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Trottinettes électriques – quelle réglementation?

Depuis que les premières trottinettes électriques partagées ont fait leur apparition sur les routes suisses en 2018, l’offre s’est rapidement développée d’année en année. Dans la plupart des cas, le partage de ces trottinettes est géré par des fournisseurs internationaux qui contribuent à une mobilité durable grâce à une offre financée en grande partie par le secteur privé. Depuis longtemps, ce ne sont plus seulement les centres des agglomérations qui sont en ligne de mire, mais aussi les petites villes et les communes. Actuellement, près de 10 000 trottinettes électriques partagées circulent dans environ 40 villes et communes. C’est ce que montrent les chiffres de la Swiss Alliance for Collaborative Mobility (CHACOMO), à laquelle sont affiliés tous les fournisseurs renommés actifs en Suisse. Contrairement aux offres traditionnelles de partage de vélos, les trottinettes électriques partagées circulent classiquement en mode «free-floating». Cela signifie qu’après leur utilisation, elles peuvent être garées n’importe où dans un périmètre d’exploitation défini. Ces nouvelles exigences d’utilisation de l’espace public peuvent entraîner des problèmes: trottoirs bloqués, accumulation importante de trottinettes au même endroit, et conduite dans des zones interdites à la circulation. On leur reproche encore de causer des problèmes de sécurité et des effets de transfert modal indésirables. En revanche, elles répondent à un réel besoin et contribuent à une offre diversifiée de mobilité utilisable collectivement et à faibles émissions. Ces opportunités doivent être saisies. Ce qu’il faut, c’est un cadre réglementaire qui encourage l’autofinancement de la micromobilité partagée et qui maximise ses avantages en termes de transport. Dans le cadre du programme «Shared Mobility Accelerator» soutenu par SuisseEnergie, l’Académie de la mobilité du TCS a élaboré un guide pour des mesures réglementaires judicieuses sur la base de discussions intensives avec le secteur, les villes et les communes. Celui-ci met l’accent sur des recommandations concrètes qui doivent aider les villes et les communes à définir des règles du jeu appropriées pour l’autorisation et l’exploitation des trottinettes électriques partagées. Les points essentiels de ce «Blueprint Shared Micromobility» sont les suivants: L’accès au marché ou à l’espace public doit être réglementé. Une limitation du nombre de fournisseurs et la définition de plafonds pour la flotte sont des conditions essentielles pour une exploitation réussie et pour éviter les conflits d’utilisation. Quasiment tous les fournisseurs actifs en Suisse sont du même avis. La sélection des fournisseurs doit se faire selon une procédure équitable avec des critères transparents. Actuellement, la pratique en Suisse est très hétérogène, elle va des autorisations aux concessions en passant par des appels d’offres publics. Quelle que soit la procédure choisie, il est essentiel que le processus de sélection soit ouvert et basé sur des critères transparents et neutres sur le plan technologique. Il convient de faire preuve de retenue dans la fixation des tarifs. Les taxes pour l’utilisation de l’espace public peuvent compromettre la rentabilité des modèles commerciaux, en particulier en dehors des centres urbains denses. Si des taxes sont prélevées, des montants fixes par véhicule devraient être établis et non pas variables car cela peut être un critère de sélection qui favorise de manière excessive les fournisseurs disposant d’un capital risque élevé. Les places de stationnement marquées créent plus d’ordre dans l'espace public. De plus en plus de villes prennent l’habitude d’aménager des emplacements spéciaux pour le partage des trottinettes électriques, particulièrement dans les zones denses et au trafic important. Certaines villes comme Schaffhouse et Illnau-Effretikon (ZH) testent actuellement des offres basées uniquement sur des stations. Pour que l’offre reste attractive pour les utilisateurs et utilisatrices, il faut prévoir un réseau dense de places de stationnement. Une régulation réussie nécessite une collaboration: une intégration bénéfique de la micromobilité partagée dans les concepts de mobilité des villes et des communes nécessite une collaboration étroite entre les fournisseurs et les autorités sur la base de contrats pluriannuels. Ceux-ci doivent prévoir des mécanismes qui permettent une organisation flexible de l’offre en fonction de l’évolution de la demande. L’objectif principal des recommandations est de maximiser les opportunités de la micromobilité partagée et de minimiser les risques au niveau social, environnemental et économique. La manière dont les différents champs d’action réglementaires sont conçus déterminera, outre les développements du côté des fournisseurs, si une intégration durable des nouvelles offres dans le transport urbain réussit. Informations: Le «Blueprint Shared Micromobility» mentionné dans le texte est disponible sur https://www.mobilityacademy.ch/akademie-de/projekte/moak-projekte/Shared-Mobility-Blueprint.php Jonas Schmid

Le Rayon Vert sous les projecteurs à Renens

La nouvelle passerelle au-dessus des voies à la gare de Renens, dans l’Ouest lausannois, recoud le nord et le sud de la ville. Colonne vertébrale d’une interface de transport en fort développement, le Rayon Vert donne accès à tous les transports publics du site: bus, train, métro et tramway dès 2026. Le projet représente l’une des pièces du réaménagement de la gare de Renens; le passage inférieur a été élargi, les quais et les marquises modernisés. Toute l’infrastructure est désormais accessible aux personnes à mobilité réduite. Le suivi de la passerelle et du reste de la gare par la même équipe de planification donne à l’ensemble une sensation de cohérence et de continuité: toiture bleue, mobilier en bois, motifs végétaux au sol, couleurs. Des adaptations indispensables face au doublement des flux piétons attendus pour 2030 dans la troisième gare de Suisse romande, et l’un des points d’accès au campus de l’EPFL et de l’Université de Lausanne avec 30 000 passagers jour. Un escalier monumental constitue l’un des symboles de l’interface. L’espace est généreux (11 à 16 m de large) le long des 150 mètres à traverser, où se marient séjour, passage et vue époustouflante. La passerelle séduit par sa légèreté et sa face plantée explique son nom. Ni commerces ni publicités n’interrompent le chemin. Enfin, elle débouche de part et d’autre sur deux places aménagées en zone de rencontre sur lesquelles le trafic peut donc toujours circuler. Leur conception témoigne du même esprit qui caractérise d’autres éléments du projet: bancs, fontaines et beaucoup d’espace pour rejoindre les multiples destinations desservies par la gare. Bien que la différence de niveau soit plus importante pour une passerelle que pour un franchissement souterrain, le résultat procure une qualité d’un autre niveau: un véritable espace public, où on marche volontiers, de jour comme de nuit. Autant de points dignes d’inspirer d’autres gares. Equipe: farra zoumboulakis & associés SA, Ingeni SA, L’Atelier du paysage Sarl et Tekhne SA Concours en 2007, mise en service 2021. Maître d’œuvre: Renens, Crissier, Chavannes-près-Renens et Ecublens, Canton de Vaud, l’OFT et les CFF. Coût total: CHF 31 millions, y compris soutien du projet d’agglomération. Jenny Leuba

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