Menu
Logo Logo
  • DE
  • FR
  • IT
  • Santé 2
  • Territoire et mobilité 2
  • Actualités de la Berne fédérale 1
  • Commune numérique 1
  • Editorial 1
  • La Commune 1
  • Claudia Kratochvil-Hametner 2
  • Chloé Jaunin 1
  • Jenny Leuba 1
  • Jonas Schmid 1
  • Kaspar Abplanalp 1
  • Nadja Sutter 1
  • Sandra Lüthi 1
  • 10 l 2023 8
Search narrowed by: Édition: 10 l 2023 Remove all filters
Found 8 results in 2 milliseconds. Displaying results 1 to 8 of 8.
  • 1
Results per page:

Trottinettes électriques – quelle réglementation?

Depuis que les premières trottinettes électriques partagées ont fait leur apparition sur les routes suisses en 2018, l’offre s’est rapidement développée d’année en année. Dans la plupart des cas, le partage de ces trottinettes est géré par des fournisseurs internationaux qui contribuent à une mobilité durable grâce à une offre financée en grande partie par le secteur privé. Depuis longtemps, ce ne sont plus seulement les centres des agglomérations qui sont en ligne de mire, mais aussi les petites villes et les communes. Actuellement, près de 10 000 trottinettes électriques partagées circulent dans environ 40 villes et communes. C’est ce que montrent les chiffres de la Swiss Alliance for Collaborative Mobility (CHACOMO), à laquelle sont affiliés tous les fournisseurs renommés actifs en Suisse. Contrairement aux offres traditionnelles de partage de vélos, les trottinettes électriques partagées circulent classiquement en mode «free-floating». Cela signifie qu’après leur utilisation, elles peuvent être garées n’importe où dans un périmètre d’exploitation défini. Ces nouvelles exigences d’utilisation de l’espace public peuvent entraîner des problèmes: trottoirs bloqués, accumulation importante de trottinettes au même endroit, et conduite dans des zones interdites à la circulation. On leur reproche encore de causer des problèmes de sécurité et des effets de transfert modal indésirables. En revanche, elles répondent à un réel besoin et contribuent à une offre diversifiée de mobilité utilisable collectivement et à faibles émissions. Ces opportunités doivent être saisies. Ce qu’il faut, c’est un cadre réglementaire qui encourage l’autofinancement de la micromobilité partagée et qui maximise ses avantages en termes de transport. Dans le cadre du programme «Shared Mobility Accelerator» soutenu par SuisseEnergie, l’Académie de la mobilité du TCS a élaboré un guide pour des mesures réglementaires judicieuses sur la base de discussions intensives avec le secteur, les villes et les communes. Celui-ci met l’accent sur des recommandations concrètes qui doivent aider les villes et les communes à définir des règles du jeu appropriées pour l’autorisation et l’exploitation des trottinettes électriques partagées. Les points essentiels de ce «Blueprint Shared Micromobility» sont les suivants: L’accès au marché ou à l’espace public doit être réglementé. Une limitation du nombre de fournisseurs et la définition de plafonds pour la flotte sont des conditions essentielles pour une exploitation réussie et pour éviter les conflits d’utilisation. Quasiment tous les fournisseurs actifs en Suisse sont du même avis. La sélection des fournisseurs doit se faire selon une procédure équitable avec des critères transparents. Actuellement, la pratique en Suisse est très hétérogène, elle va des autorisations aux concessions en passant par des appels d’offres publics. Quelle que soit la procédure choisie, il est essentiel que le processus de sélection soit ouvert et basé sur des critères transparents et neutres sur le plan technologique. Il convient de faire preuve de retenue dans la fixation des tarifs. Les taxes pour l’utilisation de l’espace public peuvent compromettre la rentabilité des modèles commerciaux, en particulier en dehors des centres urbains denses. Si des taxes sont prélevées, des montants fixes par véhicule devraient être établis et non pas variables car cela peut être un critère de sélection qui favorise de manière excessive les fournisseurs disposant d’un capital risque élevé. Les places de stationnement marquées créent plus d’ordre dans l'espace public. De plus en plus de villes prennent l’habitude d’aménager des emplacements spéciaux pour le partage des trottinettes électriques, particulièrement dans les zones denses et au trafic important. Certaines villes comme Schaffhouse et Illnau-Effretikon (ZH) testent actuellement des offres basées uniquement sur des stations. Pour que l’offre reste attractive pour les utilisateurs et utilisatrices, il faut prévoir un réseau dense de places de stationnement. Une régulation réussie nécessite une collaboration: une intégration bénéfique de la micromobilité partagée dans les concepts de mobilité des villes et des communes nécessite une collaboration étroite entre les fournisseurs et les autorités sur la base de contrats pluriannuels. Ceux-ci doivent prévoir des mécanismes qui permettent une organisation flexible de l’offre en fonction de l’évolution de la demande. L’objectif principal des recommandations est de maximiser les opportunités de la micromobilité partagée et de minimiser les risques au niveau social, environnemental et économique. La manière dont les différents champs d’action réglementaires sont conçus déterminera, outre les développements du côté des fournisseurs, si une intégration durable des nouvelles offres dans le transport urbain réussit. Informations: Le «Blueprint Shared Micromobility» mentionné dans le texte est disponible sur https://www.mobilityacademy.ch/akademie-de/projekte/moak-projekte/Shared-Mobility-Blueprint.php Jonas Schmid

