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Solutions pour gérer des plateformes telles qu’Airbnb

La location de logements via des plateformes telles qu’Airbnb est la bienvenue pour transformer des lits froids dans des résidences secondaires en lits chauds. Mais si des résidences principales disparaissent du marché, la pénurie de logements est aggravée. Les communes réagissent de manière différente: quelques-unes interdisent la location pour plus de 90 jours, d’autres interdisent complètement la location de courte durée, d’autres encore ajoutent des mesures d’aménagement du territoire. Comme la pénurie de logements est une thématique complexe, il semble judicieux d’élaborer une stratégie logement dans un premier temps. La plateforme d’information de l’OFL contient des informations supplémentaires et le Groupement Suisse pour les régions de montagne (SAB) a collectionné des exemples de la pratique dans une publication. Informations: Publication SAB: https://www.sab.ch/wp-content/uploads/2024/11/Studie-Aktuelle-Ansaetze-zur-Regulierung-von-Airbnb-in-der-Schweiz_def.pdf Publication OFL: Location de courte durée et plateformes de réservation Thomas Egger

En Valais, des communes de montagne réagissent à la crise du logement

Jusqu’en 2017, Saint-Martin voyait sa population peu à peu reculer: environ cinq personnes quittaient la commune chaque année. Jeunes, familles et seniors ne trouvaient pas de logements adaptés. «Il manquait de logements attractifs, la plupart étant mal isolés et non rénovés», explique Gaëtan Rossier, président de la commune. A cela s’ajoutent le tourisme rural et les domaines skiables alentour, qui créent de la demande parmi les saisonniers au budget souvent limité. Parallèlement, le nombre de résidences secondaires augmente en raison de la vente de biens, qui ne sont occupés qu’une partie de l’année. Même tableau à Val de Bagnes: taux de vacance inférieur à 1%, exode des jeunes et population vieillissante. Ici, le tourisme hivernal, principal moteur économique, a un fort impact démographique. «De 10 000, on passe parfois à 50 000 personnes, dit Fabien Sauthier, président de la commune. Le fait d’être une ville en montagne rend la chose complexe en termes de logement.» En effet, il faut répondre aux besoins du personnel saisonnier et de la population locale. Le tout dans un contexte de prix du marché élevés. «Jeunes et saisonniers ont de la peine à se payer un pied-à-terre sur la commune», déplore-t-il. D’après un sondage, le loyer constitue une charge critique pour 35% des ménages. «Le fait d’être une ville en montagne rend la chose complexe en termes de logement.» Fabien Sauthier, président de la commune de Val de Bagnes Les deux communes ont décidé de réagir. En 2017, Saint-Martin inaugure la Maison des Générations, projet boosté par la nécessité d’une nouvelle école. Le bâtiment réunit un centre scolaire (quatre classes, salle de travaux manuels, salle d’appui), une unité d’accueil