Menu
Logo Logo
  • DE
  • FR
  • IT
  • Énergie et environnement 4
  • Anne Devaux 4
  • 1-2 l 2023 1
  • 11 | 2021 1
  • 6 | 2022 1
  • 7/8 | 2021 1
Search narrowed by: Auteur: Anne Devaux Remove all filters
Found 4 results in 2 milliseconds. Displaying results 1 to 4 of 4.
  • 1
Results per page:

Genthod: de l’énergie fossile au renouvelable

En juin 2021, le Conseil municipal de Genthod (GE) a voté à la majorité un budget de 1,3 million pour l’installation d’un chauffage à distance au centre du village. Concrètement, il s’agit de deux réseaux de chauffage à distance desservant une partie du parc immobilier communal. Alain Ravessoud, directeur de la régie Charles Besuchet SA mandatée pour la gestion du parc immobilier communal, a porté le projet de transition énergétique des bâtiments dont la première étape est terminée et a été mise en service début novembre 2022. Cela concerne le remplacement de deux installations mazout et gaz par une seule chaudière à pellets. Installée dans le local initial de la chaudière de trois immeubles locatifs, soit 22 appartements, elle est également reliée à distance au bâtiment de la mairie, un restaurant et à un rural. Alain Ravessoud précise que la seconde étape consistera à remplacer une chaudière à bois déjà existante qui alimente cinq immeubles d’habitation et d’étendre un réseau vers six autres bâtiments dans la même rue. Dans le cadre environnemental actuel déterminé par l’urgence climatique, le focus immédiat concerne la diminution en émissions de CO 2 qu’il faut distinguer de la problématique de la sobriété énergétique soumise aux aléas géopolitiques, économiques et au changement des mentalités. Genthod est dans une zone qui ne bénéficie pas de la proximité d’un réseau de chauffage à distance préexistant auquel la commune aurait pu se relier. D’ailleurs, si tel avait été le cas, la commune n’aurait pas eu d’autre choix que de s’y raccorder, dans le respect de la règlementation en vigueur dans le canton de Genève. En conséquence, elle a pu réfléchir à d’autres options. Paul Eugster, directeur de Services Plus Energies, prestataire mandaté pour réaliser cette transition, a proposé une solution bois. «Les émissions CO 2 bois sont absorbées par les forêts. Dans la règle énergétique, le bois est une énergie neutre», spécifie le spécialiste. Néanmoins, il affirme qu’au regard de la politique énergétique du canton de Genève, le bois reste une énergie certes renouvelable, mais pas propre à 100%. Il relève la lourdeur administrative pour obtenir les autorisations cantonales nécessaires et les exigences auxquelles sont soumises le projet d’une envergure somme toute modeste de Genthod. Ainsi, la chaudière à pellets doit être stoppée pendant la période estivale. Elle est donc doublée d’une pompe à chaleur qui prendra le relais pour fournir l’eau chaude pendant cette période. «Le but est d’éviter qu’une chaudière fonctionne partiellement en été en raison de nuisances polluantes, bien que les preuves formelles ne soient pas apportées. A Genève, il y a, actuellement, un seul maître-ramoneur outillé pour effectuer des mesures de pollution réelle sur le bois», constate Paul Eugster. Paul Eugster et Alain Ravessoud mettent en lumière une confusion très répandue: économiser du CO₂ n’est pas synonyme d’une économie financière. «Nous sommes dans un système de transition énergétique. La seule économie immédiate qui se traduit par un bénéfice concret est la diminution d’émission de 80 tonnes de CO₂ par an, donc de la taxe CO 2 qui s’élève actuellement à 210 francs par tonne.» «En remplaçant le mazout par des pellets, nous ne réalisons aucune économie d’énergie, pour y arriver, il faudrait changer les enveloppes des immeubles», expliquent les deux hommes. L’ancienne cuve à mazout transformée pour recevoir des pellets contient un volume de 30 m 3 . La consommation