Les communes ont besoin de plans de prévoyance attractifs

Ce n’est pas une coïncidence si l’Association des Communes Suisses a choisi comme thème central de sa dernière assemblée générale la pénurie de personnel qualifié, dont les communes commencent elles aussi à ressentir les effets. Proposer aux employé-e-s des prestations de prévoyance qualitatives peut contribuer à désamorcer le problème. Concrètement, qu’est-ce que cela implique? Nous avons posé la question à Stefan Hügli, responsable Conseil et vente chez Previs Prévoyance. La solution de prévoyance est un élément important de la rémunération globale offerte par les communes à leur personnel. Les prestations de prévoyance peuvent jouer un rôle considérable dans le choix du poste, en particulier lorsque la personne est expérimentée et bien rémunérée. Les communes qui proposent des solutions avantageuses peuvent ainsi marquer des points en matière de recrutement – et aussi conserver leur personnel en poste. De manière générale, les communes ont tendance à mettre en place des plans de prévoyance intéressants pour leur personnel. Les solutions de prévoyance doivent toutefois suivre l’évolution de la société et apporter des réponses, par exemple au travail à temps partiel ou aux besoins des femmes actives. Les classiques prestations de vieillesse et de risque, définies dans le plan de prévoyance. Il faut savoir que les employeurs/euses peuvent répartir les collaboratrices et collaborateurs en différentes catégories selon des critères objectifs comme le salaire, le niveau hiérarchique, la fonction ou l’âge, et définir ainsi le cercle auquel un plan de prévoyance donné doit s’appliquer. Une solution de prévoyance moderne couvre par ailleurs les composantes salariales relevant de la partie surobligatoire. L’abaissement des seuils d’accès et la création de plans optionnels permettant de se constituer une épargne individuelle supplémentaire sont deux autres paramètres en plein essor. Il est possible de proposer aux employé-e-s jusqu’à trois plans optionnels différents par catégorie de collaborateurs/trices. Les personnes assurées ont par exemple le choix, en plus de la variante standard, entre une variante avec cotisations d’épargne réduites et une variante avec cotisations d’épargne renforcées. Plus elles cotisent chaque mois, plus elles augmentent leur capital de prévoyance pour la retraite. Les employeuses et employeurs sont tenus par la loi de verser des cotisations identiques pour chaque plan optionnel, afin de ne favoriser ni pénaliser personne. «Les communes qui proposent des solutions avantageuses peuvent ainsi marquer des points en matière de recrutement – et aussi conserver leur personnel en poste.» Stefan Hügli, responsable Conseil et vente, Previs Prévoyance. L’assurance du salaire dans le régime surobligatoire améliore la rente de vieillesse des personnes assurées. De plus, en abaissant le seuil d’entrée, l’employeur/euse permet aux employé-e-s touchant des salaires relativement faibles d’accéder à la prévoyance professionnelle. Par ailleurs, le fait de réduire la déduction de coordination profite aux collaborateurs/trices travaillant à temps partiel, qui voient ainsi leur salaire assuré progresser. Autres éléments importants: la couverture en cas d’invalidité et la prise en charge, pour les personnes vivant en couple et celles ayant des enfants, de leur conjoint-e ou de leur partenaire et de leurs enfants en cas de décès prématuré. Pour ces profils, le versement de rentes de conjoint-e/partenaire et d’enfant adéquates est utile. Oui. On pourrait envisager une répartition des cotisations à l’avantage des employés-e-s. La loi impose à l’employeur/euse de financer 50% au moins des cotisations à la caisse de pension. Décider d’en assumer plus de la moitié ferait augmenter le salaire net des employé-e-s. Une autre possibilité consisterait à fixer les cotisations d’épargne à un niveau supérieur à celui prévu par la loi, ce qui se traduirait par un avoir de vieillesse plus élevé. La rémunération des avoirs de vieillesse des assuré-e-s est essentielle. Sur 40 années de cotisation, le taux d’intérêt