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Achats durables dans les communes

Le droit des marchés publics a été révisé afin de simplifier la procédure d’adjudication des commandes de fournitures, de services et de constructions ainsi que d’assurer une application uniforme. Pour les achats des communes, c’est l’Accord intercantonal révisé sur les marchés publics (AIMP) qui fait foi. Beaucoup de choses se sont passées depuis son entrée en vigueur en 2021. Dix cantons ont entre-temps adhéré à l’AIMP révisé et dix autres cantons sont en train de le faire. Le droit révisé des marchés publics donne davantage de poids aux aspects de durabilité. Les communes en tant qu’importants adjudicateurs publics peuvent assumer un rôle de modèle dans le cadre de leur politique énergétique et climatique. Mais qu’entend-on exactement par achats durables? Et le marché est-il prêt pour cette nouvelle culture d’adjudication? Ces questions et d’autres encore seront abordées lors de la conférence sur les marchés publics durables du 2 mai 2023, au Landhaus de Soleure. Un accent particulier sera donné à l’acquisition durable de prestations de construction. Grâce à des instruments de planification et au standard SNBS Construction durable en Suisse, apprenez comment procéder avec succès à une adjudication durable de prestations de planification et de construction. Vous pourrez déjà découvrir dans cette édition comment la ville d’Uster voit les chances liées à l’acquisition responsable d’ouvrages d’infrastructure. Nous avons par ailleurs effectué pour vous un tour d’horizon des informations et des instruments actuels qui aident les communes dans la mise en œuvre pratique. Claudia Kratochvil-Hametner

