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Search narrowed by: Auteur: Selina Droz Édition: 3 l 2023 Remove all filters
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Des villages de montagne s’engagent pour leurs jeunes

Roxanne Giroud: Ces communes font partie du district d’Entremont. Le point le plus bas, le hameau de la Duay, se situe à 800 m d’altitude; le point le plus haut, la pointe d’Argentière, se trouve à 3902 m. Elles totalisent environ 4000 habitants, répartis sur une superficie de 225 km 2 . C’est donc une région escarpée et sauvage. Orsières et Liddes ont une frontière commune avec la France et l’Italie. J’ai le sentiment que la mentalité d’ici est influencée par les pays voisins et que l’on peut y ressentir une certaine dimension internationale. Le tourisme joue bien sûr un rôle important, surtout en été. Le «Service d’animation socioculturelle du district d’Entremont» (ASDE) est responsable de l’animation jeunesse. Trois personnes, ainsi qu’une apprentie ou un apprenti, occupent des postes pour un équivalent de 250%. C’est dire que nous sommes montés en puissance, puisqu’en 2016, j’ai débuté seule avec un taux d’activité de 20%. A l’époque, engager une personne pour l’animation jeunesse constituait une démarche pionnière dans la région. Je dois ajouter que mon emploi ne se limitait pas exclusivement à l’animation jeunesse, mais aussi à la promotion de la cohésion sociale. Ainsi, tous les groupes de la population pouvaient se sentir concernés; ce qui a aidé à reconnaître l’importance de la fonction. Les associations de jeunesse jouent un rôle important chez nous. Les écoles sont également de bons partenaires pour l’animation jeunesse. Basile Darbellay, conseiller municipal de Liddes, m’a contactée en 2018, après avoir lu un article dans la revue du SAB «montagna», au sujet des communes de montagne s’engageant en faveur de leurs jeunes. Nous avons alors porté le projet ensemble, en collaboration avec un conseiller communal d’Orsières. Le fait que l’idée ne vienne pas de moi, mais des autorités locales elles-mêmes, a grandement simplifié les choses. Je pense que oui. Le label a surtout créé un caractère plus contraignant. Il remplace, pour ainsi dire, le «règlement jeunesse», document qui n’est pas toujours facile à établir. Les communes sont désormais tenues de s’engager en faveur de leurs jeunes, même s’il y a par exemple des changements au sein des organes politiques. «Les communes sont désormais tenues de s’engager en faveur de leurs jeunes, même s’il y a par exemple des changements au sein des organes politiques.» Roxanne Giroud, responsable de l’animation jeunesse district d’Entremont Oui, bien sûr. De manière générale, les jeunes sont désormais considérés comme faisant partie de la communauté et on leur demande leur avis. Naturellement, il y a eu ici et là quelques critiques. Mais nous nous sommes beaucoup investis dans le domaine des échanges intergénérationnels. Concrètement, la plupart des rencontres avec les jeunes ont été perçues de manière positive. Ce qui me semble également important, c’est que le label, tel qu’il est conçu, s’adresse à d’autres groupes de jeunes que, par exemple, les associations de la jeunesse. Chez nous, ce sont presque exclusivement des filles qui s’engagent au sein du «Forum des jeunes». On donne ainsi une voix aux personnes moins extraverties, ce qui me paraît positif. Un joli effet secondaire du label a été que certaines activités, qui étaient déjà proposées depuis longtemps, ont soudain acquis une nouvelle dimension. Par exemple, une enseignante faisait régulièrement cuire du pain avec ses élèves dans un vieux four à bois. Avec le temps, la motivation a quelque peu diminué. Grâce au label, la fabrication du pain est désormais devenue une activité favorisant les échanges intergénérationnels. Elle a donc obtenu une nouvelle légitimité. Oui, beaucoup de choses ont été faites ces dernières années. L’an passé, nous avons pu introduire la cadence à la demi-heure pour le train d’Orsières. Il était également important que l’école du village de Liddes puisse être maintenue et que la commune investisse dans la construction d’une structure d’accueil de jour; c’est-à-dire une crèche et UAPE. Deux problèmes non résolus me viennent spontanément à l’esprit. Le premier concerne la mobilité. Lorsque les jeunes veulent sortir pour faire la fête, ils ne peuvent pas compter sur les transports publics, ce qui entraîne des risques d’accident. Nous sommes en train d’organiser une solution de taxi ou de covoiturage fonctionnant via une application pour sécuriser ces trajets festifs. Ce qui est également difficile pour moi, c’est le harcèlement des enfants et des jeunes qui ne correspondent pas tout à fait à la norme. Ce problème est peut-être encore plus aigu dans les régions reculées que dans les villes. Ce sont alors précisément ces jeunes qui quittent le plus rapidement possible le village et qui souvent ne veulent plus y revenir; ayant perçu négativement la vie villageoise. C’est peut-être aussi pour cela qu’il est si difficile de changer certains schémas de pensée; car ceux qui sont différents sont souvent exclus. Je pense que c’est là aussi qu’il faudrait intervenir. Selina Droz

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