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Agenda 2030, biodiversité et protection du paysage: les positions de l’ACS

L'Association des Communes Suisses (ACS) soutient la Stratégie du Conseil fédéral pour le développement durable (Agenda 2030). Toutefois, la stratégie s'applique principalement à la politique fédérale. Les cantons et les communes sont invités à contribuer à la réalisation des objectifs - pour l’ACS, il est crucial que cette stratégie ne soit pas contraignante et que les les communes conservent leurs compétences en matière de durabilité sans entrave de la Confédération. Ceci vaut également dans une optique de « laboratoire d’idées » du niveau communal. Dans ce sens, l’ACS invite la Confédération à s’inspirer des modèles de mise en oeuvre locaux qui ont d’ores et déjà prouvé leur efficacité. En outre, l’ACS souligne dans sa réponse à la consultation du printemps que les structures de coopération tripartites existantes constituent une bonne base pour atteindre des objectifs communs. La biodiversité en Suisse est en mauvais état. Près de la moitié des types d'habitats et environ un tiers de toutes les espèces connues de plantes, d'animaux et de champignons sont menacés. Le Conseil fédéral a déclaré en décembre 2020 que ce déclin se poursuivait malgré les mesures prises. Il rejette néanmoins l'initiative populaire «Protéger la nature et le paysage» (initiative biodiversité) déposée par l'association «Pour la nature, le paysage et le patrimoine bâti» en septembre 2020, car elle restreint excessivement la marge de manœuvre des cantons dans le domaine du paysage. «La protection plus stricte exigée par l'initiative représente une restriction trop forte pour l'économie et d'autres domaines politiques tels que la politique énergétique, notamment pour les petites zones protégées», écrit le Conseil fédéral. Le Conseil fédéral soutient donc un contre-projet indirect. Il se concentre sur l'objectif de désigner 17 % du territoire du pays comme zones de conservation de la biodiversité. Actuellement, la proportion de ces zones protégées en Suisse est de 13,4 %. L'objectif de superficie de 17 % n'est pas nouveau ; il avait déjà été fixé en 2012 dans la Stratégie Biodiversité Suisse du Conseil fédéral. Il est maintenant prévu de l'intégrer dans la Loi sur la protection de la nature et du paysage (LPN) en tant qu'élément du contre-projet indirect. D'autres éléments sont le renforcement de la protection des espèces dans les zones urbaines et les agglomérations en utilisant les zones d'implantation pour la biodiversité, par exemple les toits végétalisés; la restauration des biotopes nationaux existants; la reprise des éléments incontestés de la loi révisée sur la chasse, rejetée par la population en septembre 2020, comme la mise en réseau des espèces vivantes; l'ancrage d'une obligation légale pour les cantons de prendre en compte les inventaires fédéraux dans le domaine du parimoine bâti. Comme cette disposition existe déjà au niveau des ordonnances, aucune obligation supplémentaire ne serait créée, écrit le Conseil fédéral. La nécessité d'agir est également incontestée du point de vue de l’ACS. Dans le même temps, il souligne que de nombreuses communes sont déjà actives dans la protection de la biodiversité. L’ACS soutient la démarche par un contre-projet indirect et par des modifications de la LPN. Cependant, l’ACS émet des réserves: Elle ne juge notamment pas souhaitable qu’une notion quantitative de 17% soit explicitement ancrée dans la législation. L’ACS rejoint ici l’avis du Groupement suisse pour les régions de montagnes (SAB) et demande à ce que ce but quantitatif ne figure pas dans la loi. Plutôt que de miser sur la quantité, elle préconise des améliorations qualitatives de l'infrastructure écologique mettant en réseau les espèces vivantes (aires de protection interconnectées). En outre, l?ACS voit le danger qu'une extension de la zone de protection ne soit pas compatible avec les objectifs de la Stratégie énergétique 2050. L’ACS craint également que les communes soient confrontées à des coûts élevés qui ne peuvent pas encore être clairement chiffrés. Le plan de mesures de la Confédération prévoit des dépenses annuelles supplémentaires de 100 millions de francs pour la Confédération, 140 millions de francs pour les cantons et 10 millions de francs pour les communes. La mesure dans laquelle les coûts seront répercutés sur les communes dépend fortement de la législation cantonale respective. L’ACs demande en outre que le niveau communal bénéficie également des moyens financiers émanant de la Confédération. La qualité du paysage et du patrimoine bâti est une préoccupations importante pour les communes. Cependant, le l?ACS privilégie des solutions tripartites qui répondent aux besoins de chaque partie prenante. Concernant l'ancrage d'une obligation légale pour les cantons de prendre en compte les inventaires fédéraux, l’ACS partage le point de vue de la Conférence des directeurs cantonaux des travaux publics, de l'aménagement du territoire et de l'environnement (DTAP) selon lequel les tâches des communes doivent être explicitement énoncées. En même temps que l'initiative en faveur de la biodiversité, l'initiative en faveur du paysage a été déposée, l'accent étant mis sur la construction hors zones à bâtir. Le Conseil fédéral a renoncé à présenter son propre contre-projet après qu'un avant-projet de la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie (CEATE) a intégré dans la révision partielle de la loi sur l'aménagement du territoire (LAT2) des éléments qui répondent également aux préoccupations de l'initiative paysage. Ces éléments ne sont pas suffisants pour les initiants, mais le Conseil fédéral estime qu'il s'agit d'un contre-projet indirect susceptible de rallier la majorité, dans la mesure où la Commission «tient compte de manière égale des intérêts de l'agriculture, de la protection du paysage et des cantons». Pour le Conseil fédéral, il est essentiel qu’un contre-projet indirect soit opposé à l'initiative paysage et que le principe de séparation des zones à bâtir et des zones non constructibles soit renforcé. Le processus de consultation est encore en cours, l’ACS exprimera son point de vue au nom des 1600 communes affiliées. Denise Lachat