de la petite enfance et une nurserie. Dans les étages, dix appartements à loyer modéré de 2,5 et 3,5 pièces adaptés aux personnes à mobilité réduite, mais destinés à l’ensemble de la population. Gaëtan Rossier: «Cela attire aussi des jeunes qui quittent le foyer familial.» Tout en ayant leur propre espace, les générations cohabitent, ce qui permet de recréer du lien, assure le président. Le concept porte ses fruits: depuis 2017, la population est passé de 829 à 850 habitants. «L’école a joué un rôle clé, c’est un atout pour les jeunes familles.» Tous les appartements sont loués, il y a une liste d’attente. Le taux de vacance actuel de la commune est inférieur à 1%. «Le manque de logements freine la hausse de la population», atteste Gaëtan Rossier. Une nouvelle maison intergénérationnelle n’est pas prévue dans l’immédiat: de tels investissements - en l’occurrence 8,5 millions de francs - restent exceptionnels. Une solution alternative est la rénovation de bâtiments inutilisés comme l’ancienne école. Saint-Martin vend également une partie de ses terrains à un prix accessible afin d’aider les jeunes à s’y établir. «L’école a joué un rôle clé, c’est un atout pour les jeunes familles.» Gaëtan Rossier, président de la commune de Saint-Martin Val de Bagnes, elle, peut investir dans des projets de construction grâce à ses importantes rentrées fiscales. L’un d’eux est le projet Curala, qui coûte près de 200 millions de francs et réunit installations touristiques et logements d’habitation: cinq lots sont prévus près du départ des télésièges, avec une centaine d’appartements dont certains pour seniors et à loyer abordable, un hôtel, des hébergements touristiques, commerces et bureaux. Le Conseil d’Etat doit encore valider la révision du plan de zone avant le dépôt des demandes d’autorisation de construire. Dans le cadre d’un plan action logement, Val de Bagnes est en train de créer une fondation d’utilité publique. «Elle permettra d’acheter, construire, rénover, louer et gérer des logements à des prix hors de ceux du marché. Le but est d’en faciliter l’accès pour toute la population», explique Fabien Sauthier. Une autre mesure est le renforcement de la politique foncière, comme l’acquisition de terrains nus et d’immeubles d’habitation existants, la transformation de granges et l’assainissement de logements. La commune dispose de plus de 200 bâtiments, dont d’anciennes écoles, qu’elle souhaite rendre habitables. Saint-Martin compte aussi exploiter ses bâtisses vides. La modification du plan de zone devrait encourager leur rénovation pour créer des appartements, avance Gaëtan Rossier. Ces réflexions se font dans le cadre de l’actuelle révision du plan d’affectation des zones (PAZ) et du règlement communal des constructions (RCCZ), exigée par la révision de la loi fédérale sur l’aménagement du territoire (LAT) visant à réduire les zones à bâtir démesurées et à mieux utiliser les réserves de terrains à bâtir. Julia Rippstein

