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Search narrowed by: Catégorie: Énergie et environnement Auteur: Lukas Weibel Remove all filters
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Protection contre les pluies intenses et les inondations

Les orages peuvent provoquer à tout moment et en tout lieu des précipitations abondantes et causer d’énormes ravages. Environ la moitié des dommages causés par les inondations ne sont pas dus à la crue de rivières, de ruisseaux ou de lacs, mais au phénomène du ruissellement de surface. Pour réduire ou éviter les dégâts, les bâtiments devraient être construits et entretenus de manière à résister le plus possible aux intempéries et aux dommages. Le phénomène de pluies intenses peut se produire partout en Suisse, il ne s’agit donc pas seulement de protéger les bâtiments à proximité de plans ou de cours d’eau. Environ deux tiers des bâtiments sont aussi susceptibles d’être touchés par le ruissellement de surface. Dans le cadre de la planification et de la mise en œuvre des mesures de protection, il est donc essentiel d’identifier les voies d’écoulement des eaux de pluie. Vous trouverez davantage d’informations sur: www.protection-dangers-naturels.ch/eau Lukas Weibel

Anticiper les pluies intenses, la canicule et la sécheresse

La densification progressive et l’exploitation exacerbée de l’espace de vie aboutissent, en de nombreux endroits, à une imperméabilisation supplémentaire des surfaces. En été, l’asphalte, le béton et le verre chauffent les rues et les bâtiments. L’eau de pluie qui se déverse sur les toits, les places et les voies de circulation est souvent acheminée ailleurs. Comme elle n’est pas stockée temporairement dans le sol et dans les plantes, elle fait défaut lors des jours de grande chaleur. En cas de pluies surabondantes, l’eau ne peut pas infiltrer les sols; elle surcharge alors les canalisations et accroît, ce faisant, le risque d’inondation. Si l’eau ne peut pas directement infiltrer les sols en cas de fortes pluies, l’eau de ruissellement s’écoule sur le sol; traversant les champs et suivant les routes, elle pénètre ensuite dans les zones urbanisées où elle peut s’engouffrer par les ouvertures des bâtiments situées à ras du sol et causer des dégâts considérables. L’eau de ruissellement compte pour la moitié des dommages causés par les inondations. Des aménagements extérieurs doivent être réalisés pour dévier l’eau de ruissellement autour des bâtiments et créer des zones d’infiltration. L’eau de pluie peut être absorbée sur des toits plats végétalisés, dans des jardins ou sur des places non étanches. En outre, elle peut être captée et utilisée pour l’irrigation ou comme eau de service. Si la pluie est intégrée comme une des données de base lors de la planification d’un nouveau projet, le volume d’eau s’écoulant dans les canalisations en cas de pluies intenses ainsi que le risque de reflux peuvent être réduits. Dans ce contexte, le concept de la «ville éponge» mérite que l’on s’y attarde. La notion de «ville éponge» réunit sous un même chapeau les aspects d’adaptation climatique, de prévention des dangers