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Vivre dans une insécurité constante

«Que fait-on lorsqu’on est enfermé dans un lieu étranger et que l’on vit dans l’insécurité? On cherche à sortir!» Pour Bruno Arrigoni, Syndic de Chiasso, la réponse est claire. A l’été 2023, ce sont notamment de jeunes Afghans ou Africains errant dans sa ville qui ont attiré l’attention des médias nationaux. A la suite de ces événements, Willy Lubrini, ancien footballeur et personnalité connue dans le Mendrisiotto, a fondé en 2024 l’association Mendrisiotto Regione Aperta, qui offre avec succès un programme d’activités aux demandeurs d’asile: sport, cours de cuisine, cinéma ou promenades. Mais toutes les communes tessinoises ne sont pas sur la même longueur d’onde. Au contraire. En mars, le projet du Canton visant à héberger provisoirement 40 requérants dans un hôtel vide à Rovio dans la région de Lugano a suscité des oppositions. Les 800 habitants ont lancé avec succès une pétition et les demandeurs d’asile ont ensuite été répartis dans tout le canton. «Nous parlons d’êtres humains, pas de choses, mais nous ne pouvions pas cacher les plaintes de nos concitoyens.» Bruno Arrigoni, Syndic de Chiasso Nora Hesse

Les communes saint-galloises gèrent l’intégration ensemble

En 2011, l’association Projets d’intégration Saint-Gall (TISG) des communes saint-galloises a démarré avec la création d’un restaurant pour former des réfugiés. A côté de deux restaurants de ce type, la TISG exploite aujourd’hui cinq lieux d’accueil pour l’hébergement initial des réfugiés, dont de nombreux mineurs non accompagnés, et propose diverses offres pour l’intégration sur le marché du travail. L’association conseille les communes et les aide à organiser des offres en matière d’intégration comme des cours de langues. Le modèle a notamment fait ses preuves ces trois dernières années lorsque les demandes d’asile et de statut de protection S étaient très élevées. Grâce à des structures légères, la TISG a pu réagir rapidement et sextupler ses capacités. Pour les offres d’intégration comme les cours de langues, la TISG collabore avec des partenaires privés qui ont aussi pu réagir rapidement à la hausse de la demande. Nadja Sutter

Espaces de vie pour réfugiés

Les solutions actuelles avec des containers et des appartements en location pour les demandeurs et demandeuses d’asile à Fehraltorf (ZH) n’étaient plus acceptables et pesaient fortement sur les finances publiques. A la suite de cette situation d’urgence, un projet de module de construction en bois a été réalisé en 2020. Ce bâtiment compact de quatre étages peut accueillir au moins 44 personnes dans des chambres doubles. A Fiesch (VS), la commune et le complexe Sport Resort mettent à disposition en collaboration avec le propriétaire du bâtiment «Rosentirli», la Croix-Rouge du Luxembourg, un hébergement pour les réfugiés ukrainiens. Des stages et des postes de travail leur sont proposés dans le centre d’accueil et au sein du Sport Resort, par exemple pour le nettoyage et à la cuisine. Fabrice Müller

Sortir les gens de l’isolement et les rapprocher

«A Renens, nous accueillons depuis longtemps de nombreuses personnes venant du monde entier», explique le Syndic Jean-François Clément. Aujourd’hui, 50% des plus de 22 300 habitants de Renens sont des personnes venant d’autres régions du monde et représentent 122 nationalités. «Ce côté multiculturel est notre ADN», ajoute Jean-François Clément. Mi-février 2025, Renens comptait 112 personnes ayant le statut S, c'est-à-dire des personnes qui ont fui la guerre en Ukraine. Si Renens vise à accueillir par des mesures spécifiques les populations relevant de l’asile, la ville s’engage toutefois à développer des projets pour tous les groupes de population. D’autres communes vaudoises partagent cet avis, comme Yverdon-les-Bains. La ville du lac de Neuchâtel dispose, comme Renens, d’une large palette de projets et de mesures d’intégration pour tous les nouveaux arrivants. L’EVAM (Etablissement Vaudois d’Accueil des Migrants) est en charge des prestations d’assistance destinées aux demandeurs d’asile, aux personnes avec le statut S et aux personnes admises à titre provisoire. Cela concerne entre autres le logement, les frais médicaux et les aides financières. En vue de l’intégration des personnes en quête de protection, les communes collaborent dans la mesure du possible avec les foyers EVAM. «A Renens, nous accueillons depuis longtemps de nombreuses personnes venant du monde entier.» Jean-François Clément, Syndic de Renens (VD) Plusieurs communes du canton de Vaud, comme Yverdon-les-Bains et Renens, disposent d’une politique d’intégration communale. L’un des facteurs primordiaux pour une intégration réussie, est notamment la connaissance de la langue locale. Outre les cours de langue dispensés par de nombreuses associations d’aide aux migrants, Yverdon-les-Bains propose en juillet tous les jours des «cours de français à la plage», qui sont très appréciés. Ces cours, destinés à environ 80 personnes, s’adressent à un public migrant large, et parfois des Suisses y participent aussi. En 2022, près de la moitié des participants étaient des Ukrainiens, alors qu’ils représentaient 20% en 2024. Ce projet est ouvert en priorité aux Yverdonnois, mais n’est pas fermé aux personnes résidant dans les communes voisines d’Yverdon-les-Bains selon les places disponibles. «L’idée est d’organiser les cours en dehors des écoles, pour les personnes qu’une salle de classe peut effrayer», explique Mike Magnin, chargé de l’intégration à Yverdon-les-Bains. Les cours peuvent également contribuer à l’intégration sociale. «C’est un moment de rencontre, et pour sortir les gens de l’isolement», ajoute Mike Magnin. «L’idée est d’organiser les cours en dehors des écoles, pour les personnes qu’une salle de classe peut effrayer.» Mike Magnin, chargé de l’intégration à Yverdon-les-Bains (VD) Pour promouvoir le vivre-ensemble, Yverdon collabore également depuis trois ans avec le festival culturel La Dérivée, qui a lieu à la plage en juillet, afin d’encourager les apprenants à profiter des activités gratuites du festival après les cours. Sortir les gens de l’isolement est également une préoccupation à Renens, où de nombreuses organisations soutenues par la ville proposent des activités et s’efforcent de rassembler les gens. En collaboration avec la commune de Prilly, Renens organise des cours de français en plein air pendant l’été. La bibliothèque Globlivres de Renens met à disposition des livres en près de 300 langues, dont l’ukrainien. Sur un autre plan, l’association Découvrir aide les migrants et les réfugiés ukrainiens à faire reconnaître leurs diplômes. Tandis que Nyon met par exemple à la disposition de l’association Vdoma des locaux où les familles ukrainiennes peuvent se rencontrer. Différentes structures cantonales et communales sont liées entre elles. Ainsi, le Bureau cantonal pour l’intégration des étrangers et la prévention du racisme (BCI) finance des projets d’intégration à Renens, Yverdon-les-Bains, Nyon et Lausanne, comme le projet «Sur le Chemin de l’école» à Renens. «Destiné aux enfants allophones en âge préscolaire ou aux enfants n’ayant pas fréquenté d’établissement de vie enfantine, ce projet gratuit favorise le développement de l’autonomie et la sociabilisation grâce au contact avec d’autres enfants, ainsi que la familiarisation à la langue française», explique Sara Schenker, chargée de projet pour l’intégration de Renens. Les enfants apprennent non seulement à parler français mais aussi à être en groupe et à partager. Annegret Mathari

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