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Des communes initient le dialogue sur le climat

La Conférence régionale Oberland-Est est le regroupement de 28 communes de l’est de l’Oberland bernois. En 2019, elle s’est fixé comme objectif de devenir une région touristique climatiquement neutre. La situation initiale dans l’Oberland bernois ne diffère que très peu de celle des autres régions de Suisse: même si la région compte encore de nombreux chauffages au mazout et que l’agriculture et le tourisme sont des sources importantes de gaz à effet de serre (exprimés en équivalents CO2/CO2eq), avec des émissions de 5,4 t CO2eq par personne et par an (pour 2020), elle reste légèrement inférieure à la moyenne du canton de Berne (5,84 t). Afin de faire avancer la transition vers un Oberland bernois respectueux du climat, la conférence régionale a lancé un projet qui devrait déboucher sur des pistes d’action concrètes. «De nombreuses communes individuelles agissent déjà avec un grand engagement en matière d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables, mais des initiatives supra-communales sont également nécessaires, dans la mesure où de nombreuses petites communes n’ont pas accès aux ressources humaines et financières nécessaires à cette fin», déclare Stefan Schweizer, directeur de la Conférence régionale Oberland-Est. Le projet a été mené en collaboration avec l’Office de l’environnement et de l’énergie du canton de Berne et l’Université de Berne (Centre interdisciplinaire pour le développement durable et l’environnement). Il a été soutenu par la Wyss Academy for Nature, fondée en 2019, et par l’Office fédéral de l’énergie (OFEN). L’objet du sous-projet soutenu par l’OFEN était un «processus de gestion de la transition», c’est-à-dire une tentative d’initier des actions encourageant la transition vers une société neutre en carbone. Pour ce faire, l’équipe de projet a organisé, d’octobre 2020 à février 2024, quatre ateliers de parties prenantes réunissant 34 à 41 représentants des pouvoirs publics ou des secteurs de l’habitat, de la mobilité, du tourisme, de l’énergie, du bois et de l’agriculture, ainsi que de la société civile. Entre le troisième et le quatrième atelier, les premiers projets de protection climatique ont été lancés pendant un an. Au final, il n’est pas possible de déterminer quels projets ont été lancés uniquement grâce à ce processus de discussion, et encore moins de savoir combien d’émissions de gaz à effet de serre ce processus a permis d’économiser. Il est toutefois documenté qu’après une phase initiale marquée par la réticence, une série de projets a été lancée. «Entre-temps, le nombre d’idées de projets soumises et abordées a évolué positivement», constate rétrospectivement le rapport final du projet de mi-2024. Parmi ces idées, on compte un bateau touristique fonctionnant à l’énergie solaire sur le lac de Brienz, une étude de faisabilité pour une installation de biogaz, un bilan des gaz à effet de serre pour une ferme, ou encore un festival du film sur le thème du climat prévu pour l’automne 2024 à Meiringen. Par ailleurs, l’idée d’un poste de coach en climat sous l’égide de la conférence régionale a émergé lors des ateliers. Ce coach conseillerait les personnes intéressées par des projets de protection climatique. Le poste (initialement limité à deux ans) est occupé depuis décembre 2022 par l’agronome Alina von Allmen. «Malheureusement, les offres existantes sur les thèmes de l’énergie et de la protection du climat sont encore peu utilisées, soit parce qu’elles sont trop peu connues, soit parce que personne n’en voit la nécessité», explique Alina von Allmen pour motiver son activité. «Le facteur le plus important pour que les personnes s’engagent activement dans la protection du climat, ce ne sont pas seulement les faits, mais aussi les émotions et le fait d’aller chercher les gens là où ils se trouvent: chez nous par exemple, il s’agit de l’attachement au paysage, aux montagnes et à la neige.» Thomas Rosenberg, de l’Office de l’environnement et de l’énergie du canton de Berne, estime que le processus des parties prenantes, qui a duré au moins trois ans dans l’Oberland bernois, est un succès: «Il est tout à fait possible qu’à l’avenir, le canton de Berne reprenne certains éléments dans une offre destinée à toutes les communes. Une autre région a déjà fait part de son intérêt», dit-il. Stefan Schweizer, directeur de la Conférence régionale Oberland-Est, considère également le projet de transition comme une source d’inspiration pour d’autres communes suisses: «Un processus réunissant des acteurs et des décideurs régionaux renforce la conscience et la compréhension communes des mesures urgentes à prendre pour lutter contre la poursuite du réchauffement climatique. Le processus aide à identifier les mesures régionales pouvant être réalisées par nos propres moyens, par exemple avec la création d’une offre de transports publics attrayante.» «Un processus réunissant des acteurs et des décideurs régionaux renforce la conscience et la compréhension communes des mesures urgentes à prendre pour lutter contre la poursuite du réchauffement climatique.» Stefan Schweizer, directeur de la Conférence régionale Oberland-Est Le Centre interdisciplinaire pour le développement durable et l’environnement (CDE) de l’Université de Berne a accompagné le processus des parties prenantes dans l’Oberland bernois par un monitoring. «Le processus doit absolument être lancé à partir de la région et être ancré dans un accord commun – par exemple un document stratégique – qui le légitime», explique Stephanie Moser, scientifique au CDE. Benedikt Vogel

