables de la protection des données des habitantes et habitants et doivent s’assurer que celles-ci ne sont pas rendues publiques.» Nadja Sutter, rédactrice en chef «Commune Suisse» Nadja Sutter

Chatbots IA sur les sites des communes: sensé ou pas?

«Commune Suisse» a testé les chatbots IA sur les sites Internet des communes de Hochdorf (LU), Mendrisio (TI) et Morges (VD): nous avons demandé aux bots un contact pour les médias et ceci dans une langue étrangère. Le bot de Morges a été le plus performant. Il a immédiatement fourni le contact de l’office de la communication de la commune et a répondu à la question posée en allemand dans un allemand correct. A Mendrisio, il a fallu préciser la première question pour que le bot livre le résultat souhaité. Il a compris la question posée en allemand mais a répondu en italien. Le chatbot de Hochdorf a mis plus de temps à répondre, un délai peut-être lié au fait que la commune lucernoise n’a pas de responsable de la communication. Après trois questions supplémentaires en français, le bot a finalement donné le nom du président de la commune ainsi que l’adresse e-mail générale de la commune, aussi en français. Tous les chatbots mettent par ailleurs en lien les sources d’où proviennent les informations. Le phénomène des chatbots sur les sites web des communes est plutôt nouveau. Hochdorf utilise un chatbot depuis octobre 2024, Morges depuis janvier 2025 et Mendrisio depuis la mi-novembre 2025. Les trois communes indiquent qu’elles utilisent notamment des chatbots afin de permettre à la population de s’informer plus facilement et de décharger le personnel communal. «Notre site contient de très nombreuses informations et nous avons remarqué que quelques utilisatrices et utilisateurs avaient de la peine à trouver ce qu’elles et ils recherchaient», écrit Patrick Le Fort, chargé de communication de la ville de Morges. Le plurilinguisme des bots est un grand avantage pour les communes. Sur les sites des trois communes, la fonction de recherche est davantage placée en évidence que les bots qui apparaissent dans un coin au moyen d’une icône en forme de cercle. «Le bot a toujours été pensé en complément du site et de la fonction de recherche intégrée», note Thomas Bühlmann, secrétaire communal de Hochdorf. Les réponses de l’IA ne sont pas toujours correctes. C’est ce que montrent des études mais aussi les expériences vécues par les communes interrogées. Si le bot fournit une mauvaise réponse, cela irrite les citoyennes et citoyens et provoque un dégât d’image. Le risque peut être minimisé en limitant les sources que l’IA peut employer. A Mendrisio et à Morges, le chatbot n’a accès qu’aux informations prédéfinies par la commune. A Hochdorf, l’IA est aussi «alimentée» avec des informations spécifiques, mais peut par ailleurs effectuer des recherches dans l’ensemble d’Internet. Le chatbot de Morges a fait la une du journal local car il livrait de fausses réponses. La ville recueille maintenant des réactions et des expériences et prévoit de tirer un bilan afin de savoir si le chatbot offre vraiment une plus-value. Le chatbot de Mendrisio est encore dans une phase de test, une procédure que la ville recommande aux autres communes, comme le relève la responsable de la communication Laura De Santis Bernasconi. «Dans une prochaine phase, nous allons analyser les données d’utilisation afin d’identifier des possibilités d’amélioration.» Pour l’introduction de ces outils, les trois communes ont misé sur des entreprises locales et ont été accompagnées par des experts externes. Mendrisio et Morges ont choisi leurs partenaires sur la base des exigences strictes qu’ils pouvaient remplir en matière de protection des données. Les coûts varient et ne peuvent pas encore être chiffrés précisément par Morges et Mendrisio. A Hochdorf, ils s’élèvent à environ 5000 francs par an. Il ne faut en outre pas sous-estimer les efforts consentis par la commune pour tester l’outil avant son introduction, fait valoir Patrick Le Fort, à Morges. Les trois communes se montrent en principe satisfaites de l’outil. «Avec plusieurs centaines de requêtes par mois, nous partons de l’idée qu’il y a moins de demandes par téléphone», souligne Thomas Bühlmann, à Hochdorf. Selon Patrick Le Fort, le chatbot de Morges est consulté quelques fois par jour. «Nous sommes loin d’une forte utilisation.» Mendrisio ne peut pas encore fournir de chiffres concrets. Laura De Santis Bernasconi recommande à d’autres communes et villes d’intégrer l’introduction d’un chatbot IA dans une stratégie globale de transformation numérique. «Une cohérence des canaux de communication entre l’administration et la population peut ainsi être garantie, les processus peuvent être optimisés et les services en ligne être plus efficacement et plus facilement accessibles.» Nadja Sutter

Zollikofen a établi des directives IA

La commune de Zollikofen (BE) a introduit en automne 2025 des directives IA qui règlent l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle. L’élément déclencheur a été l’intérêt croissant de quelques collaboratrices et collaborateurs pour l’IA, alors que d’autres avaient des réticences. Les directives sont volontairement formulées de façon concise et pragmatique. Elles indiquent quelles applications sont autorisées ou non, comment la protection des données est assurée et précisent que l’IA ne peut pas prendre des décisions au sens légal du terme. Pour accompagner la notice et sensibiliser les collaboratrices et collaborateurs, la commune a organisé un atelier qui a eu un écho positif. Le secrétaire communal Stefan Sutter considère l’IA comme un outil utile qui peut augmenter l’efficacité, mais uniquement s’il est employé correctement. Selon lui, les communes ont en particulier une grande responsabilité en matière de protection des données. C’est pourquoi il est indispensable qu’elles se préoccupent de ce thème en tant qu’employeuses. Nadja Sutter

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