Monthey montre la voie vers plus de durabilité

Stéphane Coppey: La ville de Monthey œuvre pour offrir un cadre de vie sain, agréable et durable à ses habitants. Dans ce contexte, elle a souhaité lancer un projet participatif qui a pour vocation d’essaimer des pratiques favorables à l’environnement et à la biodiversité dans ses rues mais également auprès de ses habitants et dans les pratiques des services de la ville. Pour le mettre sur pied, nous avons pu compter sur le conseil de la Fondation pour le développement durable des régions de montagnes (FDDM). Stéphane Coppey: Plusieurs projets ont déjà vu le jour sous l’appellation Month®ey la voie, qui est destinée à perdurer ces prochaines années, à l’image d’un label de qualité. Au printemps, une pelouse publique du centre-ville a été transformée en prairie fleurie, avec le concours de jeunes étudiants de la ville. Les collaborateurs en charge des espaces publics ont par ailleurs suivi une formation relative à cette pratique. Des enfants ont fabriqué un hôtel à abeilles sauvages et ont été sensibilisés à la problématique du manque d’habitats pour les insectes. Un atelier phytosanitaire a été offert aux propriétaires de jardins communaux par le canton et la ville. Et pour la première fois, nous avons organisé, en collaboration avec la commune voisine de Collombey-Muraz, un festival de la durabilité. Avant l’hiver, nous prévoyons d’installer des nichoirs à martinet sur certains de nos bâtiments administratifs. Nous travaillons également sur un parcours fraîcheur destiné à combattre les îlots de chaleur qui est un enjeu majeur pour les villes. Des ateliers pour le service en charge de mettre à jour le règlement communal des constructions et des zones sont quant à eux prévus ainsi qu’un état des lieux des pratiques dans les parcs et jardins. Ces prochaines années, il est déjà prévu de rendre plusieurs de nos rues plus vertes et d’apporter une réelle plus-value à notre centre-ville tant en termes écologique que social. Stéphane Coppey: En effet, le jardin éphémère est pour l’heure le projet phare de Month®ey la voie. Il regroupe quelque 800 plantes. Au-delà du fait qu’elle apporte une touche plaisante et rafraîchissante à une place très minérale, l’installation a pour vocation de sensibiliser la population à l’importance de la nature en ville, comme levier pour l’adaptation au changement climatique en milieu construit. Elle doit aussi permettre d’étudier le potentiel de développement sur le territoire communal et intégrer ces réflexions dans les futurs réaménagements en ville. Stéphane Coppey: La ville s’est dotée d’un plan directeur de mobilité qui fixe les lignes directrices de l’organisation de l’ensemble des déplacements dans la ville. Elle s’est notamment engagée dans une politique de développement des infrastructures pour les deux-roues qu’il s’agisse de bandes et pistes cyclables ou de places de stationnement couvertes. L’aménagement du centre-ville prend le pli d’un centre-ville piétonnier et vert qui favorise les rencontres. La vitesse a diminué à 30 km/h, voire à 20 km/h dans les zones les plus passantes. Les parkings sont autant que possible centralisés afin de libérer les artères et favoriser les déplacements en mobilité douce ou à pied. Les habitants de la ville bénéficient en outre d’une offre de bus «agglo» intensifiée grâce à un système de bus à la demande. Finalement, avec le nouveau tracé de la ligne ferroviaire de l’AOMC, nous prévoyons la création d’un hub de transport public à la gare CFF. Avec une grande place conviviale et quelques 110 trains quotidiens, cette zone modifiera profondément la mobilité en ville de Monthey. Stéphane Coppey: En 2016, la ville de Monthey a mis en place un plan directeur des énergies intégrant le concept de société à 2000 watts en 2100 et s’engage depuis à favoriser une consommation énergétique durable, économique et respectueuse de l’environnement. Depuis 2017, sa production électrique est à 100% renouvelable et indigène grâce au projet H2O de production d’électricité via le turbinage de l’eau potable et aux centrales photovoltaïques installées sur les toitures des bâtiments communaux. Un accent est également mis sur les mesures d’économies d’énergie avec l’éclairage public intelligent et, depuis 2018, un programme de subventions incitatif pour la population. Enfin, une partie de la ville, dont notre piscine, est chauffée grâce au chauffage à distance. A cet effet, SATOM SA réalise actuellement le projet de l’Ecotube qui permettra de fournir de la vapeur pour le site chimique impliquant une forte baisse de la consommation de gaz et des émissions CO 2 . Depuis quelques années, on remarque donc très clairement dans notre ville une dynamique qui vise à mettre l’environnement au centre des préoccupations et des décisions. Informations: Month®ey la voie Sarah Grau