annuel (intérêts composés compris) a un impact significatif sur la constitution du capital, qui se répercute d’ailleurs aussi positivement sur les rachats personnels. Le taux de conversion, qui permet de calculer la rente de vieillesse annuelle à partir de l’avoir de vieillesse, entre également en jeu. Considérant que l’avoir de vieillesse est appelé à durer de plus en plus longtemps, de nombreuses caisses de pension ont instauré des réductions du taux de conversion. L’avenir nous dira quelle sera l’incidence de la remontée des taux d’intérêt sur les futurs taux de conversion. Il est toujours bon de vérifier de temps en temps si le plan de prévoyance que l’on propose en tant que commune correspond aux besoins actuels des employé-e-s et s’il est suffisamment attractif pour retenir le personnel en poste et favoriser le recrutement dans un contexte hautement concurrentiel dû à la pénurie de personnel qualifié. Kaspar Abplanalp

Le financement futur des coûts de la santé

Il existe aujourd’hui trois systèmes de financement différents dans le secteur de la santé: les traitements ambulatoires sont payés exclusivement par les caisses maladie et sont donc financés avec l’argent des primes. Les prestations stationnaires, quant à elles, sont assumées à raison d’au moins 55% par les cantons, alors que les caisses maladies en payent au maximum 45%. Pour le financement des soins, en revanche, les règles applicables sont différentes, étant précisé que les cantons et les communes sont les principales instances qui financent l’évolution des coûts de la santé puisque les contributions au titre des primes et les contributions des caisses sont fixes. Il est proposé que dorénavant, toutes les prestations de la santé soient financées de manière uniforme, qu’elles soient fournies dans le cadre des soins à domicile, dans les cabinets médicaux, à l’hôpital ou dans les maisons de retraite. Cela vise à éliminer les mauvaises incitations et à faciliter une prise en charge coordonnée des patientes et des patients tout au long du parcours représenté par les traitements et la prise en charge. Cependant, le financement uniforme des prestations ambulatoires et stationnaires (EFAS) doit également englober les soins et régler de manière contraignante leur intégration, comme l’a déjà décidé le Conseil des Etats en décembre 2022. L’Association des Communes Suisses (ACS) est d’avis que l’intégration des soins dans le projet EFAS est indispensable, compte tenu du vieillissement démographique et de l’évolution qui fait passer les soins ambulatoires avant les soins stationnaires. Les transferts de coûts dans le financement des soins en direction des instances qui assument le financement résiduel – les cantons et les communes – sont une réalité, comme en témoignent les rapports sur le financement des soins (2020) et sur les soins de longue durée (2016). Seul l’EFAS integrant les soins entraîne l’amélioration souhaitée du système et une répartition des coûts plus équilibrée entre toutes les instances responsables. Le projet peut entrer en vigueur de manière échelonnée. Ce qui est déterminant, c’est de régler de façon contraignante l’intégration des soins dans l’EFAS, comme le prévoit le Conseil des Etats. Le Conseil national est en faveur de l’intégration des soins, mais lie toutefois cette décision à des conditions et souhaite réglementer l’entrée en vigueur de façon particulièrement non contraignante. De plus, les cantons devront assumer au minimum 28,6% des prestations, et les caisses-maladie au maximum 71,4% par le biais des primes. En décembre 2022, le Conseil des Etats avait décidé d’une part cantonale de 26,9%. Le projet va être renvoyé au Conseil des Etats avec d’autres divergences. En raison de la hausse des primes, il est tout à fait compréhensible que le Conseil national souhaite soulager les payeurs de primes. D’un autre côté, il faudra pour l’avenir trouver une solution plus équilibrée entre le financement par l’impôt et le financement par les primes. Du point de vue des communes, il est absolument nécessaire de soutenir la décision du Conseil des Etats. Claudia Kratochvil-Hametner

