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Régions‑Énergie: trois approches pour la transition énergétique

Les Régions‑Énergie existent dans toute la Suisse, des vallées de la Suisse italienne aux plateaux du Jura bernois en passant par les zones urbaines. Depuis plus de dix ans, elles développent des projets intercommunaux afin de promouvoir les énergies renouvelables, de créer des synergies et de renforcer la coopération entre les communes. Trois exemples montrent à quel point les approches peuvent être différentes, tout en poursuivant des objectifs similaires. La Région‑Énergie Vedeggio Valley privilégie la valorisation des infrastructures existantes pour la production d‘énergie. Dans le cadre d’études de faisabilité, elle a analysé comment les dénivelés existants et la surpression dans les réseaux d’eau potable peuvent être utilisés pour produire de l’électricité. Les analyses montrent que plusieurs microturbines sont techniquement réalisables et économiquement intéressantes, à condition d’adapter certaines installations existantes. La région dispose ainsi d’une base concrète pour mettre progressivement en œuvre les installations prévues et produire localement de l’énergie renouvelable. Les analyses ont identifié un potentiel réalisable de 243 MWh par an. L’un des premiers défis a consisté à rendre visible un potentiel technique peu perceptible au quotidien. Il est également apparu que l’intégration de nouveaux équipements dans des infrastructures existantes nécessite une importante coordination. C’est précisément là que réside une valeur ajoutée essentielle du projet : il montre comment des systèmes existants peuvent remplir une double fonction: assurer l’approvisionnement en eau potable tout en contribuant à la production d’énergie. La région dispose ainsi d’une base solide pour concrétiser progressivement les installations prévues et renforcer sa production locale d’énergie renouvelable. Même si la puissance n’est pas comparable à celle des grandes centrales hydroélectriques, cette utilisation du potentiel de production d’électricité de l’approvisionnement en eau au niveau local contribue à la sécurité d’approvisionnement hivernal. Dans le Grand Chasseral , l’accent est mis sur la valorisation de la biomasse. Le projet a analysé le potentiel énergétique de ressources agricoles telles que le fumier, le lisier et les résidus organiques. Parallèlement, il a activement favorisé les échanges entre le monde agricole, les communes et d’autres acteurs régionaux. L’un des premiers défis a été de concilier les attentes des différents acteurs avec les contraintes logistiques et économiques du projet. Le projet a mis en évidence que la disponibilité des ressources n’est pas le seul facteur déterminant: l’organisation de la chaîne de valeur joue également un rôle clé. Les résultats montrent qu’un potentiel important existe et que l’intérêt du secteur agricole est en croissance. Le renforcement de la coopération régionale constitue l’un des principaux acquis du projet, car il crée les conditions nécessaires pour développer et mettre en œuvre des solutions biogaz concrètes. Le potentiel théorique de biomasse de la région est estimé à 38,6 GWh. La Région‑Énergie RET Sursee ‑ Mittelland adopte une approche fondée sur les données pour promouvoir l’énergie solaire. Un suivi continu des installations photovoltaïques garantit la transparence et permet des comparaisons systématiques entre les communes ainsi qu’avec les objectifs régionaux. La distinction «RET‑Sonnenkönigin» instaure par ailleurs une compétition ludique qui encourage les communes à poursuivre le développement du photovoltaïque. Des potentiels supplémentaires ont également été identifiés, notamment sur les 20 toitures les plus prometteuses, ainsi que pour des modèles d’autoconsommation collective tels que les regroupements virtuels dans le cadre de la consommation propre (RCPv) et les communautés énergétiques locales (CEL). Le développement du solaire devient ainsi non seulement visible, mais aussi pilotable, avec des résultats mesurables: depuis le lancement du projet, 499 nouvelles installations photovoltaïques représentant une puissance totale de 18 908 kW ont été annoncées dans la région. Aujourd’hui, le périmètre régional compte 2800 installations pour une puissance installée totale de 102 991 kW. Au départ, l’un des principaux défis consistait à rendre le développement du photovoltaïque comparable entre toutes les communes et à structurer les données de manière cohérente. Il est également apparu que les données seules ne suffisent pas: elles doivent être communiquées et utilisées activement. Grâce au système de monitoring mis en place, les communes disposent aujourd’hui d’un outil qui améliore la transparence, favorise les échanges et soutient la planification. Le développement du solaire est ainsi rendu à la fois visible, quantifiable et pilotable. Ces exemples montrent combien les approches peuvent être différentes et combien il est important de valoriser les atouts propres à chaque territoire: l’eau dans la Vedeggio Valley, la biomasse dans le Grand Chasseral et le soleil dans la région de Sursee. Ensemble, ces projets apportent une contribution remarquable: les potentiels identifiés correspondent à une production d’électricité renouvelable pouvant couvrir les besoins d’environ 8600 ménages. David Müller, Sarah Dujoncquoy, Stefano Mazzacarro