D’objectifs onusiens à un plan d’actions communal

C’est une aventure dans laquelle se sont plongées plusieurs communes dont l’exemple de Monthey. Alors comment se lancer dans l’aventure, quels sont les enjeux de ces démarches, les coûts, les avantages mais aussi les obstacles? C’est avec l’expertise de Monsieur Eric Nanchen, directeur de la Fondation pour le développement durable des régions de montagne (FDDM), que nous allons explorer ces différentes questions. Dans le domaine de la durabilité, ­aucune recette universelle n’existe; chaque commune est différente et fait face à des défis spécifiques. Un «plan d’actions» doit répondre à cette diversité et découler d’une problématique très concrète. La bonne nouvelle, c’est que la lecture de cet article fait déjà partie du processus: on débute par un déclic, une première impulsion, une réflexion politique, une demande populaire ou encore un programme-pilote cantonal. Passé cette première phase d’impulsion, un diagnostic de la situation s’impose. Une «photo» à un moment précis de la situation au sein de la commune est un outil précieux pour mettre sur pied un programme de durabilité répondant à des besoins concrets, respectant les priorités de la commune, les impératifs budgétaires ainsi que les demandes de la population. Ce processus de «scannage» de la commune permet à cette démarche de dépasser l’organisation en silo par département spécifique. C’est cela l’une des grandes forces de la durabilité: «une clé de lecture situationnelle et multidimensionnelle». Concrètement, un plan d’actions doit prendre en compte les trois piliers qui le constituent: l’environnement, l’économie et le social. Eric Nanchen: «Un plan d’actions se doit de prendre en compte les 17 objectifs de développement durable, en les priorisant. La transversalité et l'interdépendance de ces objectifs vont permettre, par exemple, de lier préservation de la biodiversité, adaptation au changement climatique, qualité de vie des habitants et sensibilisation aux enjeux de durabilité.» Plusieurs outils existent pour procéder à l’étape de «scannage». Eric Nanchen cite notamment la Plateforme évaluation de la durabilité de l'Office fédéral du développement territorial ARE, consultable en ligne. Après cette étape opérationnelle vient la vision politique: quelle couleur doit prendre ce programme et à quels besoins concrets ce dernier doit-il répondre? Pour accompagner cette démarche, il est crucial de mobiliser des personnes du terrain pour répondre à ces deux questions; un secrétaire municipal, la «plaque tournante d’une commune», est par exemple une ressource importante étant donné ses connaissances de l’ensemble des échéances techniques et la majorité des travaux en cours au sein d’une commune. L’impulsion, l’état des lieux de la situation, la mobilisation des personnes-clés étant terminé, il est maintenant temps de passer à la sélection des actions à réaliser. «Ce choix est déterminé en fonction des enjeux que la commune doit relever à court et moyen terme, ainsi que des priorités politiques. Le défi consiste à intégrer des pratiques plus durables et une approche plus large dans les limites budgétaires prévues», explique Eric Nanchen. On ne parle donc pas d’une démarche somptuaire, mais de travaux prévus avec une vision plus globale, plus durable. Alors ce processus demande-t-il de nombreuses ressources? La réponse est contrastée et dépend des ressources internes dont dispose la commune. En cas de travaux d’envergure ou dépassant les domaines de compétences métiers des collaborateurs, certaines communes font appel à des consultants externes. Ce soutien n’est pas obligatoire, mais il permet de guider et de pouvoir profiter des outils et des connaissances d’experts. Car de nombreux outils existent, la plupart du temps en libre utilisation. Un tour sur les différents sites cantonaux dédiés à la durabilité est une première piste pour réussir à mettre à profit et s’inspirer de démarches réussies. Ainsi, les communes souhaitant limiter l’impact de manifestation peuvent s’inspirer du «KITmanif» de l’Etat de Vaud. «Celui-ci rassemble les recommandations clés pour la planification de manifestations durables en abordant la mobilité, les déchets, la restauration, les infrastructures et la santé.» Plusieurs communes ont également fait le pari de se regrouper pour mettre en commun des pistes et actions concrètes pour la durabilité sous le nom de «coord21». Un guide pratique a vu le jour en 2020 et constitue une source précieuse d’idées et de pistes pratiques. Une mise en œuvre et idéalement une communication de la démarche auprès des utilisateurs finaux forment les deux dernières étapes de ces processus. Un programme de durabilité ne représente pas automatiquement un coût supplémentaire pour une commune. Eric Nanchen souligne que «si un tel processus en plusieurs étapes prolonge la durée consacrée aux réflexions initiales, il permet en revanche de fortement limiter les effets indésirables ou cachés d'un projet.» La durabilité n’est donc pas une fin en soi mais un outil de travail, une grille de lecture qui permet d’intégrer plusieurs dimensions à la gestion du quotidien. «C’est le «pourquoi» et le «comment» d’un projet.» C’est l’opportunité pour les miliciens de gouverner avec une vision à moyen et long terme tout en gérant la complexité croissante des dossiers quotidiens. Manon Röthlisberger