Promotion des compétences de vie à Chiasso

Avec l’espérance de vie qui se rallonge, la santé psychique des personnes âgées devient un point d’attention. Pour la maintenir à un âge avancé, il est important d’avoir des compétences de vie bien développées: des habiletés permettant d’affronter avec succès les défis et les tâches de la vie quotidienne. Chiara Maspero: La gestion de la vie quotidienne est rendue plus difficile par le déclin des capacités motrices et sensorielles: faire les courses ou monter les escaliers devient subitement un défi plus important. Les capacités cognitives, telles que la rapidité et la capacité de traitement de l’information, diminuent: il faut plus de temps pour comprendre et assimiler un concept ou alors il faut en simplifier l’explication afin qu’il soit compris. Pour terminer, il devient plus difficile de recevoir du soutien social à l’âge avancé, à cause de maladies ou du décès de proches. Pas toutes les compétences diminuent avec l’âge, certaines restent stables ou s’améliorent même. Il existe par ailleurs des différences notoires entre les personnes âgées au niveau des diverses compétences et de l’ancrage social, qui sont liées au mode de vie et aux relations qui existaient avant la vieillesse. Plus la force physique et mentale et les relations interpersonnelles diminuent, plus certaines ressources internes et externes aux personnes deviennent importantes. La ressource interne principale est l’auto-efficacité, c’est-à-dire le fait d’être en mesure de mener à bien les actions souhaitées grâce à ses propres compétences, et de faire face à des situations difficiles, tout en ayant conscience de ses limites. Le centre a été créé en 1987 sous forme de centre récréatif pour les personnes âgées. Après le passage sous la juridiction cantonale, il est devenu un centre d’action sociale dédié aux personnes à la retraite. Les objectifs du centre sont principalement la sociabilisation entre les usagères et usagers, le maintien de l’activité physique et mentale, mais également le soulagement des proches-aidants. Nous ne sommes pas une structure thérapeutique, même si notre personnel est composé de professionnels du domaine en mesure d’offrir un soutien plus ciblé en cas de besoin. Nous sommes surtout un centre qui aspire à faire (ré)affleurer les compétences sociales et communicatives encore présentes chez les personnes âgées. Celles qui viennent nous voir sont effectivement majoritairement autonomes et indépendantes. Et c’est peut-être là l’une des forces de notre activité: ces personnes peuvent décider de manière autonome si et à quelles activités elles souhaitent participer. Nous avons un programme hebdomadaire qui se compose d’activités fixes et d’autres qui changent chaque mois. Chaque activité, aussi simple qu’elle soit, a un objectif. Prenons le jeu de cartes: il peut sembler banal à première vue, mais il permet en réalité aux personnes âgées d’entraîner leurs capacités cognitives ou motrices et, à nous, de les observer discrètement. Nous organisons également de petites balades ou excursions qui encouragent la sociabilité et l’activité physique. Outre ces activités participatives, nous organisons également diverses sessions d’information pour nos usagères et usagers, durant lesquelles