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Beaucoup d’incertitudes subsistent – mais les villages dévastés regardent vers l’avenir

De fortes chutes de pluie ont provoqué de graves inondations et laves torrentielles en Suisse au début de l’été, notamment dans les régions de montagne. Des villages comme Lostallo (GR) et Saas-Grund (VS) ainsi que la Valle Maggia (TI) ont enregistré d’importants dégâts, des maisons et des infrastructures ont été endommagées et plus de dix personnes ont perdu la vie. Malgré la tragédie et les conséquences financières encore incertaines, les communes concernées mettent tout en œuvre pour redimensionner leurs infrastructures de protection là où cela est nécessaire, pour accélérer la reconstruction et ne pas négliger des projets déjà planifiés. Des campagnes de dons soutiennent aussi bien les communes que la population locale. «L’intensité avec laquelle les débris sont descendus est inimaginable.» Timo Cadlolo, secrétaire de l’Associazone dei Comuni valmaggesi Fabio Pacozzi

Plateforme interactive d’indicateurs énergie-climat pour l’Ouest lausannois

Les huit communes de la Région-Energie Ouest lausannois – Bussigny, Chavannes-près-Renens, Crissier, Ecublens, Prilly, Renens, Saint-Sulpice et Villars-Sainte-Croix – couvrent une superficie de 2581 hectares et comptent presque 80 000 habitantes et habitants. Depuis 2016, ces communes vaudoises travaillent ensemble sur le Plan directeur intercommunal (PDi), adopté en 2021. Le volet «Energie» du PDi présente une planification énergétique territoriale basée sur un diagnostic énergétique du parc bâti, qui vise à réduire la consommation d’énergie du bâti par habitant et à augmenter la part d’énergie renouvelable locale. En matière d’énergie, une stratégie sectorielle d’approvisionnement a été définie et assortie de principes d’intervention. De plus, des éléments de mise en œuvre ont été élaborés pour les communes. Afin d’assurer le suivi des objectifs définis pour chaque commune et pour l’Ouest lausannois, une plateforme en ligne interactive et évolutive permettant de valoriser les résultats du volet «Energie» du PDi a été réalisée. «Cette plateforme grand public permet de visualiser et de communiquer, grâce à des indicateurs reproductibles et pertinents, de manière transparente la consommation énergétique et les émissions de CO 2 pour chacune des huit communes ainsi que pour l’ensemble du district. Elle permet de suivre l’évolution annuelle et de contrôler si la Région-Energie s’oriente bien vers les objectifs communaux, cantonaux et fédéraux liés à la transition énergétique», précise Benoît Biéler, directeur Stratégie et développement de l’Ouest lausannois (SDOL). «Notre démarche a débuté par la définition des indicateurs de suivi énergie-climat de base, directement tirés de la planification énergétique du PDi, ainsi que par l’élaboration d’une liste d’indicateurs complémentaires communs», explique Benoît Biéler. Pour cela, des ateliers ont réuni en 2022 les délégués à l’énergie de chacune des huit communes, ainsi que le bureau SDOL et les mandataires Navitas Consilium SA. «Les discussions ont davantage porté sur la manière de présenter les données (type de graphique, présentation des chiffres en pourcent ou en absolu, possibilité ou non de comparer dans le temps et dans l’espace, etc.) que sur le choix des thèmes», précise Benoît Biéler. À l’automne 2023, une première version de la plateforme a été présentée aux communes, qui ont pu faire des remarques concernant les fonctionnalités et le design. Avec le soutien du mandataire et du bureau, les communes se sont ensuite lancées dans la récolte des données les plus récentes afin d’alimenter la plateforme. Le tableau de bord interactif a finalement été mis en ligne en juillet 2024 à l’adresse suivante: www.ouest-lausannois.ncsa.ch . «Cette plateforme permet de visualiser la consommation énergétique et les émissions de CO 2 pour chacune des huit communes.» Benoît Biéler, directeur Stratégie et développement de l’Ouest lausannois (SDOL) Les différents indicateurs présentent les énergies aussi bien par types (électricité, carburants fossiles ou renouvelables, etc.) que par secteurs (mobilité, rénovation du bâti, bâtiments communaux, etc.). Les tableaux graphiques permettent de visualiser en détail la consommation énergétique et les émissions de CO 2 : soit par commune en comparaison avec le district, soit en option, en comparaison avec une autre commune. «La mise à jour des données se fera annuellement. Pour cela, une méthodologie a été définie pour chaque indicateur de manière à pouvoir reproduire le travail sur la durée et à obtenir des données comparables. En effet, les données récoltées par les responsables de l’énergie des communes proviennent de nombreuses sources différentes et il faut pouvoir les agréger de façon cohérente», explique Benoît Biéler. L’Ouest lausannois est une Région-Energie du programme de «SuisseEnergie pour les communes» . Ce programme favorise la collaboration intercommunale structurée au sein de laquelle les communes et les villes ainsi que leurs habitantes et habitants, entreprises et organisations poursuivent des objectifs de politique énergétique communs. Les régions participantes bénéficient de conseils spécialisés, d’événements de mise en réseau et de subventions attractives. Ainsi, l’élaboration des indicateurs énergie-climat de l’Ouest lausannois a été soutenue par le programme de soutien Région-Energie qui s’adresse aux régions et communes au sein d’un réseau intercommunal existant et offrant des subventions allant de CHF 15 000 à CHF 30 000 par an. Un prochain appel à projets sera lancé en mars 2025. Vers le tableau de bord énergie et climat de la Région-Energie Ouest lausannois Plus d’informations sur le programme Région-Energie Vérène Gaillard

