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La Suisse a besoin de la politique de milice

Le travail de milice est un thème auquel l’Association des Communes Suisses (ACS) est particulièrement attachée. Essentiel pour le fonctionnement de notre système politique, on le dit menacé. Trouver des candidats pour des mandats publics est de plus en plus difficile, la complexité des tâches communales s’accroît, la société se transforme. Et pourtant de nombreuses femmes et de nombreux hommes s’engagent avec enthousiasme à l’échelle communale. Dans cette édition de «Commune Suisse» et à l’occasion du 175 e anniversaire de la Constitution fédérale, nous jetons un coup d’œil sur l’histoire des communes suisses et nous nous interrogeons sur les défis du système de milice. Nous présentons la certification des compétences de conduite des membres des autorités communales par Swiss Leaders et l’ACS, ainsi que des modèles de conduite dans des communes alémaniques qui ont établi un partage des tâches et des responsabilités entre l’exécutif et l’administration. Le travail bénévole est aussi une ressource importante pour les communes. Le projet «Plus 65» analyse le potentiel qui existe dans ce domaine chez les seniors. L’exemple de Lichtensteig (SG) montre, quant à lui, comment les habitantes et habitants sont activement associés au développement de leur commune. Nous nous intéressons enfin aux élections fédérales d’octobre, grâce aux portraits de trois politiciens communaux qui sont candidats à l’échelle nationale: Barbara Schaffner, présidente de la commune d’Otelfingen (ZH), Alex Farinelli, président de la commune de Comano (TI), et Vincent Guyon, municipal de Rances (VD). Luisa Tringale

La commune en dialogue

Les communes sont l’échelon étatique le plus proche de la population. Un dialogue ouvert avec la population peut permettre aux autorités politiques d’en connaître les besoins spécifiques, les avis et les questionnements. Ce dialogue peut prendre différentes formes et avoir lieu, par exemple, dans le cadre d’une manifestation d’information autour d’un projet spécifique ou lors de rendez-vous plus informels. Ces échanges visent au bon fonctionnement de la vie locale. La plateforme nationale d’éducation à la citoyenneté Campus pour la démocratie coordonne depuis 2021 la Journée internationale de la démocratie en Suisse. Désignée en 2007 par l’Assemblée générale des Nations Unies, cette journée veut être l’occasion de réfléchir et examiner l’état de la démocratie partout dans le monde. Depuis trois ans, le Campus pour la démocratie appelle les communes, les cantons, les écoles, les associations de toute la Suisse à planifier des actions en faveur de la démocratie, pour la célébrer et la renforcer. Un engagement qui a été récompensé par le Prix du fédéralisme 2023 de la Fondation ch pour la collaboration confédérale, destiné à des organisations et personnalités qui se sont distinguées en faveur du fédéralisme et de la cohésion nationale. Pour la troisième édition de septembre 2023, le Campus pour la démocratie a développé le projet «Dialogue avec ta commune» en collaboration avec l’Association des Communes Suisses et l’Union des villes suisses. «Dialogue avec ta commune» est une proposition d’action «prête à l’emploi» pour les communes et les villes. L’idée? Réunir la population et les autorités politiques dans un cadre informel, une sorte de «speed-meeting» entre citoyens et élus, pour discuter ensemble de questions touchant à la politique locale. L’intention derrière le projet «Dialogue avec ta commune» n’est pas d’inventer une nouvelle idée, de telles initiatives de rencontre avec la population ayant lieu dans de nombreuses municipalités, mais plutôt de fournir des outils pour faciliter leur réalisation. Une marche à suivre pour rendre l’organisation aussi simple que possible est téléchargeable sur le site web du Campus pour la démocratie, tout comme un modèle de flyer joliment conçu pour promouvoir l’événement qui peut être personnalisé selon les besoins. Toutes les communes et les villes sont invitées à participer à la Journée de la démocratie le 15 septembre 2023 et à se laisser inspirer par la démarche et le matériel de communication de «Dialogue avec ta commune». En même temps, cette idée d’action n’est qu’une proposition. Toute initiative qui place la démocratie locale au centre peut en outre être inscrite sur la carte suisse interactive sur le site du Campus pour la démocratie. Une commune qui fait l’expérience de moments de dialogue avec ses habitants tout au long de l’année est Sion. Depuis 2019, l’Exécutif sédunois organise des rendez-vous réguliers avec la population dans les différents quartiers. Judith Mayencourt, chargée de communication de la Ville de Sion, les définit comme «la forme la plus simple du dialogue citoyen». L’organisation de ces rencontres ne requiert pas de moyens particuliers: des flyers d’invitation envoyés à tous les ménages, du café et des croissants ou du vin selon l’heure. Ce sont des rencontres informelles, sans ordre du jour, l’accès est libre, gratuit et ouvert à tout le monde. «C’est une formule qui se prête très bien dès qu’on atteint une taille qui permet d’aller dans les quartiers», remarque Judith Mayencourt. «Dans des villages plus petits, il n’y aura peut-être pas de différences spécifiques aux quartiers, mais là aussi, de telles initiatives restent pertinentes.» Les remarques des participants concernent principalement des projets urbanistiques, de mobilité. On discute également de la sécurité publique, de la gestion des ordures, de l’installation de bancs publics. Ce sont des discussions concrètes qui expriment des appréciations positives ou négatives, des attentes et des besoins. «Il peut arriver que des questions assez précises soient posées, auxquelles il n’est pas possible de répondre à l’instant. En tout cas, un retour écrit est fait aux citoyens sur le site de la ville de Sion à la suite de chaque rencontre», ajoute Judith Mayencourt. Le retour des participants – généralement entre une trentaine et une soixantaine de personnes – est positif. Le fait que ces rencontres se déroulent dans un établissement public, que l’on soit assis avec les membres du Conseil municipal et que les discussions soient menées dans un cadre informel – «dans une démarche d’égal à égal» – ouvre sans difficulté la voie au dialogue. Informations: www.journeedelademocratie.ch Luisa Tringale