nous abordons des questions qui les concernent directement. Nous organisons des activités dédiées à la relaxation et au bien-être pour soutenir la régulation des émotions et la gestion du stress. Avec l’activité de musicothérapie «Emosuoni», que nous avons lancée en 2022 sur demande explicite de nos usagères et usagers, nous nous concentrons sur les émotions. Accompagnés par un musicien professionnel, nos usagères et usagers sont invités à exprimer leurs émotions en chantant. Une expérience magnifique dont l’objectif est simplement d’externaliser ce que l’on ressent au travers de sa propre voix, indépendamment des compétences en chant. Les participantes et participants ont indiqué s’être sentis plus positifs et responsabilisés après l’activité. Le «Café-récits» renforce l’autoréflexion en particulier et est un autre projet très apprécié de nos usagères et usagers. Il consiste à lancer des discussions en petits groupes de 8-10 personnes avec une modération externe. Les thématiques sont définies par le groupe à chaque rencontre et touchent au vécu et à l’expérience des usagères et usagers, qui partagent leurs souvenirs et leurs opinions. Cela leur permet de découvrir de nouveaux aspects de leur histoire de vie, de suivre le fil d’un discours et d’entraîner les compétences de communication. Nous proposons également divers moments informatifs, durant lesquels nous parlons de thématiques qui aident nos usagères et usagers à faire les bons choix pour leur santé, comme par exemple l’importance de l’hydratation, les risques liés à la canicule ou comment prévenir les chutes. «Nous sommes surtout un centre qui aspire à faire (ré)affleurer les compétences sociales et communicatives encore présentes chez les personnes âgées.» Chiara Maspero, responsable du centre à Chiasso (TI) L’une des responsabilités d’une commune est celle de promouvoir des activités ou des lieux dans lesquels les personnes âgées peuvent développer ou acquérir de nouvelles compétences, telles que les six mentionnées, importantes pour leur quotidien et leur qualité de vie et pour construire ou maintenir de nouvelles relations avec les pairs. Si la commune soutient et promeut ces activités, c’est toute la société qui en profite: les personnes âgées restent autonomes plus longtemps et peuvent s’engager également dans des activités utiles à toute la société, par exemple au travers du volontariat. Informations: Brochure de Promotion Santé Suisse « Compétences de vie et santé psychique des personnes âgées » Vidéos élaborées par Promotion Santé Suisse et Gerontologie.ch sur la thématique des compétences de vie chez les personnes âgées Feuille d’information 77 de Promotion Santé Suisse «Evaluation ‹Café-Récits› 2021–2022» Liste d’orientation PAC 2019 – extrait pour les communes et les villes: interventions et mesures dans les domaines de l’alimentation, de l’activité physique et de la santé psychique (disponible en allemand uniquement) Offre de conseil «Promotion des compétences de vie des personnes âgées» par Geronotologie.ch, destinée aux responsables de programmes d’action cantonaux (PAC) et responsables dans les communes ou les organisations spécialisées. Contacts: Franzisca Zehnder; zehnder@prevenziun.ch et Anne Eschen; anne@eschen.cc. Chloé Jaunin

