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Quand des communes exploitent des restaurants

Flims (GR) l’a fait et aussi Altnau (TG). Les deux communes possèdent et donnent en gérance des établissements de restauration. A Flims, un nouveau restaurant a été ouvert en 2024 sur un terrain communal au bord du lac de Cauma. «Avoir son propre restaurant n’est certes pas la tâche centrale d’une commune. Du fait de l’importance de ce lieu, le restaurant et le lac de Cauma doivent toutefois rester dans les mains de la commune», note le conseiller communal Guido Casty. A Altnau (TG), les citoyennes et citoyens ont approuvé en 2020 un crédit-cadre pour la zone centrale autour du restaurant Krone pour un montant total de 6,65 millions de francs. En seulement dix mois, un nouveau restaurant a été construit sous forme de pavillon à côté de l’ancien bâtiment de 1810 classé au patrimoine. Codirecteur de l’Institut d’économie régionale et d’entreprise à la Haute école de Lucerne, Stefan Bruni estime que l’acquisition par des communes d’un établissement de restauration est sensée lorsqu’elle répond à un besoin de la population et qu’elle permet de contrer une réduction des prestations. Fabrice Müller

Les collaborateurs de Saillon sensibilisés au mieux vivre ensemble

Tout employeur responsable souhaite voir ses équipes travailler avec plaisir, dans une atmosphère agréable. Car évoluer dans un climat sain et épanouissant, basé sur l’écoute et la solidarité, c’est non seulement bon pour la santé, mais c’est aussi offrir le meilleur de soi-même! A Saillon, en Valais, le président de la commune Charles-Henri Thurre privilégie à ce sujet la vision d’une responsabilité partagée: «Les conditions de base – cahier des charges, confort du poste, horaires, etc. - doivent évidemment être mises en place par la commune, mais pour ce qui est de l’atmosphère de travail au sein de l’administration, c’est avant tout de la responsabilité de chacun.» Connue pour son bourg médiéval, Saillon a vu sa population passer de 2136 à 3094 personnes entre 2010 et 2023, soit une progression de près de 45% en une décennie environ. A cette évolution démographique fait naturellement écho une augmentation similaire du personnel communal. Chefs de service, personnel d’accueil de la petite enfance, ingénieurs, concierges, paysagistes, parents d’accueil, collaborateurs du tourisme, etc., ils sont aujourd’hui une centaine à assurer les prestations aux citoyens. «Autant de personnes issues de milieux, de cultures, de générations et de sensibilités différentes, c’est une force et nous en sommes fiers, mais ça nécessite forcément des efforts de part et d’autre pour que tout se passe bien», commente Grégory Thurre, responsable des ressources humaines à ce moment-là. «L’atmosphère de travail au sein de l’administration, c’est avant tout de la responsabilité de chacun.» Charles-Henri Thurre, président de Saillon Or, si certaines entreprises ont cédé à la «mode» du «Chief happiness officer», Saillon a choisi une autre voie pour mettre de l’huile dans les rouages, celle de la formation par le biais d’un atelier. Baptisé «Bien vivre et travailler ensemble», celui-ci était animé par Le Caméléon, une compagnie spécialisée dans le théâtre-forum. Le théâtre-forum est une des techniques du genre du théâtre de l’opprimé, né dans les années 70 au Brésil. C’est un moyen d’émancipation et de changement social et politique. Le principe? Des comédiens jouent différentes mises en scène. Par exemple: des collègues discutent à la cafétéria du choix d’un cadeau d’anniversaire pour une cheffe de service, l’informaticien initie une nouvelle arrivée aux mesures de sécurité dans l’administration. Les situations semblent banales, mais les comédiens parsèment leur jeu et leur discours d’attitudes et de mots inadéquats: une allusion xénophobe, un geste déplacé, une moquerie sur une particularité physique, un ton un peu trop familier, etc. «Les situations sont réalistes, mais nous jouons volontairement des personnages stéréotypés, explique Simon Labarrière, comédien et directeur de la compagnie. Cela permet de rester ludique, et ça favorise la mise en confiance.» Une confiance qui sera indispensable pour la suite du processus. Dans la salle, les collaborateurs de tous bords observent le jeu des acteurs sans mot dire. L’animateur indique alors: «Nous allons rejouer cette scène à l’identique, et désormais, à vous de lever la main à chaque fois que quelque chose vous dérange. On stoppe alors le jeu, et on en parle.» Très vite, des mains se dressent: «Il ne peut pas faire cette allusion, c’est anti-Français!», «C’est vraiment du commérage!» Sur invitation de l’animateur, les plus courageux se risquent même à remplacer le comédien «fautif» et à rejouer la situation comme ils la jugent «correcte». «Dans ce genre d’exercice, explique Simon Labarrière, environ 20% des gens participent, en levant la main ou en montant sur scène, 15% restent en retrait, et 65% gardent une oreille attentive. Or chez eux, comme chez les plus actifs, il va se passer quelque chose, une prise de conscience, un changement de perspective, et c’est gagné.» Carole Pellouchoud

