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Pas de numérisation sans normes

Les services en ligne peuvent réduire sensiblement la charge administrative. En revanche, ce n’est que lorsque des normes contraignantes s’appliquent à un service en ligne que les systèmes des différentes unités administratives peuvent collaborer ou communiquer entre eux dans le cadre d’un processus continu. L'organisation Administration numérique suisse (ANS) coordonne la collaboration numérique entre la Confédération, les cantons et les communes. En tant que partenaire de l’ANS, l’association eCH promeut et élabore des normes correspondantes dans le domaine de la cyberadministration. Le succès de la mise en oeuvre du portail eDéménagementCH montre l'importance de la standardisation pour la numérisation de l’administration. Ce service en ligne permet aux personnes soumises à l’obligation d’annoncer leur départ et leur arrivée aux communes concernées en une seule étape. Pour que cela soit possible, les différents systèmes logiciels des communes raccordées au service doivent échanger des données entre eux. La standardisation des annonces à l’aide d’une norme eCH ainsi que le transfert centralisé des données via la plateforme Sedex de l’Office fédéral de la statistique permettent de garantir cela. Afin que les départs et les arrivées puissent être annoncés en une seule étape, l’association eCH a développé une nouvelle norme spécialement pour ce type d’annonce. L’annonce de déménagement en ligne est déjà disponible dans 21 cantons et doit être introduite progressivement dans tous les cantons et dans davantage de communes. Une étude de la Haute école zurichoise des sciences appliquées (ZHAW) prouve que l’introduction du service en ligne eDéménagementCH réduit sensiblement la charge de travail des contrôles des habitants dans les communes. Pour cette étude, quatre communes zurichoises ont été interrogées en 2022 sur l’impact de la numérisation de ce service administratif sur le temps de traitement des collaborateurs communaux. L’évaluation a notamment montré que le traitement des déménagements via eDéménagementCH pouvait être effectué plus efficacement et plus rapidement par les collaborateurs par rapport aux inscriptions au guichet. De plus, il y a eu moins de retards dus à des documents manquants. En ce qui concerne le développement et l’adoption de normes pour la cyberadministration, des représentants du secteur public, de l’économie, de la recherche et de l’enseignement collaborent depuis plus de 20 ans au sein de l’association eCH dans des groupes spécialisés par thème ainsi que dans un comité d’experts. Ce partenariat public-privé permet d’établir des normes indépendantes des fabricants et bénéficie d'un large soutien. Entre-temps, l’association eCH, dans laquelle s’engagent entre autres l’Association des Communes Suisses, tous les cantons et de nombreuses communes, a déjà élaboré plus de 250 normes. Informations: www.ech.ch www.edemenagement.swiss Martin Mächler

«L’exemplarité des communes est centrale»