La clé est de choisir très tôt les matériaux

Küttigen, dans le canton d’Argovie: cette commune moyenne d’environ 6600 habitants prévoit de construire une école enfantine. Küttigen possède une stratégie immobilière durable à long terme, alignée sur la conception directrice existante en matière d’énergie. C’est pourquoi le bois a rapidement été évoqué comme matériau pour la nouvelle école. La faisabilité technique de ce mode de construction ayant été confirmée par les représentants du canton, la commune a ensuite décidé de procéder à des études approfondies. Pour le projet de Küttigen, il était essentiel de savoir si l’entreprise forestière de la commune pouvait fournir la quantité de bois nécessaire. La question a pu être tranchée rapidement: l’exploitation innovante Forstbetrieb Jura, qui regroupe trois communes, a volontiers apporté son soutien et pourra fournir à partir de son propre triage forestier les 2200 mètres cubes de bois nécessaires selon les estimations. De l’expérience faite lors d’un précédent projet, la commune avait tiré l’enseignement qu’il faut choisir les matériaux le plus tôt possible pour la construction d’un nouveau bâtiment. Le programme du concours portant sur les études et la réalisation contenait donc déjà la formule suivante: «Construire en bois est une option évidente: le bois est un matériau familier aux enfants. La commune de Küttigen est également propriétaire de forêts exploitées par l’entreprise Forstbetrieb Jura (Densbüren, Erlinsbach, Küttigen, forêt domaniale d’Argovie). En utilisant du bois de la région, la Commune de Küttigen souhaite créer de la valeur au niveau local et garantir une construction durable. La qualité du climat ambiant et la flexibilité du matériau qui permet une grande liberté de formes constituent des atouts supplémentaires, notamment lorsqu’il s’agit de constructions destinées aux enfants et aux adolescents. Le bois est un matériau renouvelable qui assure une qualité de construction élevée tout en remplaçant des matériaux à impact environnemental plus important. La Commune de Küttigen compte sur l’emploi de bois issu de ses propres ressources forestières (Forstbetrieb Jura) pour la construction de l’école enfantine et de la structure de jour. Le bois provient de notre propre forêt et nous exigeons du prestataire qu’il utilise ce bois appartenant à la commune comme matériau de construction.» En outre, une mesure de remplacement a été prévue dans l’éventualité où le bois fourni ne pourrait pas être livré à l’entrepreneur concerné de manière appropriée en termes de quantité, de qualité ou de délai. Il est ainsi possible, en cas de nécessité, de recourir à du bois suisse d’une autre provenance, avec reprise ultérieure des grumes de la commune sans flux de trésorerie supplémentaire. Ce système de crédit pour le bois est expliqué dans la brochure «Lignum Compact – Le bois suisse dans les appels d’offres» éditée par Lignum. Il permet de garantir que la quantité de bois suisse requise est disponible à tout moment. Le choix des matériaux dès le début de l’étude de projet est donc une décision-clé pour pouvoir construire avec du bois suisse ou son propre bois. En 2021, la loi fédérale révisée sur les marchés publics (LMP) est entrée en vigueur. La concurrence axée sur la qualité y est nettement renforcée par la prise en compte de critères tels que la durabilité, les coûts du cycle de vie, l’innovation, la plausibilité de l’offre ou encore la fiabilité du prix. Le marché est désormais attribué à l’offre «la plus avantageuse» et non plus à l’offre «la plus profitable économiquement». L’abandon de la pure concurrence par les prix sur les marchés publics s’inscrit dans la tendance internationale vers une concurrence axée sur la qualité, qui prend en compte l’ensemble du cycle de vie. Dans le cas d’une construction en bois, il est particulièrement important que les adjudicateurs publics respectent le principe de non-discrimination pour ce qui est des valeurs seuils, conformément à l’Accord sur les marchés publics (AMP) de l’OMC. Ils peuvent cependant toujours choisir librement le matériau de construction, sans exception. Ils ont ainsi la possibilité, dans une décision de principe, de fixer comme condition un mode de construction en bois. Lorsque l’échange de prestations et de contre-prestations relève de la même entité juridique, on parle de marché in-house. Ce type d’attribution qui n’est pas soumis au droit des marchés publics (art. 10, al. 3, LMP/AIMP) ne fait donc pas l’objet d’un appel d’offres, mais doit être défini par l’adjudicateur comme une condition à remplir dans le cadre de l’attribution. Une commune construisant un bâtiment avec le bois de sa propre forêt remplit cette condition. Il en va de même pour l’achat par l’intermédiaire d’un prestataire contrôlé par les pouvoirs publics, qui n’est pas un acteur du marché et dont la commune fait partie (comme une entreprise forestière ou de transformation, ou un groupement à but déterminé). Outre le cadre juridique, des critères «subjectifs» pèsent en faveur de la décision de principe de construire avec du bois suisse. Dans le cas de l’école enfantine de Küttigen, l’un des facteurs déterminants était la volonté de renforcer la chaîne de valeur régionale. La construction en bois permet en effet d’atteindre cet objectif de manière exceptionnelle grâce à des trajets courts de transport des matériaux et à la collaboration avec des artisans locaux et régionaux. Nous verrons cet été si les habitants de Küttigen sont également favorables au choix du bois pour la nouvelle école: c’est en juin que l’assemblée communale prendra sa décision sur le dossier. Du côté de la commune, l’heure est à l’optimisme (prudent), aucune voix hostile au projet de construction ne s’étant fait entendre jusqu’ici au sein de la population. Informations complémentaires: Le 2 mai 2023 aura lieu à Soleure la Conférence sur les marchés publics durables 2023 organisée par la Conférence de coordination des services de la construction et des immeubles des maîtres d’ouvrage publics (KBOB) et la Conférence des achats de la Confédération (CA), en collaboration avec l’Association des Communes Suisses (ACS), l’Union des villes suisses (UVS), l’Association suisse Infrastructures communales (ASIC) et la Conférence suisse des directeurs des travaux publics, de l’aménagement du territoire et de l’environnement (DTAP). Le thème de la construction durable avec son propre bois y sera notamment traité de manière approfondie dans le cadre de la révision du droit des marchés publics. Florian Landolt