naturels, de biodiversité et de qualité de vie. Les espaces urbains devraient pouvoir absorber, comme une éponge, le plus d’eau possible et la stocker provisoirement. Ainsi, les plantes auraient de l’eau pendant les périodes de sécheresse. En outre, les sols proches de l’état naturel, qui sont végétalisés et perméables à l’eau, emmagasinent moins de chaleur que les surfaces imperméables; ils contribuent ainsi à rafraîchir l’air ambiant par le biais de l’évaporation ainsi que de l’ombre qu’apportent les arbres. L’effet s’apparente à une «climatisation naturelle», laquelle permet de combattre les îlots de chaleur. En cas de pluies intenses, l’infiltration ciblée de l’eau de pluie réduit également le ruissellement de surface. Certains nouveaux projets de construction intègrent d’ores et déjà des éléments du concept de «ville éponge». Il en va ainsi du lotissement Parco Casarico situé à proximité du Lago di Muzzano dans la région de Lugano. Les nombreux éléments de la «ville éponge» intégrés dans ce lotissement ont montré des effets positifs en termes de gestion des eaux de pluie. Outre la partie privative accessible uniquement aux habitantes et habitants, le lotissement est agrémenté d’un parc de quartier ouvert à tous. Dès le début du projet, l’aménagement paysager a été intégré dans la planification, et des stratégies écologiques ont été prises en considération. La question de la gestion des eaux de pluie a fait l’objet d’une grande attention. La combinaison en cascade de divers éléments permet de gérer même des pluies très intenses à l’intérieur du lotissement. Les bâtiments sont équipés de toitures végétalisées de manière extensive qui retiennent une partie de l’eau de pluie. L’excédent d’eau de pluie est dirigé vers des dépressions d’infiltration situées à proximité des bâtiments; en cas de pluies intenses, un bassin de rétention central d’aspect naturel sert de réservoir. L’eau de ruissellement qui se forme en haut de la pente en cas de pluies intenses ainsi que l’eau de pente sont collectées dans des fosses végétalisées et acheminées vers un biotope central au moyen d’un lit de ruisseau artificiel. Les plantes choisies pour la végétalisation sont adaptées au climat et résistantes à la chaleur. Les arbres ont été plantés de manière à leur laisser un volume de terre suffisant pour le développement de leurs racines. L’ensemble des infrastructures ont été placées sous les chemins et les murs pour favoriser au maximum la capacité d’infiltration du sol et le développement racinaire. Le projet réduit à son plus bas niveau l’effet d’îlot de chaleur de l’environnement urbain. La plupart des surfaces ont été recouvertes de matériaux perméables, notamment les places de stationnement pour visiteurs et les voies d’accès pour les véhicules d’urgence. Divers éléments retiennent l’eau dans le sol et sur les toits, ce qui favorise l’évaporation au même titre que la végétation foisonnante et les nombreux plans d’eau à ciel ouvert. Ce phénomène fait baisser la température ambiante et soulage les canalisations. L’environnement naturel et vivant offre par ailleurs une qualité de vie élevée. Lukas Weibel

