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Search narrowed by: Auteur: Nadja Sutter Édition: 10 | 2022 Remove all filters
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«Le système de milice est dans une phase de transition»

Christian Levrat, vous avez été pendant de longues années l’un des parlementaires fédéraux les plus influents et vous êtes depuis le 1er décembre 2021 président du Conseil d’administration de La Poste. Avez-vous encore le temps de vous engager au sein du Parlement communal de Vuadens? Christian Levrat: Oui, absolument. Le Parlement communal siège deux fois par an, à quoi s’ajoutent quelques séances de la commission des finances. C’est tout à fait faisable. Depuis 2016, je n’ai raté qu’une séance du Parlement. J’ai toutefois dû convaincre la commune de fixer les séances bien à l’avance. Prévoir spontanément une date dans un délai de deux semaines n’est pas possible pour moi. Oui. J’étais en effet une des personnes qui se sont fortement engagées pour un Parlement dans la commune. Je ne vois pas forcément mon mandat de parlementaire comme un mandat politique, mais plutôt comme un engagement en faveur de ma commune. J’aimerais rendre quelque chose. C’est une évidence pour moi. Je ne chante pas, je ne joue plus au football, c’est donc une façon de m’engager. Non. J’ai grandi à Vuadens et y suis allé à l’école. C’est un petit village de 2500 habitantes et habitants et beaucoup de gens me connaissent depuis très longtemps. Pour eux, je ne suis pas «le politicien». Un tel lieu est très important pour moi. C’est uniquement lorsque des questions réglementaires sont abordées que ma voix a plus de poids, par exemple pour savoir si une intervention peut être déposée d’une certaine façon. Dans ce domaine, j’ai plus d’expérience que la plupart des autres. Les discussions de politique financière menées à l’échelon fédéral m’aident aussi à mieux comprendre les chiffres. D’autres ont toutefois un précieux bagage acquis dans l’économie privée. Il est moins partisan et idéologique qu’au niveau fédéral. A l’échelle communale, on s’intéresse à des questions concrètes qui concernent directement mes voisins, et c’est ce qui est magnifique. Les décisions sont bien plus immédiates, les réactions et les critiques très directes. C’est pourquoi il faut avoir le cuir épais, notamment dans les exécutifs. A l’échelon fédéral, on constate peut-être après trois ans si une décision était bonne ou non. Au niveau communal, cela va beaucoup plus vite. Le nouvel aménagement de la traversée et du centre du village de Vuadens est un bon exemple. Il a été âprement débattu. Il prévoyait des restrictions pour le trafic motorisé, un thème délicat dans un village rural comme Vuadens. Nous avons eu beaucoup de discussions avec les agriculteurs. Ce projet représentait un des plus gros investissements de la commune, soit environ la moitié d’un budget annuel. Après trois ans, il a toutefois été approuvé à l’unanimité. Les gens ont examiné le projet de façon détaillée et ont conclu qu’il était sensé. Dans un tel cas, il est important d’associer les gens, d’étudier les détails et de trouver des solutions ensemble. C’était un processus de dynamique de groupe très intéressant. Je pense que non. Grâce au Parlement communal, la population est non seulement mieux représentée, mais les députés examinent les objets de façon plus approfondie. C’est pourquoi je me suis engagé en faveur d’un Parlement communal. Je m’engage activement dans la recherche de candidats et je peux dire que c’est très difficile. Pour le Parlement communal, le problème est plutôt lié au fait que les potentiels candidats ne veulent pas forcément adhérer à un parti. Pour les exécutifs se pose notamment la question de la disponibilité et du temps. Il est important ici de parler franchement aux candidats et d’expliquer ce qu’un tel mandat implique. Nous sommes dans une phase de transition. Les mandats communaux exigent de plus en de temps. De nombreuses communes apportent ensemble une solution aux tâches de plus en plus complexes et créent pour cela des associations de communes régionales dans lesquelles elles délèguent leurs conseillers communaux. Ceux-ci y ont toutefois moins d’influence, ce qui peut être frustrant. Une professionnalisation de l’administration peut aider, en permettant à l’exécutif communal de se concentrer sur les tâches stratégiques et d’être déchargé. Un engagement à temps partiel des conseillères et conseillers communaux peut aussi avoir du sens, car il montre de façon transparente quel investissement le mandat implique et comment l’on est indemnisé. Je vois aussi un certain potentiel dans les fusions de communes car l’administration acquiert ainsi une taille qui lui permet de travailler professionnellement. Si les employeurs sont souples, accordent par exemple des jours de congé ou des horaires flexibles et le font de façon transparente, c’est bien sûr une aide. A une époque de pénurie de personnel qualifié, l’attractivité des entreprises peut s’en trouver renforcée. Et celles-ci profitent aussi des activités de milice et de l’expérience ainsi acquise par leurs collaborateurs. Environ 300 employés de La Poste assument un mandat de milice dans une commune, dont le vice-président de la commune de Vuadens. Nadja Sutter

