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Search narrowed by: Catégorie: Politique sociale Auteur: Alain Meyer Remove all filters
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Trois quarts de siècle dédiés au sauvetage à Estavayer-le-lac

La Société de Sauvetage d’Estavayer-le-lac (SSE) compte environ 200 membres, tous volontaires, dont une trentaine pour le service d’intervention sur le lac, les autres étant actifs pour d’autres actions. «Ces dernières années, de nombreux jeunes âgés de 10 à 20 ans nous ont rejoints. Des anciens les secondent avec leur expertise», indique Gwennaëlle Riedweg, présidente d’une société qui fête en août ses 75 ans et dont les pôles d’activité recouvrent l’intervention, la formation et la prévention. Tous les deux ans, avant les vacances d’été, des sauveteurs de la SSE rendent ainsi visite aux classes primaires d’Estavayer pour les rendre attentives aux dangers et aux comportements justes à adopter dans et sur l’eau. En complément de l’école, la SSE prodigue aussi des cours pour les 10 ans et plus désirant perfectionner leurs techniques de nage. «Pour poursuivre dans le secourisme, nous délivrons des brevets conformes aux lignes directrices de la Société Suisse de sauvetage», poursuit-elle. Pour les enseignants, parents et accompagnants, l’accent est mis notamment sur la prévention des noyades dites «silencieuses». Secourir les usagers du lac qui sont en difficulté reste la mission de base de la SSE. Reliée à un système d’alarme, celle-ci est appelée par la police dès qu’une alerte est signalée. Une équipe de trois à quatre intervenants, selon leur disponibilité, peut alors partir en opération à bord du Jonas II, l’embarcation de la SSE. Qu’il s’agisse d’un problème technique sur un bateau ou d’un sauvetage à la personne. «La centrale d’engagement nous mobilise via l’alarme sur notre téléphone privé central. S’ensuit une brève description du cas. A nous de dire si nous sommes disponibles de suite, dans l’heure ou pas du tout. Notre responsable des interventions reçoit à ce moment-là les quittances de nos membres. Il évalue alors la situation et définit combien de sauveteurs sont nécessaires. C’est via notre groupe WhatsApp que l’on se coordonne pour partir en équipe complète», résume Gwennaëlle Riedweg. Selon les cas, d’autres compagnies peuvent aussi intervenir. «Nous pouvons les contacter, le but étant d’arriver le plus vite possible. Selon la nature de l’alarme, nous obtenons du renfort», précise-t-elle. La police du lac et ses plongeurs ou encore la REGA, la nuit, peuvent compléter le dispositif pour des recherches liées en particulier à des personnes. Il faut agir souvent rapidement car les risques de noyade et d’hypothermie sont présents. La SSE forme au surplus de nouveaux pilotes pour conduire le Jonas II. Avec un lac de Neuchâtel à cheval sur quatre cantons (NE, VD, FR, BE), c’est la police fribourgeoise qui gère la zone autour d’Estavayer. Mais comme la police ne possède qu’un seul bateau, il arrive qu’il opère déjà sur le lac de Morat ou en Gruyère. Comme toutes les communes n’ont pas de société de sauvetage sous la main, le lac de Neuchâtel a été scindé en plusieurs zones pour faciliter les interventions. «La société Sauvetage des Iris à Yverdon couvre la portion jusqu’à Yvonand. Nous prenons le relais jusqu’au port de Chevroux. De là, c’est la Société de sauvetage de Delley-Portalban-Gletterens qui intervient», dépeint-elle. «Nous repêchons des kitesurfers au milieu du lac. Quand le vent faiblit, ils sont parfois trop loin pour revenir au bord.» Gwennaëlle Riedweg, présidente de la Société de Sauvetage d’Estavayer-le-lac Avec l’arrivée de nouveaux sports nautiques sur le lac (paddle, kitesurf, windfoil, etc.), ces sociétés ne manquent pas de travail. Si à la hauteur de la réserve naturelle de la Grande Cariçaie des zones ont été interdites aux paddles, des avis de détresse s’invitent ailleurs. «Nous repêchons des kitesurfers qui ont chuté par exemple au milieu du lac. N’arrivant plus à remonter sur leur planche, ils s’épuisent. Et lorsque le vent faiblit, ils sont alors trop loin pour pouvoir revenir au bord», explique Gwennaëlle Riedweg. La SSE répond également à des pannes de moteur avec des bateaux remorqués sans faire le plein jusqu’à un port. Des voiliers et catamarans peuvent également se retourner à cause des vents violents. Et des embarcations sont retrouvées sans occupant et sans que la police ait été alertée. «Nous conseillons aux propriétaires de paddle d’inscrire leurs noms et téléphones sur les planches en cas de recherches», conclut Gwennaëlle Riedweg. Le Canton de Fribourg et la Commune d’Estavayer allouent des aides à la SSE comme aux autres sociétés de sauvetage (Vully et Delley-Portalban). Son local, tout près du bord, a été mis à disposition par la commune qui en est propriétaire. Les dépenses de la SSE se résument surtout à des frais d’essence et d’entretien du bateau. Alain Meyer