Gestion intégrale des eaux pluviales dans l’espace urbain

Aujourd’hui déjà, de nombreux espaces urbains sont confrontés à la canicule, au manque d’eau lors des longues périodes de sécheresse et à des inondations en cas de fortes pluies localisées. Selon les scénarios climatiques établis pour la Suisse, il faut s’attendre, à l’avenir, à des vagues de chaleur et à des périodes de sécheresse encore plus fréquentes et encore plus longues. L’imperméabilisation élevée des sols y contribue: en été, l’asphalte, le béton, l’acier et le verre réchauffent inutilement les rues et les bâtiments. Les eaux pluviales qui tombent sur les toits, les places et les voies de circulation sont beaucoup trop souvent évacuées dans des conduites souterraines. Comme cette eau ne peut être stockée dans le sol et dans les plantes, elle fait défaut pendant les périodes de forte chaleur. Lors de fortes pluies, les précipitations trop abondantes ne peuvent pas s’infiltrer dans le sol, elles engorgent les canalisations et accentuent le risque d’inondation. Des solutions durables sont nécessaires pour permettre la retenue temporaire des eaux pluviales. Le changement climatique a des effets immédiats sur les dangers naturels: l’air plus chaud peut absorber davantage d’humidité et celle-ci se déverse en précipitations plus fréquentes et plus intenses, un phénomène qui accentue en outre le risque de tempête. Dans la moitié des cas, les dégâts provoqués par les inondations ne sont pas liés à des ruisseaux, rivières et lacs qui débordent, mais au ruissellement de surface. L’eau qui ne peut pas s’infiltrer immédiatement en cas de fortes pluies ruisselle à la surface du sol, s’écoule sur les prairies et les routes pour atteindre les espaces urbains, où elle pénètre dans des ouvertures de bâtiment situées en profondeur et peut causer des dégâts très importants. Pour réduire le plus possible la vulnérabilité des bâtiments et les risques, des solutions en matière de planification et de construction sont nécessaires. La carte de l’aléa ruissellement montre, à l’échelle de la Suisse, les axes d’écoulement possibles et les zones inondées en cas d’orage. Une bonne connaissance des axes d’écoulement des eaux pluviales est déterminante pour la planification et la mise en œuvre de mesures de sécurité. Grâce au check-up des dangers naturels disponible sur la plateforme www.protection-dangers-naturels.ch , il est possible de s’informer sur tous les dangers naturels d’un lieu précis. Cette plateforme s’appuie non seulement sur la carte de l’aléa ruissellement, mais aussi sur toutes les cartes de danger disponibles et fournit également des recommandations adaptées à la situation pour la protection des bâtiments. Une protection efficace contre les crues repose sur la protection permanente de toutes les ouvertures de bâtiment dans les zones exposées à un risque d’inondation. Il convient de ne pas oublier les ouvertures d’aération et les passages des conduites. Des mesures pertinentes sont par exemple la surélévation du rez-de-chaussée et des accès ainsi que l’aménagement de l’environnement, qui dévie les eaux de ruissellement de manière ciblée autour des bâtiments et comporte optimalement des surfaces végétalisées où l’eau peut s’infiltrer dans le sol. La planification au-delà des limites des parcelles est donc une composante essentielle de la gestion intégrale des eaux pluviales. La prise en compte du concept de «ville éponge» est utile à cet effet. Le concept de «ville éponge» est particulièrement simple et conjugue des thèmes comme l’adaptation au climat, la prévention des dangers naturels, la biodiversité et la qualité de vie. Les espaces urbains doivent pouvoir absorber et emmagasiner le plus d’eau possible, à la manière d’une éponge. L’eau sert à alimenter la nappe phréatique et peut être utilisée pour l’arrosage des plantes pendant les périodes de sécheresse. De plus, les surfaces naturelles, perméables à l’eau et végétalisées, emmagasinent moins de chaleur que les surfaces imperméabilisées, généralement sombres, et contribuent à rafraîchir l’air ambiant grâce à l’évaporation et à l’ombre qu’elles projettent. L’effet est comparable à celui d’une «climatisation naturelle» et constitue donc l’une des clés d’une planification urbaine moderne qui permet de lutter contre les îlots de chaleur. L’infiltration ciblée des eaux pluviales réduit aussi le ruissellement de surface et leur évacuation dans les canalisations. Ces infrastructures «bleues et vertes» offrent de nouveaux espaces de vie aux plantes, aux organismes auxiliaires et aux insectes pollinisateurs, et développent ainsi la biodiversité tout en améliorant la qualité de vie et l’attractivité des habitations et des environnements de travail. Les eaux pluviales peuvent s’infiltrer dans les toits plats végétalisés, dans les jardins et dans les espaces non imperméabilisés. Ces eaux peuvent en outre être recueillies, puis utilisées pour l’arrosage ou à des fins industrielles. Pour que le concept de «ville éponge» soit efficace, les eaux pluviales doivent être prises en compte comme élément de base lors de chaque planification. Le développement de l’urbanisation et des infrastructures de transport doit être coordonné avec la planification générale de l’évacuation des eaux et avec la protection contre les crues. Dans ce but, il est possible de combiner les mesures les plus diverses, même celles à petite échelle, afin de promouvoir l’infiltration dans le sol, la rétention des eaux et le guidage des eaux de ruissellement entre les bâtiments. Ce dernier aspect doit être correctement coordonné, également au-delà des limites des parcelles. Cette réflexion doit toujours intégrer également les surcharges provoquées par les fortes pluies et doit favoriser la sensibilisation générale aux dangers naturels et à la protection contre les inondations, voire à leur évitement. Informations: Informations du VSA sur le thème de la «ville éponge»: www.vsa.ch/fr/la-ville-eponge «Check-up des dangers naturels» avec carte interactive des dangers: www.protection-dangers-naturels.ch Publication de l’OFEV «Eau de pluie dans l’espace urbain»: www.bafu.admin.ch/uw-2201-f Lukas Weibel

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