Contre la pénurie de logements dans les communes

La création de logements appropriés en nombre suffisant et au bon endroit est un grand défi. Personne ne peut résoudre cette question complexe de manière isolée. Une collaboration étroite est nécessaire entre de nombreux acteurs différents, l’économie de marché et l’Etat. Il est aussi évident qu’une seule mesure ne peut pas apporter de solution: Il faut un mélange équilibré de mesures. Le logement est en effet un besoin fondamental, comme la nourriture, le travail ou la formation. S’il ne peut pas être satisfait, la qualité de vie des habitantes et habitants s’en trouvera péjorée. Si des logements à des prix abordables ne sont pas disponibles, cela n’a pas seulement des conséquences sur la politique sociale; cela engendre également des effets d’éviction et un allongement des distances pour les pendulaires, avec un impact correspondant sur l’environnement, les ressources et les infrastructures. Afin de lutter contre cette tension sur le marché du logement, la Confédération a analysé la situation. Le conseiller fédéral Guy Parmelin a réuni lors de deux tables rondes les représentantes et représentants des cantons, des villes et des communes ainsi que des milieux immobiliers et de la construction. Un plan d’action contre la pénurie de logements a été concocté, puis approuvé en février 2024. Celui-ci recommande 35 mesures pour augmenter l’offre de logements de qualité et à un prix abordable. Les différentes mesures sont divisées en plusieurs secteurs thématiques. En font partie la simplification et la mise en œuvre d’un développement vers l’intérieur de qualité, le renforcement et l’accélération des procédures, ainsi que la garantie d’un nombre suffisant de logements bon marché et adaptés aux besoins. L’Association des Communes Suisses (ACS) n’a pas seulement été associée à l’élaboration de ce plan d’action, elle participe aussi à différents ateliers et groupes de travail. L’un d’entre eux se penche sur la question d’une plus grande perméabilité et d’une plus grande mixité des zones de travail et des zones d’habitation. La séparation entre zone de travail et zone d’habitation, qui servait aussi à l’origine à la protection contre les émissions nocives comme le bruit et les mauvaises odeurs, a en effet aujourd’hui perdu de son importance dans de nombreux endroits. C’est pourquoi la question se pose de savoir si et comment cette séparation pourrait être assouplie. Des immeubles de bureaux ou abritant des hôtels pourraient ainsi être plus facilement transformés en logements. Les conséquences d’un tel changement de pratique doivent être analysées soigneusement, en particulier en lien avec le commerce et l’industrie. Le but des mesures pour faciliter la perméabilité entre zones de travail et zones d’habitation est de donner des recommandations aux communes sous la forme d’une sorte de «kit». Au sein d’un autre groupe de travail, nous essayons de trouver comment une proportion minimale de logements bon marché peut être prévue en cas de coefficients d’utilisation du sol plus élevés. L’objectif est de développer un standard facultatif pour des logements abordables, qui peut être mis à la disposition des communes à titre de guide avec des exemples de bonne pratique. L’ACS a toujours souligné à ce propos combien le respect de l’autonomie communale et du partage des compétences et des tâches entre les divers niveaux étatiques était important. Les oppositions et les recours qui entravent ou retardent des projets de construction sont aussi un objet constant de préoccupation. Avec les représentations des cantons (DTAP), des villes et du secteur de la construction (constructionsuisse), l’ACS a aussi participé à un groupe d’accompagnement de l’Office fédéral du développement territorial (ARE) et de l’Office fédéral du logement (OFL). L’objectif était de créer les bases nécessaires concernant le thème des oppositions et des recours grâce à une étude confiée à des mandataires externes. L’étude a été publiée en été 2025 (voir encadré). Un an après l’approbation du plan d’action, le Conseil fédéral a publié un rapport sur sa mise en œuvre. Celui-ci montre qu’une seule mesure a pu jusqu’ici être réalisée. Plus de la moitié des mesures sont toutefois en voie de réalisation. Dix-huit autres mesures sont encore en cours d’élaboration, en particulier celles sur l’accélération des procédures. Du fait de la situation qui continue à se péjorer sur le marché du logement, les partenaires impliqués réclament une application rapide du plan d’action, une volonté politique claire et davantage de ressources pour cette mise en œuvre. Et la suite? Début 2026, l’avancement de la mise en œuvre du plan d’action sera analysée tout comme l’évolution actuelle du marché. Une rencontre avec tous les partenaires impliqués est ensuite prévue. Isabelle Schletti