d’énergie s’élève en moyenne à 100 tonnes de pellets par an. En novembre, le coût du pellet était égal à celui du gaz à 12 ct. le kwh et 2 ct. en dessous du prix du mazout (14 ct.). La vision à long terme de la transition énergétique intègre la rénovation des immeubles en haute performance énergétique. «Quand tous les bâtiments desservis par la chaudière seront rénovés et mis aux normes haute performance énergétique, on parlera d’économie financière», souligne Alain Ravessoud. Le réseau à distance sera alors soulagé et la réserve de puissance ainsi dégagée permettra le prolongement et le raccordement à de nouvelles unités. «Ce projet est appelé à être valoriser dans les dix ans à venir, après rénovation des immeubles», estime Alain Ravessoud. Paul Eugster ajoute le coût d’exploitation de la nouvelle chaufferie: «Une chaufferie à bois coûte le double à exploiter en comparaison avec une chaufferie à mazout.» Jean-Charles Nouveau, technicien gros travaux chez Muller Energies SA, a dirigé le chantier de la transformation de la chaudière. S’il considère qu’une chaudière à bois ne représente pas une révolution, il observe que «le bois est un peu plus technique parce qu’il y a beaucoup de normes de sécurité à mettre en place: antifeu, filtres de pollution, surchauffe de la machine, incendie et sécurité au travail». Alain Ravessoud précise que la maintenance représente 10% des coûts d’exploitation du nouveau système. Si la nouvelle chaudière va dans le sens de la sobriété énergétique grâce à la technologie qui lui permet d’adapter avec précision la consommation en énergie aux besoins en chauffage notamment, reste l’exigence du confort des locataires. La puissance du chauffage à pellets atteint 240KW/h, ce qui représente une garantie de confort. A la fin, ce sont les locataires qui règlent le thermostat dans l’intimité de leur logement et décident s’ils peuvent supporter de vivre avec 1 ou 2 degrés en moins dans leur appartement. La rentabilité de la transition énergétique se détermine également à ce niveau-là. Anne Devaux

Rester dans l’esprit pionnier des origines pour assurer la sécurité

Le programme de la SEFA 2021–2025 est ambitieux en termes d’infrastructures et de prestations de haute qualité, organisé autour de cinq axes: augmenter la production d’énergie renouvelable, étendre les services énergétiques et techniques du bâtiment, développer des services de mobilité multimodale, développer et valoriser les réseaux de télécommunications et élargir les services aux communes. L’objectif est d‘atteindre le 100% local, durable et intelligent «sans avoir de date butoir pour y arriver», précise Laurent Balsiger, son directeur. «Il faut mettre en perspective les investissements colossaux que nos aïeux ont consenti à l’époque pour le tram Allaman-Aubonne-Gimel, l’éclairage et l’usine électrique et le minimum de temps nécessaire pour réaliser ces travaux et ce à quoi nous consentons aujourd’hui, ainsi que le temps nécessaire pour faire aboutir un projet alors que nous disposons de machines ultraperformantes pour les réaliser.» Laurent Balsiger se retourne volontiers sur l’histoire de la SEFA, non par nostalgie, mais par admiration. «Il y a 126 ans, des municipalités se sont levées en pleine révolution industrielle pour affirmer haut et fort le désir de participer, sans attendre Lausanne, Berne ou Genève!», s’enthousiasme ce grand calme. C’est comme cela qu’Allaman a obtenu un arrêt sur la ligne de train Paris–Milan. Quand le directeur de la SEFA regarde les objectifs affirmés de la société à l’horizon 2025 et plus loin encore, il souhaite incarner ce même esprit pour défendre la révolution énergétique qui nous permettra de dépasser les énergies fossile et nucléaire. Il n’aime pas le mot «transition» qui, selon lui, ne correspond pas à l’envergure des changements auxquels il faut s’atteler et qui