Ville d’Uster (ZH): une infrastructure durable

Marcel Kauer: Comme beaucoup, j’ai entendu parler du nouveau standard, mais ne l’ai vraiment perçu qu’à l’entrée en vigueur de la nouvelle loi fédérale sur les marchés publics. Son nombre de critères m’apparaissait toutefois excessif pour nos projets municipaux, si bien que je l’ai fait adapter en une version sur mesure pour la ville d’Uster et plus facile à traiter. Bien sûr, ils sont importants pour nous. Nous évaluons actuellement les soumissions à l’aide de quatre critères: durée du chantier, minimisation des émissions de CO 2 , gestion des risques d’accident et gestion des données. Nous avons débuté par la construction d’une piste cyclable/chemin piétonnier et accordé seulement 10% au critère d’adjudication «durabilité». Tout en autorisant des variantes d’entreprise. Ainsi, nous avons reçu des propositions alternatives porteuses d’améliorations. De quoi nous encourager depuis à pondérer la durabilité à 30%. C’est là une forte incitation à se confronter au sujet. En apparence oui, mais l’examen global des projets se traduit par des économies substantielles lors de l’exécution et, plus tard, de l’entretien. Nous prenons le temps d’évaluer les offres et d’optimiser les différentes étapes du projet avec toutes les parties entre l’attribution et le début des travaux. L’heure n’est pas encore aux affirmations quantitatives. Mais nous obtiendrons sans doute des solutions plus durables et donc meilleures. Se pencher sur ce nouveau thème stimule en outre l’innovation et déclenche un processus d’apprentissage des deux côtés. Ce qui rend notre métier à nouveau plus passionnant et plus attrayant. Martin Grether

Relevé numérique des compteurs d’eau

Le service de relevé des compteurs d’eau est basé sur le principe que nous utilisons pour l’automatisation de processus dans l’administration communale. Sa pièce maîtresse est une plateforme de processus indépendante que nous connectons via des interfaces à des solutions techniques existantes dans les administrations communales ou, comme ici, chez les fournisseurs d’énergie. Nous pouvons ainsi faire exécuter un processus avec une logique définie et personnalisable. Entre-temps, nous avons standardisé le service de relevé des compteurs d’eau, étant donné qu’il n’y a que très peu de différences entre les exigences dans les différentes communes. L’exemple du service de relevé des compteurs d’eau permet d’expliquer le fonctionnement de notre modèle basé sur une plateforme de processus. Le collaborateur du fournisseur d’énergie peut lancer le relevé dans sa solution technique. Les propriétaires ou les responsables des biens immobiliers reçoivent ensuite un e-mail ou un SMS qui contient un lien vers le formulaire de déclaration. Cet envoi a lieu via la plateforme de processus. Le numéro et le relevé du compteur doivent être saisis dans le formulaire de déclaration. Le téléchargement d’une photo du compteur peut être exigé en option. Les données saisies sont à leur tour automatiquement comparées à celles de la solution technique et soumises à un contrôle de plausibilité via la plateforme de processus. Si elles se situent dans une tolérance définie, elles sont directement enregistrées dans la solution technique. Les autres cas sont signalés au collaborateur pour contrôle dans un cockpit en ligne basé sur un navigateur, où ils peuvent être traités manuellement. Des exceptions restent possibles, par exemple pour les immeubles commerciaux, où il est important qu’un collaborateur de la commune effectue lui-même le relevé, ou lorsque quelqu’un est dépassé par la transmission numérique de données. Le service peut aisément être adapté de telle manière que, par exemple, la saisie manuelle par le collaborateur sur place ou à partir d’une fiche de déclaration remise soit possible dans le cockpit en ligne. Le service de relevé des compteurs d’eau permet de renoncer, d’une part, à la procédure complexe des visites à domicile ou à la paperasserie des formulaires de déclaration et, d’autre part, à l’investissement onéreux dans des compteurs d’eau numériques. Gérald Strub

