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Comment Münsterlingen se prépare aux situations d’urgence

Que faire en cas d’urgence comme une longue panne d’électricité ou une cyberattaque? Pour y faire face, la commune de Münsterlingen (TG) a développé un plan d’urgence. Des responsabilités claires, des collaboratrices et collaborateurs formés et des canaux de communication bien spécifiés - également lorsque le réseau téléphonique s’effondre - sont des éléments centraux. Des points de rencontre d’urgence avec du matériel comme des lampes de poche ou des radios DAB+ fonctionnant avec des piles ont été mis en place et sont régulièrement testés. Le système informatique est géré et entretenu par un prestataire externe, des processus définis sont prévus en cas d’incidents informatiques et le personnel est sensibilisé aux cyberattaques. La commune a été soutenue dans l’élaboration de ce plan par l’état-major régional de conduite de Kreuzlingen. La secrétaire communale Caroline Speck souligne que le plan permet d’abréger la phase de chaos en cas d’urgence et de pouvoir à nouveau être fonctionnel rapidement. Nadja Sutter

Interdiction des feux d’artifice: la solution pragmatique de Nidau

A Nidau (BE), les feux d’artifice ne peuvent être utilisés que le 31 juillet et le 1 er août ainsi qu’à Nouvel An. En vigueur depuis 2006 dans la cité au bord du lac de Bienne, ce règlement fonctionne bien, souligne la maire Sandra Hess. Membre du Comité de l’Association des Communes Suisses, elle rappelle que la proposition est aussi venue à l’époque de la population. De nombreuses fêtes privées avaient lieu au bord du lac et des feux d’artifice étaient régulièrement allumés, ce qui causait d’importantes nuisances sonores. Aujourd’hui, des contrôles stricts sont effectués sur les rives du lac, la commune donne chaque année de larges informations et mène régulièrement des campagnes d’information et de sensibilisation. Pour Sandra Hess, une interdiction des feux d’artifice à l’échelle nationale est inutile. «Les communes peuvent très bien régler cela elles-mêmes et le font déjà», argue-t-elle, en précisant qu’une interdiction nationale limiterait l’autonomie communale. «Les communes peuvent très bien régler cela elles-mêmes et le font déjà.» Sandra Hess, maire de Nidau (BE) Nadja Sutter

Sondage sur la communication: la newsletter et le magazine sont appréciés

Comment l’Association des Communes Suisses (ACS) peut-elle communiquer de manière à toucher au mieux son public cible, les communes? Afin de répondre à cette question, l’ACS a effectué un sondage interactif en avril et en mai. Plus de 500 personnes y ont participé, 71% étaient des employées ou employés communaux et 20% des politiciennes et politiciens communaux. Les résultats maintenant disponibles confirment la stratégie menée jusqu’ici par l’Association des Communes Suisses. Les personnes interrogées jugent la newsletter et le magazine de l’association «Commune Suisse» de manière très positive. Elles estiment que la newsletter offre une vue d’ensemble compacte et de bonne qualité, et le magazine des articles proches de la pratique. Elles apprécient les informations crédibles et fiables qui sont transmises de façon compréhensible. Les canaux des médias sociaux de l’ACS sont moins connus et ils sont de ce fait aussi moins utilisés. Le site de l’association n’est aussi que partiellement consulté directement. La question sur les thèmes qui préoccupent les communes a été particulièrement instructive. La grande majorité des personnes sondées a placé la numérisation tout en haut de la liste des priorités. Elles souhaitent connaître les solutions administratives numériques utilisées par d’autres communes ou comment les communes peuvent collaborer en matière de numérisation. Elles veulent toutefois aussi en savoir davantage sur des thèmes tels que l’inclusion de la population dans des processus participatifs ou le manque de personnel qualifié. Des thèmes comme l’énergie, la biodiversité, l’intégration ainsi que la promotion de la culture les intéressent en revanche moins. De nombreuses communes apprécient les exemples de bonne pratique qui sont présentés dans «Commune Suisse» et souhaitent un lien concret entre les thèmes abordés et la pratique ainsi qu’un ancrage régional. Des recommandations pour agir, des guides par exemple, sont aussi demandées. L’ACS procédera à une évaluation approfondie des résultats au cours de l’été et orientera sa future stratégie de communication en conséquence. Nadja Sutter