Les sols au cœur de projets pionniers pour repenser l’aménagement

A l’instar du foncier et du logement, le sol est une ressource limitée. L’aménagement du territoire doit, selon la loi, en faire un usage raisonné (art. 1., al. 1, LAT). Le sol en milieu urbain est pourtant souvent réduit à une simple surface à bâtir et disparaît sous le béton ou l’asphalte. Pour endiguer cette perte, le Think & Do Tank Durabilitas se penche depuis plusieurs années sur l’indice de qualité des sols (IQSols). Cet instrument novateur donne une voix aux fonctions des sols dans la planification territoriale et a pour but de limiter leurs pertes aux niveaux quantitatif et qualitatif. Durabilitas a formulé des recommandations pour la mise en œuvre de l’IQSols aux niveaux communal, cantonal et fédéral. Pour cela, le Think & Do Tank s’est entouré d’un groupe d’experts interdisciplinaires. François Guisan, président de l’Association suisse des quartiers durables, en fait partie. Pour lui, «planifier avec les sols, c’est poser les bases d’un urbanisme réellement durable, qui tient compte du vivant sous nos pieds». Au niveau des villes et communes, les recommandations de Durabilitas montrent comment intégrer la qualité des sols, notamment via l’IQSols, dans divers instruments de planification: mandat d’études parallèles, plan d’affectation spécial, indices de pleine terre, etc. Pour formuler ses recommandations, Durabilitas s’est appuyé sur des exemples internationaux, ainsi que sur l’expérience tirée de ses «projets pilotes IQSols» menés en Suisse. Ces projets pilotes visent à intégrer les sols dans la planification territoriale afin de préserver leurs précieuses fonctions, même dans l’espace bâti. Dans le canton de Fribourg, la planification du secteur Chamblioux-Bertigny, un futur pôle urbain de 80 hectares traversé par l’autoroute A12, fait l’objet d’une telle démarche pilote. Les sols y ont été pris en compte dès les premières phases de planification afin de valoriser leurs services et d'éviter qu'ils ne disparaissent. Le développement du secteur réunit la Direction du développement territorial, des infrastructures, de la mobilité et de l’environnement, les communes fribourgeoises de Granges-Paccot, Givisiez et Villars-sur-Glâne, la Bourgeoisie de la Ville de Fribourg, ainsi que les Transports publics fribourgeois. La couverture de l’autoroute A12 permettra de développer un Pôle Santé et Activités, un quartier mixte (Pôle Jura-Chassotte) et un Espace ouvert majeur à qualité écologique. Pour la planification du nouvel hôpital cantonal sur le Pôle Santé et Activités, les sols ont été au centre des réflexions. Les deux Mandats d’Etudes Parallèles (MEP, norme SIA 143), lancés pour planifier le futur hôpital, intégraient ainsi des critères sur la préservation des sols. Afin de satisfaire ces critères, les équipes participantes aux MEP se sont appuyées sur des cartes pédologiques réalisées dans le cadre du projet pilote. Deux guides, réalisé dans le cadre du projet pilote, étaient également à leur disposition. Le premier propose des pistes pour une gestion durable des sols sur le secteur (trame brune). Le deuxième guide, quant à lui, vulgarise les données pédologiques du secteur . Des experts soutenaient par ailleurs le jury afin d’évaluer les propositions au regard des composantes environnementales - dont les sols. A la suite des MEP, le jury a retenu l’option de placer le nouvel hôpital au plus près de l’existant, réduisant ainsi le besoin en surface, et donc l’imperméabilisation des sols. Région Morges, association de communes du canton de Vaud, s’est également engagée dans un projet pilote IQSols. Pour cela, l’association a développé un système IQSols à l’aide d’outils SIG (système de géoinformations) simples. Les cartes qui en résultent renseignent sur la qualité des sols et simulent l’impact des constructions prévues sur une parcelle. D’autres communes, régions ou cantons peuvent l’adapter pour leur territoire. Les recommandations, ainsi que des détails sur les projets pilotes et les outils développés, sont à découvrir sur le site qualité-sols.ch Carole Imhof

Pénurie de logements: ce que les communes peuvent faire

Le phénomène de la pénurie de logements touche depuis longtemps les grandes villes. Ces dernières années, la situation s’est toutefois détériorée, en particulier aussi dans les stations de montagne ainsi que dans les agglomérations et les petits centres. Si fortement qu’un plan d’action sur la pénurie de logements a été élaboré. Selon Martin Tschirren, directeur de l’Office fédéral du logement (OFL), il est primordial que les communes soient associées car elles assument d’importantes tâches dans le domaine de l’aménagement du territoire. «Les communes ont plusieurs options: elles peuvent exercer un rôle directeur et par exemple prévoir dans leurs plans d’affectation des prescriptions ou des incitations pour la construction de logements bon marché. Elles peuvent aussi encourager et financer, par exemple en soutenant la création d’une coopérative d’habitation ou en cédant du terrain en droit de superficie.» Plusieurs mesures de soutien direct aux communes sont définies dans le plan d’action. L’OFL a par ailleurs récemment publié le kit d’options «logement à prix avantageux» qui contient aussi des aides pour les communes. Pour en savoir plus: https://www.bwo.admin.ch/fr/plan-d-action-sur-la-penurie-du-logement Nadja Sutter

