Baisse des demandes pour les instruments à vent en bois.

Les écoles de musique ont moins d'élèves

17.09.2021
9 l 2021
  • Politique sociale

La situation de pandémie a un impact sur les inscriptions dans les écoles de musique : C’est ce que montre une étude réalisée par l'Association suisse des écoles de musique suisses et la Haute école spécialisée de Lucerne. 

Que ce soit pour apprendre l’accordéon ou le chant solo ou participer à des projets de groupes de musique: un enfant sur trois fréquente l’une des nombreuses écoles de musique que compte notre pays. Pour étudier plus précisément les conséquences qui en ont résulté pour les écoles de musique au semestre d’automne 2020/21, l’Association suisse des écoles de musique (ASEM) et la Haute école spécialisée de Lucerne ont mené une enquête auprès de 391 écoles de musique rattachées à l’ASEM. Dans le cadre de cette enquête, 219 directrices et directeurs d’écoles de musique de toute la Suisse ont donné des informations sur leur situation. 60% des écoles de musique n’ont pas bénéficié de soutien financier extraordinaire132 écoles de musique (environ 60%) ont indiqué n’avoir bénéficié jusqu’ici d’aucun soutien financier extraordinaire en lien avec les mesures contre le Covid-19. 21% des écoles de musique ont obtenu des fonds extraordinaires des pouvoirs publics, et 13% des contributions visant à couvrir la réduction des horaires de travail. Près de 11% ont utilisé leurs propres réserves pour faire face aux besoins immédiats. 

Recul des inscriptions parfois supérieur à 10%.

Plus de la moitié des écoles de musique ont enregistré des reculs dans l’enseignement instrumental et vocal individuel au semestre d'automne 2020/2021 par rapport à la même période de l'année précédente. Ces baisses ont parfois dépassé les 10%. Par comparaison, les reculs ont été moins marqués dans les autres formes d'enseignement, comme les cours en grands groupes, les offres pour ensembles et grandes formations, ou encore dans le domaine préscolaire: ici, seulement environ une école de musique sur trois indique avoir enregistré des diminutions.«Pour certains parents, les incertitudes quant aux conséquences de la pandémie jouent certainement un rôle dans la décision d’inscrire ou non leur enfant à une école de musique», relève le directeur du projet Marc-Antoine Camp, de la Haute école spécialisée de Lucerne. 

Un nombre particulièrement élevé d’écoles de musique ont indiqué que le nombre d’inscriptions dans l’enseignement du chant avait reculé en raison de la pandémie (26%). Un peu moins de 11% des écoles de musique attribuent en revanche le recul à une tendance pluriannuelle.La moitié environ des écoles de musique ont enregistré des baisses d’inscriptions dans les bois et les cuivres. Si un tiers des écoles de musique ont attribué ces baisses à une tendance pluriannuelle, au moins 14% des écoles de musique estiment que la pandémie est responsable du recul observé dans ces deux groupes d’instruments.

Mesures prises online et offline

Pour enrayer le recul, la plupart des écoles de musique ont pris des mesures spécifiques: ainsi, près des trois quarts des prestataires ont accordé des délais d’inscription flexibles ou proposé des offres découverte élargies (49%).

«Cependant, le principal intérêt de ce genre de présentation est que l’on peut essayer soi-même les instruments. C’est pourquoi les mesures en ligne ont finalement été jugées peu efficaces par la plupart des écoles de musique», explique Marc-Antoine Camp.