30 km/h: la Confédération freine l’autonomie communale

La motion Schilliger approuvée par le Parlement prévoit de manière générale une limitation à 50 km/h sur les routes à orientation trafic à l’intérieur des localités. Des exceptions doivent rester possibles, mais la manière dont elles sont définies n’est pas claire. Les communes craignent maintenant que l’introduction du 30 km/h soit limitée, même dans des zones névralgiques comme celles près des écoles. A Malters (LU), un moratoire cantonal retarde ainsi des mesures planifiées. Des voix critiques mettent en garde contre des directives centralisées qui ne tiennent pas compte de la situation locale. Pour l’ACS, une chose est claire: les décisions sur les limitations de vitesse doivent être prises par les communes, car elles sont les seules à avoir une vue d’ensemble de la sécurité, du bruit et de la réalité du trafic. «Si une majorité de la population locale le souhaite, il devrait être possible de mettre en œuvre une réduction de la vitesse.» Marcel Lotter, conseiller communal de Malters (LU) Fabio Pacozzi

Fu­tur ra­dieux pour in­fra­struc­tu­re ob­solè­te: transformation d’une STEP

Depuis l’extérieur, c’est un petit bâtiment qui n’a pas de toit. Situé le long du Rhône, le bassin de décantation hors sol, à ciel ouvert et flanqué de locaux techniques en périphérie, est le dernier vestige de la première station d’épuration (STEP) construite en Valais, au milieu des années 1960. Abandonnée en 1994 lors de la construction de la station d’épuration intercommunale de Bieudron, le bassin perd tout usage et devient ce vide imperceptible derrière des murs. Pendant ce temps, le village d’Aproz, idéalement situé entre Sion et Martigny, grandit rapidement grâce à des prix immobiliers encore accessibles. Dans le but de proposer des espaces publics à cette population croissante, les autorités communales mandatent Arnaud Michelet et Romain Legros, associés de En-Dehors, pour recenser des terrains disponibles. Dans ce cadre, la parcelle où se trouve le bassin est rapidement répertoriée pour sa situation proche du centre et son importante surface non construite. D’ailleurs, elle devient si intéressante que les communes de Sion et de Nendaz, sur lesquelles se répartit le village, y voient alors une surface potentielle pour une extension future de l’école. Les architectes-paysagistes proposent donc de changer de stratégie. Face à la pression foncière, ce sont eux qui suggèrent d’investir le volume du bassin abandonné et d’ainsi préserver le reste du terrain pour tout futur bâtiment. Une transformation d’abord surprenante, mais qui va ancrer le projet dans une circularité totale. À partir de cette décision et après vérification de la non-­pollution du site, En-Dehors va mener une véritable analyse de l’objet construit. À la manière d’architectes (non-paysagistes), ils s’intéressent au construit, à la statique des murs et aux éléments à récupérer. Bien qu’ils reconnaissent que ce n’est qu’une fois le bassin ouvert qu’ils ont pu réellement appréhender l’espace disponible, ces études mettent en place les grands principes. Le projet se développe autour du réemploi, en utilisant directement sur site la matière extraite du bassin: l’ouverture principale de la façade sud produit les marches qui y mènent, les garde-corps du chemin de ronde du bassin sont réutilisés pour l’accès, le tirant central au profil hexagonal marquant devient un banc… Le lieu inspire directement le projet, qui va continuer d’évoluer avec le chantier et grâce à un échange précieux avec les entreprises mandatées. Par exemple, en comprenant qu’il est plus simple de carotter que de scier le sol, En-Dehors adapte la forme des percements pour les plantations: les carrés deviennent des ronds. Les épais disques extraits se muent alors en assises. Toutes les pièces sont ainsi appréciées et considérées sur place, modelant progressivement le résultat. À la fin, c’est une véritable salle de jeux, plutôt qu’une place, qui est créée. Des douches et jets, parfois invisibles, alimentent en eau des parcours entaillés dans la masse du radier. Entre ces jeux d’eau actionnés par