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  • 12 | 2024 1
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Search narrowed by: Catégorie: Énergie et environnement Auteur: Guirec Gicquel Remove all filters
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Porrentruy, la nature pour faire face aux fortes chaleurs en ville

L’analyse des risques climatiques de l’OFEV place l’accentuation des fortes chaleurs comme l’un des principaux risques climatiques en Suisse d’ici 2060. Les enfants, les personnes âgées et celles ayant des antécédents médicaux sont particulièrement menacés. La ville de Porrentruy (JU) a pris ce problème des fortes chaleurs à bras-le-corps et a développé, dans le cadre d’un projet-pilote , des instruments innovants pour promouvoir la biodiversité et s’adapter aux changements climatiques. L’objectif était de cartographier la qualité écologique de l’espace public et de l’améliorer de manière ciblée, notamment dans les lieux fréquentés par les personnes les plus vulnérables. Il en résulta un plan directeur communal «Nature en ville» qui définit des lignes directrices concrètes pour la végétalisation résiliente des espaces verts et ouverts. Dans un premier temps, les espaces verts et leur patrimoine arboré ont été systématiquement recensés afin d’identifier les zones à améliorer en termes de biodiversité. Le plan directeur a ensuite été élaboré en mettant l’accent sur la collaboration entre tous les acteurs concernés, de l’administration aux experts en passant par la population. Cela a permis de sensibiliser à l’importance des espaces verts urbains et de garantir la bonne compréhension et l’acceptation des mesures. «Inclure la nature en ville, c’est d’abord une vision commune entre élus, spécialistes et habitants», résume Martin Kottelat, chef du secteur Urbanisme de la Municipalité de Porrentruy. «Inclure la nature en ville, c’est d’abord une vision commune entre élus, spécialistes et habitants.» Martin Kottelat, chef du secteur Urbanisme, Municipalité de Porrentruy (JU) Différentes options de végétalisation ont été testées dans les espaces publics. Les essences indigènes résistantes aux changements climatiques, capables de supporter à la fois la sécheresse et les gelées tardives ont été sélectionnées et reprises dans une liste officielle. Les propriétaires fonciers devront y choisir leurs plantations à l’avenir. Les mesures et recommandations élaborées ont été intégrées dans les instruments d’urbanisme existants afin de garantir une mise en œuvre durable et contraignante. Porrentruy a régulièrement informé ses citoyens sur ces nouvelles mesures de végétalisation et sur l’importance de la biodiversité et de l’adaptation aux changements climatiques à l’aide de panneaux d’information, de brochures et de publications sur son site internet. Les arbres jouent un rôle central dans le refroidissement des espaces urbains. Ils fournissent de l’ombre, réduisent les températures de surface et assurent un refroidissement complémentaire par évaporation. Un seul arbre peut libérer plusieurs centaines de litres d’eau dans l’air chaque jour. Cela permet de réduire sensiblement la température ambiante, ce qui s’avère vital en période de canicule. Les agglomérations sont sensiblement plus chaudes que leurs environs. Cet effet peut être ainsi considérablement atténué par une végétalisation appropriée. L’exemple de Porrentruy montre que pour réussir son adaptation aux changements climatiques, il est nécessaire de mener de concert: une planification stratégique intégrative de végétalisation, entretien compris des mises en œuvre rapides pour protéger les groupes vulnérables et montrer les effets concrets une promotion d’essences indigènes résistantes aux changements climatiques un processus de participation et sensibilisation de la population Pour les communes qui souhaitent relever des défis similaires, l’approche de Porrentruy offre donc un exemple pragmatique et efficace de promotion des espaces verts urbains pour garantir la qualité de vie face aux changements climatiques. Guirec Gicquel