Patrick Kutschera, nous réalisons cette interview début février. La situation de l'approvisionnement de la Suisse en électricité et en gaz s'est détendue. Dans quelle mesure les efforts d’économie de l’«Initiative économies d’énergie Hiver» y ont-ils contribué? Patrick Kutschera: Une précision tout d’abord: la situation n’est pas détendue, elle est moins tendue que ce que l’on craignait. Cela est certainement en grande partie dû à l’hiver doux. Les économies d’électricité y ont contribué dans une proportion d’environ 5 à 8%, un peu plus pour le gaz. Il est difficile de la chiffrer. Chaque mesure contribue sûrement aux efforts d’économie. Mais il y a plus important que les kilowattheures économisés, c’est l’exemplarité des communes et des villes. Celle-ci est centrale. Nous avons reçu beaucoup de remarques de citoyens et citoyennes qui demandaient pourquoi ils ou elles devaient faire des économies, alors que les communes maintenaient les illuminations de Noël ou éclairaient leurs bâtiments toute la nuit. Les nombreuses communes qui ont pris des mesures bien visibles ont donné un signal essentiel. Nous savons tous que les illuminations de Noël ne représentent qu’une petite partie de la consommation d’énergie d’une commune. Mais c’est un thème très émotionnel car bien visible. Certaines personnes n’ont pas apprécié que des illuminations aient malgré tout été installées à l’heure des économies d’énergie. D’autres ont regretté qu’il n’y ait pas eu d’illuminations. De nombreuses communes ont trouvé de très bonnes solutions, en réduisant par exemple la durée des éclairages, en optant pour des éclairages consommant moins d’énergie ou en misant sur des décorations de Noël ne nécessitant pas d’électricité. Le bilan est très positif. Les membres fondateurs, parmi eux l’Association des Communes Suisses (ACS), sont très vite montés à bord et nous avons connu une croissance rapide. Au début du mois de février, nous comptions environ 370 membres, dont des communes et des villes, tous les cantons ainsi que des associations et des entreprises de l’économie privée. Chaque jour, de nouveaux membres nous rejoignent. L’alliance est importante parce qu’elle donne de la crédibilité aux efforts d’économies d’énergie. Celle-ci est plus grande si l’économie privée, les autorités et les associations soutiennent les efforts et pas seulement la Confédération. Les membres ont par ailleurs augmenté la portée de la campagne. Nous serions très heureux de voir encore davantage de communes devenir membres car elles ont cette importante fonction de modèle. Elles doivent montrer quelles mesures d’économies d’énergie elles prévoient ou ont mises en œuvre. C’est tout. L’adhésion ne coûte rien. Les communes sont au contraire gagnantes en bénéficiant d’une image positive et de l’échange mensuel sur la situation et les bons exemples. De très nombreuses bonnes idées ont été lancées au sein de l’Alliance. Trois exemples font figurent de modèles. A côté de mesure visant à économiser l’énergie, Collombey-Muraz (VS) a nommé un «ambassadeur durable» qui apporte son soutien aux différents services et qui remet sans cesse le thème de la durabilité au centre des discussions. Bregaglia (GR) a remplacé l’éclairage de ses routes par des LED dimmables. Horw (LU), qui s’était fixé l’échéance de 2030 pour remplacer l’éclairage sur le territoire communal, a décidé de faire avancer le projet sans tarder et a approuvé le budget nécessaire. La commune bénéficiera ainsi plus rapidement de coûts énergétiques plus bas. L’avantage des mesures volontaires réside dans le fait que les communes peuvent les mettre en œuvre là où elles sont les plus utiles. Les besoins sont en effet très différents. «L’avantage des mesures volontaires réside dans le fait que les communes peuvent les mettre en œuvre là où elles sont les plus utiles. Les besoins sont en effet très différents.» Patrick Kutschera, chef du service SuisseEnergie Le label donne des objectifs clairs et représente ainsi pour les communes et les villes une structure claire pour améliorer leur statut ainsi que planifier et mettre en œuvre des mesures. C’est par ailleurs une manière de confirmer les efforts consentis. Ici aussi, l’exemplarité compte. Dans la plupart des villes et des communes, un panneau à l’entrée de la localité signale le label ou celui-ci est mentionné en bonne place sur le site Internet. Nous allons tirer un bilan en mars et réduire tout d’abord les mesures en matière de communication. Mais nous pensons déjà à l’hiver prochain. La situation reste en effet tendue et l’hiver 2023/24 ne sera peut-être pas aussi doux que celui que nous venons de traverser. De plus, le gaz russe avec lequel on a rempli les stocks européens l’an passé manquera. Les économies sont aussi pertinentes en été, car c’est à ce moment-là que les réservoirs de gaz et les lacs de rétention sont remplis. Pour l’hiver prochain, nous avons maintenant un plus grand délai de réalisation et nous pouvons effectuer des adaptations techniques, afin de réduire la consommation d’énergie. Nous ne dépendons ainsi pas seulement de mesures qui sont axées sur le comportement des gens. En cas de besoin, nous allons à nouveau intensifier en automne les mesures en matière de communication. Absolument. Nous voulons continuer à cultiver les échanges au sein de l’Alliance pour les économies d’énergie, afin de nous préparer de façon optimale pour l’hiver prochain. L’Alliance continuera à croître avec, espérons-le, des communes supplémentaires qui la rejoindront. J’en profite pour remercier l’engagement des communes et de l’Association des Communes Suisses. Elles sont un élément important du puzzle car elles sont proches de la population. Informations: Informations importantes sur les économies d’énergie pour les communes sur le site de l’ACS: www.chgemeinden.ch L’«Initiative économie d’énergie Hiver» de la Confédération: www.stop-gaspillage.ch Alliance pour les économies d’énergie: https://alliance2022-23.ch Nadja Sutter