Les communes s’engagent en faveur de la santé

La santé est un domaine qui gagne en importance pour les communes, et cette évolution va encore se renforcer à l’avenir, ne serait-ce qu’en raison de la pression exercée par les coûts. La Confédération a élaboré divers projets visant à répondre à la hausse des coûts de la santé. Dans ce contexte, la fourniture de soins coordonnée et intégrée offre un levier décisif. Bien souvent, les structures de fourniture actuelles fonctionnent encore en parallèle. Les divers systèmes tarifaires encouragent davantage cette approche étroite et entraînent des doublons inutiles. Il incombe à la Confédération de créer les conditions et les incitations nécessaires pour favoriser la création et le déploiement à grande échelle de nouveaux systèmes de soins en impliquant tous les prestataires concernés. Un obstacle important vient d’être franchi avec la décision du Parlement d’intégrer également le domaine des soins dans le projet pour un financement uniforme des prestations de santé (EFAS). Vous en saurez plus en lisant le présent numéro. De leur côté, les communes contribuent à un milieu sain et à la santé de leur population en assurant un environnement favorable, par exemple en aménageant l’espace public de manière à encourager les liens de voisinage et les rencontres. Les associations, elles aussi, ont un rôle majeur à jouer parce qu’elles renforcent le lien social, ce qui a des incidences positives sur la santé. A l’avenir, il sera nécessaire de rapprocher encore plus les questions de santé et les questions sociales pour toutes les tranches d’âge. Le présent numéro vous présente plusieurs communes et villes qui ont mis en œuvre cette approche de manière exemplaire. Claudia Kratochvil-Hametner