Climat: préparer son tourisme dans les communes de montagne

Les îlots de chaleur urbains ou les inondations soudaines ne sont pas les seules conséquences du changement climatique. Les communes de montagne le savent bien. En effet, l’élévation de la limite des chutes de neige, l’accroissement de la sécheresse estivale, la fragilisation des pentes et la recrudescence des mouvements de terrain mais aussi la modification des milieux naturels et des paysages constituent des défis de plus en plus importants pour ces communes. De nombreux secteurs peuvent en pâtir, comme l’agriculture lorsque les sécheresses imposent de transporter l’eau par hélicoptère dans les alpages, ou les infrastructures, qui souffrent d’éboulements plus fréquents. Dans ce contexte, le secteur du tourisme représente un enjeu majeur pour les communes de montagne. Or, les changements climatiques transforment les pratiques touristiques et les infrastructures dédiées. Les sentiers pédestres, en particulier, se retrouvent fortement sous pression. Des approches permettent aux communes et aux professionnels de la randonnée de s’adapter et de faire face à ces nouveaux défis. C’est ce qu’a abordé un projet conjoint de Suisse Rando, Schwyzer Wanderwege et l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) en 2022 dans le cadre du Programme pilote d’adaptation aux changements climatiques avec le soutien de l’Office fédéral de l’environnement. Qu’en est-il? La multiplication des événements naturels comme les chutes de pierres ou les fortes précipitations endommagent les sentiers pédestres. De plus, l’allongement de la période estivale a pour corollaire l’augmentation du nombre de randonneurs et de vélos tout-terrain, ce qui entraîne des conflits d’usages et de lourdes conséquences pour les chemins de randonnée pédestre. Afin de garantir l’offre et la sécurité du réseau, les responsables de ce projet pilote ont proposé de sensibiliser les acteurs concernés et de leur fournir les outils adéquats pour la planification et l’entretien des chemins pédestres. Les experts ont donc analysé les effets du changement climatique sur les activités de randonnée et le réseau de sentiers pédestres des Alpes et des Préalpes. Ils ont ainsi identifié les dangers naturels pertinents et ont répertorié les types de comportement des randonneurs. Les informations recueillies dans les trois régions pilotes du Rigi (SZ/LU), de St. Niklaus (VS) et du canton des Grisons ont en outre permis d’intégrer dans le projet global des spécificités topographiques, climatiques et cantonales. A l’issue de ces travaux, les experts ont dégagé un certain nombre de recommandations pour la planification, la construction et l’entretien des chemins de randonnée pédestre. Ils ont réuni leurs conclusions dans une grille de résultats qui servira d’outil de travail aux responsables. Ces derniers pourront ainsi adapter au mieux leur infrastructure et leur offre aux effets du changement climatique et préserver l’attrait et la sécurité de ces dernières pour les usagers. Aujourd’hui, les résultats de ce projet diffusent et s’ajoutent aux nombreuses expériences locales. Les solutions proposées s’appuient, comme toujours dans le domaine de l’adaptation, sur les synergies entre les secteurs. L’Etat de Fribourg, par exemple, présente, dans son Plan Climat cantonal , une mesure de soutien au tourisme local et aux produits du terroir, associant tourisme, entreprises et communes. Il y promeut la mobilité douce et les loisirs de proximité durables afin de diversifier les types de tourisme. Dans le même temps, les communes assurent l’entretien et l’aménagement approprié des sentiers pour garantir la sécurité et la cohabitation équilibrée des usagers. Le but est donc de repenser les pratiques de façon à anticiper les usages futurs, diminuer les risques et déployer des alternatives. Ainsi se développe une combinaison optimale entre offres et infrastructures touristiques pour aboutir à des pratiques plus durables. Le climat a donc un impact fort sur les activités touristiques, pourtant essentielles aux régions de montagne. Le défi semble de taille mais grâce à la collaboration de tous les acteurs, les territoires peuvent mettre en place des structures résilientes et plus durables permettant d’assurer la pérennité du secteur. Informations: Adaptation aux changements climatiques Randonner serein en 2040 Plan Climat cantonal de l’Etat de Fribourg Guirec Gicquel

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