Défis à relever dans le domaine de l’asile

L’activation du statut de protection S en mars 2022 a permis d’accorder aux ressortissants ukrainiens cherchant refuge en Suisse une protection collective et rapide du point de vue bureaucratique. Après leur enregistrement dans les centres fédéraux d’asile, les bénéficiaires du statut S sont rapidement attribués aux cantons. Le canton ou la commune d'attribution, selon l’organisation cantonale, en assume la responsabilité de l'hébergement et de l’encadrement. A ce jour, le statut S a été accordé à plus de 69 000 personnes (état au 1er décembre 2022). Les communes ont été fortement sollicitées en matière d’héber­gement. Elles ont en outre rapidement assumé leur tâche de scolarisation des enfants ukrainiens. La décision prise par le Conseil fédéral au début du mois de novembre de ne pas lever le statut de protection S avant mars 2024, à moins que la situation sur place ne change radicalement d’ici là, donne une sécurité en termes de planification. D’ailleurs, la Confédération devra commencer à préparer, en collaboration avec les cantons et les communes, le retour au pays des ressortissants ukrainiens. En même temps, le nombre de demandes d’asile dans le cadre des procédures ordinaires a augmenté au cours des derniers mois. Afin de continuer à garantir sa capacité d'accueil, le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) attribue provisoirement une partie des requérants d'asile aux cantons plus tôt qu'auparavant. Cette mesure, mise en oeuvre à la fin du mois d’octobre, sera levée à partir de la mi-décembre. La mise à disposition de places supplémentaires d’hébergement dans des courts délais a posé des défis pour les cantons, les villes et les communes. L’activation du statut S a été accompagnée par des questions pratiques ainsi que par des questions de fond. En septembre, l’ACS a pris position dans le cadre de l’évaluation de la mise en œuvre du statut S par un groupe de travail de la Confédération exprimant une voix critique à certains égards. En ce qui concerne l’hébergement privé, le fait que nombreuses arrivées se soient déroulées de manière non coordonnée avec les autorités a constitué un aspect critique. Le statut S étant un statut «orienté vers le retour», il se pose en outre la question de savoir dans quelle mesure il devrait également être «orienté vers l’intégration» et, à terme, à quel degré la contribution financière de la Confédération pour soutenir l’acquisition de la langue et l’insertion sur le marché du travail sont suffisantes. Selon l’ACS, des règles claires qui déterminent ultérieurement les responsabilités dans le domaine de l’intégration et de la prise en charge sont fondamentales. Le rapport intermédiaire du groupe d’évaluation du statut S vient d’apparaître et présente des conclusions préliminaires. L’année 2022 a mis en évidence le fait que le domaine de l’asile constitue une tâche conjointe de Confédération, cantons, villes et communes. Dans le but d’une gestion de la crise et d’une coordination efficace, le niveau communal doit être consulté et associé aux discussions. L’ACS est représentée au sein des groupes de travail mis en place pour maîtriser la situation extraordinaire engendrée par le conflit russo-ukrainien, en premier l’état-major spécial Asile (SONAS), convoqué pour la première fois en mars 2022. L’ACS est également associée aux travaux des groupes de travail «ordinaires» qui traitent de l’hébergement et des procédures d’asile ou encore du programme Resettlement. Luisa Tringale