les enfants, mais aussi de manière aléatoire, des touffes de saule apportent de la fraîcheur et créent des cachettes. Dans un coin, des pierres ont été sélectionnées et montées sur le mur pour offrir des prises d’escalade. Seul élément à rompre la forte intériorité du lieu, un toboggan auquel on accède par une tour à l’extérieur et qui traverse ensuite le mur, via un carottage. À terme, le projet devrait sortir de ce cadre construit pour investir l’espace alentour. Pour le moment, il offre un point d’attraction et de rencontre dans ce quartier très résidentiel sans autre porosité. L’intervention se limite à la transformation du volume intérieur. Les autres façades de l’infrastructure, qui donnent accès à des locaux techniques encore en usage, n’ont pas été rénovées et la parcelle reste en friche. Loin de nuire au projet, ce contexte renforce l’effet de surprise et le sentiment d’avoir découvert un lieu secret, presque interdit. D’ailleurs, il aura fallu de nombreux échanges pour obtenir la certification de cet objet hors normes en place de jeux homologuée. Dans les parcs, la tendance actuelle est plutôt aux constructions en bois massif et aux copeaux de bois sur le sol. Alors pour mettre en œuvre les revêtements de sol souples prescrits et s’inscrire dans un imaginaire collectif de l’enfance, En-Dehors introduit de la couleur dans le projet, en rupture avec l’aspect brut du béton. Un assortiment des trois teintes primaires marque les interventions techniques comme les sciages ou les bandes étanches. Malgré sa petite taille, la place de jeux d’Aproz condense de nombreuses thématiques actuelles. Au-delà de la question des ressources et des déchets, la réponse apportée au devenir des infrastructures obsolètes héritées du XX e siècle est particulièrement intéressante. Plutôt que de démolir, le projet parvient à transformer un site a priori hostile et inopportun en un lieu attractif, qui accueille les utilisateurs et utilisatrices probablement les plus protégé·e·s de notre société: les enfants. Pour réussir ce tour de force, En-Dehors agit avec conviction et souplesse, pour expérimenter et s’adapter progressivement au lieu, mais surtout avec beaucoup de plaisir. Un sentiment à retrouver d’urgence dans nos métiers. Cet article est d’abord paru dans TRACÉS 06/2024, édité par espazium - les éditions pour la culture du bâti: Futur radieux pour infrastructure obsolète Transformation d’une STEP en aire de jeux, Aproz (VS) | Espazium Héloïse Gailing

2115 communes et une coche sur un formulaire

Se faire une place dans les débats nationaux en tant que commune n’a jamais été une évidence. Parfois, leur rôle est pleinement reconnu: les communes sont alors considérées comme un pilier à part entière du fédéralisme, aux côtés de la Confédération et des cantons. A d’autres moments, elles glissent au rang d’«acteurs tiers», au même titre qu’une organisation environnementale ou économique. Les 2115 communes suisses deviennent alors une simple coche sur un formulaire de consultation, un point de vue parmi d’autres, que l’on peut prendre en compte - ou pas. A l’occasion des 25 ans de l’adoption de la nouvelle Constitution fédérale, qui consacre à son article 50 la reconnaissance explicite des communes comme actrices clés du système fédéral, il vaut la peine de revenir sur cette victoire pour le fédéralisme à la sauce helvétique. Car si cette reconnaissance juridique est acquise, sa traduction politique reste, elle, en constante redéfinition. Il est d’autant plus important de rappeler le principe de l’autonomie communale que la sensibilisation aux préoccupations des communes tend à diminuer au sein du Parlement fédéral. C’est ce que constatent les politologues Adrian Vatter et Rahel Freiburghaus - dont l’entretien exclusif est à découvrir dans cette édition estivale. Je vous souhaite une bonne lecture! «Il est d’autant plus important de rappeler le principe de l’autonomie communale que la sensibilisation aux préoccupations des communes tend à diminuer au sein du Parlement fédéral.» Manon Röthlisberger, directrice suppléante de l’Association des Communes Suisses Manon Röthlisberger