Marchés publics: outils et informations

Nadja Sutter

Des constructions adaptées aux nouvelles conditions climatiques

Les bâtiments durables font face à des contraintes élevées, puisqu’il s’agit de concilier des problématiques très diverses et d’anticiper des évolutions et des exigences à venir. Pour construire conformément aux principes de la durabilité, il est essentiel de prendre en compte les dangers naturels le plus tôt possible dans la planification, au moment où la marge de manœuvre est la plus grande. Dans un pays montagneux comme la Suisse, les dangers naturels qui viennent spontanément à l’esprit sont les chutes de pierre et les avalanches. Or, ce sont la grêle, les tempêtes et les pluies intenses qui représentent les trois quarts des dommages causés aux bâtiments. Ces dangers n’épargnent pas non plus le Plateau. Et le changement climatique s’intensifiant, ils risquent de devenir encore plus fréquents et violents. Il est donc plus important que jamais de trouver des solutions ingénieuses lors de la planification de nouvelles constructions et de transformations. En effet, les bâtiments et les infrastructures doivent être adaptés au mieux pour résister aux risques prévisibles. Selon les scénarios climatiques pour la Suisse CH2018, il faut s’attendre à une nette augmentation de la fréquence et de l’intensité des fortes pluies, dont les conséquences sont aggravées par l’imperméabilisation des sols et la densification de l’habitat. L’eau de pluie qui ne s’infiltre pas directement s’écoule sur le sol sous forme de ce que l’on nomme le ruissellement de surface. Quelques centimètres d’eau à un endroit critique suffisent à inonder un sous-sol. Environ un dommage sur deux liés aux inondations de bâtiments est imputable au ruissellement de surface et non aux crues de ruisseaux, rivières ou lacs. Il est donc pertinent de considérer, en plus des cartes cantonales des dangers, la carte nationale de l’aléa ruissellement. Elle indique les voies de ruissellement privilégiées en cas de fortes pluies localisées. D'après la carte, deux bâtiments sur trois en Suisse sont potentiellement concernés par cet aléa. Connaître les dangers et avoir conscience de leurs conséquences constituent la seule façon de s’en préserver. Il existe, dans les phases de conception et de construction d’un ouvrage, des solutions efficaces pour protéger un bâtiment contre les dangers naturels. Quand les dangers naturels sont considérés dès le lancement du projet, il est généralement possible de protéger les nouvelles constructions sans frais additionnels. Si les mesures de protection sont envisagées tardivement, il peut en résulter des surcoûts importants. Dans certains cas, un projet mal conçu ne peut plus être rattrapé, même au prix d’investissements conséquents. C’est particulièrement vrai pour la sécurité parasismique et la protection contre les crues. Les mesures de protection constructives sont souvent faciles à mettre en œuvre. Des mesures de protection contre les crues bien intégrées dans le contexte architectural (p. ex. surélévation des ouvertures et des accès) sont esthétiques et protègent de manière fiable. S’il n’est pas possible de mettre en place des mesures de protection constructives permanentes pour préserver les entrées des parkings souterrains, des dispositifs techniques qui ne nécessitent pas d’intervention humaine peuvent être installés, par exemple une barrière qui se relève automatiquement en cas d’inondation. Une barrière rabattable se compose essentiellement d’un réservoir enterré et d’une cloison mécanique. Lorsque l’eau entre dans le réservoir, la barrière se redresse sous son action. Car, en cas d’urgence, il n’y a généralement pas assez de temps pour installer des batardeaux et des sacs de sable. Dans le cadre de la protection contre les crues, la norme SIA 261/1 impose même une solution permanente. Les orages entraînent régulièrement des pluies intenses localisées qui s’accompagnent de fortes rafales de vent et souvent d’épisodes de grêle. Une averse de grêle peut, en l’espace de quelques minutes, causer des dommages sur des surfaces importantes de toits et de façades, les matériaux légers et fragiles s’avérant particulièrement vulnérables. Pour se protéger au mieux d’un danger comme la grêle, qui ne peut être évité, l’enveloppe des bâtiments doit être plus résistante. Les produits de construction inscrits dans le répertoire grêle constituent une protection efficace. Les stores, particulièrement vulnérables du fait de leur conception, ont l’avantage de pouvoir être mis à l’abri en cas de danger. «Il faut remonter les stores», indique le message de prévention. Aujourd’hui, il est possible de remonter les stores automatiquement grâce au système domotique «Protection grêle – tout simplement automatique» de l’Association des établissements cantonaux d’assurance. Avec ce système, le dispositif de commande du bâtiment vérifie la prévision grêle toutes les deux minutes. En cas de menace de grêle imminente, il fait remonter les stores et élimine le risque de dommages. Un système similaire est en cours de développement pour la protection contre le vent; il utilisera les mesures locales du vent pour détecter les rafales à un stade précoce et relever les stores à temps. Toutes ces mesures prolongent la durée de vie des éléments de construction et réduisent le gaspillage des ressources, les désagréments et les frais. La prise en compte des dangers naturels dès les premières phases de la planification constitue un élément central de la durabilité dans la construction. Une gestion durable des risques naturels implique qu’ils soient systématiquement analysés et évalués. En fin de compte, il s’agit de déterminer de quel niveau de protection un ouvrage donné a besoin. L’ensemble des parties prenantes doivent établir ce qui peut arriver et, à l’inverse, ce qui ne doit pas arriver. Ainsi, il peut notamment s’avérer pertinent de choisir des objectifs de protection plus élevés pour des bâtiments à usage particulièrement intensif afin d’éviter une interruption de l’exploitation. Le but est de stimuler le dialogue conscient pour atteindre un niveau de risque accepté et pour parvenir à des bâtiments qui sont adaptés au climat. Pour ce faire, les maîtres d’ouvrage, les architectes et les planificateurs peuvent se référer à divers normes, guides et aides à la planification. Dans le cadre de la protection contre les dangers naturels, le Standard Construction Durable Suisse (SNBS) est exemplaire: sur la base des normes SIA 261 et SIA 261/1, le label SNBS Bâtiment 2.1 prend en considération tous les dangers naturels de manière aussi complète que pragmatique. L’outil d’évaluation interactif www.protection-dangers-naturels.ch/snbs passe en revue les questions importantes et propose des mesures de protection pertinentes. Informations: www.protection-dangers-naturels.ch https://www.protection-dangers-naturels.ch/snbs Indicateur SNBS 204.2 «Dangers naturels et sécurité sismique» Benno Staub