Burtigny veut rendre plus de vie et de nature à sa forêt

Au pied du Jura, Burtigny possède un riche patrimoine forestier. A certains endroits, la forêt subit de plein fouet la course du vent qui s’engouffre dans des trouées vallonnées sans aucun obstacle pour le ralentir. Sans lisières, la forêt est exposée à des maux qui l’affaiblissent lentement mais sûrement. Le projet de Burtigny consiste à reconstituer la barrière indispensable à la santé de la forêt: des lisières. Depuis des décennies, l’exploitation forestière les a sacrifiées pour y planter des arbres. L’enveloppe naturelle de la forêt a ainsi disparu. On ne parle pas d’un filet de buissons, mais d’une protection végétale d’une trentaine de mètres de profondeur et de 1,4 km de longueur. Le seul moyen de lui donner vie est de la prendre sur la forêt elle-même. «Le but est de rendre cette forêt à nouveau vivante avec sa lisière», dit Ernst Zürcher, ingénieur forestier à l’EPF de Zurich et auteur. En effet, explique le spécialiste, la bordure de forêt est la partie la plus exposée à la lumière et offre un milieu plus propice à la biodiversité que la forêt elle-même. Sa composition végétale, arbustes et arbrisseaux indigènes dont des espèces qui fleurissent et produisent des fruits, constitue un habitat à toute une faune riche en diversité – oiseaux, insectes et mammifères. La lisière joue également un rôle protecteur indéniable contre la sécheresse provoquée par le réchauffement climatique. «Nous voyons les arbres sécher sur pied, comme les épicéas. Une lisière naturelle évite aussi l’évaporation de l’eau potable qui provient de la nappe phréatique sous la forêt de Burtigny», souligne Valérie Jeanrenaud, syndique de Burtigny. «Vous voyez quelque chose?», demande Jean-Pierre Kaeslin, gestionnaire forestier de la forêt de Burtigny. Ravi par la réponse négative, il explique que le déboisement des 30 mètres nécessaire à la lisière a été réalisé si finement qu’il n’a laissé aucune cicatrice sur le sol. La végétation de la bordure forestière peut désormais s’approprier le terrain grâce au soin avec lequel il a été éclairci de façon à permettre un développement aussi proche que possible de son état originel. A proximité, l’agro-ingénieur Dominique Ruggli expose: «Historiquement, les lisières servaient de pépinières aux paysans qui avaient des vergers. Ils exportaient de jeunes arbres fruitiers qui poussaient à l’état sauvage.» Dans le cadre de cette opération, il cultive des variétés anciennes et robustes de pommiers, et trois arbres à hautes tiges ont été plantés en avril dernier sur l’ourlet herbeux qui borde l’extérieur de la lisière. Les fruits pourront être cueillis par les promeneurs, se réjouit Valérie Jeanrenaud. Le coût des lisières fruitières se monte à 84000 francs, réparti sur quatre ans, de 2021 à 2024. Le montant comprend les travaux forestiers d’ouverture des lisières, les premiers entretiens, le greffage et la plantation d’arbres fruitiers (5 pommiers, 4 variétés différentes), la taille de ceux-ci, les séances de coordination, d’appuis scientifiques ainsi que la sensibilisation et la communication sur les différents publics. «Nous disposons de très peu de revenus d’impôts et ce serait difficile de peser sur les finances communales», affirme Valérie Jeanrenaud. Soutenue par son collègue municipal Pierre Hauser, convaincu également par la nécessité de tout mettre en oeuvre pour protéger le patrimoine le plus important de la commune, elle s’est tournée vers la philanthropie pour réunir des fonds. La fondation Audemar Piguet, qui s’engage depuis 1992 pour la conservation des forêts dans le monde entier, verse 30000 francs. La fondation Sophie et Karl Binding contribue à hauteur de 5000 francs; elle soutient des projets dans les domaines de l’environnement, du social et de la culture dans toute la Suisse. Toutes les fondations n’acceptent pas les communes comme bénéficiaires. Valérie Jeanrenaud précise qu’une association ouverte à toute la population de Burtigny sera créée pour récolter des fonds afin de financer l’initiative qui s’étale sur une quinzaine d’années. Sylvie Berti Rossi pilote le volet communication qui devrait assurer une promotion efficace. Anne Devaux

«Cet ouvrage se veut comme une recette de cuisine»

