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Premier règlement communal sur le droit des personnes handicapées

Au cours des derniers mois, Münchenstein a élaboré un règlement pour la mise en œuvre de la loi sur les droits des personnes handicapées du canton de Bâle-Campagne, avec le soutien du canton et d’experts de l’Université de Bâle. La loi cantonale, qui est entrée en vigueur en janvier 2024, exige un tel règlement de la part des communes. Münchenstein fait figure de pionnière puisqu’elle est la première commune à s’être dotée d’un tel règlement. Celui-ci prévoit une commission des personnes handicapées qui conseille le Conseil municipal, attire l’attention sur les dysfonctionnements, mais propose également des améliorations. Le conseil communal doit documenter les interventions qui ont été faites et rendre compte au public des mesures qui ont été mises en œuvre ou non. Un règlement type pour d’autres communes sera également élaboré sur la base du règlement de Münchenstein. «Les personnes handicapées doivent pouvoir s’impliquer et faire entendre leur voix.» Stefan Friedli, directeur de l’administration communale de Münchenstein (BL) Nadja Sutter

Offensive de formation continue pour les bénéficiaires de l’aide sociale

L’objectif de l’action sociale est de permettre aux personnes concernées de gérer si possible leur quotidien de façon autonome et de retrouver une indépendance financière. Cela n’est toutefois possible sur le long terme qu’avec une certaine formation de base. C’est pourquoi la CSIAS et la FSEA ont lancé en 2018 une offensive de formation continue. «Les bénéficiaires de l’aide sociale avec des compétences de base insuffisantes ou sans diplôme professionnel doivent pouvoir continuer à se former», note Andrea Beeler, codirectrice du projet offensive de formation continue. Dans le cadre de cette offensive, les services sociaux des communes sont soutenus dans la mise en place de structures de promotion. Informations: https://skos.ch/fr/themes/formation/offensive-de-formation-continue Andrea Beeler

Droits politiques pour tous dans le canton de Genève

Dans le canton de Genève, les personnes dont la capacité de discernement est limitée peuvent voter sur les objets cantonaux et communaux depuis 2021. En novembre 2020, la population avait accepté à une large majorité une modification constitutionnelle en ce sens. Un peu plus de 1600 personnes sous curatelle de portée générale sont concernées. Genève est ainsi le premier et jusqu’à présent le seul canton à mettre en œuvre l’article 29 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) à laquelle la Suisse a adhéré en 2014. D’autres cantons, comme Neuchâtel, Vaud, le Valais, Lucerne, Soleure et Zurich, ont depuis lancé des initiatives similaires. La CDPH oblige les Etats membres à accorder des droits politiques à toutes les personnes handicapées. A Genève, c’est le canton qui est responsable de l’organisation des votations. Il a introduit des explications sur la procédure de vote en langage simple (Français facile à lire et à comprendre FALC). Une vidéo et un document PDF sont disponibles sur le site web du canton. «Les personnes souffrant d'une déficience mentale peuvent aussi avoir des opinions politiques.» Cyril Mizrahi, avocat et député au Grand Conseil du canton de Genève Annegret Mathari

Redéfinition de la politique de la vieillesse à Cham

Avec le développement de la stratégie «Vieillir à Cham - Vision 2040», la commune de Cham poursuit l’objectif de faire de la commune un lieu favorable aux personnes âgées, où la population âgée aime vivre et rester. Les principales conclusions de ce processus sont par exemple l’intensification de la coordination des services de soins pour la population âgée dans le sens d’une prise en charge intégrée ou le renforcement de la mise en réseau des aides de voisinage avec l’animation socioculturelle dans les quartiers. Les développements lancés se basent sur un accompagnement du processus stratégique par la Haute Ecole de Lucerne ainsi que sur des bases de décision fondées, élaborées avec la «Boussole de politique communale du 3 e âge». Informations: «Boussole de politique communale du 3e âge» (en allemand) Christine Blättler-Müller, Fabienne Renfer