Stratégie climatique à l’échelle d’une commune

Le programme PECC, offrant un soutien financier et un accompagnement, a d’ores et déjà séduit une soixantaine de municipalités. Grandson (VD) est une des premières communes à avoir finalisé sa stratégie climatique. Entretien avec le syndic, Antonio Vialatte, et le municipal en charge du dossier, Nicolas Perrin. Antonio Vialatte : Notre commune avait déjà entrepris plusieurs actions en lien avec la durabilité, mais de façon assez disparate et hétérogène, au gré des opportunités. La démarche PECC a été l’occasion de faire un bilan, de définir des objectifs, de prioriser les actions; ce fut aussi l’opportunité de traiter ces questions de façon plus intégrée, avec un fil conducteur qui assure coordination et cohérence. Cela nous a également permis de bénéficier d’un accompagnement professionnel, qui amène des compétences techniques et une vision externe. Nicolas Perrin: La rédaction du document PECC nous a bien occupé … Il a fallu du temps pour rassembler les informations, plusieurs séances de réflexion en municipalité, puis avec les services. L’ensemble du processus aurait été lourd sans l’aide d’un mandataire. Les documents fournis par le canton ont aussi été très utiles: les canevas sont bien structurés, et les fiches-action très claires, avec beaucoup d’exemples d’actions concrètes et des sources d‘inspiration bienvenues. Antonio Vialatte: Une vision synthétique de la politique communale dans les domaines concernés: énergie, mobilité, environnement et aussi une approche plus transversale, intégrant différents dicastères. Je citerais également l’expérience de débats constructifs en municipalité quand il a fallu choisir collectivement les thèmes à retenir, puis les discussions avec les services pour préciser les actions spécifiques. Je retiendrai aussi l’expérience d’une approche participative avec les habitants. Nicolas Perrin: Il n’est pas forcément facile de rassembler et synthétiser des informations recueillies dans des contextes différents. Nous avons dû organiser une réunion de l’ensemble du personnel pour présenter le programme, clarifier les attentes et apaiser les craintes liées à la charge de travail que cela pouvait représenter. Antonio Vialatte: Pour nous accompagner, nous avons créé une commission consultative (hors conseil communal), qui nous a notamment aidés à organiser une soirée participative à laquelle toute la population a été conviée. Des ateliers de réflexion y ont été proposés, sur des thèmes pour lesquels l’expérience quotidienne de nos habitants semblait pertinente: alimentation, déchets, mobilité, biodiversité, canicule. Nous prévoyons une présentation publique du document PECC, puis d’autres actions participatives plus ciblées en cours de législature. Nicolas Perrin: Jusqu’ici, les réactions sont très positives, tant des membres du conseil communal que des citoyens présents lors de la soirée participative. Nous avons également des retours positifs sur plusieurs des actions déjà en voie d’implémentation, comme la réduction de l’éclairage public ou les actions pour la nature en ville. Antonio Vialatte: La mise en œuvre a en fait déjà débuté sur plusieurs fronts, notamment la commission consultative pour la durabilité, la participation citoyenne, l’éclairage public, les bâtiments publics, la mobilité douce, la biodiversité et la gestion des espèces invasives. Une législature est vite passée, autant s’y mettre rapidement! Sofia Currit