Chiara Barberis : Le guide a vu le jour à la suite de l’adoption de l’Agenda 2030 par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2015. Ce cadre référentiel est composé de 17 objectifs de développement durable (ODD). De la lutte contre les changements climatiques à la réduction de la pauvreté en passant par l’égalité entre les sexes, ces objectifs couvrent de multiples enjeux auxquels nos sociétés sont confrontées. Face à ces défis, les communes et les cantons ont aussi leur part de responsabilité et doivent proposer des actions concrètes. Chiara Barberis: Nous avons constitué l’association Coord21 avec des professionnel·le·s du développement durable pour les collectivités et institutions publiques (lire encadré). Les thématiques liées à la durabilité sont relativement complexes et peu de moyens y sont consacrés. Pour l’élaboration de cet ouvrage, il a fallu compter près de deux ans de travail. L’enjeu consistait à collaborer de manière participative. Une vingtaine de collectivités publiques s’y est engagée. Chiara Barberis: Il n’y a pas ou peu de liens directs avec nos politiques communales ou cantonales. Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait un véritable travail de transcription pour que 17 ODD soient transposés aux échelons communal et cantonal. Si nous prenons l’objectif sur la vie aquatique – il vise à conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines –, nous remarquons qu’il n’y a pas de réalité concrète et pratique pour la Suisse. C’est pourquoi nous avons pris chaque référentiel et l’avons adapté. Chiara Barberis: Notre but consiste à mettre nos compétences en commun et créer des synergies. Quelle que soit la taille d’une commune, chacune peut agir pour l’Agenda 2030. A chaque fois, nous partons d’un champ thématique et nous proposons des actions concrètes en faveur du développement durable pour les collectivités publiques. Quand nous agissons sur la production et la consommation alimentaire, par exemple, nous limitons aussi nos déchets. Ces dix champs d’action sont présentés de manière didactique. Chiara Barberis: Nous proposons des cas concrets sous le prisme de ces dix champs d’actions. Il s’agit d’un guide des bonnes pratiques pour aider les communes. Plutôt que de se noyer dans un système d’indicateurs, nous mettons un cadre de référence à disposition. Chiara Barberis: Il est vrai que les petites communes n’ont pas forcément les mêmes moyens que les grandes. La tâche peut s’avérer complexe pour celles qui souhaiteraient œuvrer en faveur du développement durable, mais qui n’ont pas les outils nécessaires pour le faire. Toutefois, on se rend compte assez vite qu’il y a des actions à mettre en place pour réduire son impact sur l’environnement. Coord21 prend en compte les besoins des communes et tente de leur répondre de manière collective et mutualisée. La Tour-de-Peilz et Bourg-en-Lavaux ont d’ailleurs activement contribué à l’élaboration de notre ouvrage. Chiara Barberis: Nous collaborons étroitement avec les cantons qui sont membres de notre association. Cependant, nous n’avons pas pour ambition de nous substituer à eux. Ils développent les politiques en matière de durabilité et celles-ci sont différentes pour chaque canton. Nous veillons à ce que chaque rôle soit respecté. L’Etat de Genève et l’Etat de Vaud ont notamment distribué notre guide à toutes leurs communes. Cet ouvrage se veut comme une recette de cuisine. Nous le mettons en ligne gratuitement et chacun est libre de l’adapter en fonction de sa propre réalité. Chiara Barberis: Les communes ne savent parfois pas par où commencer. Dans un premier temps, nous allons poser un diagnostic. Quelles sont les forces et les faiblesses d’une commune en matière de durabilité ? Où va-t-on devoir agir ? Qu’est-ce qui se fait ailleurs ? En tant que municipal, que puis-je faire pour réduire le plastique à usage unique ? Ce type de questions revient constamment. Chiara Barberis: Les réponses peuvent être intercommunales, intercantonales, voire même internationales. A Genève, la gestion des cours d’eau se fait en partenariat avec nos voisins français. Notre philosophie, c’est d’apprendre à se regarder dans sa propre responsabilité. Régler des problématiques liées à la durabilité, c’est avant tout se mettre ensemble autour de la table et favoriser le partage dans un environnement bienveillant. Interview: Valérie Beauverd