SuisseEnergie encourage les communes à atteindre le zéro net

La Suisse veut atteindre la neutralité climatique d’ici à 2050. «SuisseEnergie pour les communes» soutient les communes et les régions énergétiques avec des moyens financiers et un service d’expertise. Depuis 2021, plus de 500 projets ont été soutenus. Rüti (ZH) et la région Grand Chasseral (BE), entre autres, en ont profité: Rüti emprunte de nouvelles voies dans la promotion du cyclisme avec des vélos électriques gratuits et des cinémas à vélo. La région Grand Chasseral continue à développer la production d'électricité solaire sur les bâtiments communaux. Le prochain cycle de promotion débutera en mars 2025. Les villes, communes et régions-énergie sont invitées à soumettre des projets passionnants dans les champs d'action suivants: efficacité énergétique dans les bâtiments, énergies renouvelables, mobilité ainsi que processus et services industriels. Plus d’informations: www.local-energy.swiss/fr/programme/projektfoerderung Cedric Nägeli

4 questions sur Perroy, Canton de Vaud

«Grâce à ses habitants de tous horizons, Perroy est un petit village très ouvert sur le monde.» Juliette Leprince-Ringuet, vice-syndique de Perroy (VD) Juliette Leprince-Ringuet a été élue à la municipalité de Perroy en 2021. La vice-syndique est actuellement en charge des affaires du Syndic qui, depuis 2022, est absent et ne remplit plus ses fonctions. La juriste a travaillé dernièrement dans le marketing dans l'horlogerie. Franco-italienne, elle est arrivée à Perroy il y a une trentaine d'années pour rejoindre son futur mari. Elle a choisi la commune de Saint-Cergue comme prochaine commune à portraiturer.

Un même projet numérique pour plusieurs communes: comment ça marche?

En développant et en utilisant conjointement des services et leurs composants, les communes partagent les coûts et permettent à leur population de disposer d’une offre uniforme et évolutive. En 2023, quatre communes ont commandé une démonstration de faisabilité et établi, sur cette base, le cahier des charges concernant l’achat du portail. L’Administration numérique suisse (ANS) encourage ce projet modulable dans le cadre de son concours d’innovation annuel en 2024, permettant le lancement de la phase pilote. Les communes pilotes sont très satisfaites des premiers résultats, ce qui illustre l’importance de tester des solutions adaptées aux exigences de la pratique administrative. Le but de la phase pilote est de créer un kit de base comprenant des services et des composants de formulaires sur lequel les autres communes intéressées pourront aussi se fonder. Il est prévu de développer de nouveaux services. En outre, les domaines spécialisés souhaitant utiliser ou compléter le portail bénéficieront d’un soutien. L’ANS met à disposition une somme totale de 200 000 francs par an en faveur de projets innovants. Un jury indépendant constitué de représentants des villes, des communes, des cantons et de la Confédération désigne les projets lauréats. Concours de projets innovants 2025: https://www.administration-numerique-suisse.ch/innovations Informations relatives au portail eFormularservice (en allemand): https://wiki.jaxforms.com/display/EHUB/ehub Lucas Nicolussi

«Le travail pour les communes  est un privilège»