Nouveaux systèmes d’éclairage à LED pour Wädenswil

Ces dernières années, Wädenswil (ZH) a mis en œuvre douze mesures d’éclairage dans l’école et le bâtiment polyvalent. La ville économise ainsi 112 735 kWh par an, ce qui correspond à –70%. Pour ce projet, Wädenswil a reçu une contribution de ProKilowatt correspondant à 17% des 256 000 francs investis.. ProKilowatt nous a donné la possibilité de regrouper douze mesures différentes en un seul projet. L’outil pour les communes publié sur le site web de ProKilowatt nous a facilité le travail. C’était une collaboration entre le service immobilier, les concierges, notre conseillère en charge de l’énergie et moi-même. Nous nous sommes fait aider par le bureau d’ingénieurs Weisskopf Partner GmbH pour remplir l’outil. Le soutien des politiques, qui ont accepté le crédit-cadre, a également été décisif. L’administration et les politiques soutiennent les objectifs énergétiques de la ville. Selon Rolf Baumbach, directeur des services publics municipaux: «L’efficacité énergétique est aussi une question d’efficacité des coûts, ce qui soulage considérablement le budget de la ville de Wädenswil en période de prix de l’énergie élevés.» «Grâce à des optimisations et des systèmes de régulation, la consommation électrique a pu être réduite de 70%, ce qui permettra d’économiser chaque année des coûts d’électricité.» Golrang Daneshgar, déléguée à l’énergie de la ville de Wädenswil (ZH) Il est recommandé de faire appel à des planificateurs et installateurs afin d’obtenir un plan d’éclairage professionnel. Nous avons examiné de quelle luminosité nous avions besoin. Grâce à des optimisations et des systèmes de régulation, la consommation électrique a pu être réduite de 70%, ce qui permettra d’économiser chaque année des coûts d’électricité. Nous avons consacré près de deux semaines à la préparation du projet. Nous analysons actuellement la situation de pénurie d’énergie en hiver. Nous examinons le potentiel de mesures de contingentement, mais aussi d’optimisations. Il est donc possible qu’il en résulte de nouvelles mesures justifiant une nouvelle demande. Domenica Bucher