«Il faut briser les barrières»

Vincent Guyon siège, depuis 2020, à la municipalité de la commune de Rances, 500 habitants environ, dans le canton de Vaud. Il est le premier sourd en Suisse à accéder à un poste dans un Exécutif. Ce que cela signifie pour lui, il l’exprime avec une image évocatrice: «C’est un honneur et une récompense pour tous les sourds qui essaient d’atteindre l’Everest politique.» L’accès à des mandats politiques pour tout individu vivant avec un handicap n’est pas nécessairement acquis. Vincent Guyon voit dans un changement de perspective un point de départ fondamental: «Savoir écouter la motivation et le désir du candidat qui souhaite siéger à la municipalité» – en oubliant en quelque sorte le handicap qui peut le caractériser. Autrement dit: «Il faut briser les barrières. Et si un futur candidat est en chaise roulante, il faudrait que les communes se dotent d’accès, se dotent d’outils adaptés pour les malvoyants, pour les sourds.» «C’est un honneur et une récompense pour tous les sourds qui essaient d’atteindre l’Everest politique.» Vincent Guyon, municipal, commune de Rances (VD) Sa surdité a entraîné des situations inédites à la commune, par exemple le recours à une interprète en Langage Parlé Complété (LPC). Dans les séances en duo, l’élu n’a pas besoin d’aide à la traduction. En charge des dicastères des routes et des travaux publics, cela est plus souvent le cas pour les réunions de chantier avec plusieurs personnes, ainsi que pour les séances de la municipalité. Sa présence au sein de l’Exécutif semble avoir amené des changements: la commune a engagé un employé de déchèterie sourd-muet. Un moment particulièrement marquant dans l’expérience politique de Vincent Guyon a été de défendre les préavis de la municipalité au Conseil général. «Il faut parler devant une soixantaine de personnes. C’était mon premier grand examen réussi.» En 2022, Vincent Guyon était candidat au Grand Conseil Vaudois. Cette année, il a décidé de passer à l’échelon supérieur et se présentera aux élections fédérales. Il a expérimenté un aperçu de la politique au niveau fédéral en participant aux travaux préparatoires à la première Session des personnes handicapées en Suisse, au sein de la commission chargée de rédiger un projet de résolution sur la participation et les droits politiques des personnes handicapées en Suisse. Cette résolution sera discutée par les parlementaires de la session. «J’ai bon espoir que le projet de résolution aboutisse et que les personnes en situation de handicap soient intégrées au même titre que les autres dans la société.» Luisa Tringale

