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Search narrowed by: Catégorie: La Commune Auteur: Fabio Pacozzi Remove all filters
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Comment les communes ont obtenu leur place dans la Constitution

L’ancienne Constitution fédérale de 1874 mentionnait à peine les communes et les villes. C’est pourquoi l’ACS et l’Union des villes suisses ont demandé dans les années 1990 que leur rôle soit reconnu du point de vue constitutionnel. Elles s’opposaient au fait de devoir assumer des tâches sans avoir en même temps le droit de participer aux décisions. Une pétition signée par 1700 communes et villes a fait pression sur le Parlement. Malgré l’opposition politique de la Confédération et des cantons, les Chambres fédérales ont approuvé l’introduction d’un article sur les communes dans la Constitution fédérale. Son article 50 garantit depuis l’autonomie communale et oblige la Confédération à tenir compte des conséquences éventuelles de son activité pour les communes. Fabio Pacozzi

Un certificat qui renforce le travail de milice

«Si notre système de milice ne fonctionne plus, notre pays ne fonctionnera plus non plus», note Jürg Eggenberger, codirecteur de l’organisation Swiss Leaders, connue autrefois sous le nom d’Association suisse des cadres (ASC). Pour renforcer le travail de milice, l’ASC a de ce fait commencé en 2015 à certifier les compétences de conduite des conseillers communaux et des conseillères communales, à la manière de ce qui avait déjà été introduit pour les officiers de l’armée. Jürg Eggenberger se souvient toutefois que la «certification de conseiller communal» a dès le départ été confrontée à un dilemme. Les membres d’exécutifs communaux ayant, à côté de leur profession, de leur famille et du travail de milice, peu de temps à disposition pour d’autres engagements, la certification se devait d’être aussi simple que possible, «mais la reconnaissance du certificat aussi élevée que possible», argue-t-il. C’est pour cette raison que l’organisation s‘est associée à l’Association des Communes Suisses (ACS) afin de promouvoir ensemble le certificat: Swiss Leaders avec son savoir-faire en matière de travail de conduite, l’ACS en tant qu’association nationale parrainant le certificat au niveau politique. Cette certification ne correspond pas à une formation continue classique. Le but n’est pas d’apprendre quelque chose de nouveau, mais d’avoir en quelques jours un aperçu documenté de toutes les compétences dont la maîtrise dans la fonction (ou la profession) a déjà été prouvée. Une telle autoréflexion est très instructive et il s’agit à la fin, lors d’un entretien avec des experts, d’apporter de façon crédible la preuve de ces compétences. Celui qui en est capable obtient un certificat qui est reconnu par deux institutions suisses fiables. Ce certificat est surtout utile dans la vie professionnelle, estime Jürg Eggenberger. Lors d’une candidature, il montre que l’«activité de conseiller communal» n’est pas seulement un point sur le CV mais qu’elle comporte des compétences effectives qui vont de la conduite du personnel à la gestion de projet et à la technique de négociation, en passant par la direction de séance et des compétences de représentation. Ou, comme le dit Jürg Eggenberger, «des compétences classiques de conduite qui sont aussi recherchées dans l’économie privée et qui sont utiles peu importe la branche». Le certificat est un instrument qui peut faire le lien entre travail de milice et économie privée. Le processus de certification est ouvert à tous les conseillers communaux et conseillères communales qui ont au moins quatre ans d’expérience dans leur fonction. Pour les membres de l’ACS, la certification coûte 850 francs; 400 francs pour les membres de Swiss Leaders. Vous trouverez des informations supplémentaires sur: https://swissleaders.ch/services/validation-competences/conseiller-communal/ Fabio Pacozzi