Des villages de montagne s’engagent pour leurs jeunes

Roxanne Giroud: Ces communes font partie du district d’Entremont. Le point le plus bas, le hameau de la Duay, se situe à 800 m d’altitude; le point le plus haut, la pointe d’Argentière, se trouve à 3902 m. Elles totalisent environ 4000 habitants, répartis sur une superficie de 225 km 2 . C’est donc une région escarpée et sauvage. Orsières et Liddes ont une frontière commune avec la France et l’Italie. J’ai le sentiment que la mentalité d’ici est influencée par les pays voisins et que l’on peut y ressentir une certaine dimension internationale. Le tourisme joue bien sûr un rôle important, surtout en été. Le «Service d’animation socioculturelle du district d’Entremont» (ASDE) est responsable de l’animation jeunesse. Trois personnes, ainsi qu’une apprentie ou un apprenti, occupent des postes pour un équivalent de 250%. C’est dire que nous sommes montés en puissance, puisqu’en 2016, j’ai débuté seule avec un taux d’activité de 20%. A l’époque, engager une personne pour l’animation jeunesse constituait une démarche pionnière dans la région. Je dois ajouter que mon emploi ne se limitait pas exclusivement à l’animation jeunesse, mais aussi à la promotion de la cohésion sociale. Ainsi, tous les groupes de la population pouvaient se sentir concernés; ce qui a aidé à reconnaître l’importance de la fonction. Les associations de jeunesse jouent un rôle important chez nous. Les écoles sont également de bons partenaires pour l’animation jeunesse. Basile Darbellay, conseiller municipal de Liddes, m’a contactée en 2018, après avoir lu un article dans la revue du SAB «montagna», au sujet des communes de montagne s’engageant en faveur de leurs jeunes. Nous avons alors porté le projet ensemble, en collaboration avec un conseiller communal d’Orsières. Le fait que l’idée ne vienne pas de moi, mais des autorités locales elles-mêmes, a grandement simplifié les choses. Je pense que oui. Le label a surtout créé un caractère plus contraignant. Il remplace, pour ainsi dire, le «règlement jeunesse», document qui n’est pas toujours facile à établir. Les communes sont désormais tenues de s’engager en faveur de leurs jeunes, même s’il y a par exemple des changements au sein des organes politiques. «Les communes sont désormais tenues de s’engager en faveur de leurs jeunes, même s’il y a par exemple des changements au sein des organes politiques.» Roxanne Giroud, responsable de l’animation jeunesse district d’Entremont Oui, bien sûr. De manière générale, les jeunes sont désormais considérés comme faisant partie de la communauté et on leur demande leur avis. Naturellement, il y a eu ici et là quelques critiques. Mais nous nous sommes beaucoup investis dans le domaine des échanges intergénérationnels. Concrètement, la plupart des rencontres avec les jeunes ont été perçues de manière positive. Ce qui me semble également important, c’est que le label, tel qu’il est conçu, s’adresse à d’autres groupes de jeunes que, par exemple, les associations de la jeunesse. Chez nous, ce sont presque exclusivement des filles qui s’engagent au sein du «Forum des jeunes». On donne ainsi une voix aux personnes moins extraverties, ce qui me paraît positif. Un joli effet secondaire du label a été que certaines activités, qui étaient déjà proposées depuis longtemps, ont soudain acquis une nouvelle dimension. Par exemple, une enseignante faisait régulièrement cuire du pain avec ses élèves dans un vieux four à bois. Avec le temps, la motivation a quelque peu diminué. Grâce au label, la fabrication du pain est désormais devenue une activité favorisant les échanges intergénérationnels. Elle a donc obtenu une nouvelle légitimité. Oui, beaucoup de choses ont été faites ces dernières années. L’an passé, nous avons pu introduire la cadence à la demi-heure pour le train d’Orsières. Il était également important que l’école du village de Liddes puisse être maintenue et que la commune investisse dans la construction d’une structure d’accueil de jour; c’est-à-dire une crèche et UAPE. Deux problèmes non résolus me viennent spontanément à l’esprit. Le premier concerne la mobilité. Lorsque les jeunes veulent sortir pour faire la fête, ils ne peuvent pas compter sur les transports publics, ce qui entraîne des risques d’accident. Nous sommes en train d’organiser une solution de taxi ou de covoiturage fonctionnant via une application pour sécuriser ces trajets festifs. Ce qui est également difficile pour moi, c’est le harcèlement des enfants et des jeunes qui ne correspondent pas tout à fait à la norme. Ce problème est peut-être encore plus aigu dans les régions reculées que dans les villes. Ce sont alors précisément ces jeunes qui quittent le plus rapidement possible le village et qui souvent ne veulent plus y revenir; ayant perçu négativement la vie villageoise. C’est peut-être aussi pour cela qu’il est si difficile de changer certains schémas de pensée; car ceux qui sont différents sont souvent exclus. Je pense que c’est là aussi qu’il faudrait intervenir. Selina Droz