«La langue nous aide à mieux nous connaître»

La connaissance des langues nationales n’est pas seulement encouragée en Suisse, elle est aussi ancrée dans la loi. Le plurilinguisme est inscrit dans la Constitution et est une réalité quotidienne pour de nombreuses personnes dans le pays. Le «Forum per l’italiano in Svizzera» œuvre en faveur du rayonnement de l’italien dans le cadre de ce multilinguisme garanti au niveau constitutionnel. Fondé en 2012, le forum regroupe aujourd’hui 38 organisations qui s’engagent en faveur de l’italien. Diego Erba: Le forum a pour objectif d’encourager la langue et la culture italiennes en dehors de la Suisse italienne. Dans les faits, la plupart des italophones vivent de l’autre côté du Gothard. Afin de disposer de données actuelles, le forum a lancé en 2019 une étude sur la place de l’italien en Suisse, qui retrace l’évolution de l’italien dans le cadre du plurilinguisme suisse de 2012, date de la fondation du forum, à 2020. Les résultats sont ambivalents. En Suisse allemande et en Suisse romande, les efforts doivent être renforcés afin que l’italien, en tant que troisième langue nationale, ne soit pas oublié. Cette année, le forum a reçu le Prix du fédéralisme décerné tous les ans par la Fondation ch à une personnalité ou à une organisation qui contribue à renforcer le fédéralisme et la cohésion nationale. Que signifie ce prix pour les activités du forum? Le prix du fédéralisme nous encourage à poursuivre notre travail avec détermination. Car, comme l’a souligné le jury de la Fondation ch, cette distinction récompense la «contribution de la population italophone à la cohésion nationale, qui permet chaque jour de jeter des ponts entre les langues et les cultures dans toutes les parties du pays». Dans le domaine de la formation, les communes peuvent aussi jouer un rôle pour promouvoir l’italien. En Suisse, les communes et les cantons bénéficient d’une certaine autonomie au niveau de l’école obligatoire. En dehors de la Suisse italienne, ils sont responsables de l’offre de cours facultatifs d’italien pour les écoliers et écolières. L’apprentissage des langues nationales favorise le plurilinguisme chez les jeunes et permet aux différents groupes linguistiques de mieux se connaître. Dans ce contexte, les communes peuvent faire beaucoup afin que les langues nationales, et pas seulement l’anglais, soient enseignées. Les communes mettent par ailleurs déjà à disposition des salles de classe pour des cours d’italien qui sont encouragés par les autorités italiennes et auxquels participent chaque année plus de 10 000 personnes. Les cantons du Tessin et des Grisons enseignent déjà l’italien à l’école primaire. Dans les autres cantons, l’enseignement de l’italien est en règle générale facultatif au niveau du secondaire I, c’est-à-dire dans les dernières années de l’école obligatoire. L’accord intercantonal sur l’harmonisation de la scolarité obligatoire (HarmoS) qui est entré en vigueur en 2009 prévoit l’enseignement facultatif approprié d’une troisième langue nationale à l’école obligatoire. En ce qui concerne l’italien, cette directive n’est pas toujours suivie. Parmi les cantons qui ont adhéré à HarmoS, certains n’offrent pas d’enseignement d’italien et d’autres en délèguent l’organisation aux écoles. Il peut arriver que des écoles ne proposent pas d’enseignement d’italien, parce que trop peu d’élèves se sont inscrits ou pour des raisons financières. Au niveau du secondaire II, c’est-à-dire dans les gymnases, l’italien doit être proposé en option spécifique, conformément à l’ordonnance sur la reconnaissance des certificats de maturité gymnasiale. En Suisse romande, cette disposition est appliquée, mais pas dans près d’un tiers des gymnases en Suisse allemande. Dans le domaine de la formation professionnelle, peu de cantons, à l’exception du Tessin et des Grisons, intègrent l’italien dans leurs programmes d’études, ce qui n’encourage pas les échanges linguistiques entre les apprentis. Un coup d’œil sur les sites de la Confédération et des cantons suffit pour répondre à cette question. Toutes les pages web de l’administration fédérale ne sont pas entièrement traduites en italien. Le Conseil fédéral a récemment déclaré que les Ecoles polytechniques fédérales et les instituts qui leur sont associés devaient, conformément à la Loi sur les langues nationales, également rendre la totalité ou une partie des informations sur leurs sites Internet accessibles en italien. Sur les sites des cantons, les langues qui y sont officielles ont bien sûr la priorité. Dans les Grisons, où l’italien est une langue officielle, le site Internet du canton dispose d’une version en italien. Bâle-Ville et Zoug offrent aussi des informations dans les trois langues nationales et en anglais. De manière plus générale, j’aimerais rappeler le rapport du Conseil de l’Europe publié en septembre sur l’application de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires en Suisse. Ce rapport constate que «la Suisse doit prendre des mesures supplémentaires pour encourager l’utilisation de la langue italienne dans la vie économique et sociale, y compris dans le secteur public». Cela signifie que la Confédération, les cantons et les communes peuvent faire plus et mieux. Informations www.forumperlitalianoinsvizzera.ch Luisa Tringale