«Le Parlement fédéral est un moteur de la centralisation»

L’article 50 de la Constitution fédérale qui oblige la Confédération à tenir compte des besoins des villes et des communes est en vigueur depuis 25 ans. L’occasion de tirer un bilan avec les politologues Adrian Vatter de l’Université de Berne et Rahel Freiburghaus de l’Université de Lausanne. Selon eux, l’article a un impact certain car les communes et les villes sont maintenant entendues de manière conséquente lors des procédures de consultations, et de nouvelles instances ont été créées comme la Conférence tripartite au sein de laquelle l’Association des Communes Suisses et l’Union des villes suisses sont associées. L’Administration fédérale prend la participation des communes au sérieux, constatent les deux politologues. Ils observent toutefois des tendances à la centralisation du côté du Parlement fédéral. Celles-ci se manifestent notamment dans une optique de politique partisane. La raison pourrait être liée au fait que peu de membres du Parlement ont auparavant été actifs politiquement dans une commune ou une ville et qu’ils sont ainsi moins sensibles aux préoccupations de l’échelon communal. Nadja Sutter

La Suisse devient une halle des fêtes

L’été est la période des manifestations. De la fête de village au cinéma en plein air en passant par des événements sportifs, il y a de l’animation dans les communes. Amusement et divertissement pour les visiteurs et visiteuses riment aussi avec beaucoup d’engagement de la part des bénévoles et bien sûr des communes. Certaines communes et villes pourraient avoir encore plus à faire cet été car elles seront le théâtre de grandes manifestations. Bâle a ouvert le bal avec l’Eurovision Song Contest, suivie par Lausanne qui accueille la Fête fédérale de gymnastique au moment de la parution de ce numéro. Peu après, au début du mois de juillet, ce sera au tour de l’EURO féminin de football. La Fête fédérale de lutte suisse et des jeux alpestres, qui aura pour la première fois lieu dans le canton de Glaris à la fin août, clôturera brillamment la saison. Nous présentons dans cette édition certaines de ces grandes manifestations et nous nous demandons ce qu’elles signifient pour les communes hôtes. Nous abordons aussi des questions apparentées, par exemple celle de savoir comment Locarno gère divers événements sur sa Piazza Grande ou comment la commune de Nidau organise des feux d’artifice au bord du lac. Nous vous souhaitons une bonne lecture! «Amusement et divertissement riment avec beaucoup d’engagement de la part des bénévoles et bien sûr des communes.» Nadja Sutter, rédactrice en chef «Commune Suisse» Nadja Sutter

FFLS 2025: la commune comme interface

La Fête fédérale de lutte suisse et des jeux alpestres (FFLS) aura lieu du 29 au 31 août sur le terrain de l’aérodrome de Mollis. Quelque 350 000 visiteuses et visiteurs sont attendus, bien plus que les 20 000 habitantes et habitants de Glaris Nord, la commune hôte. Celle-ci est en étroit contact avec le comité d’organisation de la fête. Elle est l’autorité qui accorde des autorisations. Le comité d’organisation dépose auprès de la commune des requêtes, par exemple pour des permis de construire pour diverses infrastructures de la fête. La commune consulte des offices cantonaux ou même fédéraux pour savoir si ces demandes sont admissibles. Elle donne ensuite son feu vert ou demande que des adaptations soient effectuées. La commune est ainsi une interface importante. Pour l’administration communale, cela signifie beaucoup de travail supplémentaire, mais aussi une grande joie. «Participer à un tel événement est unique», souligne Fritz Staub, maire de la commune. Nadja Sutter