La grêle est un défi pour la protection des bâtiments

Lorsqu’un grêlon de 3 cm heurte à près de 90 km/h un toit ou une façade, il peut engendrer des bosses, des déformations ou des dommages à la surface sur certains matériaux. Il n’est pas rare de constater des dommages notamment aux stores, aux façades avec isolation extérieure ainsi que sur les éléments plastiques comme les coupoles d’éclairage, les couvertures de piscine ou les lés d’étanchéité exposés aux intempéries. Dans le pire des cas, des dommages fonctionnels comme des fissures peuvent survenir. Si l’enveloppe du bâtiment perd son étanchéité, d’importants dommages subséquents peuvent être causés par l’eau qui s’infiltre. Les dommages dus à la grêle sont par ailleurs toujours source de contrariétés pour les sinistrés: en règle générale, un incident de grêle touche en effet simultanément de nombreux bâtiments, ce qui retarde la réparation ou le remplacement des stores endommagés. La saison de la grêle coïncide en outre avec les chaleurs estivales, période pendant laquelle les espaces intérieurs exposés ne sont quasiment pas utilisables sans ombre (illustration 1). Les mois de juin et juillet 2021 n’ont pas été épargnés: de nombreuses régions ont dû faire face à de fortes averses de grêle. Tout comme pour la protection contre d’autres dangers naturels comme les crues, la règle suivante s’applique en matière de protection contre la grêle: plus tôt les dangers naturels sont inclus dans le processus de planification, plus il est facile de trouver des solutions efficaces et peu coûteuses. Cette règle est également valable pour les transformations et les rénovations. Pour que ce message trouve un écho, il est essentiel d’agir, même auprès des professionnels de la construction, en sensibilisant davantage aux dangers naturels. Dans l’idéal, les services communaux en charge des constructions abordent de manière exhaustive la question des dangers naturels avec les maîtres d’ouvrage et les architectes, dès la demande préalable de permis de construire. Ils leur indiquent également des sources d’informations complémentaires, des normes et des aides à la planification. Il est important d’adopter une telle pratique même pour les parcelles situées en dehors des zones de dangers, car ces parcelles ne sont pas à l’abri des pluies intenses, des tempêtes ou justement de la grêle. La protection contre la grêle repose sur deux approches fondamentales: d’une part, l’utilisation de matériaux robustes et de produits testés contre la grêle pour tous les éléments exposés de l’enveloppe du bâtiment et, d’autre part, la protection des lamelles de stores, particulièrement vulnérables. La protection contre la grêle est souvent mise en œuvre en synergie avec d’autres travaux de rénovation, un choix qui peut être aussi payant pour le parc immobilier du secteur public. Par exemple, si lors de rénovations, les coupoles d’éclairage en plastique doivent être protégées, des grilles ou des filets de protection représentent une alternative intéressante à la pose de coupoles d’éclairage en verre qui seraient plus résistantes. Il est essentiel de disposer d’une vue d’ensemble claire des dangers potentiels sur le site et des objectifs de protection. C’est là que la plate-forme d’information www.protection-dangers-naturels.ch entre en jeu : après saisie de l’emplacement, elle affiche tous les dangers naturels locaux et fournit des recommandations adaptées à la situation en matière de protection du bâtiment. Ce check-up des dangers naturels se base sur la nouvelle carte des risques grêle publiée en mai 2021 par MétéoSuisse. Ces nouvelles bases scientifiques montrent que dans un horizon de 20 à 50 ans, il faut s’attendre à connaître de manière généralisée au moins une averse de grêle avec des grêlons d’un diamètre de 3 cm ou plus (illustration 2). Cette valeur correspond plus ou moins à la durée de vie minimale que devraient avoir de nombreux éléments de construction de l’enveloppe du bâtiment. Une résistance à la grêle plus élevée représente donc également un critère de décision important en termes d’amortissement des travaux de construction et de durabilité. Les nouvelles cartes des aléas confirment la recommandation générale de nombreux experts en dangers naturels qui préconisent de protéger les bâtiments contre des grêlons de 3 cm au moins. Cet objectif de protection minimal peut être mis en œuvre sans coûts supplémentaires significatifs et constitue par ailleurs une exigence de la nouvelle norme SIA 261/1 « Actions sur les structures porteuses – Spécifications complémentaires » pour tous les nouveaux bâtiments. Les services en charge des constructions peuvent d’ailleurs aussi renvoyer à cette norme. Outre les matériaux reconnus sans aucun doute comme résistants à la grêle, tels le béton ou du verre suffisamment robuste (≥4 mm), il existe, pour l’ensemble des éléments constituant l’enveloppe du bâtiment, une multitude de produits testés. L’outil gratuit de planification en ligne www.repertoiregrele.ch sert d’aide pour le choix des produits. Les éléments de construction y sont classés en cinq catégories de résistance à la grêle : RG 1 à RG 5. Les chiffres correspondent au diamètre maximal en centimètres du grêlon auquel un élément de construction est capable de résister. Plus le chiffre est élevé, plus le matériau est résistant. Les produits inscrits au répertoire grêle sont testés sur la base de conditions d’essai uniformes dans six instituts d’essai en Suisse, en Autriche et en Allemagne. La validité des certificats est continuellement vérifiée. Les stores à lamelles représentent près d’un tiers des dommages dus à la grêle. Mais contrairement au reste de l’enveloppe du bâtiment, ces éléments de construction mobiles disposent d’un avantage déterminant: dès lors qu’on les remonte, le risque de dommages devient quasiment nul. Aujourd’hui, les fenêtres et cadres de fenêtres modernes situés sous ces éléments sont moins vulnérables aux averses de grêle. En collaboration avec SRF Meteo et NetIT-Services, les établissements cantonaux d’assurances fournissent le signal d’alerte gratuit «Protection grêle – tout simplement automatique», grâce auquel tous les stores d’un bâtiment peuvent être protégés automatiquement contre la grêle. Une interface permet d’accéder en continu aux prévisions de grêle pour l’emplacement du bâtiment et de remonter automatiquement les stores en cas de risque de grêle. D’une grande précision géographique, les prévisions de grêle sont recalculées toutes les cinq minutes sur la base de plusieurs paramètres tels que les données radar, l’activité et les caractéristiques des éclairs, les vents d’altitude ainsi que différents modèles de prévisions. Dès que la probabilité de grêle à l’emplacement du bâtiment descend en dessous d’une certaine valeur seuil, tous les stores reprennent leur position initiale. Une seule interface suffit souvent pour protéger l’ensemble des stores de grands bâtiments tels que des écoles ou des hôpitaux. C’est ainsi que fonctionne aujourd’hui une protection des bâtiments moderne, basée sur la technologie intelligente. Benno Staub