Comment les communes ont obtenu leur place dans la Constitution

L’ancienne Constitution fédérale de 1874 mentionnait à peine les communes et les villes. C’est pourquoi l’ACS et l’Union des villes suisses ont demandé dans les années 1990 que leur rôle soit reconnu du point de vue constitutionnel. Elles s’opposaient au fait de devoir assumer des tâches sans avoir en même temps le droit de participer aux décisions. Une pétition signée par 1700 communes et villes a fait pression sur le Parlement. Malgré l’opposition politique de la Confédération et des cantons, les Chambres fédérales ont approuvé l’introduction d’un article sur les communes dans la Constitution fédérale. Son article 50 garantit depuis l’autonomie communale et oblige la Confédération à tenir compte des conséquences éventuelles de son activité pour les communes. Fabio Pacozzi

L’accès des communes à la Constitution fédérale: l’histoire vue par un syndic

«Je n’ai pas participé directement aux travaux à Berne liés à l’art. 50 Cst., mais les réflexions régionales étaient déjà en cours», contextualise Gustave Muheim, syndic de Belmont-sur-Lausanne et ancien membre du comité de l’Association des Communes Suisses (ACS). Sur le terrain, ce sont les premières structures d’agglomération qui émergeaient, dont la COREL (Communauté de la Région Lausannoise), fondée en 1990. Au tournant du XXI e siècle «la Constitution devait reconnaître la commune en tant qu’institution, et pas seulement comme relais des cantons». A l’époque, un point de friction récurrent était le respect de la souveraineté cantonale. Il ne devait en aucun cas exister de lien direct entre la Confédération et les communes: «Il y avait une vraie crainte que les cantons continuent à décider pour nous auprès de la Confédération», résume Muheim. C’est cette crainte qui poussa les communes à s’organiser et à se battre pour faire reconnaître leurs rôles institutionnels dans la Constitution. Ce débat sur la Suisse et son organisation inspire également le monde artistique. C’est par une œuvre se nommant «La Suisse n’existe pas» que le pavillon suisse était représenté à l’Exposition universelle de Séville en 1992. Une belle analogie aux débats bernois, d’après Muheim. Le vocabulaire constitutionnel posait lui aussi problème. «On parlait des villes, mais pas des villages», se souvient l’ancien syndic. Pourtant, juridiquement, une ville est une commune. Mais de facto, «elle considère parfois qu’elle ne l’est plus». L’ajout d’un alinéa sur les régions de montagne (al. 3) a renforcé cette stratification alors que les deux premiers alinéas font référence aux communes en tant qu’institution. Cet acquis n’a pas été obtenu sans «batailler ferme», notamment vis-à-vis de l’administration fédérale, qui y voyait un interlocuteur de plus. «Et pourtant, quelle fierté: avec l’article 50, les communes existent. Avant, elles étaient traitées comme des sous-structures cantonales. Maintenant, elles existent juridiquement, constitutionnellement. Ce n’est plus un Conseil d’Etat qui décide, au cas par cas, de leur importance. C’est la loi constitutionnelle qui le fait.» «Avec l’article 50, les communes existent. Avant, elles étaient traitées comme des sous-structures cantonales. Maintenant, elles existent juridiquement, constitutionnellement.» Gustave Muheim, ancien syndic de Belmont-sur-Lausanne Le tournant arrive peu après l’adoption de la nouvelle Constitution en 1999. Fin 2000, Moritz Leuenberger fonde la Conférence tripartite sur les agglomérations (CTA). «Cette création, c’était le premier pas de la vraie reconnaissance des communes par l’article 50.» Muheim y siège en tant que président de la COREL, la première association régionale de droit privé. «C’était une invitation officielle: s’asseoir à la même table, en nombre.» L’invitation du 15 novembre 2000 convie une délégation de dix représentants communaux, sept représentants cantonaux et quatre représentants de la Confédération, présidée par le conseiller fédéral Leuenberger, à se réunir le 20 février 2001 au siège de la Banque nationale suisse. A la suite de l’acceptation en avril 1999 de la nouvelle Constitution, les communes ont demandé une application prompte et juste de cet article. Et, étant donné la résistance initiale des cantons et de la Confédération vis-à-vis de cet article, il était nécessaire de délimiter la portée réelle de l’article constitutionnel. C’est le professeur Alfred Kölz sur mandat des associations communales qui a mené ces travaux. Les conclusions sont claires: même si cet article n’a pas créé de nouvelles compétences matérielles fédérales et ne saurait constituer une base juridique autorisant l’allocation, à titre général, de subventions aux communes et aux villes, tous les organes de la Confédération sont désormais tenus, dans l’accomplissement de leurs tâches, d’accorder spontanément une attention toute particulière aux communes et à trouver des solutions adéquates. (Avis de droit [Prof. A. Kölz] sur l’interprétation de l’art. 50 Cst. al. 2 et 3 de la Constitution fédérale, 16 mars 2001). L’accession des communes à la Constitution a été un pas majeur pour les communes: «On avait le même niveau étatique, mais on jouait dans une autre ligue. Ça a permis de rééquilibrer les poids. Et on ne faisait pas de la figuration», conclu l’ancien syndic. Grâce à l’article 50, les communes «existent» en étant inscrites au sommet de l’ordre juridique suisse, et cette existence l’Association des Communes Suisses la défend depuis 25 ans avec conviction. Manon Röthlisberger