Le ruissellement, un défi pour les communes

En raison de l’augmentation des fortes précipitations, conjuguée à la densification du milieu bâti, le ruissellement est devenu un danger naturel à prendre au sérieux. La visite à Meiringen a montré l’utilité pour les communes des deux outils «Potentiel de dommages dus au ruissellement» du Laboratoire Mobilière à l’Université de Berne et «Carte de l’aléa ruissellement» de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). D’une part, ils permettent d’évaluer plus globalement la situation en matière de danger, complètent les connaissances locales des responsables de la commune et contribuent à la sensibilisation. D’autre part, ils peuvent être utilisés pour la planification de l’urbanisation et fournissent des arguments pour exiger des mesures de protection des objets lors de demandes de construction. Informations: www.ruissellement.risquedecrues.ch www.risquedecrues.ch Rouven Sturny, Rolf Weingartner

Forestiers éclaireurs à l’affût des dangers naturels  

Garde forestier pour la région englobant les communes de Charmey, Crésuz et Châtel-sur-Montsalvens, Michael Pachoud est engagé à l’année par la corporation forestière, laquelle a reçu mandat du canton de couvrir des tâches légales sur une surface totale de 3000 ha de forêt, dont 1300 en mains publiques. Surveillance, martelage et conseils aux propriétaires privés lui incombent aussi selon la loi cantonale sur les forêts et la protection contre les catastrophes naturelles. Mais des tâches plus administratives comme la direction et le suivi des chantiers forestiers s’ajoutent à son cahier des charges pour les forêts publiques. Dont beaucoup ont fonction de forêts protectrices. Tri et vente des bois sont aussi de son ressort. Sillonnant la région depuis l’enfance, ce résident de Châtel-sur-Montsalvens en connait tous les recoins. Exceptés des champignonneurs et chasseurs, peu de monde s’aventure là où il se risque. Pour couvrir cette zone de basse montagne située entre 900 et 2000 mètres, le canton l’a choisi pour anticiper les dangers naturels et alerter les autorités des risques. Glissements de terrain et chutes de pierres en particulier peuvent obstruer la route cantonale et entraîner des laves torrentielles. Par deux fois l’an passé – le 11 novembre et le 14 décembre – le cours d’eau de la Jogne est également sorti de son lit près de Charmey, contraignant des habitants à quitter temporairement leurs logements. De la neige s’était accumulée dès l’automne en altitude, suivie d’une fonte rapide et de fortes pluies. «En quelques heures, la rivière est montée jusqu’à un niveau exceptionnel, ce qui nous a pris de vitesse», se souvient Michael Pachoud à propos de la première inondation. Un mois plus tard et après la mise en place de mesures préventives, l’équipe était plus rassurée. Mais de son aveu, entre les travaux d’avant la crue, la gestion des deux crises et la remise en état du terrain, le forfait de 42 heures par an que le canton lui accorde a été largement dépassé l’année dernière. Fribourg rétribue ses conseillers en DN au moyen d’une enveloppe couvrant un certain nombre de jours par an (voir encadré). «Ce forfait peut s’avérer généreux les années où peu d’interventions sont nécessaires, mais il n’est pas suffisant quand les éléments se déchaînent. Il faudrait dès lors trouver un calcul plus équitable en fonction des régions», explique-t-il. D’autant qu’avec les effets du changement climatique, le pensum pourrait augmenter. Le canton se dit disposé à effectuer une nouvelle analyse si les charges sont plus importantes de manière systématique. «Les communes peuvent compter sur une carte des dangers réajustée et un cadastre des faits survenus.» Michael Pachoud, garde forestier et conseiller dangers naturels Courroies de transmission entre différents intervenants (autorités, pompiers, police, génie civil, etc.) en cas d’événement imprévu, ces experts ne possèdent cependant aucun pouvoir décisionnel. «Quand le niveau de la Jogne monte jusqu’à devenir limite, je contacte la commune concernée et lui suggère de se préparer en positionnant par exemple une machine de déblayage à un endroit», dit-il. La commune peut ensuite alerter la population si nécessaire via les médias et des applications. A l’affût des zones sensibles, Michael Pachoud a accompagné l’automne dernier le commandant des pompiers qui pilotait les opérations lors des crues, l’informant des risques pour les habitations. «Cet épisode a servi d’enseignement. Une balise qui mesure l’altitude du niveau de l’eau a été installée depuis. Les communes peuvent compter aussi sur une carte des dangers réajustée et un cadastre des faits survenus», précise-t-il. Le Gruyérien ajoute que ces documents ne remplacent pas toujours le savoir-faire. «J’ai été assez proactif jusqu’ici, ce qui permet de gérer les situations plus facilement. Les entreprises forestières ou actives dans le génie civil jouent le jeu lorsque je leur explique qu’elles doivent être prêtes.» Des filets de protection ont été installés aussi dans la vallée de la Jogne pour éviter les éboulements. «Nous ne pouvons guère faire plus. Fin août, des propriétaires m’ont averti qu’un bloc de pierre s’était déposé à 1 mètre de chez eux. Je suis allé les rassurer, puis ai documenté l’événement pour l’Etat.» Le rapport a été archivé dans une banque de données consultable sur le guichet cartographique cantonal. Alain Meyer