La Ville de Martigny s’investit pour sa jeunesse

L’initiative Commune amie des enfants (CAE) de l’UNICEF Suisse et Liechtenstein s’adresse à toute commune souhaitant placer l’enfance et la jeunesse au cœur du développement communal. La Convention de l’ONU relative aux droits de l'enfant et sa mise en œuvre sur le plan communal, notamment dans le cadre des lois, règlements, budgets et programmes, constitue le fondement de la démarche. Son objectif? Améliorer l’environnement direct dans lequel les enfants et les jeunes grandissent et promouvoir leur participation afin que chacun d’entre eux puisse développer au mieux son plein potentiel. Lancée en Suisse en 2006, l’initiative est actuellement implémentée dans plus de soixante villes et communes de toutes tailles des différentes régions linguistiques. Plusieurs cantons soutiennent en outre l’initiative ainsi que les communes participantes. Différentes étapes jalonnent le processus; elles sont obligatoires pour toutes les communes, mais s’adaptent également à leurs spécificités. Ainsi, une première évaluation de l’ensemble des prestations et services en place pour l’enfance et la jeunesse dans la commune marque le début de la démarche. Dans un deuxième temps, les enfants et les jeunes sont consultés directement. L’occasion leur est donnée d’exprimer leurs besoins et d’émettre des propositions d’amélioration au sein de leur commune. Sur la base des informations recueillies à travers ces deux premières étapes, un plan d’action contenant des mesures concrètes à mettre en œuvre est rédigé. Après une évaluation réussie et une décision positive de la commission ad hoc, le label «Commune amie des enfants» est délivré à la commune par l’UNICEF Suisse et Liechtenstein. Des réévaluations régulières permettent de mesurer le chemin accompli et de définir tous les quatre ans de nouvelles priorités. Ce label, la Ville de Martigny (VS) se l’est vu décerner au printemps 2021. Il visibilise les efforts entrepris conjointement par les différents services afin que la protection, la promotion et la participation des enfants et des jeunes martignerains aient une place privilégiée dans le développement de la Ville. Un plan d’action a ainsi été élaboré, contenant dix mesures que Martigny souhaite mettre en œuvre jusqu’à 2024. Au travers de ce plan, la cité d’Octodure met notamment en évidence sa volonté de développer une politique communale de l’enfance et de la jeunesse et de renforcer la collaboration et la coordination entre les services et institutions. Elle s’engage également à ce que l’opinion des enfants et des jeunes soit prise en considération dans la politique communale. L’ensemble des services administratifs et le réseau associatif martignerain travaillent pour atteindre un objectif commun, celui d’ancrer de manière systématique les critères de l’adaptation aux enfants et aux jeunes. Depuis mars 2021, la Ville de Martigny encourage encore davantage la participation des jeunes dans des projets qui les impactent directement, à l’image du Forum des jeunes ou du projet d’action communautaire Anime ton quartier . En 2022, le Forum des jeunes a réuni 70 jeunes et jeunes adultes de 12 à 25 ans, qui ont pu profiter de cet espace d’expression pour émettre des propositions. Cette rencontre a ainsi favorisé la compréhension des enjeux, des besoins et des attentes de cette tranche de la population tout en jetant un pont entre le monde politique et la jeunesse octodurienne. La création de la nouvelle Jeunesse de Martigny est issue de cet événement tout comme celle du groupe Espace pour jeunes alternatif et participatif (EJAP) qui a été accompagné par le Centre de Loisirs et de Culture de Martigny (CLCM). Quant au projet Anime ton quartier, il est devenu un lieu intergénérationnel, même si l’accent est particulièrement mis sur la participation des enfants et des jeunes par quartier. Au cœur du quartier de la Moya, par exemple, les jeunes ont collaboré à la rénovation de la place de sport. Ils ont également transmis aux Services techniques de la Ville de Martigny des demandes spécifiques, telles que changer le panier de basket ou réinstaller une fontaine. Par ailleurs, des jeunes participent à certaines commissions communales. En écoutant leurs propositions, la Ville de Martigny peut mieux comprendre leurs attentes. Au sein du secteur de la petite enfance, l’objectif a été de favoriser une éducation globale par le soutien à la parentalité. Ce processus a permis de créer des synergies entre l’Association de la petite enfance , la consultation Parents-Enfants, le Bureau de l’intégration et les autres services de la ville. Cet axe, moins sectorisé, a ainsi été porté par l’ensemble des acteurs de la Ville. Mais surtout, l’accessibilité pour tous les enfants aux prestations des structures d’accueil extrafamilial a été travaillée. Par exemple, l’Association de la Petite enfance de Martigny a élaboré un nouveau concept d’accueil d’enfants souffrant d’un handicap au sein de ses structures. Le label Commune amie des enfants a ainsi renforcé la transversalité entre les acteurs concernés et encouragé les synergies et les collaborations intersectorielles. Cette démarche rigoureuse permet à la Municipalité d’améliorer constamment la qualité de vie des enfants et des jeunes, mais aussi celle de leurs parents. Le suivi du plan d’action rend attentif tous les acteurs à sa réalisation et à la mise en œuvre de la Convention relative aux droits de l’enfant. Enfin, il concrétise l’engagement de la Ville en faveur de la promotion des droits des enfants et des jeunes. Informations: www.unicef.ch Céline Roduit Arlettaz, Christelle Reynard, Audrey Monbaron