Se former pour mieux repenser les installations sportives

Les tâches du Service des sports d’Yverdon-les-Bains sont multiples. Outre l’entretien, l’aménagement et le développement des installations sportives et des espaces propices à l’activité physique, sa mission consiste à inciter la population à être davantage active à travers des programmes de soutien, des manifestations et des cours. A ce titre, Greg Perrenoud chapeaute des projets très variés impliquant de nombreux partenaires. Ces dernières années, la cité du bout du lac de Neuchâtel a élargi la notion d’encouragement du sport à la promotion de la santé de la population. Cette nouvelle approche implique une collaboration plus étroite avec d’autres acteurs afin de répondre aux besoins des sportifs d’une part, et de motiver les personnes sédentaires à devenir plus active d’autre part. Dans ce contexte, le CAS Installations sportives proposé par la HEFSM faisait tout son sens pour Greg Perrenoud: «J’ai souhaité acquérir certaines bases dans la gestion et la réalisation d’installations sportives. Nous sommes régulièrement amenés à collaborer avec des bureaux d’ingénieurs pour la réalisation ou la réfection d’installations sportives.» «L’environnement bâti doit être repensé dans une logique d’encouragement de l’activité physique et du sport au quotidien.» Greg Perrenoud, directeur Service des sports de la ville d’Yverdon-les-Bains (VD) Les bases théoriques et pratiques obtenues dans le cadre de ce CAS permettent à Greg Perrenoud de mieux comprendre les dossiers, de mieux anticiper les besoins, de porter un regard davantage axé sur l’exploitation et d’examiner le fonctionnement de son service dans une perspective d’efficience. Elles lui donnent aussi la possibilité d’intervenir dans le cadre de projets de développement d’installations déjà initiés: «Les bases théoriques acquises lors des séminaires me permettent de contrôler et de questionner, le cas échéant, certains choix faits par les différents corps de métier.» A terme, le travail qu’il a fourni dans le cadre de ce CAS devrait déboucher sur une conception communale des installations sportives (CISCO) qui devrait être lancée courant 2023. L’idée est de valoriser l’ensemble du parc d’installations dédiées au sport et d’intégrer les besoins et attentes à leur égard sur un horizon de 10 à 15 ans. L’action sera transversale, donc menée en collaboration avec les autres services communaux. Elle concernera tous les types d’équipements, qu’ils soient destinés à la pratique du sport ou qu’il s’agisse d’espaces libres comme des parcs ou des cours d’école, et sera liée au Plan des investissements de la ville. Pour Greg Perrenoud, «l’environnement bâti doit être repensé dans une logique d’encouragement de l’activité physique et du sport au quotidien. Des réflexions doivent être menées sur le plan régional afin de cofinancer certains projets et ainsi mutualiser des ressources tant financières que matérielles et humaines.» Jana Voboril, Liengme Martin