s’apparentent à ceux des débuts de la SEFA et de la révolution industrielle. Faire le grand saut vers une énergie propre, disponible dans un environnement à l’échelle régionale qui permet d’assurer un degré d’autonomie locale, c’est aussi travailler dans le sens de la sécurité énergétique. Depuis le changement de législature, Laurent Balsiger visite toutes les communes du territoire que couvre la SEFA de façon informelle. «Avec le président de la SEFA, Jean-Marie Surer, nous allons à la rencontre des nouvelles équipes municipales. Nous nous réunissions autour d’un repas, cela nous permet de discuter, d’avoir des feed-back sur les prestations livrées et souvent, des projets naissent de ces séances informelles.» Il accorde une très grande importance à la récolte des informations, analyses et chiffres, et à leur fiabilité. «On va nulle part si nous n’avons pas les bonnes infos, c’est ce qui fait la stérilité des débats», relève le directeur de la SEFA. Il ne recule pas non plus devant les sujets qui fâchent, comme l’éolien ou l’installation d’un chauffage à distance qui s’avère plus compliqué sur le terrain que sur le papier. «La plus-value de la SEFA est sa capacité à proposer une approche personnalisée des besoins des clients et communes.» La SEFA est le petit cadre qui entre dans celui du canton, lequel est encastré dans celui de la Confédération, mais «à notre échelle, nous avons une grande marge de manœuvre pour nous adapter aux particularités locales». D’autant plus que Laurent Balsiger n’hésite pas à qualifier la région de «bénie» en énumérant ses forces «le bois, l’eau, la géothermie, le soleil et le vent», sans oublier ses habitants très entreprenants! Les efforts financiers L’investissement budgété pour réaliser l’ambitieux programme 2021–2025 s’élève à 40 millions, soit cinq fois plus d’investissements annuels que l’année 2020. Laurent Balsiger utilise une métaphore agricole pour justifier les efforts financiers à consentir de la part des actionnaires de la SEFA: «Il y a la saison des moissons et celle des récoltes. Nous avons récolté tous les fruits des moissons de nos anciens, nous devons recommencer à labourer et semer. Par exemple, un chauffage à distance représente un investissement sur 30 à 50 ans.» Concrètement, les dividendes des communes actionnaires ont été réduit de 50%. Par ailleurs, les communes ne sont pas toutes dans la même situation financière, il s’agit donc de s’adapter à chacune afin d’apporter une sécurité nécessaire aux engagements sur le long terme. Les plus aisées peuvent investir directement dans des infrastructures importantes, à l’exemple de Bougy-Villars avec son installation de chauffage à distance. Tandis que d’autres, comme Saint-Georges , recherchent plutôt des financements externes. La SEFA représente également un acteur de confiance très intégré dans le «biotope local économique». Cela permet à l’institution de discuter avec les établissements financiers locaux comme la Caisse d’épargne d’Aubonne par exemple pour des projets de proximité, créant ainsi un cercle économique vertueux. «Lorsque nous avons mis en place la téléphonie mobile, nous avons vu arriver au guichet des personnes âgées un peu perdues, cela nous a paru évident qu’il fallait faire quelque chose», raconte Laurent Balsiger. En partant du principe que la SEFA se porte bien, si la région va bien, la société a décidé de mettre l’accent sur la durabilité qui passe aussi par une offre sociale et économique de proximité. Ainsi, lors de la fermeture des commerces et entreprises à cause de la pandémie de COVID-19, les clients de la SEFA concernés par un arrêt de leurs activités ont pu bénéficier d’un abonnement gratuit. Elle a également participé avec la Jeune chambre économique de Morges et le «Journal de Morges» au lancement des bons cadeaux à faire valoir lors de la réouverture des