Petite enfance: les communes s’engagent

Il s’en passe des choses dans la vie d’un enfant entre sa naissance et l’entrée à l’école. Il fait connaissance avec ses parents, apprend à marcher, à parler, et façonne peu à peu sa vie future. De nombreuses recherches scientifiques l’ont démontré: les principales compétences de vie sont posées pendant la petite enfance, que ce soit en termes de santé ou de compétences sociales. Cette phase, qui comprend la grossesse, est donc déterminante. L’encouragement précoce regroupe toutes les mesures bénéficiant au développement de l’enfant. Cela va de l’éducation de la petite enfance à des mesures de promotion de la santé – prévention, conseil prénatal et alimentation – en passant par les solutions pour concilier vie professionnelle et familiale, ou des aménagements urbanistiques favorisant le jeu. Le projet Miapas , mené par la Fondation Promotion Santé Suisse, réunit des représentantes et représentants d’associations nationales dans le domaine de la petite enfance. L’objectif est d’élaborer des recommandations scientifiquement fondées sur l’alimentation, l’activité physique et la santé psychique, à destination des professionnelles et professionels ainsi que des parents. Les réseaux interdisciplinaires sont également clé lorsqu’il s’agit d’atteindre les familles. Pour soutenir, identifier au plus vite les problèmes éventuels et orienter les familles vers les solutions existantes, il est crucial d'utiliser le potentiel du réseau professionel et interdisciplinaire en contact avec elles. En font partie, entre autres, les professionnelles et professionnels en gynécologie, pédiatrie, périnatalité, parentalité ou éducation de l'enfance. Le projet Réseautage centré sur la famille de l'Office fédéral de la santé publique et d’Alliance Enfance va dans ce sens. Une étude préliminaire basée sur la stratégie des aides précoces à l’enfance en Autriche a été publiée en 2021. Elle montre clairement que de tels réseaux peuvent répondre aux besoins de soutien des familles en difficulté à un coût relativement faible. Un argumentaire pour leur mise en œuvre en Suisse est en cours d’élaboration à destination des professionnelles et professionnels et des politiques. A Aarau, la population a confirmé en novembre dernier dans les urnes les orientations prises par la ville en 2019. Une stratégie ambitieuse pour la petite enfance a été élaborée après consultation de de nombreux spécialistes et partenaires. «Aarau veut être une ville accueillante pour les familles. Il est également de notre devoir de mettre en œuvre la Convention pour les droits de l’enfant», explique la responsable du service «Enfants et famille» de la ville d’Aarau Mina Najdl. «Nous sommes convaincus que lorsqu’on offre un bon départ à quelqu’un, on lui offre une bonne base qui l’aidera à affronter les aléas de la vie.» Parmi les mesures mises en œuvre, l’ouverture de centres parents-enfants: des lieux de rencontre, de conseil et d’accompagnement à bas seuil gérés par des professionnelles et professionnels de la petite enfance travaillant en réseau. «Ces centres sont clairement une porte d’entrée vers les familles», explique Mina Najdl. «Les familles apprécient l’environnement adapté aux tout-petits et la présence de professionnels, qui établissent une relation de confiance avec elles et les accompagnent dans cette période pleine de défis.» La Ville d’Aarau a également créé la fonction de «pilote familial», qui conseille les familles vulnérables de la grossesse à l’entrée à l’école enfantine, et identifie, organise et coordonne les besoins de soutien. Ce projet s’appuie sur le réseau de coopération multiprofessionnel mis en place pour décloisonner les domaines de la santé, du social et de l’éducation. Amener les professionnelles et professionnels à se connaître, échanger et travailler étroitement ensemble augmente les chances de mieux accompagner les familles. Plus d’informations: Activités de Promotion Santé Suisse pour la petite enfance Projet Miapas Réseautage centré sur la famille en Suisse Stratégie Petite enfance Aarau (en allemand) Plan politique de l’enfance de la Ville de Vernier Jessica De Bernardini , Nadia Jaggi