Faire tomber les barrières pour les jeunes

Les enfants et les adolescents sont soumis à une forte pression psychique. C’est ce qu’a montré récemment une étude alarmante de Pro Juventute. Les consultations pour dépressions, pensées suicidaires et angoisses augmentent. Fait révélateur, deux des trois lauréates du prix «Ville en santé – Commune en santé 2023» se préoccupent des problèmes des jeunes. La Commune de Beromünster (LU) a mis en œuvre de nombreux projets après avoir procédé à une analyse des besoins des jeunes de la commune. Membre de l’ACS, la Commune de Moutier (BE) mène depuis pas mal de temps un projet visant à renforcer la santé psychique des jeunes. Ce dernier est présenté de manière plus précise dans les lignes qui suivent. La troisième lauréate est la Ville de Genève qui a développé un projet visant à encourager les seniors à bouger (voir encadré). Le projet prévôtois est basé sur le Centre de jeunesse du «Service de la jeunesse et des actions communautaires» (SeJAC). Celui-ci est ouvert du mardi au vendredi, l’après-midi après l’école. Les jeunes ne doivent pas s’annoncer et peuvent aller et venir comme ils l’entendent. Le Centre de jeunesse est équipé de manière fonctionnelle mais conviviale. On y trouve plusieurs sofas confortables, une table de ping-pong, un baby-foot et une table de billard. Les jeunes décident eux-mêmes de ce qu’ils y font et de la façon dont ils aménagent l’espace. «Le Centre de jeunesse est un troisième espace à côté de l’école et de la famille. A l’école et dans leur famille, les jeunes sont fortement limités, il y a beaucoup de règles. Chez nous, il n’y a guère de règles et les jeunes peuvent décider librement de la manière dont ils veulent passer leur temps», explique Nicolas Mangold, animateur socioculturel au centre et partie prenante au projet «Santé mentale – démocratiser l’accès aux prestations avec une approche de terrain». Le projet est porté par une équipe multidisciplinaire de sept personnes, ce qui fait le succès de la démarche. A côté de Nicolas Mangold, l’équipe est composée de Silvère Ackermann, animateur socioculturel et chef de service, Zélie Zuend, animatrice socioculturelle, Qendresa Latifi, psychologue et animatrice socioculturelle, les deux infirmières de santé communautaire Maulde Studer et Fátima Marques ainsi que la stagiaire Elise Vallat. Cette constellation est née suite à la décision prise il y a une dizaine d’années par le Canton de Berne de supprimer les infirmières et infirmiers scolaires. Moutier les a ensuite intégrés dans les structures communales et le SeJAC est né. L’équipe souligne combien cette coopération transdisciplinaire est précieuse. «Elle nous permet d’aider les jeunes dans de nombreux domaines – sans devoir les orienter vers d’autres services», relève Silvère Ackermann. C’est important car de nombreux jeunes qui fréquentent le centre sont en situation de vulnérabilité. Cela signifie qu’ils sont confrontés à plusieurs problèmes en même temps, par exemple des relations familiales instables ainsi que des difficultés à l’école ou dans leur place d’apprentissage. «Pour ces jeunes, chercher un soutien auprès d’un psychologue ou d’un service représente un important seuil à franchir, affirme la psychologue Qendresa Latifi. C’est encore un pas qu’ils doivent effectuer, encore une tâche qui leur pèse. Le Centre de jeunesse ne doit pas être un lieu où il y a des obligations.» Les jeunes y ont toujours trouvé une oreille attentive. Ils décident eux-mêmes si et comment ils acceptent l’aide. C’est cela justement la recette du succès. Selon Silvère Ackermann, la santé psychique des jeunes reste un grand tabou. Et de préciser: «Les offres en matière de santé psychique ne sont pas particulièrement inclusives. Avoir recours à elles nécessite un certain effort.» Qendresa Latifi remarque pour sa part que «faire le premier pas est très difficile pour les jeunes. Mais s’ils décident d’avoir un entretien, nombreux sont ceux qui parlent très ouvertement.» Actuellement, environ 50 à 70 jeunes viennent au Centre de jeunesse chaque semaine, ce qui permet à l’équipe d’identifier et d’appréhender des problèmes. Cela exige toutefois aussi beaucoup de flexibilité. «Nous nous adaptons aux besoins et modifions sans cesse nos méthodes. C’est assez exigeant, mais absolument nécessaire», souligne Silvère Ackermann. Nicolas Mangold ajoute: «Nous ne faisons pas de plan avec diverses activités. L’initiative vient toujours des jeunes.» Les activités sont développées avec les jeunes en ayant à l’œil la plus-value socioculturelle qu’elles offrent. Un groupe souhaite en ce moment aller pêcher. «Nous examinons maintenant comment nous pouvons mettre cela en place», note Nicolas Mangold. La réussite du projet est difficilement mesurable. «La plupart des jeunes ne réalisent que des années plus tard ce que le centre leur a apporté», fait valoir Qendresa Latifi. Comme l’équipe accompagne les jeunes sur une longue période, elle peut voir des améliorations, qui ne sont pas forcément visibles de l’extérieur, et y réfléchir avec les jeunes. Il n’y a pas de limite d’âge supérieure fixe. Les jeunes peuvent aussi fréquenter le Centre de jeunesse après avoir quitté l’école ou même achevé leur apprentissage. «Si le soutien tombe brusquement au moment de l’entrée en apprentissage à 15 ans, cela peut poser problème», argue Silvère Ackermann. Le prix «Ville en santé» est une reconnaissance importante pour l’équipe. «Il donne de la visibilité au projet et reconnaît notre démarche au niveau national.» Pour Moutier, c’est aussi essentiel dans la perspective du rattachement au canton du Jura. Contrairement au canton de Berne, le Jura prévoit l’engagement de personnel infirmier dans les écoles. Pour l’équipe, il serait toutefois important que les infirmières restent intégrées en son sein car cette approche multidisciplinaire est très fructueuse. Nadja Sutter