commerces, ou à offrir en forme de soutien. Système qui a inspiré l’offre du Canton avec QoQa. Dans le même état d’esprit de proximité, l’été dernier pendant les mois de juillet et août, la SEFA a engagé deux jeunes étudiants pour coacher les seniors qui ont besoin d’aide en multimédia. «Les bénéfices ont été multiples. Le contact junior-senior a valorisé les jeunes qui se sont sentis utiles et rompu l’isolement des personnes âgées. Nous avons reçu beaucoup de lettres de remerciements», se réjouit Laurent Balsiger. Informations: https://www.sefa.ch https://www.sefa.ch/entreprise/actualites/chauffage-distance-cad-bougy-villars https://www.sefa.ch/entreprise/actualites/chauffage-distance-st-george Anne Devaux

Chlorothalonil: l’engagement de Payerne

L’eau potable de Payerne et de Corcelles-près-Payerne provient du puits intercommunal de la Vernaz qui est géré par l’Association Intercommunale des Eaux du Puits de la Vernaz (AIEPV). A l’administration communale de Payerne, Frédéric Monney, chef du Service Infrastructures et mobilité, souligne que le puits de la Vernaz «est une ressource capitale et précieuse, nous nous devions de répondre rapidement aux préoccupations de la population». Sur le Plateau, les terres agricoles occupent 50% du territoire. L’usage du chlorothalonil est interdit en Suisse depuis le 1 er janvier 2020. S’il est urgent de traiter l’eau potable, Frédéric Monney estime qu’il faudra des années pour que les métabolites disparaissent de l’environnement: «L’utilisation du chlorothalonil depuis 60 ans laisse des métabolites dans la terre et que l’on retrouve dans les eaux.» Mais deux ans après, Frédéric Monney se réjouit. En effet, les essais pilotes menés sur un échantillonnage de l’eau pompée au puits de la Vernaz révèlent qu’après traitement, plus aucune trace de métabolites de chlorothalonil ou autres pesticides n’est encore décelable: «Avant, l’eau bénite était à l’église, maintenant on la trouvera à la Vernaz!» Le 3 décembre 2020, Payerne jouit d’une publicité dont la commune se serait bien passée. En effet, l’émission de la RTS «A bon entendeur», consacrée au chlorothalonil, pointe la présence de résidus du fongicide agricole dans l’eau potable à un taux dix fois supérieur à la valeur maximale de 0,1 microgramme par litre imposée par la Confédération en 2019. En effet, certains métabolites du fongicide chlorothalonil dépassent la valeur maximale admise de l’ordonnance du Département fédéral de l’intérieur (DFI) sur l’eau potable et l’eau des installations de baignade et de douche accessibles au public. «Après la diffusion de l’émission, on a eu l’impression que l’eau de Payerne n’était pas potable! Entre un problème qui existe depuis 60 ans et l’angoisse d’être empoisonné, la couverture médiatique a été très anxiogène pour la population», reconnaît Frédéric Monney. D’autant plus qu’à ce jour, «la Confédération ne s’est jamais prononcée sur la dangerosité des métabolites retrouvées dans l’eau potable pour la santé, et l’eau a toujours été déclarée potable», ajoute-t-il. Le puits de la Vernaz est une ressource capitale et précieuse pour les deux communes de Payerne et Corcelles-près-Payerne. Elles se sont d’emblée engagées à répondre rapidement aux préoccupations de la population. Dès les premiers résultats des analyses effectuées en 2019 par l’Office de la consommation (OFCO) du canton de Vaud, les exécutifs des deux communes alimentées par l’eau du puits intercommunal de la Vernaz ont eu la volonté de se montrer proactifs dans ce dossier. Comme de nombreuses communes du Plateau dont les eaux communales présentent un taux de métabolites de chlorothalonil supérieur à la nouvelle norme, Payerne ne possède pas de solution clé en main pour filtrer l’eau potable à ce niveau d’exigence ou d’autres ressources en eau permettant une dilution. Les communes de Payerne et de