Des villages de montagne s’engagent pour leurs jeunes

Roxanne Giroud: Ces communes font partie du district d’Entremont. Le point le plus bas, le hameau de la Duay, se situe à 800 m d’altitude; le point le plus haut, la pointe d’Argentière, se trouve à 3902 m. Elles totalisent environ 4000 habitants, répartis sur une superficie de 225 km 2 . C’est donc une région escarpée et sauvage. Orsières et Liddes ont une frontière commune avec la France et l’Italie. J’ai le sentiment que la mentalité d’ici est influencée par les pays voisins et que l’on peut y ressentir une certaine dimension internationale. Le tourisme joue bien sûr un rôle important, surtout en été. Le «Service d’animation socioculturelle du district d’Entremont» (ASDE) est responsable de l’animation jeunesse. Trois personnes, ainsi qu’une apprentie ou un apprenti, occupent des postes pour un équivalent de 250%. C’est dire que nous sommes montés en puissance, puisqu’en 2016, j’ai débuté seule avec un taux d’activité de 20%. A l’époque, engager une personne pour l’animation jeunesse constituait une démarche pionnière dans la région. Je dois ajouter que mon emploi ne se limitait pas exclusivement à l’animation jeunesse, mais aussi à la promotion de la cohésion sociale. Ainsi, tous les groupes de la population pouvaient se sentir concernés; ce qui a aidé à reconnaître l’importance de la fonction. Les associations de jeunesse jouent un rôle important chez nous. Les écoles sont également de bons partenaires pour l’animation jeunesse. Basile Darbellay, conseiller municipal de Liddes, m’a contactée en 2018, après avoir lu un article dans la revue du SAB «montagna», au sujet des communes de montagne s’engageant en faveur de leurs jeunes. Nous avons alors porté le projet ensemble, en collaboration avec un conseiller communal d’Orsières. Le fait que l’idée ne vienne pas de moi, mais des autorités locales elles-mêmes, a grandement simplifié les choses. Je pense que oui. Le label a surtout créé un caractère plus contraignant. Il remplace, pour ainsi dire, le «règlement jeunesse», document qui n’est pas toujours facile à établir. Les communes sont désormais tenues de s’engager en faveur de leurs jeunes, même s’il y a par exemple des changements au sein des organes politiques. «Les communes sont désormais tenues de s’engager en faveur de leurs jeunes, même s’il y a par exemple des changements au sein des organes politiques.» Roxanne Giroud, responsable de l’animation jeunesse district d’Entremont Oui, bien sûr. De manière générale, les jeunes sont désormais considérés comme faisant partie de la communauté et on leur demande leur avis. Naturellement, il y a eu ici et là quelques critiques. Mais nous nous sommes beaucoup investis dans le domaine des échanges intergénérationnels. Concrètement, la plupart des rencontres avec les jeunes ont été perçues de manière positive. Ce qui me semble également important, c’est que le label, tel qu’il est conçu, s’adresse à d’autres groupes de jeunes que, par exemple, les associations de la jeunesse. Chez nous, ce sont presque exclusivement des filles qui s’engagent au sein du «Forum des jeunes». On donne ainsi une voix aux personnes moins extraverties, ce qui me paraît positif. Un joli effet secondaire du label a été que certaines activités, qui étaient déjà proposées depuis longtemps, ont soudain acquis une nouvelle dimension. Par exemple, une enseignante faisait régulièrement cuire du pain avec ses élèves dans un vieux four à bois. Avec le temps, la motivation a quelque peu diminué. Grâce au label, la fabrication du pain est désormais devenue une activité favorisant les échanges intergénérationnels. Elle a donc obtenu une nouvelle légitimité. Oui, beaucoup de choses ont été faites ces dernières années. L’an passé, nous avons pu introduire la cadence à la demi-heure pour le train d’Orsières. Il était également important que l’école du village de Liddes puisse être maintenue et que la commune investisse dans la construction d’une structure d’accueil de jour; c’est-à-dire une crèche et UAPE. Deux problèmes non résolus me viennent spontanément à l’esprit. Le premier concerne la mobilité. Lorsque les jeunes veulent sortir pour faire la fête, ils ne peuvent pas compter sur les transports publics, ce qui entraîne des risques d’accident. Nous sommes en train d’organiser une solution de taxi ou de covoiturage fonctionnant via une application pour sécuriser ces trajets festifs. Ce qui est également difficile pour moi, c’est le harcèlement des enfants et des jeunes qui ne correspondent pas tout à fait à la norme. Ce problème est peut-être encore plus aigu dans les régions reculées que dans les villes. Ce sont alors précisément ces jeunes qui quittent le plus rapidement possible le village et qui souvent ne veulent plus y revenir; ayant perçu négativement la vie villageoise. C’est peut-être aussi pour cela qu’il est si difficile de changer certains schémas de pensée; car ceux qui sont différents sont souvent exclus. Je pense que c’est là aussi qu’il faudrait intervenir. Selina Droz