Le quartier Pont-Rouge à Lancy: un laboratoire d’innovation sociale

Le projet pilote «Quartier Pont-Rouge» vise à repenser l’aménagement d’un quartier de Lancy, en misant sur la mixité sociale et le vivre-ensemble. Mené par les autorités publiques, il est conduit en collaboration avec les fondations immobilières propriétaires, l’association de quartier et les organismes partenaires. Le quartier comprend 80% de logements d’utilité publique, destinés à des étudiantes et étudiants, retraitées et retraités, personnes et familles ayant des revenus modérés. Dans son environnement entièrement piétonnier, le quartier de 1800 habitantes et habitants offre un cadre de vie convivial, avec une école, une crèche, ainsi que des commerces et restaurants. Des actions concrètes structurent le quartier de Pont-Rouge, grâce à une collaboration avec le Bureau de l’intégration des étrangers (BIE) du canton de Genève. Les objectifs spécifiques de cette politique de quartier sont de prévenir les discriminations, les violences et les marginalisations culturelles et socio-économiques. La démarche vise à considérer l’accueil, l’information, le vivre-ensemble ou encore la participation citoyenne comme des axes de travail importants. Afin d’orchestrer la vie du quartier, une coordinatrice a été engagée par le Service des affaires sociales et du logement de la ville de Lancy. Odile Magnenat, présente à l’Espace quartier de manière ponctuelle, a pour mission de faciliter le lien entre la commune, les habitants et habitantes, les sociétés et les partenaires. Elle est chargée d’assurer un accueil de qualité aux nouveaux venus, de travailler le vivre-ensemble et de favoriser la participation de la population au devenir du quartier. Elle coordonne l’animation et les événements, en étroite collaboration avec l’association de quartier Adret Voies Vives. Son slogan, «Tricoter ensemble les mailles d’un endroit où il fait bon vivre», montre la volonté de favoriser l’intégration des résidentes et résidents et de promouvoir le développement de la vie socioculturelle du quartier. Les résultats du dispositif de Pont-Rouge se traduisent par une grande implication des habitantes et habitants dans la vie du quartier. Une véritable collaboration s’est mise en place entre les différents acteurs et le lien entre les services de la ville de Lancy et la population résidente a été facilité. A ce jour, la Ville de Lancy couvre deux quartiers sur ce modèle et projette d’en développer sept à l’avenir. L’Etat et la Ville de Lancy entendent se doter des outils nécessaires pour que ce modèle puisse être multiplié dans les quartiers de la commune et du canton présentant des caractéristiques similaires. Alicia Riondel-Carrard, adjointe au chef de service des affaire sociales et du logement de la Ville de Lancy, cite: «Nous sommes convaincus que l’administration doit se rapprocher de ses citoyennes et citoyens et accompagner les habitantes et habitants dans les quartiers pour favoriser une cohésion sociale et le bien vivre ensemble, sans pour autant prendre leur place dans leur rôle d’actrice ou acteur du lien social.» Ce modèle de partenariat constitue une illustration tangible de la mise en œuvre de la loi sur la politique de cohésion sociale en milieu urbain. Le quartier, caractérisé par une forte hétérogénéité sociale, des vulnérabilités économiques et une mixité culturelle importante, nécessite une mobilisation coordonnée des institutions publiques et repose sur un modèle participatif. Cette approche permet une meilleure intégration des besoins, renforce l’adhésion des populations et contribue à la pérennité des dispositifs en place. Grâce à l’octroi du label Commune en santé en mars 2025, la Ville de Lancy assoit son engagement en faveur du bien-être de ses citoyennes et citoyens, avec une centaine de mesures répertoriées. Cette labellisation a permis de mettre en avant les bonnes pratiques, mais aussi d’envisager des améliorations continues grâce à un plan d’action cohérent sur l’ensemble du territoire communal. Pour l’avenir, Lancy souhaite notamment renforcer sa collaboration avec les écoles, poursuivre la promotion du sport en plein air, développer son offre de prestations à destination des seniors et favoriser la mobilité douce. Christelle Dayer