Ancienne directrice suppléante, Claudia Kratochvil est, depuis son entrée en fonction en juillet dernier, la première femme à la tête du secrétariat de l’Association des Communes Suisses. Son élection est gage de continuité et d’expérience, la nouvelle directrice travaillant pour l’ACS depuis 2009 déjà. «Je considère que c’est un grand privilège de pouvoir m’engager pour le niveau communal à l’échelon fédéral. Je suis fascinée par la diversité des tâches des communes et leur rôle important au sein de l’Etat fédéral», relève-t-elle. Elle souhaite intensifier les contacts avec les communes et le Parlement fédéral afin d’encore mieux positionner l’ACS au niveau politique. La promotion des femmes est aussi une de ses préoccupations. Grâce à la Conférence internationale des présidentes de commune organisée à Schaffhouse par l’ACS en juin dernier, la mise en réseau des présidentes de commune a été renforcée. Les mesures d’économie de la Confédération vont occuper les communes l’an prochain, mais aussi les débats autour du service universel postal. Avec des partenaires, l’ACS a lancé un nouveau projet afin de soutenir les communes dans la mise en œuvre de projets de numérisation. Il s’agit d’un guide qui permet aux communes et aux cantons de développer ensemble un portail pour des prestations numériques. L’ACS fêtera par ailleurs en 2025 le 25 e anniversaire de l’article 50 de la Constitution fédérale, l’article sur les communes qui oblige la Confédération à tenir compte des intérêts des communes. Nadja Sutter

La station gruyérienne de Charmey se réinvente pour perdurer

Selon les spécialistes du tourisme et autres experts du climat, l’avenir de ces stations se situerait désormais au-dessus de 1800 mètres. En dessous, les communes doivent aujourd’hui impérativement revoir leur narratif. Par exemple aux Paccots, dans la Veveyse fribourgeoise, l’hiver dernier a été catastrophique aux environs de 1000 mètres d’altitude en raison du manque de neige. Pour survivre, la station s’est dotée ce printemps d’une nouvelle identité tout en élargissant son offre aux autres saisons. Car les prévisions pour les prochains hivers sont tout aussi alarmantes. Une diminution des quantités de neige de 10 à 40% est projetée d’ici à 2050. Si des stations comme Charmey ont déjà pris la mesure du changement qui s’opère, d’autres n’ont pas fait ce pas. «Beaucoup d’entre elles n’ont encore rien fait ou sont en retard», confie Claude Gendre, directeur général de TéléCharmey SA. Situés à 1000 mètres ou juste au-dessus, de petits domaines skiables commencent à disparaître, confirme-t-il. C’est le cas notamment dans l’Arc jurassien. «D’autres sont dans le dur. Nous avons réagi à temps à Charmey», relève le patron des remontées mécaniques. Il y a cinq ans, la population avait rejeté une hausse d’impôt destinée à renflouer un parc qui avait déjà englouti des millions depuis des années et qui était tombé en faillite. Des investisseurs du canton de Fribourg s’étaient penchés sur le dossier et une nouvelle société avait été constituée, axée sur un tourisme dit de quatre saisons. Avec une transition accentuée vers l’été pour compenser les pertes hivernales. «L’enneigement artificiel a été banni à Charmey dès le début», précise Claude Gendre. «Beaucoup de stations n’ont encore rien fait ou sont en retard. D’autres sont dans le dur. A Charmey, nous avons réagi à temps.» Claude Gendre, directeur général de TéléCharmey SA. Mais sans garantie d’avoir de la neige, comment attirer les adeptes de la glisse sur les 30 km de pistes balisées, atteignables ici par télésiège, télécabine, assiettes, arbalètes, skilift ou tapis? Et faire que la station puisse continuer de tourner. Car neige ou pas neige, l’entretien des infrastructures se monte toujours à quelque 150 000 francs par année. Avec des hivers qui n’en sont plus vraiment, planifier l’engagement du personnel complexifie aussi grandement l’exercice. «Nous évitons d’avoir aujourd’hui une charge fixe trop importante en ressources humaines», explique Claude Gendre. Mais l’exercice montre ses limites. «Nous rencontrons des difficultés à engager durant les mois de janvier et février quand la neige commence à tomber mais que les personnes auxquelles nous pensions ont entre-temps trouvé du travail ailleurs. On y arrive finalement, mais rien n’est facile.» Avec la pluie qui se mêle dorénavant à la neige à partir de 1200–1300 mètres, s’assurer aussi que les pistes sont en bon état et fonctionnelles n’est pas une sinécure. «C’est très embêtant. Il peut neiger et pleuvoir en même temps aujourd’hui au départ. La qualité d’enneigement remonte d’environ 100 mètres tous les dix ans depuis 50–60 ans», observe-t-il. La limite à partir de laquelle les flocons tombent devrait encore franchir un palier de 200 à 300 mètres dans les vingt prochaines années, selon MétéoSuisse. «En renforçant nos activités entre Pâques et novembre, nous réalisons désormais 65% de notre volume d’affaires pendant la période estivale et 35% en hiver», détaille Claude Gendre. Mais c’est encore en hiver pourtant que les visiteurs affluent le plus à Charmey, avec des pointes jusqu’à 30 000 visites les meilleurs mois contre 20 000 au summum de l’été. Le canton de Fribourg et son service de la promotion économique ont aussi porté secours à la station gruyérienne en s’appuyant sur la nouvelle politique régionale (NPR) initiée par la Confédération. Dans ce cadre, une aide à l’innovation touristique a été apportée. Si les fanatiques d’escalade peuvent profiter en toute sécurité d’une via ferrata à Charmey, tout près de l’arrivée des remontées mécaniques, c’est grâce au canton qui a injecté près de 200 000 francs dès 2020 pour encourager le développement d’activités estivales. Et maintenir l’attractivité de la station pour le public-cible, les familles, en toute saison. Et assurer des revenus suffisants durant l’été pour diminuer l’impact du ski. Alain Meyer