Corcelles, avec la collaboration de l’ingénieur Daniel Urfer, vice-président du CA de RWB Groupe SA et responsable du domaine EAU du Groupe, vont s’atteler au chantier que représente la filtration de neuf métabolites, dont deux extrêmement difficiles à capter, dans l’eau du puits de la Vernaz. En deux ans, le traitement des eaux communales de Payerne et de Corcelles-près-Payerne devient le banc d’essai helvétique pour répondre à la problématique du chlorothalonil. De test en test, une nouvelle technologie de filtration à base de charbon actif optimisé capable de capter les neufs sortes de métabolites présents à la Vernaz est testée et optimisée par Daniel Urfer et son équipe. A cette performance s’ajoute l’ouverture d’un formidable créneau: une deuxième vie pour le charbon actif utilisé au puits de la Vernaz, qui servira à filtrer d’autres résidus de micropolluants (résidus de médicaments et de cosmétiques, pesticides, etc.) à la STEP de Penthaz. Cependant, les solutions de RWB à Payerne ne pourront pas se calquer dans toutes les communes. «On ne peut pas prendre les essais valables à la Vernaz qui sont fonction de la typologie de l’eau comme des généralités exportables partout, mais on peut optimiser pour chaque situation», précise Daniel Urfer. «C’est une grande satisfaction d’avoir été capable de prendre le problème à bras le corps», souligne Frédéric Monney. Il analyse le succès de ce projet à la réunion de trois éléments: «Les deux volontés communales d’agir rapidement et de travailler main dans la main, la collaboration de partenaires hautement qualifiés et le génie de Daniel Urfer, les financements institutionnels du canton de Vaud, de l’association professionnelle pour le gaz, l’eau et la chaleur (SSIGE) ainsi que des fournisseurs de charbon actif, intéressés aux résultats des expériences réalisées au puits de la Vernaz.» «Il s’agit vraiment d’une solution d’avenir, qui nous permettra d’éliminer des résidus de pesticides que nous ne savons pas encore détecter aujourd’hui.» Frédéric Monney, c Une attention particulière a été portée sur l’information délivrée aux Payernois et aux Corçalins. Tous les six mois, un courrier municipal détaillé sur le chlorothalonil a permis à tous les habitants de suivre l’évolution des tests effectués et surtout des résultats positifs sur la qualité de l’eau. Par ailleurs, l’intérêt des médias s’est concentré sur les essais effectués au puits de la Vernaz, participant ainsi à la mise en lumière des solutions possibles, non seulement à Payerne mais adaptables en fonction de la typologie des eaux à traiter ailleurs en Suisse. «Il s’agit vraiment d’une solution d’avenir, qui nous permettra d’éliminer des résidus de pesticides que nous ne savons pas encore détecter aujourd’hui», relève Frédéric Monney. Concrètement, la prochaine étape est l’étude d’une usine de traitement des eaux. Il va falloir en définir les contours et trouver les financements. Il appartiendra alors aux législatifs communaux de s’engager sur les projets qui seront présentés, décidant à terme la construction de la station de traitement des eaux. Actuellement, un local provisoire construit dès 2020 à côté du puits abrite les installations qui servent aux différents tests. Anne Devaux

Burtigny veut rendre plus de vie et de nature à sa forêt