Recettes contre la pénurie de personnel qualifié

Autrefois, tout était simple: le secrétaire communal habitait dans la commune et travaillait pour l’administration communale jusqu’à sa retraite. Aujourd’hui, c’est différent. Les employés et employées sont mobiles, suivent des formations continues, changent de branches. Cela a des effets sur les communes, et les offres d’emploi des administrations communales se multiplient. Les communes ont-elles perdu de leur attrait en tant qu’employeuses? Pas forcément. Elles ne sont en effet pas seules à rechercher désespérément du personnel. De nombreuses entreprises et autorités dans toutes les branches sont dans la même situation. Si les communes veulent lutter contre cette pénurie de personnel qualifié, elles doivent toutefois offrir des conditions de travail attrayantes. C’est là l’avis unanime des experts avec qui nous avons parlé dans cette édition. Nous essayons d’y analyser le phénomène en profondeur et présentons des initiatives porteuses de solutions. A l’exemple de la vidéo de l’Association lucernoise des secrétaires municipaux et du réseau de formation professionnelle Lunited, qui fait de la publicité pour l’apprentissage au sein d’une commune. Dans ce contexte, nous avons interrogé une jeune femme qui vient de terminer son apprentissage de commerce au sein d’une administration communale et lui avons demandé ce qu’il fallait faire pour que les jeunes employés des communes y restent. La pénurie de personnel qualifié sera aussi abordée lors de l’Assemblée générale de l’Association des Communes Suisses, qui aura une nouvelle fois lieu dans le cadre du salon Suisse Public. Vous découvrirez également dans ce numéro ce qui vous attend à Suisse Public ainsi qu’à Suisse Public SMART. Nadja Sutter

Concept éprouvé, nouveaux formats: Suisse Public 2023

Le dernier salon Suisse Public a eu lieu il y a pas moins de six ans. Les éditions 2020 et 2021 du plus grand salon professionnel suisse pour le secteur public ont dû être annulées en raison de la pandémie de COVID-19. Le salon ouvrira à nouveau ses portes du 6 au 9 juin sur le site de Bernexpo, où il accueillera les professionnels et les responsables des achats des communes, des cantons et des autorités fédérales, ainsi que des grandes entreprises. «Beaucoup de choses se sont passées depuis 2017», souligne le directeur du salon Christoph Lanz dans l’entretien accordé à «Commune Suisse». Une pause d’une telle longueur peut faire craindre un changement dans l’organisation du marché avec une baisse de l’attrait des salons. Christoph Lanz observe toutefois l’inverse: le besoin de rattrapage est grand. «La place du marché où l’on se rencontre et échange a manqué. Il n’y a en effet pas d’événement comparable en Suisse», note-t-il. 95% des surfaces du salon étaient ainsi déjà réservées au début du mois de février. «La place du marché où l’on se rencontre et échange a manqué. Il n’y a en effet pas d’événement comparable en Suisse.» Christoph Lanz, directeur du salon Suisse Public A Suisse Public, les personnes intéressées peuvent découvrir sur place des innovations et tester directement beaucoup de choses dans l’espace extérieur. «Dans une vidéo, il est difficile de constater à quel point un camion poubelle est silencieux. Il faut pouvoir l’évaluer sur place», relève Christoph Lanz. Le salon permet aux exposants de susciter de la confiance en leurs nouvelles solutions. Et pour les visiteuses et visiteurs, c’est aussi l’occasion d’échanger. L’aspect divertissant ne doit pas non plus être oublié. Le «Fire Fit Challenge» dans le secteur du salon réservé aux services du feu permet ainsi à des sapeurs-pompiers de