La participation crée du lien social

La participation de la population à la vie sociale et politique est l’un des piliers d’une société qui fonctionne; le système suisse de milice en est la meilleure preuve. Afin, d’une part, de comprendre les défis concrets des communes suisses et, d’autre part, d’encourager la participation à l’échelon communal, l’ACS a, avec le soutien de la Commission fédérale pour les migrations (CFM) et dans le cadre de son programme «Citoyenneté», mené pendant cinq ans le projet «in comune» (2016-2020). Avec l’achèvement de ce projet, dont nous tirons un bilan dans ce numéro, l’ACS n’abandonne pas cette thématique, bien au contraire. Les conclusions tirées de l’évaluation servent de ligne directrice pour la mise en place d’activités futures dans ce domaine. La pandémie de coronavirus a en effet à nouveau mis l’importance de la cohésion sociale en évidence. La recherche de possibilités en matière de participation numérique a replacé ce thème au centre de l’attention et a montré en même temps que la participation est en constante mutation. Une chose est sûre: des projets comme le conseil des enfants de Mendrisio présenté dans cette édition, les commissions de quartier à Lugano et Bellinzone, le projet PM23 de la commune de Moutier, la «Mission takeover!» de la Fédération suisse des parlements des jeunes ou la «checklist de l’inclusion» de l’association Tatkraft démontrent la volonté et le désir d’encourager la participation de tous les groupes de la population. Ce n’est qu’ainsi que peut se former une communauté avec laquelle chacun et chacune peut s’identifier et pour laquelle chacun et chacune peut s’engager politiquement et socialement. Anna Celio-Panzeri, Luisa Tringale