Rendre leur dignité aux personnes avec handicap

Native de Vauffelin, dans le Jura bernois, mais domiciliée depuis 40 ans à Pully, qui jouxte Lausanne, Verena Kuonen-Kohler a été scolarisée à Bienne. Elle rejoignit par la suite une école spécialisée pour aveugles et malvoyants à Zollikofen (BE). «J’ai appris là-bas, notamment, à me débrouiller seule pour des tâches telles que ménage, couture, repassage, cuisine.» S’ensuivra l’Ecole de commerce à Berne avec un CFC à la clé. «Je me suis rendu compte que mon intégration allait être compliquée. Un copain d’étude souffrait des mêmes difficultés. Nous étions seuls dans cette école professionnelle. Dans les années 1970, nous ne savions pas comment nous comporter avec les autres. Idem pour eux. Il fallait prouver que nous étions bons. J’ai obtenu d’excellentes notes.» Elle retrouvera ensuite son futur mari à Lausanne, puis travaillera huit ans au secrétariat des Retraites populaires comme réceptionniste et téléphoniste de cette mutuelle facilitant l’accès à la prévoyance. «J’écrivais sur une vieille machine Hermès, ma seule écriture. Une belle époque mais pas facile. L’ordinateur et le téléphone portable nous ont ouvert de nombreuses portes», observe-t-elle. Après quoi, elle cessa d’avoir un emploi pour s’occuper de ses deux enfants. Aujourd’hui, elle est quatre fois grand-mère. A Pully, l’appartement qu’elle partage avec son mari, malvoyant lui aussi, est spacieux. Il est situé près des transports publics, commerces et écoles. Elle regrette cependant que toutes les personnes avec handicap ne puissent en dire autant car le nombre de logements adaptés demeure insuffisant en Suisse. Notamment pour les chaises roulantes. Il y a un an, plusieurs organisations, dont Inclusion Handicap, la faîtière des organisations nationales de personnes handicapées, dont Verena Kuonen-Kohler est coprésidente avec la conseillère aux Etats de Bâle-Campagne Maya Graf, ont lancé une initiative «pour une Suisse inclusive». Leur texte demande un meilleur accès au logement, aux transports, au travail, etc. Même si l’article 8 de la Constitution fédérale ancre la non-discrimination des personnes en situation de handicap, la loi sur l’égalité (LHand), en révision (voir encadré), s’est enlisée selon elle. «Elle dort depuis vingt ans. Nous avons plusieurs trains de retard et attendons une prise de conscience au niveau fédéral pour que les personnes avec handicap puissent choisir où et avec qui elles veulent habiter. Dans des appartements leur correspondant et non dans des institutions où on les place en dernier recours.» Mais ces logements sont chers. Ni la couverture d’assurance-invalidité, ni les rentes ne suffisent souvent. «Nous formons 25% de la population et regrettons de ne pas être reconnues comme personnes à part entière!» «Il serait bon que nos édiles se mettent parfois à notre place pour saisir tous nos désagréments.» Verena Kuonen, élue du parlement de Pully, coprésidente d’Inclusion Handicap En tant que députée au législatif de Pully sous les couleurs de l’Union pulliérane, un groupement citoyen, Verena Kuonen-Kohler ne lâche rien. Elle vient de déposer par exemple un postulat critiquant l’installation de pavés inadaptés au centre de sa commune. «J’avais suggéré, pour éviter les chutes, la pose d’un pavage susceptible de faciliter le passage des personnes avec un handicap. Mais aussi celui des seniors avec des déambulateurs ou des parents avec poussettes. Il est fondamental que tout un chacun puisse se déplacer en toute sécurité là où commerces, cafés et services sont concentrés.» En amont, la municipalité avait certes contacté l’Association vaudoise pour la construction adaptée aux personnes handicapées (AVACAH), mais selon l’élue les recommandations n’ont porté alors que sur le handicap visuel. Son postulat a été paraphé par l’ensemble des partis et le dossier renvoyé à l’exécutif. Au début de sa carrière, son indignation fut la même lorsqu’elle constata combien il était ardu d’avoir accès à des documents. Depuis, à Pully, des guichets à niveau ont été ouverts. Mais des bâtiments administratifs y sont anciens et souvent sans ascenseur. Les escaliers constituent des obstacles si des bureaux sont à l’étage. «Il serait bon que nos édiles se mettent parfois à notre place pour saisir tous nos désagréments», note-t-elle. Au législatif, elle se sent souvent seule. «En politique, beaucoup de choses s’échangent par des regards.» Un mode de communication auquel Verena Kuonen-Kohler n’a pas accès. Alain Meyer

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