AG 2025: L’autonomie communale en point de mire

La Confédération continue à considérer les communes davantage comme des organes d’exécution que comme des acteurs institutionnels de rang équivalent, l’autonomie communale étant plus interprétée comme un principe directeur que comme une garantie constitutionnelle. Celle-ci est pourtant ancrée dans la Constitution fédérale depuis 25 ans. «Les communes sont certes globalement mieux associées qu’avant. Des tendances à la centralisation sont toutefois clairement observables du côté de la Confédération et des cantons et elles mettent l’autonomie communale sous pression», a constaté le conseiller aux Etats Mathias Zopfi, président de l’Association des Communes Suisses (ACS), lors de l’Assemblée générale de l’ACS du 6 juin à Vernier (GE). «Nous avons besoin de lois qui sont adaptées aux communes et qui peuvent aussi être mises en œuvre dans le cadre d’un mandat de milice», a exigé Mathias Zopfi. Dans le même temps, il faut que les mesures qui ont un impact au niveau communal soient sans exception élaborées avec les communes et que leurs préoccupations soient entendues. «Ce réflexe fait encore trop souvent défaut au niveau fédéral.» D’autres anciennes présidentes et anciens présidents de communes et de villes ont débattu avec Mathias Zopfi: la conseillère d’Etat genevoise Carole-Anne Kast, le conseiller d’Etat thurgovien Walter Schönholzer, le conseiller national vaudois Laurent Wehrli et la présidente de l’Association des communes genevoises Karine Bruchez. Dans le cadre de l’Assemblée générale, l’ACS a présenté la déclaration «Les villes et les communes dans l’Etat fédéral» rédigée avec l’Union des villes suisses. Celle-ci a été signée à l’issue de l’assemblée par des douzaines de présidents de communes. La déclaration sera remise le 24 septembre au conseiller fédéral Beat Jans. Il n’y a pas eu de surprises dans la partie statutaire de l’Assemblée générale: toutes les propositions du comité ont été approuvées par les délégations des communes. Stéphane Coppey, ancien président de la ville de Monthey (VS), a démissionné du comité. Matthias Gysin, président de la commune de Duggingen (BL) et directeur de l’Association des communes de Bâle-Campagne a été élu pour le remplacer. «Nous avons besoin de lois qui sont adaptées aux communes et qui peuvent aussi être mises en œuvre dans le cadre d’un mandat de milice.» Mathias Zopfi, conseiller aux Etats et président de l’ACS Nadja Sutter

«J’aime bien être au service de la population»

«La politique m’a toujours été familière», raconte César Murangira. Par un bel après-midi de printemps, le conseiller communal de Marly nous reçoit dans la grande salle de réunion de l’administration de cette commune de l’agglomération fribourgeoise. Il paraît tout d’abord réservé, mais son récit s’accélère rapidement pour remonter 40 ans en arrière, au Rwanda où il a grandi: «Mon père était un politicien local. Je me souviens des gens du coin qui venaient chez nous à la maison et de mon père qui se préoccupait de leurs problèmes.» Le père de César Murangira n’est aujourd’hui plus là pour faire bénéficier son fils de ses expériences politiques. Il a été tué lors du génocide de 1994 contre la minorité tutsie, tout comme de nombreux membres de la famille de César Murangira. «Cette expérience fait partie de moi et m’a marqué. Mais je ne crois pas qu’elle influence ma manière de faire de la politique», souligne César Murangira, en affirmant essayer de regarder vers l’avenir. Et d’ajouter: «Parfois, mon histoire m’aide à relativiser certaines situations. Je me dis alors que la situation n’est pas bonne mais qu’elle n’est pas synonyme de fin du monde. Et j’ai vécu la fin du monde.» César Murangira est arrivé en Suisse en 1997, pas comme réfugié mais comme étudiant. Il a fait des études en travail social, politique sociale et sociologie à l’Université de Fribourg. Il a ensuite déménagé à Marly (FR) avec sa femme suisse. Il y habite toujours et travaille pour les services sociaux de la Ville de Fribourg. La question de savoir s’il voulait aussi être actif dans sa nouvelle patrie ne s’est jamais posée, fait-il valoir. Et de préciser: «Assumer des responsabilités politiques est une évidence pour moi.» «La politique n’est jamais simple, notamment lorsqu’on vient d’Afrique, un continent sous-estimé.» César Murangira, conseiller communal de Marly (FR) César Murangira s’est tout d’abord informé sur les différents partis. Il a choisi les Verts car l’engagement en faveur de l’environnement est très important pour lui. «A l’époque, le parti était encore petit et il s’agissait de le développer et de travailler sur son programme.» Il a été cofondateur de la section dans le district de la Sarine ainsi que dans sa commune de Marly. En 2016, les Verts se sont pour la première fois présentés aux élections à Marly avec leur propre liste, et César Murangira a été élu au sein du parlement communal, le Conseil général. En 2021, il a réussi le saut au sein de l’exécutif. «Je suis le premier conseiller communal vert de Marly», relève-t-il, non sans fierté. Dans le même temps, il sait qu’il est important de travailler ensemble et de trouver un consensus. «Je ne souhaite pas moraliser, mais aller de l’avant avec de bons exemples.» Il a ainsi suggéré d’offrir de façon conséquente des aliments bio et si possible de la région dans le cadre de l’accueil extrascolaire. «Cela n’est pas seulement bénéfique pour les enfants mais aussi une manière de soutenir les agriculteurs de la région. Les trajets sont par ailleurs courts, ce qui protège le climat.» Cette idée a été bien accueillie à Marly et a entre-temps été mise en œuvre ( voir l’article dans «Commune Suisse» 2/2024 ). Lors de la campagne électorale, son origine a suscité des commentaires. «La politique n’est jamais simple, notamment lorsqu’on vient d’Afrique, un continent sous-estimé», argue-t-il. «On parle ici d’une Afrique, alors que le continent est tellement varié, avec une telle diversité de pays et de cultures.» D’un abord réservé, il trouve même qu’être sous-estimé est un avantage: «Je surprends les gens.» Ce que l’on pense de lui l’indiffère, dit-il en riant: «C’est peut-être pourquoi je suis actif en politique.» Lorsqu’on lui demande d’où il vient, il répond de manière conséquente: «De Marly.» César Murangira est un des rares politiciens communaux à avoir un passé migratoire. Que faire pour que cela change? Il réfléchit longtemps avant de répondre: «Des naturalisations facilitées pourraient permettre aux gens de se sentir ici vraiment chez eux et d’avoir envie d’assumer des responsabilités.» Il estime aussi qu’une meilleure rémunération pourrait rendre les mandats de milice plus attrayants. Un mandat de conseiller communal exige beaucoup d’engagement, les dossiers sont complexes. Il faut vraiment avoir le feu sacré pour la politique. C’est le cas de César Murangira. «J’aime bien être au service de la population. La Suisse et la commune de Marly m’ont donné la possibilité de le faire.» Nadja Sutter