À Bulle qui dit Pass’âge, dit partage

Impôts, gestion du budget, assurances, droit du bail, citoyenneté: voici des exemples de défis auxquels l’on est confronté lorsqu’on atteint la majorité civile. S’en démêler n’est pas toujours évident, surtout si on n’a pas autour de soi quelqu’un vers qui se tourner pour recevoir de l’aide. C’est à partir de ce constat que la Ville de Bulle, à l’initiative de sa Commission jeunesse et famille, a décidé de mettre en place le projet Pass’âge . Il s’adresse principalement aux jeunes ayant terminé la scolarité obligatoire (16-25 ans). Le projet a été mis sur pied par le Service de la jeunesse et par la déléguée aux seniors de la ville, qui a assuré le contact avec les seniors bénévoles. Pascal Pernet, chef du Service de la jeunesse, souligne l’importance de cette coopération: «Le fait d’avoir à la commune un Service de la jeunesse et une déléguée aux seniors était la condition idéale pour réaliser ce projet en collaboration.» Le projet est promu auprès des jeunes via les réseaux sociaux ainsi que par le biais des animateurs socioculturels, des travailleurs sociaux hors murs du Service de la jeunesse et des travailleurs sociaux en milieu scolaire. Depuis son début en septembre 2020, une douzaine de binômes ont été formés. Lorsque l’on pense à une relation de bénévolat impliquant jeunes et aînés, on imagine souvent que ce sont ces derniers qui reçoivent de l’aide – le contexte lié à la COVID-19 en fournit plusieurs exemples. Dans le cadre du projet Pass’âge la situation est inversée. Des personnes à la retraite tout comme des personnes encore actives professionnellement souhaitant donner aux jeunes un coup de main se sont annoncées en tant que bénévoles. C’est le cas de Dominique Voirol, 63 ans, Key Account Manager, qui s’est mis à disposition en répondant à un appel paru dans le bulletin de la Ville de Bulle. Il a déjà «coaché» quatre jeunes – deux filles et deux garçons. «Je suis convaincue de la richesse sans limites du rapprochement entre les générations.» Mireille Niquille, déléguée aux seniors de la Ville de Bulle Lorsqu’ils prennent contact avec le Service de la jeunesse, les jeunes expliquent comment ils aimeraient être aidés. Ils peuvent trouver un soutien dans le domaine administratif mais également dans des domaines scolaires. Le Service organise alors une rencontre avec un senior sur la base des domaines de compétence indiqués par chaque bénévole. Cette première séance, qui a lieu avec un représentant du Service de la jeunesse, est importante pour se connaître, clarifier les besoins et les souhaits du jeune et préciser le cadre de fonctionnement du binôme. Une charte, qui est signée par les deux parties, a été élaborée à ce propos. Le duo formé est ensuite libre de s’organiser indépendamment; le Service de la jeunesse reste à disposition, en coulisse, en cas de nécessité. Les premières rencontres sont souvent organisées dans les locaux du Service, mais peuvent aussi avoir lieu ailleurs, par exemple au domicile d’une des deux personnes. Selon les cas, les binômes se rencontrent de manière régulière ou ponctuelle. Il se peut que ce passage de compétences advient aussi dans l’autre direction. «Je suis convaincue de la richesse sans limites du rapprochement entre les générations. L’échange entre deux générations permet aux seniors de se sentir considérés et valorisés en partageant leurs grandes connaissances, leurs expériences et leur vécu.» dit Mireille Niquille, déléguée aux seniors de la Ville de Bulle. Son souhait: «J’espère que les jeunes qui profiteront de ce soutien pourront, à leur tour, aider les seniors dans un domaine où ils sont à l’aise, je pense en particulier aux outils informatiques et à toute ces nouvelles technologies pour lesquels les seniors se sentent parfois dépassés.» Ce qui a amené M. Voirol à s’engager dans le cadre du projet Pass’âge c’est surtout le contact avec les jeunes et la volonté de transmettre ce qu’il a appris. M. Voirol a fourni par exemple son soutien de manière ponctuelle pour des questions d’impôts; actuellement, il accompagne un adolescent pour un soutien scolaire deux fois par semaine. Un autre bel exemple: il a aidé une jeune bulloise de 19 ans, récemment naturalisée, à se familiariser avec la procédure de vote, qu’elle a expérimentée pour la première fois aux élections communales de mars 2021. Il n’oublie pas de souligner l’importance de la dimension sociale: «Si on est intéressé à ce projet, c’est parce que l’on veut créer du lien social, on n’est pas intéressé qu’au bénévolat. On est aussi intéressé parce qu’il s’agit d’un partage, ça va dans les deux sens.» Cette intention est dans l’esprit des organisateurs du projet, comme le souligne Mireille Niquille: «Ce que nous attendons tous de ces binômes, c’est qu’une relation d’amitié, de confiance s’installe entre eux et qu’il en ressort de bons moments de partage.» M. Voirol est convaincu que ce projet pourrait aider beaucoup de jeunes comme beaucoup de personnes âgées: à son avis, il y aurait beaucoup plus de gens disponibles, si seulement la communication sur cette offre était intensifiée. Quant à lui, il a déjà recruté parmi ses amitiés une autre bénévole, qui a déjà offert à deux jeunes filles son soutien dans les langues. «Si on est intéressé à ce projet, c’est parce que l’on veut créer du lien social; parce qu’il s’agit d’un partage, ça va dans les deux sens» Dominique Voirol, bénévole du projet Pass’âge Luisa Tringale

