Une place de jeux très attrayante
Un brouillard épais plane sur le lac de Sarnen, le froid est mordant en ce jour d’hiver. Mais cela n’a pas dissuadé deux familles de se rendre sur la place de jeux «Kapitän Zinsli» à Sarnen (OW), directement au bord du lac. Bien emmitouflés, deux petits enfants ramassent consciencieusement du sable avec une pelle pour le verser sur une installation de jeu en bois. Un peu à l’écart, dans sa combinaison orange, Wisi Kathriner assiste à la scène et sourit. L’activité des enfants va lui donner du travail plus tard. Deux fois par semaine, ce responsable de l’équipe des espaces verts du Service d’exploitation de la commune de Sarnen consacre quelques heures à l’entretien du terrain de jeux. Il remplit les trous que les enfants ont creusés dans le sable, taille les buissons, tond la pelouse pendant la belle saison et contrôle régulièrement l’ensemble de l’infrastructure. Une vérification est justement nécessaire actuellement. L’aire de jeux a été créée en 2012 et est notamment composée de bois. Les équipements et la clôture en bois autour du terrain sont exposés aux intempéries depuis douze ans et cela se voit. Le jeu en forme de bateau et certains bancs ainsi que des poteaux ont déjà dû être remplacés par la commune. «Si l’on veut avoir une belle place de jeux proche de la nature, il faut investir du temps et de l’argent pour son entretien», argue Wisi Kathriner. L’aire de jeux «Kapitän Zinsli» a été construite en 2012, à l’occasion des 125 ans de la Banque cantonale d’Obwald (OKB). «L’OKB voulait reverser quelque chose à la population pour cet anniversaire», relève Alex Mathis, responsable de l’administration communale de Sarnen. C’est pourquoi elle a décidé de créer une nouvelle place de jeux, en remplacement de l’ancien terrain plus petit. La nouvelle place lui doit aussi son nom: «Zinsli» est la mascotte de ses offres pour enfants. L’OKB a financé les équipements ludiques, le Service d’exploitation de la commune a assumé les travaux et s’occupe depuis de l’entretien. La place de jeux a coûté environ un demi-million de francs. Les travaux ont duré trois mois et ont été effectués en étroite collaboration avec l’entreprise Iris Spielwelten. Wisi Kathriner a déjà collaboré à la construction de l’aire de jeux. «Elle répond à un concept pédagogique. Nous n’avons pas choisi des équipements au hasard», se souvient-il. Le terrain de jeux était censé être proche de la nature et offrir diverses possibilités de découvertes aux enfants. On a ainsi principalement misé sur des matériaux naturels: bois, cordes de chanvre, pierres, sable. Celui-ci sert, d’une part, de protection en cas de chute et invite, d’autre part, les enfants à la création. «Nous avons volontairement choisi du sable et non des copeaux de bois. Ceux-ci se décomposent en effet avec le temps et salissent l’ensemble du terrain.» Les enfants peuvent découvrir ensemble de nombreuses possibilités de grimper, se balancer et glisser. Des sièges permettent de se reposer. Divers arbres et buissons offrent de l’ombre en été mais aussi des cachettes aux enfants. Le jeu d’eau est un des attraits principaux. Les enfants peuvent retenir l’eau, la laisser couler à travers des canaux ou la pomper avec un levier. L’eau circule d’avril à la mi-octobre et est arrêtée pendant la saison froide. «Les parents qui connaissent bien la place de jeux emmènent la plupart du temps des habits de rechange car ils savent que les enfants seront mouillés», précise Wisi Kathriner, en souriant. Pour Sarnen, la place de jeux est devenue une véritable attraction publique. «Des gens de toute la région et pas seulement de la commune viennent ici, indique Alex Mathis. En été, l’endroit est extraordinairement animé.» La beauté du lieu y contribue aussi. L’aire de jeux est située directement au bord du lac, à côté d’un terrain de pétanque et de terrains de football et non loin de la piscine. Malgré cette grande fréquentation, la commune n’a pas constaté de problèmes de vandalisme. «Au bord du lac, il y a de la place et des infrastructures pour toutes les tranches d’âge. On accepte que ces installations soient là pour les enfants.» Nadja Sutter