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Comment organiser et financer les réseaux thermiques?

La commune de Wohlen bei Bern montre que différentes solutions peuvent être envisagées en fonction de la situation. Deux réseaux de chauffage sont en service sur le territoire communal. Dans l’un des deux cas, la commune a participé au financement, dans l’autre cas elle a renoncé à devenir copropriétaire. La commune de Hergiswil (NW) a vendu sa participation dans le réseau de chauffage local, en formulant des conditions claires pour son développement futur. Elle a ainsi pu trouver un acheteur approprié, qui fera avancer la modernisation et l’extension des réseaux thermiques. Afin que le plus grand nombre possible de communes puissent bénéficier de ces expériences, SuisseEnergie a publié un nouveau guide sur l’organisation et le financement des réseaux thermiques. Ce guide et d’autres outils sont disponibles dans la bibliothèque sur la planification des réseaux thermiques. Vers le guide: https://pubdb.bfe.admin.ch/fr/publication/download/12397 Vers la bibliothèque: https://www.suisseenergie.ch/communes/information-communes/reseaux-thermiques/ Daniel Streit

Eclairage moderne pour le centre historique

La commune de Richterswil (ZH) a modernisé en 2022 l’éclairage du centre historique du village afin d’améliorer la qualité de l’atmosphère. La couleur de la lumière et le niveau de luminosité des nouveaux LED peuvent être adaptés avec flexibilité. Alors qu’en début de soirée une lumière vive et blanche est diffusée, une lumière chaude avec des températures de couleur plus basses est utilisée après 22 heures et le dimanche soir. La population se dit satisfaite de ce nouvel éclairage. La lumière chaude a été particulièrement bien accueillie. L’institut WSL et le groupe EKZ accompagnent le projet avec une étude sur 77 personnes. Celle-ci a analysé l’influence de diverses couleurs de lumière sur leur niveau de stress. Bien que les lumières chaudes aient été subjectivement plus appréciées, la lumière blanche a davantage baissé le niveau de stress objectivement mesuré. Cela montre que, lors de la planification de l’éclairage public, des compromis sont nécessaires entre aménagement, besoins des usager·ère·s, environnement et efficacité énergétique. Remo Bürgi

Montreux: une gestion des espaces verts à la fois esthétique et durable

«L’enjeu est de concilier résistance, biodiversité et attractivité, sans perdre l’identité paysagère qui fait la renommée de la ville», résume Florim Ajda. Troisième ville du canton de Vaud, Montreux est célèbre pour ses quais fleuris avec ses curiosités botaniques et ses sculptures végétales hivernales. Actuellement, la commune est en phase de développement d’une stratégie globale de durabilité, incluant notamment une stratégie de biodiversité et de végétalisation ayant pour objectif de développer le patrimoine arboré. L’objectif: disposer d’une ligne d’action claire pour les années à venir. Comme beaucoup de communes suisses, Montreux entretient une grande variété d’espaces verts: pelouses, massifs fleuris saisonniers, vivaces, arbustes, alignements d’arbres, terrains de sport ou parcs publics. Chaque type d’espace possède ses propres spécificités et nécessite un niveau d’entretien plus ou moins intensif. Mais la géographie particulière de Montreux ajoute des contraintes supplémentaires. Constituée d’une vingtaine de villages, la commune s’étend du lac jusqu’aux alpages où culminent la Dent de Jaman et les Rochers de Naye. Elle englobe ainsi une mosaïque de territoires: zones urbaines denses, forêts, zones agricoles, vignes en terrasses, ports, 38 places de jeux et trois cimetières. Cette diversité exige des équipes d’entretien des compétences variées et une grande capacité d’adaptation. «Concilier résistance, biodiversité et attractivité, sans perdre l’identité paysagère qui fait la renommée de la ville.» Florim Ajda, responsable de la section Espaces verts de la commune de Montreux Florim Ajda confirme d’entrée de jeu: «Nous observons déjà des effets très concrets du changement climatique dans nos pratiques quotidiennes.» Le phénomène le plus marquant est celui du stress hydrique. «Certaines essences montrent des signes de dépérissement précoce. Les arbres sont fragilisés par les périodes de sécheresse, notamment lors de la transplantation, ce qui les rend aussi plus sensibles aux ravageurs.» Il est donc plus que jamais nécessaire d’essayer d’anticiper le déplacement naturel des espèces et de privilégier celles qui sont adaptées aux conditions futures, tout en favorisant les essences indigènes. Florim Ajda signale un point positif: «Sur ces questions, il y a une excellente collaboration intercommunale en Suisse et un important réseau informel qui nous permet d’échanger et de partager nos expériences.» Face à cette problématique, il n’y a pas de solution miracle: l’arrosage s’impose. Dans une commune aussi vaste que Montreux, il est essentiel d’adopter «une vision globale du système d’arrosage», précise Florim Ajda. «L’arrosage automatique, notamment, permet de mieux maîtriser les volumes et de l’adapter en fonction de la météo.» La commune développe également plusieurs mesures visant à limiter la consommation d’eau: récupération des eaux de pluie (projet), extension de l’arrosage automatique et recours à un système innovant de gestion du calcaire pour une meilleure pénétration de l’eau dans le sol. Finalement, Florim Ajda nous rappelle que toute action entraîne une réaction: «Lorsque l’on végétalise la ville afin de lutter contre les îlots de chaleur, on plante plus d’arbres et de massifs, il faut alors avoir les ressources nécessaires afin de pouvoir arroser, tant en termes d’infrastructure que de personnel.» Entretenir des espaces verts signifie aussi composer avec des événements climatiques extrêmes, de plus en plus fréquents: vents violents, fortes pluies ou canicules. A Montreux, une tempête ayant endommagé une portion des quais a pourtant été transformée en opportunité. Un chicot du Canada (Gymnocladus dioica) , un arbre peu répandu, y a été déraciné par de forts coups de vent. Grâce à son important système racinaire, un séquoia voisin a toutefois freiné sa chute: une racine de l’arbre géant a permis d’éviter l’arrachage complet. «Nous avons décidé de ne pas supprimer l’arbre», explique Florim Ajda. Les équipes ont installé un poteau de soutènement, redressé le chicot et créé un socle en béton pour le stabiliser. Le sauvetage en lui-même représente déjà une réussite. Mais la commune est allée plus loin: le massif entourant les deux arbres a été agrandi, augmentant la surface racinaire tout en améliorant la qualité paysagère. Ce travail minutieux, mené sur plus d’une année avec différents acteurs, a donné naissance à un véritable concept paysager. Au-delà du sauvetage d’un arbre particulier, l’opération illustre concrètement la manière dont les communes peuvent aujourd’hui concilier adaptation climatique, sécurité, qualité paysagère et identité des lieux. Eloïse Eperon