se mesurer lors d’un concours sportif. Le secteur des exposants devrait aussi permettre de nombreuses découvertes. Le cycle de l’innovation n’a en effet pas été stoppé par la pause due au COVID-19, au contraire. Les thèmes prioritaires et les solutions techniques sont différents de ceux d’il y a six ans. «Le thème de l’énergie est aujourd’hui très sensible. Il n’en allait pas de même les années passées», argue Christoph Lanz. A côté de la crise énergétique, les communes s’intéressent actuellement aux stations de recharge pour les véhicules électriques ou aux véhicules communaux électriques. La numérisation est aussi un thème récurrent et un domaine qui évolue très rapidement. Suisse Public lui consacre un salon dans le salon: Suisse Public SMART. Celui-ci a déjà eu lieu en ligne en 2021 et sous la forme d’une journée conférence en 2022. Dans le cadre du salon principal, il proposera cette année un programme sur quatre jours et présentera des solutions intelligentes dans les secteurs les plus divers. Suisse Public SMART est divisé en deux parties: un salon et une conférence. Dans la partie salon, les exposants présenteront leurs produits sur des stands et sur une tribune au moyen de brefs exposés. S’y ajoutera un «solution park» conçu comme une zone de rencontre où les visiteuses et visiteurs pourront expérimenter directement divers objets exposés grâce à des applications pratiques. Par exemple des réverbères intelligents ou des bancs publics permettant de recharger les téléphones portables. Le responsable du projet SMART Christopher Wehrli ne veut toutefois pas dévoiler trop de détails. «Nous sommes en pleine planification», confie-t-il. Un étage au-dessus, les personnes intéressées par la partie conférence de Suisse Public SMART pourront approfondir leurs connaissances en matière de solutions intelligentes. Pendant les quatre jours, les contenus des exposés et des tables rondes seront centrés sur des thèmes précis. Le mardi 6 juin, il sera question du travail et des services de voirie du futur, le mercredi 7 des infrastructures du futur et de la transition en matière de mobilité. Le jeudi 8 juin sera consacré à la cyberadministration et le vendredi 9 juin aux solutions intelligentes pour les services d’urgence. La partie salon de Suisse Public SMART ainsi que le programme de conférence du mardi 6 juin et du vendredi 9 juin seront compris dans le prix d’entrée de Suisse Public. Pour la partie conférence du mercredi 7 et du jeudi 8 juin, un billet séparé sera nécessaire. En plus de l’entrée à la conférence et à Suisse Public, il comprendra aussi un repas de midi et un apéritif. «Nous voulons présenter de nouvelles voies permettant aux communes de renouveler leurs infrastructures en réseau et de manière intelligente. Cela vaut aussi pour la numérisation des services administratifs.» Christopher Wehrli, chef de projet Suisse Public SMART «Le salon SMART se concentrera sciemment sur des solutions facilement applicables et taillées sur mesure pour les communes, fait valoir le chef de projet Christopher Wehrli. Nous voulons présenter de nouvelles voies permettant aux communes de renouveler leurs infrastructures en réseau et de manière intelligente. Cela vaut aussi pour la numérisation des services administratifs.» L’intérêt des exposants pour ce nouveau format est grand. «Le salon a une bonne cote et est sur le radar de nombreux acteurs», indique Christopher Wehrli. Le temps est aussi un atout pour cette thématique, remarque le directeur du salon Christoph Lanz. Et une chose est sûre: lorsque le prochain salon Suisse Public aura lieu en 2026, les innovations auront à nouveau progressé. Nadja Sutter