Genève, laboratoire précurseur d’un territoire qui s’adapte au climat

En 2019, peu de collectivités suisses abordent la question du rafraîchissement urbain de manière transversale, alors que l’adaptation aux changements climatiques nécessite des solutions globales, équitables, coordonnées et durables. Comment densifier sans aggraver la surchauffe urbaine? Comment rénover les espaces publics existants tout en améliorant la qualité de vie? Alors que l’adaptation aux changements climatiques nécessite des solutions globales, équitables, coordonnées et durables, en 2019, encore peu de collectivités suisses abordent la question du rafraîchissement urbain de manière transversale. Comment densifier sans aggraver la surchauffe urbaine? Comment rénover les espaces publics existants tout en améliorant la qualité de vie? Pour accompagner ces arbitrages souvent complexes, l’Etat de Genève concrétise les objectifs du Plan climat cantonal pour lutter contre les fortes chaleurs en réunissant urbanistes, architectes, ingénieurs, spécialistes du paysage, chercheurs et collectivités publiques autour d’un objectif commun: intégrer les enjeux climatiques dans les projets d’aménagement. La démarche s’est construite en étroite collaboration avec l’UNIGE, la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (HEPIA), les communes partenaires ainsi que Latitude Durable, bureau d’étude chargé d’accompagner le projet. Il ne s’agissait pas seulement de planter davantage d’arbres, mais bien de repenser la manière de concevoir les espaces publics et les infrastructures. Fournir des réponses concrètes en proposant des outils et des mesures applicables à différentes échelles, du quartier à la cour d’école, telle était l'ambition de Cool City. Entre 2019 et 2023, cinq projets-pilotes ont servi de terrain d’expérimentation (voir l'illustration à droite). Chacun a permis d’éprouver, dans des contextes variés, des solutions de rafraîchissement et des processus de projets destinés à être reproduits et adaptés dans d’autres territoires. À Boissonnas, un ancien parking a été transformé en oasis climatique grâce à la désimperméabilisation des sols, à la végétalisation et à une meilleure gestion des eaux pluviales. Dans les écoles, comme au cycle d’orientation de Sécheron, des préaux plus frais et conviviaux ont été créés en concertation avec les usagères et usagers. A Lancy, le concept d’«école-jardin» a intégré nature et usages collectifs au cœur d’un parc, en s’appuyant sur des données climatiques intégrées aux cahiers des charges et sur des spécialistes en environnement dans les concours d’architecture. D’autres projets ont exploré les liens entre architecture, espaces publics et densification urbaine, ainsi que l’amélioration du confort climatique des mobilités en rendant les parcours piétons, arrêts et espaces publics plus agréables lors des fortes chaleurs. Le cahier 2 du rapport de projet offre une vue détaillée des cinq projets-pilotes avec pour objectif de présenter: Les retours d’expérience qui pourront aider à intégrer les enjeux de l’adaptation aux changements climatiques dans les projets d’aménagement et d’infrastructure Les outils les plus pertinents en fonction des stades et échelles des procédures Au-delà des projets-pilotes, la démarche Cool City a permis de développer des outils très concrets aujourd’hui utiles aux communes et aux mandataires: méthodes de diagnostic microclimatique, indicateurs permettant d’évaluer les facteurs d’influence sur le confort thermique (ombrage, matériaux, vent, humidité, végétation ou présence d’eau) ou encore exemples de cahiers des charges intégrant les enjeux climatiques dès les premières phases de planification. Ces outils facilitent désormais l’intégration des questions de chaleur urbaine dans les appels d’offres, les projets d’espaces publics, les rénovations scolaires ou les opérations de densification. L’un des apports majeurs de Cool City est précisément d’avoir transformé une problématique encore théorique il y a quelques années en critères opérationnels directement mobilisables par les collectivités. Cool City prouve qu’il n’est pas nécessaire de lancer immédiatement de grands projets coûteux pour agir: des interventions ciblées sur une cour d’école, une place publique, un arrêt de transport ou un parking peuvent déjà produire des effets mesurables sur le confort thermique. Les principes développés à Genève – diagnostic climatique local, approche interdisciplinaire, expérimentation à petite échelle et implication des usagères et usagers – peuvent être transposés à divers contextes urbains. Ainsi, Cool City a contribué à faire sortir les enjeux climatiques du seul cercle des spécialistes pour les inscrire au cœur des politiques urbaines et du débat public. Pour en savoir plus, le rapport complet de la démarche est disponible ici: www.ge.ch/document/cool-city Delia Fontaine