Collecte du plastique: les communes tessinoises se sont adaptées

Les communes se sont largement adaptées à l’obligation de la collecte séparée des plastiques ménagers, annoncée par le canton en novembre 2022 et introduite en juin 2023. Après des protestations liées à la brièveté du délai, de nombreuses communes ont obtenu une prolongation jusqu’en janvier 2024. Aujourd’hui, presque toutes respectent les prescriptions. Seules deux petites communes cherchent encore une solution appropriée. La majorité utilise le système «Puricelli», qui se concentre sur les plastiques aisément recyclables, comme le polypropylène (PP) et le polyéthylène (PE). 32 communes ont recours au «sac de tri» qui permet de collecter tous les plastiques ménagers. Le canton privilégie Puricelli, car il implique moins de trajets de transport. Les quantités de plastique collectées ont augmenté. En effet, elles sont passées d’environ 3000 tonnes en 2021 à 5000 à 6000 tonnes en 2023. Cette hausse est attribuée aussi bien à la nouvelle obligation qu’à une prise de conscience écologique croissante de la population. Il n’y a pas eu de plaintes des communes et on observe de manière générale une évolution positive des quantités collectées. Gerhard Lob

Des outils concrets pour gérer les pratiques funéraires

Le changement le plus important est la généralisation de la crémation des défuntes et défunts, une pratique qui concerne désormais environ le 90% des cas dans notre pays. Ce phénomène a pour conséquence de libérer de la place dans les cimetières, qui peut être affectée à d’autres usages, notamment une végétalisation accrue. Parmi les autres évolutions notables, on peut citer la place croissante accordée dans les cimetières aux sépultures d’autres confessions, ainsi que l’aménagement d’espaces de recueillement non religieux. Aujourd’hui encore, les réglementations limitent les possibilités de réalisation d’un ensemble de rites funéraires propre à chaque religion. Toutefois, le contexte actuel de transition funéraire offre une excellente occasion pour imaginer l’implémentation de nouvelles pratiques plus inclusives. Pour ne citer qu’un exemple, les réflexions écologiques autour de la possibilité d’inhumer un corps sans un cercueil semblent également mieux correspondre à certaines pratiques traditionnelles des personnes de confession musulmane. Il y en a plusieurs, dont le fait qu’en raison de la forte baisse de la biodiversité et de la présence d’insectes chargés de décomposer les corps des personnes défuntes, le cycle de régénération est bouleversé. Pour tenir compte des sensibilités environnementales accrues, on a par ailleurs cessé il y a une vingtaine d’années d’avoir recours à certains produits phytosanitaires. La végétation dans les cimetières s’en trouve modifiée. Par ailleurs, comme déjà indiqué, on observe une demande d’inhumations plus écologiques et «naturelles». Des pratiques de biocompostage des corps apparaissent. Aux Etats-Unis, elles ont déjà un statut légal. On peut citer la technique de terramation, qui consiste à placer le corps dans un sarcophage avec des broyats végétaux afin d’accélérer sa décomposition. Ou encore celle de l’humusation, c’est-à-dire la transformation de la dépouille en humus fertile. «Nous observons une demande d’inhumations plus écologiques et ‹naturelles›, telles que la terramation ou l’humusation.» Natacha Guillaumont, professeure à la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève La principale difficulté pour les petites communes, c’est qu’elles ne disposent pas d’un service spécialisé dans la planification des pratiques funéraires et/ou dans l’aménagement des cimetières. Généralement, le service de l’état civil s’en charge en collaboration avec la voirie ou le service des espaces verts. Logiquement, ces entités n’ont pas les compétences pour prévoir l’évolution démographique de la commune ou accompagner les