Uzwil devient une ville-éponge

Depuis la révision de son plan d’aménagement en 2021 et de son plan général d’évacuation des eaux, Uzwil (SG) mise de façon ciblée sur une gestion de l’eau adaptée au climat. Après des ateliers et des analyses, des sites prioritaires pour des mesures en lien avec le concept de ville-éponge ont été identifiés. De premiers projets comme des murs végétalisés, des plates-bandes et des bosquets ont déjà été réalisés. Lors de chaque réfection de route, on examine s’il est possible de désimperméabiliser et de végétaliser. Les surfaces industrielles imperméables offrent un potentiel tout particulier. La revitalisation de la rivière Hueberbach améliore la protection contre les inondations et la qualité de vie. Communication et exemples concrets permettent de convaincre le monde politique et les privés. Sarah Sidler

Bouger et se rencontrer

Dans le parc municipal, au bord du lac de Greifensee ou dans les forêts environnantes, Uster (ZH) offre de merveilleuses possibilités d’être actif à l’extérieur, de bouger et de se rencontrer. Pour moi, bouger dans l’espace public est bien plus que du fitness. C’est l’expression d’une harmonie vivante accessible à toutes et tous en tout temps. Cet été, une belle opportunité a été proposée non seulement à Uster, mais dans plus de 20 autres communes: grâce à l’offre gratuite «Active City», l’ensemble de la population a pu profiter d’une offre sportive accompagnée attrayante et professionnelle. J’ai moi-même participé à plusieurs leçons et j’ai été enthousiasmée. Des gens de diverses générations se rencontrent, font ensemble du sport et discutent, de manière non compliquée, ouverte et en pleine ville. Il est beau de voir à quel point ces offres sont accessibles et renforcent le sentiment de communauté. Un autre événement sportif marquant se profile: du 26 au 28 septembre 2025, Uster accueillera la finale de la Coupe du monde de course d’orientation. Les compétitions internationales traverseront nos quartiers, le parc municipal et le centre-ville. Elles permettront de faire vivre notre cité d’une manière tout à fait particulière. Aujourd’hui déjà, la population peut participer activement grâce à l’Uster OL-Challenge: 100 postes virtuels invitent à redécouvrir notre ville de manière ludique et en bougeant, de façon flexible et sans pression temporelle. Je suis persuadée que le mouvement relie, et nos communes avec leurs espaces publics offrent le cadre idéal pour cela. Barbara Thalmann

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