Pour un financement durable de l’accueil extra-familial des enfants

L’échelon communal est un acteur central de l’accueil extrafamilial des enfants. Les communes et les villes proposent une large offre de soutien et font de gros efforts pour renforcer l’encadrement préscolaire. L’accueil extrafamilial des enfants est aussi important du point de vue de la politique de promotion économique. Il améliore en effet la conciliation entre travail et famille et est un moyen efficace de lutter contre la pénurie de personnel qualifié. Beaucoup de choses se sont passées ces dernières années. Des efforts communs supplémentaires en faveur de solutions durables sont toutefois nécessaires, en particulier pour réduire efficacement les contributions des parents. Cette réduction est un objectif constant et ne peut pas être simplement reportée sur les cantons et les communes. En vertu de la Constitution, la Confédération est coresponsable. C’est ce que prévoit justement le projet de mise en œuvre de l’Iv. pa. 21.403 du Conseil national. Grâce aux aides fédérales permanentes pour alléger les frais de garde supportés par les parents, la Confédération apporte une contribution essentielle et réalise ses propres objectifs de législature en faveur d’une meilleure conciliation entre famille et profession. Ce financement fédéral constant donne aux cantons et aux communes une sécurité en matière de planification et ne prend pas le pas sur les systèmes de subventionnement existants. La Confédération conserve un rôle subsidiaire et respecte la liberté d’organisation des cantons et des communes. Les conventions-programmes conclues avec les cantons permettent de plus de continuer à développer l’accueil extrafamilial des enfants en fonction des besoins. L’ACS s’est engagée de manière systématique et a obtenu que les intérêts des communes soient pris en compte. Le Parlement doit maintenant se prononcer sur ce projet que l’ACS juge important et équilibré. Un autre point fort a été l’engagement de l’ACS en faveur du nouveau calcul des rentes AI. La Confédération se base pour le calcul du taux d’invalidité sur des revenus que les personnes en situation de handicap ne peuvent simplement pas réaliser. Les conséquences sont considérables: de nombreuses personnes n’ont pas droit à une reconversion ou à une rente AI, et doivent alors recourir à l’aide sociale. Des coûts incombant en fait à l’AI sont ainsi mis à la charge des communes. L’ACS s’est engagée en faveur d’un calcul correct de l’AI et est intervenue avec succès au Parlement. La nécessité d’agir a été clairement reconnue dans les deux Chambres et les votes ont été explicites: lors du calcul du taux d’invalidité, les possibilités de revenu réelles des personnes atteintes dans leur santé doivent à l’avenir être prises en compte. Grâce à une large mobilisation, la motion 22.3377 sur les barèmes de salaires pour le calcul de l’AI a été nettement acceptée par le Parlement. Le Conseil fédéral, respectivement l’Office fédéral des assurances sociales ont désormais le mandat clair de se mettre au travail rapidement et d’implémenter jusqu’à fin 2023 une nouvelle base de calcul du taux d’invalidité. Claudia Kratochvil-Hametner

Défis à relever dans le domaine de l’asile