Des paysages qui font du bien à la santé et à l’âme

L’objectif du projet de recherche «Prestations paysagères dans les paysages d’importance nationale» financé par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) consiste à identifier les prestations paysagères perçues et considérées par différents acteurs et à définir des bases pour mieux les mettre en valeur. Le projet s’intéresse en particulier aux prestations paysagères qui ont un effet positif sur la santé et le bien-être de la population, qui renforcent l’identification et le sentiment d’appartenance, ou encore qui contribuent à l’attrait du cadre de vie et de travail (Keller et al. 2019b). Lors des échanges avec le groupe de suivi, composé de représentants des services cantonaux, des communes, des ONG, du secteur agricole, etc., et avec les régions participant à l’étude, il était apparu qu’il fallait rendre la notion de «prestations paysagères» plus tangible à l’aide de projets concrets. L’équipe de recherche a donc apporté son soutien à différents projets menés dans les régions d’étude et les a évalués. Deux d’entre eux sont présentés ici conjointement par l’équipe de recherche et les responsables des services cantonaux N+P concernés. Un projet a été réalisé en collaboration avec le Cycle d’orientation du val d’Hérens, localisé à quelques centaines de mètres des pyramides et regroupant tous les élèves du secondaire I de la vallée. Il avait pour objectif d’initier un dialogue avec les jeunes et un dialogue intergénérationnel sur le paysage dans lequel ils vivent, ce qu’il leur apporte, comment il a changé et comment il pourrait évoluer dans le futur. Après une présentation sur le terrain portant sur l’origine et l’évolution des pyramides, six demi-journées ont été consacrées à ce projet, baptisé «Impact paysager», entre septembre 2019 et janvier 2020. Les élèves ont été répartis dans six ateliers thématiques (radio, escape room, érosion et géologie, cuisine et artisanat local, futur durable des pyramides, contes et légendes). Le choix des thématiques a fait l’objet d’une réflexion préalable des enseignants afin de relier les activités avec le Plan d’étude romand (PER), notamment les principes de l’éducation au développement durable (EDD). A travers ces ateliers, les élèves ont appris à connaître les paysages de leur vallée et leurs liens avec les activités économiques (artisanat, agriculture, tourisme), et ont réfléchi à l’avenir du site des pyramides d’Euseigne. Pour l’établissement scolaire, il s’agissait aussi de développer des capacités transversales et les collaborations avec les habitants de la vallée. Durant l’automne, le Centre interdisciplinaire de recherche sur la montagne (CIRM) de l’UNIL a organisé, à l’échelle du val d’Hérens, un «mois du paysage» dans le cadre des 20 ans de la Convention européenne du paysage. L’objectif était de communiquer, sous différentes formes, à la population l’importance de conserver des paysages de qualité, le caractère évolutif des paysages de montagne, ainsi que les contributions importantes des paysages à la société. Différents événements (exposition, conférences publiques, excursions, table ronde) ont été organisés dans les cinq communes de la vallée en collaboration avec les acteurs locaux et avec le soutien du service cantonal en charge de la protection du paysage. Les événements ont rencontré un beau succès auprès de la population, notamment les activités sur le terrain. Différentes personnes de la région intéressées par le projet et engagées en politique, dans le milieu agricole et dans la protection de la nature et du paysage ont été réunies au sein d’un groupe de projet à fort ancrage local. Ensemble, elles ont défini les objectifs suivants pour le projet : améliorer la perception du site IFP dans son ensemble (et pas uniquement de la réserve naturelle de Hudelmoos) par la population; consolider et vulgariser les connaissances historico-culturelles sur l’exploitation de la tourbe et les champs bombés; renouveler le balisage et le système d’information des visiteurs. Pour chacun de ces objectifs, plusieurs idées de projet ont été discutées, comme l’organisation d’un concours photographique, la création d’une documentation historico-culturelle sur l’exploitation du site, des portraits de personnalités locales et le renouvellement du système de balisage et d’information du site. Ces idées ont été hiérarchisées avant d’être présentées à un panel d’acteurs des cantons de Saint-Gall et de Thurgovie lors d’une séance d’information qui a eu lieu en avril 2019. Au cours des discussions, il est apparu que certaines de ces propositions pourraient attirer trop de (nouveaux) visiteurs sur le site. Or, lorsqu’il fait beau, les infrastructures actuelles (sentiers, parkings, places de grillades aménagées) atteignent déjà rapidement les limites de leurs capacités, et l’absence de certains services (pas de WC sur l’ensemble du site) se fait cruellement sentir. On craint donc que de nouvelles offres attractives ne provoquent une pression excessive sur le site. Parallèlement, l’amélioration de la perception du site par la population a suscité de l’intérêt et les participants étaient pratiquement unanimes quant à la nécessité de renouveler le balisage et les informations destinées aux visiteurs. Sur la base des résultats de cette séance d’information, le Service du développement territorial du canton de Thurgovie a ouvert, en juin 2019, un appel d’offre concernant le développement du balisage et du système d’information des visiteurs sur le site «Rund ums Hudelmoos». L’objectif était de mieux mettre en valeur les particularités du site pour la population locale et pour les visiteurs, afin de consolider et d’améliorer la perception du site. Les premières propositions concernant le balisage de l’ensemble du site IFP, les panneaux d’information et la conception des informations destinées aux visiteurs ont d’abord été présentées à l’équipe de projet en janvier 2020. Une rencontre participative a ensuite été organisée avec les acteurs locaux en juin 2020. Le projet définitif de balisage et d’information des visiteurs a été présenté en octobre 2020 et il sera réalisé en 2021. Les résultats globaux du projet seront évalués d’ici l’été 2021 et sont constamment mis à jour sur le site www.prestationspaysagères.ch (avec notamment d’autres exemples pratiques). Les conclusions suivantes peuvent d’ores et déjà être tirées de ce projet : Impliquer des personnes ancrées dans le tissu local fonctionne souvent très bien: Il est important de recruter des personnes bien ancrées dans le tissu local et de les soutenir dans la démarche. Il est aussi important de renforcer les connaissances sur les « paysages » des régions. Des éléments de base tels que des objectifs régionaux pour le paysage ou des exemples de bonnes pratiques provenant d’autres régions peuvent aussi soutenir les processus locaux. Axer les processus de mise en valeur du paysage sur les objectifs de protection, mais garder une certaine ouverture quant aux résultats: Dans le cadre des projets suivis, on a pu constater qu’il fallait faire preuve de souplesse et d’ouverture face aux différentes opinions et exigences exprimées, sans perdre de vue les objectifs légaux (d’un site IFP par exemple). Les échanges avec les acteurs locaux permettent de développer conjointement des idées de projet concrètes. Il faut donc signaler (plus) clairement aux acteurs locaux qu’une approche conjointe de la thématique des prestations paysagères est non seulement souhaitée, mais même encouragée. Un projet associant science participative et médiation scientifique sera mené dans le Val d’Hérens en 2021 et 2022 par le CIRM et par le Service de médiation scientifique de l’UNIL. Intitulé «Hérens, 1940–2040», il a pour objectif de permettre à la population et aux chercheurs de l’UNIL de mieux comprendre ce que signifie vivre en montagne dans un contexte de changement climatique. A travers un dispositif permettant de récolter des données et de valoriser et partager les réalités vécues par la population, il s’agira de créer une dynamique de recherche transdisciplinaire dans la vallée. Les différents événements organisés durant le «mois du paysage» en 2020 ont permis de mettre en évidence l’importance des processus glaciaires et des activités agricoles dans la création et l’évolution des paysages de la vallée. L’approche par les prestations paysagères, centrée jusqu’ici sur le site IFP des pyramides d’Euseigne, sera élargie géographiquement à l’ensemble des paysages de la vallée et sera utilisée comme instrument pour les actions de science participative et de médiation scientifique. Pour le site « Rund ums Hudelmoos », la prochaine étape après la mise en œuvre du concept de balisage et d’information des visiteurs consistera à résoudre la question de l’organe en charge de la promotion du site. Actuellement, aucune entité n’endosse cette responsabilité. Le gestionnaire thurgovien du site est avant tout responsable de la réserve de Hudelmoos et il travaille étroitement avec les propriétaires fonciers. Quant aux trois communes politiques concernées par le site et à l’office compétent du canton de Saint-Gall, ils sont régulièrement informés et consultés par le responsable du service N+P du canton de Thurgovie au sujet des mesures planifiées. Aucune décision n’a encore été arrêtée quant à la forme (association, groupe de travail régional, commission suprarégionale) que revêtira l’organe qui sera chargé de coordonner les activités sur le site (p. ex. entretien, formation, perfectionnement professionnel). Les résultats de ce processus seront aussi utiles pour d’autres sites. Bibliographie: Keller, Roger; Clivaz, Mélanie; Backhaus, Norman; Reynard, Emmanuel (2019a). Accroître l’appréciation des prestations paysagères : résultats d’un projet de recherche. «N+P Inside» 1/19, p. 25–29. Keller, Roger; Clivaz, Mélanie; Backhaus, Norman; Reynard, Emmanuel (2019b). Prestations paysagères dans les paysages d’importance nationale. Rapport de recherche et recommandations à l’intention de la Confédération, des cantons, communes, ONG et acteurs économiques. Sur mandat de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). Universität Zürich, Geographisches Institut/Université de Lausanne, Institut de géographie et durabilité. Roger Keller