changements dans les pratiques funéraires. D’autant qu’il s’agit de thèmes sensibles. Une étude préalable publiée par notre équipe en 2024 a montré un écart flagrant entre les petites et grandes communes sur ces questions. La multitude des réglementations constitue justement un autre défi pour les communes. La Confédération délègue la question aux cantons, qui se déchargent à leur tour sur les communes. Ces dernières se retrouvent parfois démunies. Lors de nos recherches, nous avons par exemple observé de fortes variations régionales en ce qui concerne la profondeur minimale autorisée pour l’enfouissement des corps. Or, dans certains cantons, les sépultures sont si profondes que le processus de décomposition est entravé. Le principe sous-tendant tous les projets associés à des programmes nationaux de recherche (PNR) est celui de la recherche-action. Dans notre cas, neuf représentantes et représentants de communes sont directement impliqués dans l’étude et rencontrent des défis différents, tels que choix de la végétation ou plan du cimetière. Nous nous rencontrons régulièrement lors d’ateliers pratiques, afin que les connaissances circulent dans les deux sens. Mes collègues anthropologues et sociologues se rendent quant à eux sur le terrain, où ils interrogent la population et les familles pour cerner les usages et les besoins, notamment en ce qui concerne la durabilité. Nous voulons donner des outils concrets aux communes. Patricia Michaud

Le premier tracteur électrique productible en série vient de Suisse

La demande de tracteurs à propulsion électrique augmente, notamment dans les communes qui s’engagent en faveur d’une consommation efficiente de l’énergie ainsi que d’une mobilité respectueuse de l’environnement. L’offre est toutefois restée limitée jusqu’ici. Le premier tracteur électrique productible en série et homologué en Europe dans le cadre d’une réception par type a été développé en Suisse par la firme Rigitrac Traktorenbau, basée à Küssnacht (SZ). L’entreprise a reçu pour cela le prix de l’énergie Watt d’Or en janvier. Le modèle SKE40 e-direct est un tracteur compact complet avec un système de traction indépendant ainsi qu’une autonomie et une récupération maximales. La batterie lithium-ion de 400 V est placée entre les essieux, ce qui permet une répartition parfaite du poids. Grâce à son connecteur de recharge de type 2 intégré, le véhicule peut être rechargé à toutes les bornes de recharge. La commune d’Oberkirch (LU) dispose d’un tel tracteur depuis environ un an et demi et en est satisfaite. Il est précisément conçu pour ses besoins et est facile à utiliser. Heinz Ammann

Soleure assainit sa décharge contaminée

De 1925 à 1976, la population de la ville de Soleure a déposé ses ordures ménagères à l’ouest de la cité, sur un terrain grand comme 22 terrains de football. Des métaux lourds, de l’ammonium, des hydrocarbures chlorés et d’autres substances se sont ainsi retrouvés dans les eaux de surface, d’où la nécessité d’assainir l’ancienne décharge. La ville et le canton, en tant que propriétaires du terrain, sont les maîtres d’ouvrage du chantier, qui a été confié à une entreprise générale. Les travaux en vue d’une excavation complète ont démarré en 2022. Une grande partie des matériaux est triée sur place, recyclée dans la mesure du possible, brûlée dans l’usine d’incinération des déchets ou traitée de manière appropriée dans des décharges. Toutefois, la présence de matériaux faiblement radioactifs et de polluants éternels (PFAS) rend difficile leur évacuation vers des décharges adaptées. La thématique des PFAS ainsi que l’augmentation des coûts de l’énergie du fait de la situation géopolitique ont fait grimper les coûts. D’environ 120 millions de francs au départ, ils sont passés à 200 millions. L’excavation totale devrait être achevée en 2028. Nadja Sutter

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