Pratiquer la culture de la cybersécurité

Dans une situation d’urgence, votre organisation se retrouve confrontée à des questions fondamentales qui ne se posent pas forcément au quotidien. Il peut s’agir d’un incendie ou d’un infarctus chez un collaborateur. Ou encore d’un cyberincident. Pour être préparé à pareilles situations, il faut disposer d’un plan de crise qui détaille le concept de communication de crise ainsi que l’organisation de crise et qui indique le nom de la personne à contacter. Ce sont là les bases qui permettent de réagir correctement dans une situation où le facteur temps est déterminant. Plus les collaborateurs saisissent la raison de certaines mesures et plus celles-ci reflètent les valeurs de l’organisation, plus elles sont comprises, acceptées et finalement appliquées par le personnel. Est-ce que les collaborateurs savent quelle est la personne qui est responsable de la sécurité? Comment celle-ci interagit-elle avec eux, par exemple lorsqu’un logiciel doit être mis à jour? Est-ce facile pour les membres du personnel de signaler un incident ou de communiquer leurs soupçons? Les responsables de la sécurité doivent trouver un langage commun avec les collaborateurs; ils doivent être d’un abord facile et avoir une attitude constructive afin de pouvoir mettre en œuvre les mesures si possible sans qu’elles ne suscitent de résistances. En matière de cybersécurité, la liste des choses à ne pas faire est interminable. C’est pourquoi les communes devraient miser sur l’approche consistant à donner à leurs collaborateurs quelques consignes de base quant au comportement à adopter, formulées de manière compréhensible, plutôt que de leur dresser une liste d’interdits. Idéalement, on soulignera dans chaque communication en quoi les mesures proposées revêtent une utilité pour le collaborateur en tant que partie intégrante de l’organisation, et pourquoi il importe de les appliquer et de contribuer ainsi à la sécurité. Plus les personnes voient une utilité à quelque chose, moins il y a de résistance et plus le soutien est grand. Sandra Lüthi

Le Rayon Vert sous les projecteurs à Renens

La nouvelle passerelle au-dessus des voies à la gare de Renens, dans l’Ouest lausannois, recoud le nord et le sud de la ville. Colonne vertébrale d’une interface de transport en fort développement, le Rayon Vert donne accès à tous les transports publics du site: bus, train, métro et tramway dès 2026. Le projet représente l’une des pièces du réaménagement de la gare de Renens; le passage inférieur a été élargi, les quais et les marquises modernisés. Toute l’infrastructure est désormais accessible aux personnes à mobilité réduite. Le suivi de la passerelle et du reste de la gare par la même équipe de planification donne à l’ensemble une sensation de cohérence et de continuité: toiture bleue, mobilier en bois, motifs végétaux au sol, couleurs. Des adaptations indispensables face au doublement des flux piétons attendus pour 2030 dans la troisième gare de Suisse romande, et l’un des points d’accès au campus de l’EPFL et de l’Université de Lausanne avec 30 000 passagers jour. Un escalier monumental constitue l’un des symboles de l’interface. L’espace est généreux (11 à 16 m de large) le long des 150 mètres à traverser, où se marient séjour, passage et vue époustouflante. La passerelle séduit par sa légèreté et sa face plantée explique son nom. Ni commerces ni publicités n’interrompent le chemin. Enfin, elle débouche de part et d’autre sur deux places aménagées en zone de rencontre sur lesquelles le trafic peut donc toujours circuler. Leur conception témoigne du même esprit qui caractérise d’autres éléments du projet: bancs, fontaines et beaucoup d’espace pour rejoindre les multiples destinations desservies par la gare. Bien que la différence de niveau soit plus importante pour une passerelle que pour un franchissement souterrain, le résultat procure une qualité d’un autre niveau: un véritable espace public, où on marche volontiers, de jour comme de nuit. Autant de points dignes d’inspirer d’autres gares. Equipe: farra zoumboulakis & associés SA, Ingeni SA, L’Atelier du paysage Sarl et Tekhne SA Concours en 2007, mise en service 2021. Maître d’œuvre: Renens, Crissier, Chavannes-près-Renens et Ecublens, Canton de Vaud, l’OFT et les CFF. Coût total: CHF 31 millions, y compris soutien du projet d’agglomération. Jenny Leuba

  • 1
  • Abonnements
  • Protection des données
  • Impressum
  • Données médias
  • Archives PDF
  • Cookies
© Association des Communes Suisses
  • Home
  • Recherche
  • Archive
  • Abonnements
  • Données médias
  • Protection des données
  • Impressum
Fermer