Campagne pour davantage de respect à Reinach

Les insultes et les menaces à l’encontre du personnel communal ont fortement augmenté ces derniers mois dans la commune de Reinach (BL). Thomas Sauter, responsable de l’administration communale, constate depuis un moment plus d’irritabilité dans la population. Entrées en vigueur au début de l’année, deux modifications législatives concernant les places de parc et le ramassage des déchets verts ont manifestement suscité du mécontentement à Reinach. Afin de protéger les collaborateurs et collaboratrices, la commune a mis en place une campagne d’affichage invitant les visiteuses et visiteurs du bureau municipal et de l’administration scolaire à davantage de respect et de bienséance. Avec succès: les insultes ont reculé et de nombreuses réactions positives ont été enregistrées dans la population. Nadja Sutter

Stratégie globale en matière d’asile: pour une intégration des communes

Près de 28 000 demandes d’asile ont été déposées en 2024. En 2025, il devrait en avoir environ 4000 de moins. C’est ce qu’a annoncé récemment le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM). Il s’agit là en principe de bonnes nouvelles pour les communes, souligne la directrice de l’Association des Communes Suisses (ACS) Claudia Kratochvil. La situation géopolitique reste tendue, notamment avec la guerre en Ukraine. Il faut par ailleurs agir de manière conséquente contre les personnes étrangères ou du domaine de l’asile qui ont des comportements criminels. L’ACS salue ici la mise en place de la task force contre les étrangers multirécidivistes, un projet pilote du comité sur l’asile de la Confédération, des cantons et des communes qui a été approuvé le 3 avril dernier. L’hébergement des demandeurs d’asile reste un défi pour les communes. Afin de trouver des solutions ensemble avec la Confédération et les cantons, l’ACS s’est fortement engagée avec l’Union des villes suisses (UVS) pour que les communes soient entendues. Depuis novembre 2024, les deux organisations sont représentées au sein du comité de pilotage de la stratégie globale en matière d’asile. Cette dernière a pour objectif d’analyser la loi sur l’asile depuis son entrée en vigueur il y a cinq ans et de débattre des éléments clés lors d’une conférence nationale sur l’asile à la fin de l’année. «Pour nous, il est essentiel que les trois niveaux de l’Etat puissent discuter d'égal à égal. Après tout, l’asile est une tâche commune.» Claudia Kratochvil, directrice de l’Association des Communes Suisses Nadja Sutter

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