L’activation du statut de protection S en mars 2022 a permis d’accorder aux ressortissants ukrainiens cherchant refuge en Suisse une protection collective et rapide du point de vue bureaucratique. Après leur enregistrement dans les centres fédéraux d’asile, les bénéficiaires du statut S sont rapidement attribués aux cantons. Le canton ou la commune d'attribution, selon l’organisation cantonale, en assume la responsabilité de l'hébergement et de l’encadrement. A ce jour, le statut S a été accordé à plus de 69 000 personnes (état au 1er décembre 2022). Les communes ont été fortement sollicitées en matière d’héber­gement. Elles ont en outre rapidement assumé leur tâche de scolarisation des enfants ukrainiens. La décision prise par le Conseil fédéral au début du mois de novembre de ne pas lever le statut de protection S avant mars 2024, à moins que la situation sur place ne change radicalement d’ici là, donne une sécurité en termes de planification. D’ailleurs, la Confédération devra commencer à préparer, en collaboration avec les cantons et les communes, le retour au pays des ressortissants ukrainiens. En même temps, le nombre de demandes d’asile dans le cadre des procédures ordinaires a augmenté au cours des derniers mois. Afin de continuer à garantir sa capacité d'accueil, le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) attribue provisoirement une partie des requérants d'asile aux cantons plus tôt qu'auparavant. Cette mesure, mise en oeuvre à la fin du mois d’octobre, sera levée à partir de la mi-décembre. La mise à disposition de places supplémentaires d’hébergement dans des courts délais a posé des défis pour les cantons, les villes et les communes. L’activation du statut S a été accompagnée par des questions pratiques ainsi que par des questions de fond. En septembre, l’ACS a pris position dans le cadre de l’évaluation de la mise en œuvre du statut S par un groupe de travail de la Confédération exprimant une voix critique à certains égards. En ce qui concerne l’hébergement privé, le fait que nombreuses arrivées se soient déroulées de manière non coordonnée avec les autorités a constitué un aspect critique. Le statut S étant un statut «orienté vers le retour», il se pose en outre la question de savoir dans quelle mesure il devrait également être «orienté vers l’intégration» et, à terme, à quel degré la contribution financière de la Confédération pour soutenir l’acquisition de la langue et l’insertion sur le marché du travail sont suffisantes. Selon l’ACS, des règles claires qui déterminent ultérieurement les responsabilités dans le domaine de l’intégration et de la prise en charge sont fondamentales. Le rapport intermédiaire du groupe d’évaluation du statut S vient d’apparaître et présente des conclusions préliminaires. L’année 2022 a mis en évidence le fait que le domaine de l’asile constitue une tâche conjointe de Confédération, cantons, villes et communes. Dans le but d’une gestion de la crise et d’une coordination efficace, le niveau communal doit être consulté et associé aux discussions. L’ACS est représentée au sein des groupes de travail mis en place pour maîtriser la situation extraordinaire engendrée par le conflit russo-ukrainien, en premier l’état-major spécial Asile (SONAS), convoqué pour la première fois en mars 2022. L’ACS est également associée aux travaux des groupes de travail «ordinaires» qui traitent de l’hébergement et des procédures d’asile ou encore du programme Resettlement. Luisa Tringale