Comment les communes deviennent climatiquement neutres

Ce guide résulte d’un travail mené conjointement par l’Office fédéral de l’environnement et du programme Société à 2000 watts de l’Office fédéral de l’énergie/SuisseEnergie. Il vise à aider les communes de petite et moyenne taille à élaborer une stratégie climatique systématique. Selon leurs priorités, ces communes peuvent décider de développer une stratégie climatique pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, pour l’adaptation aux changements climatiques ou pour ces deux domaines combinés. Le guide indique quelles sont les différentes étapes à mettre en œuvre, tout en proposant des outils existants, des exemples concrets et des informations générales. Il met également à disposition différents modèles et diverses aides pour l’élaboration d’une stratégie climatique. Il existe déjà beaucoup de bonnes initiatives en matière de protection du climat au niveau communal. Mais elles se cantonnent souvent à des domaines particuliers, sans qu’il y ait d’approche intégrale et systématique. En utilisant ce guide, les communes pourront développer en quelques étapes une stratégie climatique globale puis mettre en œuvre des premières mesures. L’adoption d’une stratégie climatique permet aux communes de planifier la réduction locale et durable des émissions de gaz à effet de serre et de s’accommoder autant que possible des nouvelles conditions climatiques. De plus, les mesures et initiatives de protection du climat déjà mises en œuvre peuvent être intégrées à la stratégie climatique. Par ailleurs, ce guide indique comment assurer la participation et l’information constante des acteurs concernés. A l’étape six, il aborde le thème incontournable des ressources et présente différentes possibilités de financement. Informations: www.bafu.admin.ch/programme-climat Téléchargement PDF disponible à partir de mai 2022: www.bafu.admin.ch/ui-2209-f Manuela Christen

Développement vers l’intérieur, chance pour l’adaptation climatique

Grâce à un guide numérique et à des cartes climatiques, le canton d’Argovie révèle comment un développement urbain adapté à la chaleur peut être mis en œuvre, dans les instruments d’aménagement du territoire ainsi que dans les projets de construction et l’entretien. Grâce à la désimperméabilisation et à la végétalisation de deux places publiques, la commune de Windisch montre comment le microclimat et la qualité de séjour peuvent être améliorés. De grands espaces ouverts contigus, un revêtement du sol perméable, des cuvettes de rétention et des arbres contribuent au refroidissement de son nouveau complexe scolaire. La prise en compte des flux d’air froid lors de l’orientation des bâtiments, des chiffres ambitieux en matière d’espaces verts et une conception des façades et du toit climatiquement optimisée permettent de diminuer les îlots de chaleur dans les ensembles résidentiels. Les mesures de prévention contre la chaleur, qui créent une plus-value durable grâce à des synergies avec la protection de la nature, la gestion de l’eau de pluie et le paysage urbain, trouvent aussi un écho favorable au sein de la population. Yvonne Kiefer-Glomme