Lugano? Sostenibile!

Il est difficile de trouver un titre plus explicite qui traduise l'intention de la ville de Lugano de s'engager sur la voie de la durabilité. #LUGANOSOSTENIBILE est un projet promu par la division des affaires sociales de la ville de Lugano avec le soutien de l'Office fédéral du développement territorial (ARE). Dans le cadre de son programme d’encouragement pour le développement durable, l'ARE encourage les projets visant à mettre en œuvre l'Agenda 2030 au niveau local. L'édition 2020-2021 du programme soutient des projets en faveur de modes de vie respectueux du climat et qui préservent la biodiversité (il s’agit des ODD 13 et 15) ou qui ont un effet de levier important sur la sensibilisation et la mise en œuvre de l’Agenda 2030 en Suisse. La ville de Lugano a participé en proposant un projet initialement intitulé «Chaque empreinte compte», faisant référence à l'empreinte de l'homme sur le climat. Le projet vise à fournir aux citoyens des informations claires sur ce que signifie la durabilité dans leur vie quotidienne en leur montrant des exemples d'actions concrètes pour adapter leur mode de vie dans une optique de durabilité. Tatjana Ibraimovic, coordinatrice du projet depuis février 2020, envisage la mise en œuvre du projet, désormais appelé #LUGANOSOSTENIBILE, en trois phases. La première phase correspond à l'approche originale de «Chaque empreinte compte» et se concentre sur la sensibilisation. La deuxième phase se concentre sur la création d'un réseau d'acteurs traitant de la durabilité, reliant l'administration publique et le monde économique, sans oublier la population. La troisième phase vise, selon les mots de Tatjana Ibraimovic, à «faire de l'administration publique une vertu». Il s'agira d'identifier les initiatives vertueuses dont la Ville sera un promoteur actif. Une idée, par exemple, est d'effectuer la (première en Suisse) Voluntary Local Review, un outil promu par les Nations Unies que les autorités locales peuvent utiliser pour répertorier les OSS poursuivis au niveau local et les mesures prises pour les atteindre. Le lancement officiel du projet aura lieu à la fin du mois d'août. La date choisie, le 24 août, précède de peu l'inauguration du nouveau campus universitaire USI-SUPSI, une occasion où la population sera accueillie sur le campus où diverses entreprises locales pourront présenter leurs offres. La Ville entend ainsi donner visibilité à sa campagne de sensibilisation dans le cadre d'un événement de promotion des activités économiques locales, organisé avec la participation active des quartiers. Après le lancement officiel, plusieurs événements, sessions d'information et occasions de formation suivront. Le site web www.luganosostenibile.ch servira de plateforme pour lister des projets de durabilité actuels, passés et futurs. Un boulier coloré accueille déjà les passants à l'une des entrées du Parc Ciani, situé à proximité du centre-ville, et illustre brièvement les 17 OSS et le projet de la Ville. Un peu plus loin, l'installation «Echoes - a voice from uncharted waters» de l'artiste autrichien Mathias Gmachl, co-créée par LAC Lugano Arte e Cultura, représente une baleine de 17 mètres: à l'aide d'effets visuels et sonores, l'installation nous invite à réfléchir à l'impact de l'homme sur l'environnement. Luisa Tringale

Quelle suite pour la politique climatique des communes suisses ?

Denise Lachat

Les communes sont essentielles à la réussite de l'Agenda 2030

Daniel Dubas

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