Des repas équilibrés et durables pour les enfants
Gregory Pellissier: La commune de Marly a créé en 2021 une cuisine centralisée pour préparer des repas équilibrés et durables pour les enfants accueillis dans les structures communales. Dès le départ, nous avions la volonté de valoriser cette démarche: le label Fourchette verte - Ama terra a été adopté tout de suite, et en 2023 nous avons signé la charte Cuisinons Notre Région. Aujourd’hui, une crèche et deux accueils extrascolaires sont livrés, pour un total de 200 repas par jour. Dans le courant de l’année 2024, s’ajouteront une nouvelle crèche et la livraison de repas pour le personnel communal. La commune compte aujourd’hui près de 10 000 habitants et elle est en pleine expansion. Jan Descloux: La durabilité des repas ainsi que le soutien à l’économie régionale nous tiennent à cœur. Les aliments choisis proviennent en grande partie de la région fribourgeoise et sont pour la plupart bio. A titre d’exemple, toutes les farines et les légumes que nous utilisons sont bio et locaux. En outre, l’éducation au goût est fondamentale: les enfants doivent pouvoir découvrir de nouvelles saveurs, sous de nouvelles formes. Puisque l’on mange d’abord avec les yeux, la présentation de l’assiette joue aussi un rôle majeur. Gregory Pellissier: Notre chef de cuisine Jan Descloux sera secondé par un collaborateur dès février 2024. Toutefois, notre cuisine se veut inclusive. La commune a mandaté l’association «De toutes nos forces» qui offre la possibilité à des personnes en situation de handicap de s’insérer professionnellement. Ces personnes travaillent tous les jours en cuisine et livrent les repas. Jan Descloux: Un important défi auquel nous sommes confrontés est celui de former les personnes qui accompagnent les enfants, leur servent les repas et mangent avec eux. Ces personnes jouent un rôle fondamental dans l’appréciation des repas par les enfants: ils sont des modèles. En termes de durabilité, le gaspillage représente un défi constant. Grâce aux achats de proximité, nous avons déjà réussi à remplacer une grande partie des emballages en plastique en privilégiant les fruits et légumes en vrac et les contenants en verre réutilisables pour le lait et les yogourts. Nous collaborons aussi avec l’association «Frütile» qui valorise les fruits invendus en confiture. En ce qui concerne la planification des menus, tout est calculé minutieusement pour éviter le gaspillage. S’il arrive malgré ça qu’une partie de la nourriture ne soit pas servie, elle est congelée et revalorisée dans un autre menu. D’autres pistes sont à l’étude pour limiter le gaspillage. Dernier défi: les coûts. Malgré tous les efforts, l’augmentation des coûts des aliments, de l’électricité, etc. a une incidence sur le prix des menus. Actuellement, le coût de revient de nos repas, en marchandises, est d’environ 4 francs. Gregory Pellissier: Nous encourageons toutes les communes à entreprendre cette démarche. Elle nous donne une grande satisfaction et elle est appréciée par la population. Faire le premier pas demande de l’énergie. Une fois le roulement instauré, on s’aperçoit que cela fonctionne très bien. Notre commune en est l’exemple. S’investir afin d’offrir des repas équilibrés et durables en vaut la peine: cela est fondamental pour le bien-être des enfants. Pour certains enfants, manger dans nos structures représente le seul repas sain et équilibré. C’est donc une occasion privilégiée. Elisa Domeniconi