Recherche personnel qualifié… désespérément

Si les emplois les plus malaisés à repourvoir relevaient jadis dans le canton de Vaud du domaine essentiellement technique (ingénieurs, géomaticiens, informaticiens), les besoins se sont bien élargis. A la tête de l’Union des communes vaudoises (UCV), Eloi Fellay constate «que les annonces concernent aussi maintenant le secteur de la finance avec des postes de boursier». C’est le cas à Gollion, dans le district de Morges, ou à Valeyres-sous-Rances dans le Nord vaudois. Quatre postes étaient aussi à repourvoir rien que pour les offices de la population des communes du canton début février. S’y ajoute, dit-il, «un manque de personnel stable et aux qualifications adéquates pour l’accueil de la petite enfance et du parascolaire». Les annonces pullulent en effet sur le site de l’UCV avec souvent la mention engagement de suite. «Le nombre de fois où les communes nous demandent de relayer leurs offres tend à augmenter», lance-t-il. D’environ 200 entre juin 2020 et juin 2021, elles sont passées à plus de 300 en un an. Bientôt une annonce par jour. Le Valais n’est pas épargné non plus par cette panne de personnel. Faisant écho à la fermeture début janvier des urgences la nuit à l’Hôpital du Valais à Martigny par manque de médecins, le président de Monthey Stéphane Coppey nous confirme des difficultés à recruter dans les soins, en particulier des infirmières et infirmiers pour les centres médicaux-sociaux et les homes. Même casse-tête pour la police de proximité, l’informatique ou pour dénicher des architectes et géomètres. La situation se tendrait aussi dans la construction avec les paysagistes et électriciens avec CFC. «Le nombre de fois où les communes nous demandent de relayer leurs offres tend à augmenter.» Eloi Fellay, directeur de l’Union des communes vaudoises (UCV) Directrice de l’Association des communes fribourgeoises, Micheline Guerry-Berchier dresse ce constat: «On observe aujourd’hui une plus grande mobilité du personnel communal alors qu’on comptait auparavant sur des secrétaires et caissiers qui faisaient carrière dans la commune et y habitaient. Le personnel peut davantage se former et faire valoir ses compétences pour monter les échelons ou postuler dans d’autres administrations.» Dans son canton, les secteurs de la finance et de l’informatique sont vulnérables par exemple. «On observe aujourd’hui une plus grande mobilité du personnel communal alors qu’on comptait auparavant sur des secrétaires et caissiers qui faisaient carrière dans la commune et y habitaient.» Micheline Guerry-Berchier, directrice de l’Association des communes fribourgeoises Cette pénurie préoccupe moins la grande commune genevoise de Meyrin et ses 25 000 âmes. «Les seuls profils pour lesquels nous rencontrons des difficultés sont les responsables de projets pour le génie civil et l’urbanisme», confesse Eric Spielmann, responsable des RH. Mais depuis le COVID-19, l’engagement de collaborateurs saisonniers s’avère ardu, surtout l’été pour le gardiennage des piscines. «Beaucoup ont recherché depuis des activités plus pérennes», estime-t-il. Dans le canton du Jura, le maire de la commune de Boncourt Lionel Maître s’inquiète, lui, d’une pénurie dans les métiers techniques, le bâtiment notamment. «J’avoue que les places dans l’administration sont appréciées par ici pour leur stabilité», relativise-t-il. Sa commune n’aurait recours à des frontaliers français que pour des remplacements. Mais plus au sud, à Bienne, la situation semble plus complexe puisqu’une prime de 800 francs devrait être accordée dans les prochains mois aux employés de la ville, du moins celles et ceux bénéficiant de contrats à durée indéterminée, qui recommanderaient à des connaissances de postuler. Du personnel soignant manque dans les EMS. Idem pour les crèches et écoles à journée continue. «Nous cherchons aussi un jardinier-paysagiste», admet Ruth Perracini-Liechti, responsable du personnel municipal. «J’avoue que les places dans l’administration sont appréciées par ici pour leur stabilité.» Lionel Maître, maire de la commune de Boncourt (JU) Concernant la santé, elle doit admettre que des directives cantonales imposent un plan de postes à respecter, la santé restant une prérogative cantonale. «Mais en cas de maladie, de grossesse ou autres absences et départs, il devient toujours plus dur de trouver du personnel pour assurer la transition. Il arrive en outre que nos annonces ne débouchent sur aucune réponse», avoue-t-elle. Début février, les autorités ont fait le forcing avec des affiches bilingues où il est écrit «Arbeite für die Stadt que tu aimes». La ville veut aussi en profiter pour faire des appels du pied au personnel du canton voisin de Neuchâtel, à qui Bienne offre des cours d’allemand parlé à la pause à midi. Mais les candidatures peinent à tomber. Et pour cause. Selon Frédéric Mairy, président de l’Association des communes neuchâteloises (ACN), son canton fait aussi face à des problèmes pour recruter dans les structures d’accueil extrafamilial en raison d’un nombre de places qui a fortement augmenté. Des personnes compétentes pour la gestion des eaux ne se poussent pas non plus au portillon dans le canton. A la tête de l’exécutif de Val-de-Travers, Frédéric Mairy relève que les enjeux énergétiques conduisent également toujours plus de communes à se doter d’experts. «Car elles n’ont pas la capacité de proposer des postes à taux d’activité suffisant pour être attractifs.» Conséquence: des emplois mutualisés voient le jour. Les communes de Val-de-Travers et du Littoral Ouest se partagent déjà un coach en insertion professionnelle. Un contrat avec 40% pour le Val-de-Travers et 60% pour le Littoral Ouest. Un poste de délégué à l’énergie pourrait être aussi mutualisé. Même topo pour la santé. Depuis janvier, les services ambulanciers de Val-de-Travers et de Val-de-Ruz se sont ainsi regroupés en une seule S.à.r.l. en main publique. Alain Meyer

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