Lugano? Sostenibile!

Il est difficile de trouver un titre plus explicite qui traduise l'intention de la ville de Lugano de s'engager sur la voie de la durabilité. #LUGANOSOSTENIBILE est un projet promu par la division des affaires sociales de la ville de Lugano avec le soutien de l'Office fédéral du développement territorial (ARE). Dans le cadre de son programme d’encouragement pour le développement durable, l'ARE encourage les projets visant à mettre en œuvre l'Agenda 2030 au niveau local. L'édition 2020-2021 du programme soutient des projets en faveur de modes de vie respectueux du climat et qui préservent la biodiversité (il s’agit des ODD 13 et 15) ou qui ont un effet de levier important sur la sensibilisation et la mise en œuvre de l’Agenda 2030 en Suisse. La ville de Lugano a participé en proposant un projet initialement intitulé «Chaque empreinte compte», faisant référence à l'empreinte de l'homme sur le climat. Le projet vise à fournir aux citoyens des informations claires sur ce que signifie la durabilité dans leur vie quotidienne en leur montrant des exemples d'actions concrètes pour adapter leur mode de vie dans une optique de durabilité. Tatjana Ibraimovic, coordinatrice du projet depuis février 2020, envisage la mise en œuvre du projet, désormais appelé #LUGANOSOSTENIBILE, en trois phases. La première phase correspond à l'approche originale de «Chaque empreinte compte» et se concentre sur la sensibilisation. La deuxième phase se concentre sur la création d'un réseau d'acteurs traitant de la durabilité, reliant l'administration publique et le monde économique, sans oublier la population. La troisième phase vise, selon les mots de Tatjana Ibraimovic, à «faire de l'administration publique une vertu». Il s'agira d'identifier les initiatives vertueuses dont la Ville sera un promoteur actif. Une idée, par exemple, est d'effectuer la (première en Suisse) Voluntary Local Review, un outil promu par les Nations Unies que les autorités locales peuvent utiliser pour répertorier les OSS poursuivis au niveau local et les mesures prises pour les atteindre. Le lancement officiel du projet aura lieu à la fin du mois d'août. La date choisie, le 24 août, précède de peu l'inauguration du nouveau campus universitaire USI-SUPSI, une occasion où la population sera accueillie sur le campus où diverses entreprises locales pourront présenter leurs offres. La Ville entend ainsi donner visibilité à sa campagne de sensibilisation dans le cadre d'un événement de promotion des activités économiques locales, organisé avec la participation active des quartiers. Après le lancement officiel, plusieurs événements, sessions d'information et occasions de formation suivront. Le site web www.luganosostenibile.ch servira de plateforme pour lister des projets de durabilité actuels, passés et futurs. Un boulier coloré accueille déjà les passants à l'une des entrées du Parc Ciani, situé à proximité du centre-ville, et illustre brièvement les 17 OSS et le projet de la Ville. Un peu plus loin, l'installation «Echoes - a voice from uncharted waters» de l'artiste autrichien Mathias Gmachl, co-créée par LAC Lugano Arte e Cultura, représente une baleine de 17 mètres: à l'aide d'effets visuels et sonores, l'installation nous invite à réfléchir à l'impact de l'homme sur l'environnement. Luisa Tringale

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