Quel avenir pour le statut de protection S? La position de l’ACS

L’invasion de l’Ukraine par la Russie en février dernier a conduit la Suisse à activer pour la première fois le statut de protection S. Celui-ci devait permettre un accueil rapide et sans complications des réfugiés de guerre en provenance d’Ukraine. Le statut de protection S est accordé pour une année et il mise sur le retour. Que va-t-il se passer une fois ce délai passé? Cela est notamment important pour les communes et les villes car elles sont en première ligne en ce qui concerne l’hébergement des réfugiés et les prestations d’intégration. Le statut de protection S a aussi occupé les Chambres fédérales. Lors d’une session extraordinaire en septembre, l’UDC a demandé dans plusieurs motions d’appliquer ce statut de protection de manière plus restrictive et de définir par exemple des régions sûres en Ukraine. Ces motions ont été rejetées à une nette majorité dans les deux Chambres. La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter a souligné que la situation était volatile et qu’il n’était pas possible aujourd’hui de déterminer des zones sûres. Un groupe de travail du Département fédéral de justice et police (DFJP) de Karin Keller-Sutter est actuellement en train d’évaluer le statut de protection S. L’Association des Communes Suisses a pris position dans ce contexte. Elle observe que le statut de protection S était approprié au début de la crise afin d’accueillir rapidement un grand nombre de réfugiés, l’enregistrement étant pris en charge de manière globale par la Confédération dans les centres fédéraux pour requérants d’asile (CFA). Le statut de protection a toutefois été fixé dans la loi dans les années 1990. Depuis, beaucoup de choses ont changé dans le système suisse de l’asile. Des points de friction sont ainsi apparus dans l’application de ce statut. Il est nécessaire d’agir au niveau législatif. Le transfert rapide dans les cantons et les communes des réfugiés ukrainiens enregistrés dans les CFA a entraîné un chamboulement des procédures d’asile éprouvées jusqu’ici. A l’échelle suisse, le non-respect au début d’une clé de répartition proportionnelle à la population a par ailleurs provoqué des inégalités régionales. Celles-ci ont encore été renforcées par une multitude de places d’hébergement offertes chez des privés. De nombreuses prestations d’intégration directes et indirectes sont fournies depuis le début de la crise par les communes et les villes. Le statut S étant orienté sur le retour des réfugiés, l’efficacité et la durabilité de nombreuses prestations d’intégration font débat. Pour l’avenir proche, il est nécessaire de disposer ici de règles mûrement pensées qui déterminent les tâches et les responsabilités dans le domaine de l’intégration et de la prise en charge. Une grande insécurité est aussi liée aux différents règlements particuliers qui privilégient les personnes au bénéfice d’un statut S par rapport aux autres requérants d’asile. Par exemple dans le domaine de l’aide sociale, du regroupement familial ou des voyages. Ce traitement inégal au sein des divers groupes de réfugiés doit être corrigé aussi rapidement que possible. L’acceptation au sein de la population, des autorités et chez les personnes directement concernées risque sinon de diminuer toujours davantage. Nadja Sutter, Fabio Pacozzi

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