Les 16 jeunes parlementaires sont enthousiastes à l'idée de «prendre la tête»  du Parlement fédéral, en septembre 2020.

Les jeunes à la conquête des conseils communaux

18.06.2021
6 l 2021
  • La Commune

Rajeunir les salles des conseils communaux de Suisse et donner une voix aux jeunes dans leur commune: c’est l’objectif de la «Mission takeover!» qui ouvre les portes des salles des conseils communaux aux parlements des jeunes.

En tant qu’année du travail de milice, 2019 a montré une fois de plus que les jeunes adultes sont trop peu représentés dans le système suisse de milice, en particulier dans les exécutifs. Il y a plusieurs raisons à cela – le manque de temps à côté des loisirs, du travail ou de la famille, la charge de travail ou la responsabilité trop importante, le manque de connaissances sur la politique ou encore le processus de candidature en sont quelques-unes*. C’est pourquoi la Fédération Suisse des Parlements des Jeunes (FSPJ) a instauré le dialogue avec des jeunes et des jeunes adultes et organisé des tables rondes sur la problématique de la relève dans le système de milice à l’occasion de la Soirée Politique 2019. Une douzaine de propositions de réformes du système de milice suisse a été présentée par des jeunes politiciennes et politiciens. En bref: les jeunes ont des idées, ils faut juste qu’elles soient entendues.

À vos marques, prêts, takeover!

Pour répondre à cela, les domaines youpa et FPP de la FSPJ ont lancé en 2020 la «Mission takeover!». L’objectif de ce projet est de rassembler les jeunes des communes et leurs conseillers communaux et de discuter dans cette constellation des propositions de réformes pour le système de milice. Symboliquement, les jeunes prennent la tête du conseil communal et exposent leurs souhaits. Ainsi, un échange direct entre les générations a lieu et les problèmes de relève dans le système de milice peuvent être abordés à la racine.

Neuf parlements des jeunes se sont inscrits au groupe de travail et huit takeovers sont prévus dans différentes régions de la Suisse, de Genève à Lucerne en passant par le district de la Broye et par Berne.

Façonner activement la commune

Les takeovers des parlements des jeunes se déroulent en trois parties. Ils débutent par une présentation des jeunes de leurs souhaits et idées pour le système de milice suisse. Qu’est-ce qui devrait changer afin qu’ils se portent candidats au conseil communal? Y a-t-il un manque de reconnaissance pour l’engagement bénévole? Et les documents nécessaires à l’exercice d’une fonction devraient-ils être disponibles sous forme numérique? Ces questions et tant d’autres peuvent être abordées par les parlements des jeunes lors d’une présentation au début du takeover. Suite à cela, les membres des parlements des jeunes devraient pouvoir assister à une séance du conseil communal et contribuer aux points de l’ordre du jour ou adresser des requêtes. Enfin, un échange informel permet d’aborder d’autres questions urgentes. La «Mission takeover!» parvient ainsi à établir un échange politique intergénérationnel au niveau communal et montre aux jeunes qu’ils et elles peuvent façonner activement la politique dans leur environnement direct.

Reprise par les jeunes du Conseil des États et des Conseils communaux de Brigue-Glis et Yverdon

Le premier takeover restera un évènement marquant dans les livres d'histoire des parlements des jeunes. Il s'est déroulé avec 16 jeunes parlementaires dans la salle du Conseil des Etats au Palais fédéral avec la présence de Hans Stöckli, alors président du Conseil des Etats. Dans son discours de bienvenue, Hans Stöckli a réservé un accueil chaleureux aux jeunes parlementaires: «Ce sont des jeunes qui désirent s'engager. Qui cherchent des moyens d'améliorer le système de milice et qui souhaitent que les besoins des jeunes soient adressés.» Pendant le dîner, les jeunes ont posé des questions au président du Conseil des États et ont fait part de leurs souhaits concernant un système de milice suisse durable.

A Brigue-Glis également, les jeunes ont exprimé leurs idées et souhaits aux représentants de la commune, dont le vice-président Patrick Amoos. Des revendications telles que le soutien au vote au niveau communal, la mise en place d'un point d’une personne de contact qui informe les jeunes sur les possibilités d'engagement existantes et l’instauration cantonale d’une demi-heure d'éducation politique par semaine dans les écoles ont émergé.

Le Conseil des Jeunes d'Yverdon a discuté en ligne avec Jean-Claude Ruchet, entre autres, membre de l'exécutif communal, de la manière dont le Conseil des Jeunes pourrait être mieux impliqué, et à un stade précoce, dans les affaires politiques de la commune. Le Conseil des Jeunes d'Yverdon a notamment demandé à siéger dans la commission scolaire, la commission culturelle et la commission Agenda 21.

Ces deux occasions ont donné lieu à d’importantes revendications qui pourront désormais être reprises par les politiciens au Conseil des États et au niveau communal afin de rendre le système de milice plus attractif pour les jeunes. Il faut maintenant espérer que, malgré la pandémie du COVID-19, les autres parlements des jeunes motivés auront également l’occasion de «prendre la tête» de leur conseil communal pour une journée et d’y amener les points de vue des jeunes.

Olivia Borer
Cheffe d'équipe Créations et soutien Parlements des Jeunes

*Derungs, Cudrin und Dario Wellinger. 2019. PROMO 35. Politisches Engagement von jungen Erwachsenen in der Gemeindeexekutive – Analysen und Stossrichtungen. Chur: HTW Chur Verlag.