Au pied du Jura, Burtigny possède un riche patrimoine forestier. A certains endroits, la forêt subit de plein fouet la course du vent qui s’engouffre dans des trouées vallonnées sans aucun obstacle pour le ralentir. Sans lisières, la forêt est exposée à des maux qui l’affaiblissent lentement mais sûrement. Le projet de Burtigny consiste à reconstituer la barrière indispensable à la santé de la forêt: des lisières. Depuis des décennies, l’exploitation forestière les a sacrifiées pour y planter des arbres. L’enveloppe naturelle de la forêt a ainsi disparu. On ne parle pas d’un filet de buissons, mais d’une protection végétale d’une trentaine de mètres de profondeur et de 1,4 km de longueur. Le seul moyen de lui donner vie est de la prendre sur la forêt elle-même. «Le but est de rendre cette forêt à nouveau vivante avec sa lisière», dit Ernst Zürcher, ingénieur forestier à l’EPF de Zurich et auteur. En effet, explique le spécialiste, la bordure de forêt est la partie la plus exposée à la lumière et offre un milieu plus propice à la biodiversité que la forêt elle-même. Sa composition végétale, arbustes et arbrisseaux indigènes dont des espèces qui fleurissent et produisent des fruits, constitue un habitat à toute une faune riche en diversité – oiseaux, insectes et mammifères. La lisière joue également un rôle protecteur indéniable contre la sécheresse provoquée par le réchauffement climatique. «Nous voyons les arbres sécher sur pied, comme les épicéas. Une lisière naturelle évite aussi l’évaporation de l’eau potable qui provient de la nappe phréatique sous la forêt de Burtigny», souligne Valérie Jeanrenaud, syndique de Burtigny. «Vous voyez quelque chose?», demande Jean-Pierre Kaeslin, gestionnaire forestier de la forêt de Burtigny. Ravi par la réponse négative, il explique que le déboisement des 30 mètres nécessaire à la lisière a été réalisé si finement qu’il n’a laissé aucune cicatrice sur le sol. La végétation de la bordure forestière peut désormais s’approprier le terrain grâce au soin avec lequel il a été éclairci de façon à permettre un développement aussi proche que possible de son état originel. A proximité, l’agro-ingénieur Dominique Ruggli expose: «Historiquement, les lisières servaient de pépinières aux paysans qui avaient des vergers. Ils exportaient de jeunes arbres fruitiers qui poussaient à l’état sauvage.» Dans le cadre de cette opération, il cultive des variétés anciennes et robustes de pommiers, et trois arbres à hautes tiges ont été plantés en avril dernier sur l’ourlet herbeux qui borde l’extérieur de la lisière. Les fruits pourront être cueillis par les promeneurs, se réjouit Valérie Jeanrenaud. Le coût des lisières fruitières se monte à 84000 francs, réparti sur quatre ans, de 2021 à 2024. Le montant comprend les travaux forestiers d’ouverture des lisières, les premiers entretiens, le greffage et la plantation d’arbres fruitiers (5 pommiers, 4 variétés différentes), la taille de ceux-ci, les séances de coordination, d’appuis scientifiques ainsi que la sensibilisation et la communication sur les différents publics. «Nous disposons de très peu de revenus d’impôts et ce serait difficile de peser sur les finances communales», affirme Valérie Jeanrenaud. Soutenue par son collègue municipal Pierre Hauser, convaincu également par la nécessité de tout mettre en oeuvre pour protéger le patrimoine le plus important de la commune, elle s’est tournée vers la philanthropie pour réunir des fonds. La fondation Audemar Piguet, qui s’engage depuis 1992 pour la conservation des forêts dans le monde entier, verse 30000 francs. La fondation Sophie et Karl Binding contribue à hauteur de 5000 francs; elle soutient des projets dans les domaines de l’environnement, du social et de la culture dans toute la Suisse. Toutes les fondations n’acceptent pas les communes comme bénéficiaires. Valérie Jeanrenaud précise qu’une association ouverte à toute la population de Burtigny sera créée pour récolter des fonds afin de financer l’initiative qui s’étale sur une quinzaine d’années. Sylvie Berti Rossi pilote le volet communication qui devrait assurer une promotion efficace. Anne Devaux

  • 1
  • Abonnements
  • Protection des données
  • Impressum
  • Données médias
  • Archives PDF
  • Cookies
© Association des Communes Suisses
  • Home
  • Recherche
  • Archive
  • Abonnements
  • Données médias
  • Protection des données
  • Impressum
Fermer