«Il faut briser les barrières»

Vincent Guyon siège, depuis 2020, à la municipalité de la commune de Rances, 500 habitants environ, dans le canton de Vaud. Il est le premier sourd en Suisse à accéder à un poste dans un Exécutif. Ce que cela signifie pour lui, il l’exprime avec une image évocatrice: «C’est un honneur et une récompense pour tous les sourds qui essaient d’atteindre l’Everest politique.» L’accès à des mandats politiques pour tout individu vivant avec un handicap n’est pas nécessairement acquis. Vincent Guyon voit dans un changement de perspective un point de départ fondamental: «Savoir écouter la motivation et le désir du candidat qui souhaite siéger à la municipalité» – en oubliant en quelque sorte le handicap qui peut le caractériser. Autrement dit: «Il faut briser les barrières. Et si un futur candidat est en chaise roulante, il faudrait que les communes se dotent d’accès, se dotent d’outils adaptés pour les malvoyants, pour les sourds.» «C’est un honneur et une récompense pour tous les sourds qui essaient d’atteindre l’Everest politique.» Vincent Guyon, municipal, commune de Rances (VD) Sa surdité a entraîné des situations inédites à la commune, par exemple le recours à une interprète en Langage Parlé Complété (LPC). Dans les séances en duo, l’élu n’a pas besoin d’aide à la traduction. En charge des dicastères des routes et des travaux publics, cela est plus souvent le cas pour les réunions de chantier avec plusieurs personnes, ainsi que pour les séances de la municipalité. Sa présence au sein de l’Exécutif semble avoir amené des changements: la commune a engagé un employé de déchèterie sourd-muet. Un moment particulièrement marquant dans l’expérience politique de Vincent Guyon a été de défendre les préavis de la municipalité au Conseil général. «Il faut parler devant une soixantaine de personnes. C’était mon premier grand examen réussi.» En 2022, Vincent Guyon était candidat au Grand Conseil Vaudois. Cette année, il a décidé de passer à l’échelon supérieur et se présentera aux élections fédérales. Il a expérimenté un aperçu de la politique au niveau fédéral en participant aux travaux préparatoires à la première Session des personnes handicapées en Suisse, au sein de la commission chargée de rédiger un projet de résolution sur la participation et les droits politiques des personnes handicapées en Suisse. Cette résolution sera discutée par les parlementaires de la session. «J’ai bon espoir que le projet de résolution aboutisse et que les personnes en situation de handicap soient intégrées au même titre que les autres dans la société.» Luisa Tringale

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