Protection contre la chaleur dans les villes: analyses et perspectives

L’étude «Kühle Räume in der Stadt» («Espaces de fraîcheur en ville») de la Haute école spécialisée de Suisse orientale (OST) a pour la première fois analysé de façon systématique la manière dont les villes suisses font face à la chaleur croissante. La ville de Bâle a servi d’étude de cas en collaboration avec l’association «Verein für Gassenarbeit Schwarzer Peter». L’analyse montre que des instruments stratégiques comme les plans d’action canicule ainsi que l’accès public à des espaces de fraîcheur n’étaient pas encore introduits à large échelle. Il y a certes beaucoup de bâtiments accessibles au public mais ils ne remplissent souvent que partiellement les exigences en cas de chaleur. Sur la base des résultats, l’OST a lancé un projet de suivi. En collaboration avec des villes et des communes, des espaces de fraîcheur doivent être testés dans le cadre d’une phase-pilote, des processus organisationnels être éprouvés et des expériences être acquises pour la pratique communale. Plus d’informations (en allemand): https://www.ost.ch/de/projekt/kuehle-raeume-in-der-stadt Sebastian Keller

Communication réussie sur le recyclage pour tous les groupes cibles

Les communes sont une source d’information centrale pour le recyclage. C’est ce que montre un sondage de Swiss Recycle. Un design clair pour les calendriers de recyclage avec des structures lisibles, des pictogrammes et des codes couleurs facilitent l’orientation et encouragent une élimination des déchets appropriée. En complément, des offres numériques comme des sites Internet avec un lexique pour la gestion des déchets, les dates des collectes ou des services de rappel augmentent l’audience. Des informations en plusieurs langues offrent un accès facilité aux personnes issues de l’immigration. Des communes comme Morges (VD), Hochdorf (LU) ou Mendrisio (TI) utilisent par ailleurs des chatbots basés sur l’IA, qui peuvent répondre aux questions de la population en différentes langues. Des offres inclusives comme des vidéos en langue des signes ou des calendriers de recyclage bien lisibles améliorent l’accès aux informations pour tous les groupes de la population. Viviane Pfister

Sols pollués: les places de jeux et les crèches en point de mire

Les polluants dans les sols peuvent être particulièrement dangereux pour les jeunes enfants. S’ils ingèrent de la terre contenant du plomb, cela peut nuire au développement de leur cerveau. C’est pourquoi une obligation d’assainissement est en vigueur depuis le 1 er avril 2025 pour les aires de jeux, les parcs ou les jardins des crèches qui sont situés sur des terrains publics ou qui sont exploités par une commune. C’est en principe le canton qui est compétent pour la mise en œuvre de l’assainissement, en étroite collaboration toutefois avec la commune. Celle-ci peut par exemple identifier des sites potentiellement contaminés. Un risque accru existe sur des terrains qui ont déjà été utilisés intensivement avant 1960 ou qui se trouvent à proximité de sites industriels. La Confédération prend en charge 60% des frais d’investigation et d’assainissement des sols. Pour en savoir plus: www.bafu.admin.ch/fr/controle-places-de-jeux Nadja Sutter

Berne assainit le sol de l’aire de jeux «Alte Gärtnerei»