Lugano, ville pilote en matière de durabilité

Grâce à leur proximité avec les citoyens et citoyennes, les villes et les communes assument une responsabilité particulière dans la réalisation des objectifs de durabilité. Avec son programme #luganosostenibile, Lugano a effectué un travail exemplaire. C’est ce qu’ont aussi reconnu les délégués du Conseil fédéral à l’Agenda 2030 qui étaient en visite à Lugano le 25 septembre 2024, lors du SDG Flag Day. La métropole financière et touristique tessinoise est une ville pilote pour la mise en œuvre des objectifs de développement durable. Elle a pu présenter sa stratégie lors d’une manifestation dans la capitale bosnienne de Sarajevo. Malgré un certain nombre de mesures détaillées et un grand engagement, beaucoup reste à faire, comme le montrent le taux de motorisation et les bouchons quotidiens. Les organisateurs de congrès souhaitent pour leur part que l’on garantisse l’existence de transports publics pour aller des hôtels aux lieux de congrès et que les hôtels respectent les objectifs de durabilité dans les domaines de l’énergie, de la gestion des déchets et du gaspillage alimentaire. Gerhard Lob

Sörenberg: entre durabilité et transformation

«Une caractéristique centrale de notre destination est son appartenance à la biosphère de l’Entlebuch reconnue par l’UNESCO», explique Simon Zobrist, directeur de Sörenberg Flühli Tourisme. La durabilité fait aussi partie intégrante de la stratégie de la commune, ajoute la présidente de la commune Hella Schnider. L’orientation durable de la bourgade de 1800 âmes est attendue jusqu’à un certain point par ses hôtes. Grâce à la création de «Top of Biosphere», les remontées mécaniques de Sörenberg ont mis en place sur le Rothorn, le plus haut sommet lucernois, une importante plateforme sur la durabilité. En ce qui concerne la gestion des ressources naturelles, Sörenberg fait preuve depuis longtemps d’une grande durabilité, affirme Hella Schnider, en citant en exemple la protection des marais. Pour les acteurs du tourisme impliqués, cette orientation durable est synonyme de recherche constante de solutions ciblées et de création d’offres attrayantes. «Nous voulons aussi miser davantage sur le tourisme estival. Nous ne pouvons pas nous en passer.» Hella Schnider, présidente de la commune de Flühli (LU) Fabrice Müller

Nouvelles voies pour le tourisme

La piste de ski qui serpente à travers une pente verte est devenue un symbole pour tous les domaines skiables de moyenne et basse altitude qui luttent pour leur survie depuis quelques années. Pour eux, le changement climatique est déjà devenu une réalité. La neige se fait d’année en année plus rare, des solutions créatives et novatrices sont nécessaires pour malgré tout attirer visiteuses et visiteurs. Charmey, dans les Préalpes fribourgeoises, a évité de peu la catastrophe il y a quelques années. La télécabine menaçait de fermer. Elle refonctionne aujourd’hui, et les nouveaux exploitants misent de manière conséquente sur le tourisme quatre saisons. Sörenberg Flühli, dans le canton de Lucerne, promeut la durabilité et s’adresse ainsi à un segment précis de touristes. Les destinations touristiques en plus haute altitude ont certes de la neige mais trop peu de logements. C’est un problème qui va croissant, car non seulement les indigènes mais aussi les employés de la branche du tourisme ont de la peine à se loger. Le Groupement suisse pour les régions de montagne a lancé sur ce thème un projet dont nous rendons compte dans ce numéro. Nous vous souhaitons une bonne lecture! «La neige se fait d’année en année plus rare, des solutions créatives et novatrices sont nécessaires pour malgré tout attirer visiteuses et visiteurs.» Nadja Sutter, rédactrice en chef «Commune Suisse» Nadja Sutter