Logements à Gonten: quand les statistiques sont trompeuses

Gonten (AI) compte 1470 habitantes et habitants. Un endroit idyllique mais qui offre peu de logements. Selon l’Office fédéral de la statistique, le taux de vacance s’y élève à 0,0%. Le syndic Urban Fässler refuse toutefois de parler de pénurie. Selon lui, de nombreux logements seraient transmis entre particuliers et rarement mis sur le marché. Le nombre de logements vacants est néanmoins passé de 22 en 2022 à 2 en 2025. Il y a par ailleurs 116 appartements et fermes servant de résidence secondaire et qui ne répondent souvent plus aux standards actuels. Les rénovations sont difficiles du fait de la protection du patrimoine et des zones à bâtir. Des constructions ont bien eu lieu ces dernières années, mais modérément. Depuis 2019, environ 30 nouveaux logements ont été créés, mais les terrains à bâtir ont presque tous été utilisés. Selon Urban Fässler, Gonten veut croître à l’avenir uniquement dans la mesure nécessaire pour garder son école et des commerces dans le village. «Nous ne voulons pas nous développer à grande échelle, mais nous devons tout de même le faire un peu.» Urban Fässler, syndic de Gonten (AI) Marion Loher

Tessin: marché du logement sous pression

Le Tessin ne connaît pas une pénurie aiguë de logements comparable à celles des agglomérations du Plateau suisse. Au contraire, certains endroits affichent des taux élevés de logements vacants, à l’exemple du Mendrisiotto avec Chiasso en tête et son taux de vacance de 7,58%. Cela favorise des prix plus bas. La qualité et les contrats de bail ne répondent toutefois pas toujours aux exigences. A Lugano, les logements loués pour de courtes durées (ou Airbnb) sont en augmentation, alors que l’offre de baux à long terme diminue et que les loyers augmentent, ce qui oblige certaines familles à déménager vers Bellinzone. Le phénomène des «congés-ventes» pénalise par ailleurs les locataires de vieux immeubles. Le conseiller municipal Raoul Ghisletta craint une détérioration de la situation, d’autant plus que la ville de Lugano est mal positionnée en matière de construction de logements sociaux. Quelques coopératives, comme Emmy et Vivere Lambertenghi, développent des projets de logements sociaux afin de créer des logements abordables et solidaires. Gerhard Lob

Créer des logements, économiser l’espace: la sobriété en action

Grâce à une planification clairvoyante, la commune d’Entlebuch (LU) a développé un nouveau centre du village avec une place animée et des logements de tailles variées. Ces appartements permettent à des personnes âgées, qui ne souhaitent plus entretenir leur maison et jardin, de rester dans le village et de transmettre leur maison à des familles. Les logements sous-occupés sont ainsi libérés et mieux utilisés. Un bel exemple de politique de sobriété réussie: le projet améliore la qualité de vie tout en réduisant la consommation de ressources. Cela montre que les communes rurales disposent de leviers pour appliquer la sobriété - non seulement dans le logement, mais aussi dans d’autres domaines. D’autres «Exemples de mesures de sobriété éprouvées» et des informations sur le projet de recherche de l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL: https://www.wsl.ch/fr/services-produkte/comment-les-communes-peuvent-promouvoir-la-sobriete/ Annika Müller, Tonja Iten