La présence de polluants dangereux pour la santé dans les sols est un thème qui est débattu publiquement depuis quelques années et qui suscite de grandes incertitudes. C’est par exemple le cas avec la teneur élevée en dioxines dans les sols lausannois situés à proximité d’une ancienne usine d’incinération des déchets. Un grand projet d’assainissement est également en cours dans la commune de Reconvilier, dans le Jura bernois. Les activités d’une fonderie pendant de longues années y ont laissé des traces sous la forme de polluants dans des jardins privés. Dans la foulée, les places de jeux publiques se sont retrouvées au centre de l’attention. Les jeunes enfants jouent en effet souvent sur le sol et prennent de la terre dans la bouche. Si celle-ci contient des substances nocives, cela peut avoir des conséquences négatives. La Confédération a défini à partir du 1 er décembre 2025 de nouvelles valeurs limites pour les polluants dans les sols des aires de jeux publiques ainsi que des crèches. Cela signifie qu’un assainissement devient aujourd’hui nécessaire à partir de valeurs limites plus basses (voir aussi à ce propos l’article en pages 12 à 16). Quelques villes et communes sont déjà en train d’examiner des sites critiques. La Ville de Berne a fait un pas supplémentaire: la place de jeux «Alte Gärtnerei» à la Neubrückstrasse dans le quartier de la Länggasse sera complètement rénovée à partir de l’été 2026 et son sol remplacé. Des travaux préparatoires ont lieu actuellement. Comme son nom l’indique, le site a été utilisé de manière intensive comme jardinerie entre 1930 et 1987. «L’expérience montre que les sols horticoles utilisés de façon intensive affichent des niveaux de pollution élevés», explique Simon Gfeller, chef de projet au sein du Service des espaces verts de la Ville de Berne. Comme la place de jeux doit maintenant être rénovée, la ville a prélevé des échantillons du sol et a constaté que les valeurs limites actuelles pour le plomb et les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) étaient dépassées dans la moitié orientale du site. «La place de jeux est particulièrement appréciée par les parents de petits enfants parce qu’elle est clôturée et que les équipements de jeux sont destinés à ce groupe d’âge», note Simon Gfeller. Les polluants dans les sols représentent un risque tout particulier pour les jeunes enfants. C’est pourquoi la ville et le canton ont immédiatement réagi. En attendant l’assainissement, du gazon en rouleau recouvre le sol contaminé afin de protéger les enfants. «Du gazon en rouleau ou des tapis en caoutchouc sont particulièrement appropriés pour de telles solutions temporaires», relève Nicole Schmidlin, spécialistes des sites pollués à l’Office cantonal bernois des eaux et des déchets. «Nous avons fait de mauvaises expériences avec des copeaux de bois et des protections en feutre, les enfants étant encore plus incités à jouer sur le sol, ce qui peut les amener à être en contact avec de la terre contaminée.» L’assainissement proprement dit doit débuter en été 2026. Le sol pollué ne sera pas seulement enlevé et remplacé par un sol non contaminé, les équipements de jeux qui ont pris de l’âge seront eux aussi changés. Un assainissement du sol n’est pas une grosse affaire pour autant que suffisamment de terre de remplacement non contaminée soit à disposition et il peut généralement être effectué en quelques semaines, fait valoir Nicole Schmidlin. Mais comme la place de jeux «Alte Gärtnerei» abrite de nombreux arbres, la rénovation s’annonce plus complexe. «Nous n’abattons en général pas d’arbres sans raison valable», souligne Simon Gfeller. Le sol pollué sera dans la mesure du possible aspiré entre les racines. Quelques charmes devront malgré tout être abattus. «Ils ne supportent pas une modification du sol et dépériraient, argue Simon Gfeller. Afin de garantir que la totalité du sol contaminé soit autant que possible éliminé et remplacé, nous avons décidé d’enlever les charmes. Ils seront remplacés par d’autres arbres après l’assainissement.» «Près du tronc, entre les racines, nous pouvons retirer environ 5 à 7 centimètres de sol. Celui-ci redeviendra du gazon grâce à du terreau pour arbres et des grilles à gazon», précise Nicole Schmidlin. Davantage de sol sera enlevé plus loin des arbres, soit 10 centimètres. Et jusqu’à 40 centimètres seront ôtés en dehors de la zone des racines. On y mettra ensuite du gravier gazon. «Celui-ci est plus robuste et résistera mieux à l’utilisation intensive de la place de jeux.» Les travaux d’assainissement dureront probablement jusqu’au printemps 2027. La place de jeux sera fermée pendant ce laps de temps. Les coûts pour l’assainissement du sol et la rénovation de l’aire de jeux se montent au total à environ 600 000 francs. Conformément à la loi sur la protection de l’environnement, la Confédération participe dans certains cas aux coûts d’assainissement de places de jeux publiques. Communiqué de presse de la Ville de Berne (en allemand) Nadja Sutter

Gordola économise l’eau grâce à une technologie innovante

Gordola dispose de seize sources qui jaillissent des parois rocheuses à proximité de la localité et qui alimentent l’ensemble de la commune en eau. «Dans le cadre de la Journée mondiale de l’eau, même la télévision d’Etat chinoise a présenté notre aqueduc comme un exemple de gestion innovante et durable», explique Bruno Storni, conseiller national PS et conseiller communal de Gordola, qui a lancé ce projet il y a vingt ans. Dans chaque ménage, Bruno Storni a installé un compteur qui signale les déperditions d’eau. Grâce à cette méthode, Gordola affiche l’une des consommations d’eau les plus faibles de Suisse, malgré le climat plus chaud du Tessin et les nombreux logements de vacances. Nora Hesse

Un train de retard pour lutter contre les îlots de chaleur?