Climat: préparer son tourisme dans les communes de montagne

Les îlots de chaleur urbains ou les inondations soudaines ne sont pas les seules conséquences du changement climatique. Les communes de montagne le savent bien. En effet, l’élévation de la limite des chutes de neige, l’accroissement de la sécheresse estivale, la fragilisation des pentes et la recrudescence des mouvements de terrain mais aussi la modification des milieux naturels et des paysages constituent des défis de plus en plus importants pour ces communes. De nombreux secteurs peuvent en pâtir, comme l’agriculture lorsque les sécheresses imposent de transporter l’eau par hélicoptère dans les alpages, ou les infrastructures, qui souffrent d’éboulements plus fréquents. Dans ce contexte, le secteur du tourisme représente un enjeu majeur pour les communes de montagne. Or, les changements climatiques transforment les pratiques touristiques et les infrastructures dédiées. Les sentiers pédestres, en particulier, se retrouvent fortement sous pression. Des approches permettent aux communes et aux professionnels de la randonnée de s’adapter et de faire face à ces nouveaux défis. C’est ce qu’a abordé un projet conjoint de Suisse Rando, Schwyzer Wanderwege et l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) en 2022 dans le cadre du Programme pilote d’adaptation aux changements climatiques avec le soutien de l’Office fédéral de l’environnement. Qu’en est-il? La multiplication des événements naturels comme les chutes de pierres ou les fortes précipitations endommagent les sentiers pédestres. De plus, l’allongement de la période estivale a pour corollaire l’augmentation du nombre de randonneurs et de vélos tout-terrain, ce qui entraîne des conflits d’usages et de lourdes conséquences pour les chemins de randonnée pédestre. Afin de garantir l’offre et la sécurité du réseau, les responsables de ce projet pilote ont proposé de sensibiliser les acteurs concernés et de leur fournir les outils adéquats pour la planification et l’entretien des chemins pédestres. Les experts ont donc analysé les effets du changement climatique sur les activités de randonnée et le réseau de sentiers pédestres des Alpes et des Préalpes. Ils ont ainsi identifié les dangers naturels pertinents et ont répertorié les types de comportement des randonneurs. Les informations recueillies dans les trois régions pilotes du Rigi (SZ/LU), de St. Niklaus (VS) et du canton des Grisons ont en outre permis d’intégrer dans le projet global des spécificités topographiques, climatiques et cantonales. A l’issue de ces travaux, les experts ont dégagé un certain nombre de recommandations pour la planification, la construction et l’entretien des chemins de randonnée pédestre. Ils ont réuni leurs conclusions dans une grille de résultats qui servira d’outil de travail aux responsables. Ces derniers pourront ainsi adapter au mieux leur infrastructure et leur offre aux effets du changement climatique et préserver l’attrait et la sécurité de ces dernières pour les usagers. Aujourd’hui, les résultats de ce projet diffusent et s’ajoutent aux nombreuses expériences locales. Les solutions proposées s’appuient, comme toujours dans le domaine de l’adaptation, sur les synergies entre les secteurs. L’Etat de Fribourg, par exemple, présente, dans son Plan Climat cantonal , une mesure de soutien au tourisme local et aux produits du terroir, associant tourisme, entreprises et communes. Il y promeut la mobilité douce et les loisirs de proximité durables afin de diversifier les types de tourisme. Dans le même temps, les communes assurent l’entretien et l’aménagement approprié des sentiers pour garantir la sécurité et la cohabitation équilibrée des usagers. Le but est donc de repenser les pratiques de façon à anticiper les usages futurs, diminuer les risques et déployer des alternatives. Ainsi se développe une combinaison optimale entre offres et infrastructures touristiques pour aboutir à des pratiques plus durables. Le climat a donc un impact fort sur les activités touristiques, pourtant essentielles aux régions de montagne. Le défi semble de taille mais grâce à la collaboration de tous les acteurs, les territoires peuvent mettre en place des structures résilientes et plus durables permettant d’assurer la pérennité du secteur. Informations: Adaptation aux changements climatiques Randonner serein en 2040 Plan Climat cantonal de l’Etat de Fribourg Guirec Gicquel

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