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Search narrowed by: Catégorie: Territoire et mobilité Auteur: Jenny Leuba Remove all filters
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Le Rayon Vert sous les projecteurs à Renens

La nouvelle passerelle au-dessus des voies à la gare de Renens, dans l’Ouest lausannois, recoud le nord et le sud de la ville. Colonne vertébrale d’une interface de transport en fort développement, le Rayon Vert donne accès à tous les transports publics du site: bus, train, métro et tramway dès 2026. Le projet représente l’une des pièces du réaménagement de la gare de Renens; le passage inférieur a été élargi, les quais et les marquises modernisés. Toute l’infrastructure est désormais accessible aux personnes à mobilité réduite. Le suivi de la passerelle et du reste de la gare par la même équipe de planification donne à l’ensemble une sensation de cohérence et de continuité: toiture bleue, mobilier en bois, motifs végétaux au sol, couleurs. Des adaptations indispensables face au doublement des flux piétons attendus pour 2030 dans la troisième gare de Suisse romande, et l’un des points d’accès au campus de l’EPFL et de l’Université de Lausanne avec 30 000 passagers jour. Un escalier monumental constitue l’un des symboles de l’interface. L’espace est généreux (11 à 16 m de large) le long des 150 mètres à traverser, où se marient séjour, passage et vue époustouflante. La passerelle séduit par sa légèreté et sa face plantée explique son nom. Ni commerces ni publicités n’interrompent le chemin. Enfin, elle débouche de part et d’autre sur deux places aménagées en zone de rencontre sur lesquelles le trafic peut donc toujours circuler. Leur conception témoigne du même esprit qui caractérise d’autres éléments du projet: bancs, fontaines et beaucoup d’espace pour rejoindre les multiples destinations desservies par la gare. Bien que la différence de niveau soit plus importante pour une passerelle que pour un franchissement souterrain, le résultat procure une qualité d’un autre niveau: un véritable espace public, où on marche volontiers, de jour comme de nuit. Autant de points dignes d’inspirer d’autres gares. Equipe: farra zoumboulakis & associés SA, Ingeni SA, L’Atelier du paysage Sarl et Tekhne SA Concours en 2007, mise en service 2021. Maître d’œuvre: Renens, Crissier, Chavannes-près-Renens et Ecublens, Canton de Vaud, l’OFT et les CFF. Coût total: CHF 31 millions, y compris soutien du projet d’agglomération. Jenny Leuba

Plan-les-Ouates: un Plan du réseau piéton exemplaire

La planification du réseau piéton est ancrée dans la loi sur les chemins pour piétons et les chemins de randonnée pédestre (LCPR) de 1985. 40 ans après son entrée en vigueur, les manques sont encore importants quant à l’élaboration des plans de réseau piéton dans les communes, selon un rapport de l’Office fédéral des routes (OFROU) et de Mobilité piétonne Suisse en 2024. Seul un tiers des communes suisses environ affirme avoir un tel plan. Le canton de Genève fait exception, avec plus de 30 de ses 45 communes dotées d’un plan, ayant valeur de plan directeur. Lorsque cet instrument existe et est mis à jour régulièrement, il constitue un outil précieux pour différents services, comme le montre le cas de Plan-les-Ouates, une commune avec une population de 12 700 personnes. Il y est aussi possible de réaliser des plans opposables aux propriétaires fonciers (les Plans localisés des chemins pour piétons [PLCP]). Les autorités de la Commune de Plan-les-Ouates se réfèrent régulièrement au Plan directeur des chemins pour piétons (PDCP) pour asseoir leur planification. Les interventions sur le réseau piéton engagent à la fois l’urbanisme (planification), la mobilité (réaménagements routiers, circulation) et l’octroi des permis de construire. Le PDCP traite les lacunes du réseau, les discontinuités et les points problématiques (sécurité, obstacles, attractivité, connexions, etc.). Il distingue le réseau existant des liaisons à créer, ainsi que la hiérarchie des réseaux. Le PDCP est un allié de poids dans les projets urbains et routiers, puisqu’il définit une vision qui assure la cohérence du développement urbain et des mesures d’aménagement. Il facilite la coordination entre acteurs et assoit la sécurité juridique, notamment le maintien des traversées piétonnes ou leur inscription dans une planification contraignante, une autorisation de construire ou une servitude. Les trois cas ci-dessous illustrent l’application du plan par différents services (planification, mobilité, permis de construire): Liaisons piétonnes dans le Plan localisé de quartier (PLQ) d’Arare-Dessous: Un projet d’urbanisation est en cours dans le village d’Arare-Dessous. Comme le PDCP a identifié des lacunes dans les liaisons piétonnes nord-sud dans ce site en pente, le PLQ a intégré les liaisons qui comblent ce déficit. La commune a en outre obtenu qu’un second tracé soit adapté aux personnes à mobilité réduite (paliers, pentes maximales, etc.). Les cheminements, réalisés par les développeurs, restent de propriété privée, mais au bénéfice d’une servitude de passage public. Passages piétons à la route de la Galaise: La réalisation d’une piste cyclable et la sécurisation des traversées piétonnes sur la route de la Galaise ont permis la création de deux nouveaux passages piétons et le réaménagement d’un troisième. Ces traversées sont situées sur un axe emprunté par des poids lourds en zone industrielle et artisanale. Une cession gratuite au domaine public communal était inscrite dans le Plan directeur de la zone industrielle et artisanale (1996) ainsi que dans le PDCP. Permis de construire au chemin de la Redoute: Dans le cadre de la réalisation d’un nouvel immeuble, le préavis communal (consultatif à Genève) sur l’autorisation de construire a demandé d’intégrer une nouvelle liaison piétonne. A l’origine, le cheminement emprunté se situait sur fond privé et n’était pas adéquat (lacune soulevée dans le PDCP) et son utilisation provoquait des conflits de voisinage. Cette liaison, dans un contexte apaisé, est désormais empruntée par les enfants et leur famille. L’itinéraire a passé en domaine public communal. Un itinéraire ou une traversée inscrite dans un plan du réseau piéton est un déclencheur pour parvenir progressivement à des cheminements piétons sûrs et attractifs. C’est parfois aussi une opportunité en «dormance»; même si une mesure n’est pas réalisée immédiatement, son inscription entrera en force lors de la réalisation de projets ultérieurs. Enfin, si une mesure est prévue dans le PDCP pour remédier à un conflit d’usage, le plan permet de pacifier la cohabitation ou de sécuriser les déplacements via une réalisation sur fond privé. Jenny Leuba, Thomas Aligisakis

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