Il y a vingt ans environ, l’idée était de faire de l’Esplanade, située en face du Palais des Congrès de Bienne (BE), un espace public généreux. En fait, la colonne vertébrale d’un nouveau quartier au cœur de la cité sur les restes d’un ancien parking en plein air. La commune avait envisagé un temps d’y construire un bâtiment administratif centralisé. Son projet remisé, elle a jugé ensuite que cette zone de 6500 m 2 , pratiquement un terrain de football, pouvait rester libre à l’avenir pour des utilisations privées. En 2014, lorsque la population a voté sur les réglementations liées à la construction de logements à cet emplacement, acceptées à 75%, le bureau d’architectes lauréat du concours avait décrit «une grande surface libre urbaine unique en son genre en Suisse». Mais ni lui ni les autorités n’avaient alors estimé les effets à venir du réchauffement climatique. Ceinturée aujourd’hui d’immeubles locatifs de cinq à six étages, cette Esplanade peut se transformer l’été en chaudron. Elle accueille à la belle saison foires et marchés, food-trucks et concerts. En mai dernier, une foule venue de Suisse entière s’y est pressée à l’occasion de la Fête fédérale de musique. Vouée au vivre-ensemble avec de petits jets d’eau pour l’agrémenter, cette place a été conçue à une époque où la canicule pouvait encore sembler n’être qu’un épiphénomène. Les autorités admettent un temps de réaction trop long. «La question du climat urbain et celle des îlots de chaleur ne fait l’objet de débats approfondis en matière d’urbanisme que depuis une dizaine d’années à Bienne. Cet aspect a longtemps été négligé, notamment en matière d’aménagement des espaces publics», admet Sabine Gresch, responsable de l’urbanisme à Bienne. Comment rétropédaler sachant que cette place est identifiée sur les cartes climatiques de Bienne et du canton de Berne comme îlot de chaleur? «La question du climat urbain ne fait l’objet de débats approfondis en matière d’urbanisme que depuis une dizaine d’années.» Sabine Gresch, responsable de l’urbanisme à Bienne (BE) «Notre réseau de mesures a montré que l’année dernière, lors des nuits chaudes et tropicales, il y a fait environ six degrés de plus que dans la campagne environnante», atteste Eva Wyss, responsable du Service de l'environnement. Le principe est connu: les surfaces de bitume se réchauffent et emmagasinent de la chaleur la journée, qu’elles recrachent la nuit. Les directions municipales concernées, Travaux publics et Sécurité, n’ont toutefois pas eu connaissance jusqu’à présent d’accidents dus aux conditions climatiques extrêmes à cet endroit. Des manifestations et événements culturels ou festifs n’ont pas dû être annulés ou reportés non plus à cause de températures trop élevées. Mais le risque est latent. Pour éviter les mauvaises surprises, Bienne ne dispose pas de mille solutions. Des auvents peuvent être disséminés ou une tente peut être déployée lors de gros événements pour protéger le public des intempéries ou de la chaleur. Mais planter des arbres sur cette zone de bitume est mission impossible. Les autorités font face ici à un obstacle majeur: la présence d’un parking souterrain entravant toute plantation. «Comme la majeure partie de la place est située au-dessus du parking, la surélévation ne mesure que quelques centimètres. Elle est insuffisante pour planter des arbres. Seuls quelques-uns ont pu l’être en bordure», confirme Thomas Lüthi, responsable du Service des espaces verts et cimetières. Une végétalisation susceptible d’apporter un effet rafraîchissant ne serait possible à cet endroit qu’à petite échelle a priori. Par le biais de bacs mobiles. Mais, précise-t-il, «ils sont plus coûteux à l’achat et à l’entretien que planter des arbres en pleine terre. Et leur taille est limitée.» Nous parlons de creux/affaissements qui existent déjà dans le sol, qui ont été aménagés sur la surface asphaltée afin de servir de plans d'eau. Faute de moyens, aucune mesure supplémentaire n’est actuellement à l’étude à Bienne pour lutter contre l’accumulation de chaleur, concède Sabine Gresch. Faute de mieux aussi, une dizaine de panneaux climatiques et didactiques ont été installés depuis deux ans en plusieurs endroits de la ville, notamment sur les rives, rendant la population attentive aux changements. Ces bornes prônent par exemple l’usage de la mobilité douce et la réduction de consommation d’énergies. Mais aussi le ramassage des déchets et l’élimination des médicaments. Alain Meyer

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