Shared Mobility Booster: amener la mobilité partagée dans les communes

Le programme «Shared Mobility Booster» a pour objectif d’aider les communes à découvrir, à planifier et idéalement à mettre en œuvre la mobilité partagée. Un site web propose des informations générales, un outil d’analyse de l’offre et des potentiels, un aperçu des produits et de nombreux exemples pratiques. En complément, le «coaching» individualisé offre aux communes une occasion de formuler leurs préoccupations et d’être aidées dans le choix et la mise en œuvre d’offres adaptées. Nombre de communes des cantons pilotes ont déjà profité de cette possibilité. Certains accompagnements ont donné lieu à des projets concrets, tandis que pour d’autres communes, le coaching visait plutôt à promouvoir des offres existantes ou à montrer comment la mobilité partagée peut être encouragée sans grands efforts, par exemple à travers le covoiturage entre particuliers ou des mesures de communication. Dans le cadre de la «Feuille de route des mobilités pendulaires», un projet mené par l’Office cantonal des transports du canton de Genève en concertation avec l’ensemble des parties prenantes, la Ville de Meyrin nous a contactés. Hébergeant avec deux communes voisines une zone industrielle en développement comptant plus de 1100 entreprises, la commune fait face à d’intenses flux routiers, dont une grande partie sont causés par les pendulaires en transport individuel motorisé. Si le covoiturage se pratique déjà, principalement au sein du personnel français, il y a une volonté politique de mieux l’implanter, de le systématiser et de mieux coordonner les actions des entreprises. Après une séance commune afin de poser les enjeux et les questions, nous avons reçu le mandat d’évaluer (benchmarking) les différentes solutions et plateformes de covoiturage, en fonction de leur pertinence pour une utilisation interentreprises. Aussi avons-nous relevé les éléments saillants issus de la littérature et des meilleures pratiques en matière de covoiturage pendulaire, notamment l’importance de l’accompagnement et de l’implication des employeurs, au-delà de la simple dimension technique des plateformes. Ces analyses ont contribué à nourrir le débat et à guider les autorités publiques dans leurs choix à venir. La Commune de Rüschegg (BE) s’est adressée à l’équipe de projet pour un conseil afin de s’informer en détail sur les différentes offres de mobilité partagée et de déterminer celles qui pourraient leur convenir. Il n’existe actuellement aucune offre de mobilité partagée. Petite commune à forte vocation touristique, Rüschegg souhaite proposer des offres adaptées tant aux visiteurs qu’à la population, mais aussi introduire des offres de partage au sein de l’administration communale. Dans ce contexte, une collaboration avec la commune voisine de Schwarzenburg est également prévue, car le potentiel de développement pour Rüschegg est plutôt faible selon les résultats de l’outil d’analyse en ligne. Le choix se porte principalement sur des services d’autopartage pour l’administration communale et la population, ainsi que sur un «banc de covoiturage». En outre, une offre de transport à la demande coordonnée avec les communes voisines est également à l’étude. L’autopartage P2P pourrait aussi être une autre option pour devenir actif dans le domaine de la mobilité partagée en partageant les véhicules déjà existants. La mobilité pendulaire doit encore être traitée, par exemple en mettant à disposition une flotte de vélos électriques. De nos jours, des solutions sur mesure sont possibles, de sorte que les offres peuvent être adaptées aux besoins locaux. Grâce au coaching, la Commune de Rüschegg procède actuellement à une évaluation plus approfondie des différentes offres disponibles et a également une vue d’ensemble des programmes de soutien existants. Si le coaching individuel pour les communes des cantons pilotes participants est gratuit, les communes et régions d’autres cantons ont également la possibilité de bénéficier d’un coaching personnalisé. Pour cela, elles peuvent contacter le secrétariat du «Shared Mobility Booster». Le site web contient également des informations pour les cantons qui souhaitent devenir partenaires. Christina Haas

La norme LEA pour des logements mieux adaptés aux personnes âgées

Développé en Suisse, le label LEA constitue le premier standard certifiable en matière de construction sans obstacles. Il s’agit d’un projet commun entre les secteurs public et privé. LEA signifie «Living Every Age». Les constructeurs qui se conforment à ce standard construisent des logements pour toutes les générations. La construction selon le standard LEA ne favorise toutefois pas uniquement l’habitat intergénérationnel: elle améliore également le confort général de l’habitat et permet de vivre de manière autonome et autodéterminée jusqu’à un âge avancé. Le label LEA contribue considérablement à une société inclusive. www.lea-label.ch Andreas Huber

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