Petite enfance: les communes s’engagent

Il s’en passe des choses dans la vie d’un enfant entre sa naissance et l’entrée à l’école. Il fait connaissance avec ses parents, apprend à marcher, à parler, et façonne peu à peu sa vie future. De nombreuses recherches scientifiques l’ont démontré: les principales compétences de vie sont posées pendant la petite enfance, que ce soit en termes de santé ou de compétences sociales. Cette phase, qui comprend la grossesse, est donc déterminante. L’encouragement précoce regroupe toutes les mesures bénéficiant au développement de l’enfant. Cela va de l’éducation de la petite enfance à des mesures de promotion de la santé – prévention, conseil prénatal et alimentation – en passant par les solutions pour concilier vie professionnelle et familiale, ou des aménagements urbanistiques favorisant le jeu. Le projet Miapas , mené par la Fondation Promotion Santé Suisse, réunit des représentantes et représentants d’associations nationales dans le domaine de la petite enfance. L’objectif est d’élaborer des recommandations scientifiquement fondées sur l’alimentation, l’activité physique et la santé psychique, à destination des professionnelles et professionels ainsi que des parents. Les réseaux interdisciplinaires sont également clé lorsqu’il s’agit d’atteindre les familles. Pour soutenir, identifier au plus vite les problèmes éventuels et orienter les familles vers les solutions existantes, il est crucial d'utiliser le potentiel du réseau professionel et interdisciplinaire en contact avec elles. En font partie, entre autres, les professionnelles et professionnels en gynécologie, pédiatrie, périnatalité, parentalité ou éducation de l'enfance. Le projet Réseautage centré sur la famille de l'Office fédéral de la santé publique et d’Alliance Enfance va dans ce sens. Une étude préliminaire basée sur la stratégie des aides précoces à l’enfance en Autriche a été publiée en 2021. Elle montre clairement que de tels réseaux peuvent répondre aux besoins de soutien des familles en difficulté à un coût relativement faible. Un argumentaire pour leur mise en œuvre en Suisse est en cours d’élaboration à destination des professionnelles et professionnels et des politiques. A Aarau, la population a confirmé en novembre dernier dans les urnes les orientations prises par la ville en 2019. Une stratégie ambitieuse pour la petite enfance a été élaborée après consultation de de nombreux spécialistes et partenaires. «Aarau veut être une ville accueillante pour les familles. Il est également de notre devoir de mettre en œuvre la Convention pour les droits de l’enfant», explique la responsable du service «Enfants et famille» de la ville d’Aarau Mina Najdl. «Nous sommes convaincus que lorsqu’on offre un bon départ à quelqu’un, on lui offre une bonne base qui l’aidera à affronter les aléas de la vie.» Parmi les mesures mises en œuvre, l’ouverture de centres parents-enfants: des lieux de rencontre, de conseil et d’accompagnement à bas seuil gérés par des professionnelles et professionnels de la petite enfance travaillant en réseau. «Ces centres sont clairement une porte d’entrée vers les familles», explique Mina Najdl. «Les familles apprécient l’environnement adapté aux tout-petits et la présence de professionnels, qui établissent une relation de confiance avec elles et les accompagnent dans cette période pleine de défis.» La Ville d’Aarau a également créé la fonction de «pilote familial», qui conseille les familles vulnérables de la grossesse à l’entrée à l’école enfantine, et identifie, organise et coordonne les besoins de soutien. Ce projet s’appuie sur le réseau de coopération multiprofessionnel mis en place pour décloisonner les domaines de la santé, du social et de l’éducation. Amener les professionnelles et professionnels à se connaître, échanger et travailler étroitement ensemble augmente les chances de mieux accompagner les familles. Plus d’informations: Activités de Promotion Santé Suisse pour la petite enfance Projet Miapas Réseautage centré sur la famille en Suisse Stratégie Petite enfance Aarau (en allemand) Plan politique de l’enfance de la Ville de Vernier Jessica De Bernardini , Nadia Jaggi

De Coire à Trimmis à vélo en toute sécurité

En 2019, les communes de Coire et de Trimmis ont inauguré une nouvelle liaison cyclable intercommunale. Bien qu’amorcé il y a plus de 30 ans, le projet n’a vu le jour que récemment, au terme d’âpres discussions à propos du tracé. Les dénivellations rendaient en effet les précédentes liaisons dissuasives. Quant à la route cantonale, elle ne constituait pas une alternative suffisamment sûre au vu d’une fréquentation en constante augmentation. L’objectif du projet était donc d’aménager le plus rapidement possible cette voie cyclable tant attendue, dans le cadre du programme d’agglomération, pour pouvoir enfin offrir aux cyclistes un itinéraire sûr pour leurs déplacements quotidiens. Les divergences d’intérêts et de besoins des différentes parties prenantes ont considérablement compliqué la planification. Il a fallu étudier de nombreuses variantes et, tronçon après tronçon, choisir la variante la plus adaptée aux différentes particularités locales, conditions-cadres et contraintes à prendre en considération. Il est ressorti de ce long processus une toute nouvelle voie cyclable de plusieurs kilomètres, interdite aux véhicules motorisés et empruntant un itinéraire direct. Principalement destinée aux déplacements quotidiens, elle se prête également aux excursions de loisirs. Ce projet d’un coût de 1,6 million de francs a valu aux communes de Coire et de Trimmis un prix de reconnaissance lors du Prix Vélo Infrastructure 2020. Le jury a été particulièrement impressionné par la persévérance, la volonté, la patience et la capacité de persuasion dont les responsables du projet ont dû faire preuve pour surmonter la forte opposition qui leur faisait face. Aujourd’hui, leurs efforts sont récompensés: la Ville de Coire estime la fréquentation moyenne annuelle de la nouvelle liaison à quelque 23 000 cyclistes et encore davantage de piétonnes et piétons. Anita Wenger

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