Anticiper les pluies intenses, la canicule et la sécheresse

La densification progressive et l’exploitation exacerbée de l’espace de vie aboutissent, en de nombreux endroits, à une imperméabilisation supplémentaire des surfaces. En été, l’asphalte, le béton et le verre chauffent les rues et les bâtiments. L’eau de pluie qui se déverse sur les toits, les places et les voies de circulation est souvent acheminée ailleurs. Comme elle n’est pas stockée temporairement dans le sol et dans les plantes, elle fait défaut lors des jours de grande chaleur. En cas de pluies surabondantes, l’eau ne peut pas infiltrer les sols; elle surcharge alors les canalisations et accroît, ce faisant, le risque d’inondation. Si l’eau ne peut pas directement infiltrer les sols en cas de fortes pluies, l’eau de ruissellement s’écoule sur le sol; traversant les champs et suivant les routes, elle pénètre ensuite dans les zones urbanisées où elle peut s’engouffrer par les ouvertures des bâtiments situées à ras du sol et causer des dégâts considérables. L’eau de ruissellement compte pour la moitié des dommages causés par les inondations. Des aménagements extérieurs doivent être réalisés pour dévier l’eau de ruissellement autour des bâtiments et créer des zones d’infiltration. L’eau de pluie peut être absorbée sur des toits plats végétalisés, dans des jardins ou sur des places non étanches. En outre, elle peut être captée et utilisée pour l’irrigation ou comme eau de service. Si la pluie est intégrée comme une des données de base lors de la planification d’un nouveau projet, le volume d’eau s’écoulant dans les canalisations en cas de pluies intenses ainsi que le risque de reflux peuvent être réduits. Dans ce contexte, le concept de la «ville éponge» mérite que l’on s’y attarde. La notion de «ville éponge» réunit sous un même chapeau les aspects d’adaptation climatique, de prévention des dangers naturels, de biodiversité et de qualité de vie. Les espaces urbains devraient pouvoir absorber, comme une éponge, le plus d’eau possible et la stocker provisoirement. Ainsi, les plantes auraient de l’eau pendant les périodes de sécheresse. En outre, les sols proches de l’état naturel, qui sont végétalisés et perméables à l’eau, emmagasinent moins de chaleur que les surfaces imperméables; ils contribuent ainsi à rafraîchir l’air ambiant par le biais de l’évaporation ainsi que de l’ombre qu’apportent les arbres. L’effet s’apparente à une «climatisation naturelle», laquelle permet de combattre les îlots de chaleur. En cas de pluies intenses, l’infiltration ciblée de l’eau de pluie réduit également le ruissellement de surface. Certains nouveaux projets de construction intègrent d’ores et déjà des éléments du concept de «ville éponge». Il en va ainsi du lotissement Parco Casarico situé à proximité du Lago di Muzzano dans la région de Lugano. Les nombreux éléments de la «ville éponge» intégrés dans ce lotissement ont montré des effets positifs en termes de gestion des eaux de pluie. Outre la partie privative accessible uniquement aux habitantes et habitants, le lotissement est agrémenté d’un parc de quartier ouvert à tous. Dès le début du projet, l’aménagement paysager a été intégré dans la planification, et des stratégies écologiques ont été prises en considération. La question de la gestion des eaux de pluie a fait l’objet d’une grande attention. La combinaison en cascade de divers éléments permet de gérer même des pluies très intenses à l’intérieur du lotissement. Les bâtiments sont équipés de toitures végétalisées de manière extensive qui retiennent une partie de l’eau de pluie. L’excédent d’eau de pluie est dirigé vers des dépressions d’infiltration situées à proximité des bâtiments; en cas de pluies intenses, un bassin de rétention central d’aspect naturel sert de réservoir. L’eau de ruissellement qui se forme en haut de la pente en cas de pluies intenses ainsi que l’eau de pente sont collectées dans des fosses végétalisées et acheminées vers un biotope central au moyen d’un lit de ruisseau artificiel. Les plantes choisies pour la végétalisation sont adaptées au climat et résistantes à la chaleur. Les arbres ont été plantés de manière à leur laisser un volume de terre suffisant pour le développement de leurs racines. L’ensemble des infrastructures ont été placées sous les chemins et les murs pour favoriser au maximum la capacité d’infiltration du sol et le développement racinaire. Le projet réduit à son plus bas niveau l’effet d’îlot de chaleur de l’environnement urbain. La plupart des surfaces ont été recouvertes de matériaux perméables, notamment les places de stationnement pour visiteurs et les voies d’accès pour les véhicules d’urgence. Divers éléments retiennent l’eau dans le sol et sur les toits, ce qui favorise l’évaporation au même titre que la végétation foisonnante et les nombreux plans d’eau à ciel ouvert. Ce phénomène fait baisser la température ambiante et soulage les canalisations. L’environnement naturel et vivant offre par ailleurs une qualité de vie élevée. Lukas Weibel

Cours d’eau naturels certifiés «Rivière Perle PLUS»

L’association Rivières Perles attribue le label «Rivière Perle PLUS» aux cours d’eau naturels afin de valoriser leur potentiel écologique et récompenser les responsables locaux. Certifiée en juin, la Goldach est la troisième rivière en Suisse à avoir reçu le label «Rivière Perle PLUS». Le WWF a reconnu le potentiel du cours d’eau qui traverse les communes de Rehetobel, Speicher, Trogen et Wald en Appenzell Rhodes-Extérieures. Celles-ci se sont engagées ensemble à prendre soin de la Goldach, à mettre en œuvre des mesures de renaturation et à sensibiliser la population à la protection de la nature. Le projet est basé sur le volontariat et une approche participative qui intègre tous les groupes intéressés. Les quatre communes se préparent maintenant au renouvellement de la certification prévu pour 2029. Informations: www.r iviereperleplus.ch Fabrice Müller

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