«Carte journalière dégriffée Commune»: la solution de remplacement est là

Même si les CFF offrent leurs propres billets dégriffés, la «Carte journalière Commune» est toujours demandée. Grâce à elle, il est possible de voyager pendant une journée en Suisse pour le prix de 40 à 45 francs. Les communes en vendent chaque année environ 1,5 million à leurs guichets. Un chiffre imposant. Ces dernières années, la «Carte journalière Commune» a pourtant perdu en popularité. Les raisons sont variées. A côté de la concurrence d’autres offres avantageuses comme les billets dégriffés des CFF ou celles d’intermédiaires indésirables sur le marché noir, la pandémie de coronavirus et le recul subséquent de la mobilité ont fait que les communes n’ont pas pu écouler toutes leurs cartes journalières. Elles ont alors dû prendre en charge la perte, car une fois qu’un set annuel de cartes est commandé, les communes supportent le risque financier pour les billets non vendus. Cette tendance à la baisse est confirmée par les chiffres. Alors que les communes suisses ont acquis 4500 sets annuels de «Cartes journalières Commune» en 2019, soit avant la pandémie, la demande a baissé de près d’un quart jusqu’à l’été 2022, pour se monter à 3500. En 2020, Alliance SwissPass, l’organisation de la branche des entreprises suisses de transport, a de ce fait déjà annoncé qu’elle n’entendait plus proposer cette offre vieille de près 20 ans dans la même forme à l’avenir. Presque au même moment, l’Association des Communes Suisses (ACS) et l’Union des Villes Suisses (UVS) ont commencé des négociations avec Alliance SwissPass en vue d’une solution de remplacement. Les communes ont ainsi obtenu que la carte journalière actuelle reste en circulation trois ans de plus, jusqu’à fin janvier 2024. La solution de remplacement pourra ainsi prendre le relais directement. Pendant cette période de transition, les communes pourront bénéficier de processus de commande plus souples: les volumes pouvant être acquis ne sont plus limités et les sets annuels de «Cartes journalières Commune» peuvent être commandés plus longtemps que prévu. Dans le cadre d’autres discussions avec Alliance SwissPass, différentes variantes pour la solution de remplacement ont été étudiées et soumises pour consultation aux villes et communes en été 2022. Rapidement, c’est une variante avec la vente exclusive de cartes journalières à prix réduit par les communes et les villes qui s’est imposée. Le fait que celles-ci aient toutes accès au même contingent de cartes journalières à prix réduit et que l’offre soit techniquement facile à mettre en œuvre a été particulièrement salué. Les communes et les villes suisses continueront ainsi à avoir la possibilité dès 2024 de vendre des cartes journalières attrayantes. Par rapport à la situation actuelle, le nouveau système a par ailleurs quelques importants avantages pour les communes (et les voyageurs). La vérification du domicile du client qui était jusqu’ici nécessaire ne le sera plus car la vente de la nouvelle «Carte journalière dégriffée Commune» ne sera plus limitée aux habitantes et habitants des communes. Toutes les communes et villes auront en revanche accès au même contingent quotidien. Cela signifie que les communes ne prendront plus de risque financier puisqu’elles ne devront plus acheter des sets annuels. Il n’y aura plus d’opérations à perte, car uniquement ce qui aura été vendu sera facturé. Au contraire, les communes seront gagnantes. Lors des négociations avec Alliance SwissPass, l’ACS et l’UVS ont obtenu que les communes reçoivent une provision de 5% sur le prix de vente de chaque «Carte journalière dégriffée Commune». La «Carte journalière dégriffée Commune» sera déjà disponible au prix de 39 francs (2 e classe, avec demi-tarif). Elle est ainsi un peu meilleur marché que la «Carte journalière Commune» actuelle. Contrairement au système actuel, elle sera aussi en vente pour la 1 re classe, et les détenteurs d’un abonnement demi-tarif bénéficieront d’un prix plus avantageux. Elle pourra être achetée de six mois à un jour avant le début du voyage. La «Carte journalière dégriffée Commune» étant vendue avec un contingent quotidien fixe, de nombreuses communes n’auront plus besoin d’annoncer la disponibilité en fonction de la date sur une plateforme propre. Au lieu de cela, cette disponibilité en fonction des dates de voyage sera visible sur un site internet centralisé. Les «Cartes journalières dégriffées Commune» seront vendues directement aux communes par l’intermédiaire d’une application web. Ces dernières pourront demander un accès dès l’été 2023. Les coûts pour la mise en place et l’exploitation de l’application web seront uniquement à la charge de la branche des transports publics. Un effort particulier que le porte-parole d’Alliance SwissPass Thomas Ammann résume ainsi: «La Carte journalière Commune était l’expression des liens forts entre les transports publics et les communes et les villes en Suisse. Nous voulons absolument poursuivre ce partenariat.» Une fois vendue, la nouvelle «Carte journalière dégriffée Commune» sera remise au client final sous la forme d’un e-ticket personnalisé. En tant que points de vente, les communes seront libres de décider si elles veulent aussi accepter des commandes par téléphone et si elles veulent imprimer elles-mêmes la carte pour une clientèle moins à l’aise avec le numérique. Rien ne changera en revanche en ce qui concerne les points de vente. La «Carte journalière dégriffée Commune» sera en principe vendue aux guichets des administrations des communes et des villes. D’autres points de vente seront toujours possibles, mais ils devront être autorisés par les CFF. L’ACS, l’UVS et Alliance SwissPass ont officiellement informé les communes et le public sur cette nouvelle offre. Les communes recevront aussi prochainement des informations concrètes sur le processus d’inscription. La «Carte journalière dégriffée Commune» sera disponible à partir du 1 er janvier 2024. Fabio Pacozzi

Des partenariats pour franchir la frontière linguistique

Stéphane Ganzer, président de la commune de Noble-Contrée et élu siégeant au Parlement du canton du Valais depuis 2009, enseigne l’histoire et la géographie au lycée St-Maurice. Et, chose importante, il sait que la cohésion cantonale n’est pas au mieux de sa forme dans le Valais. «Les relations entre les deux régions du canton sont très limitées. Dans mon travail, je me rends régulièrement compte que mes élèves en savent très peu sur le Haut-Valais. En fait, c’est un ‹territoire inexploré› pour eux», nous explique-t-il. Raison pour laquelle il plaide pour le bilinguisme du canton, qu’il faut considérer non pas comme un obstacle, mais comme une véritable opportunité. Il incombe à la commune de saisir cette opportunité, estime Ganzer, qui a sa petite idée sur la manière dont cela peut se faire: «De nombreuses communes du Valais ont déjà conclu des partenariats avec d’autres villages et villes en Suisse ou en Europe. Pourquoi ne pourrait-on donc pas conclure des partenariats avec des communes de l’autre région du canton?», se demande-t-il de manière purement rhétorique. Selon lui, il y a à peu près autant de communes à l’ouest et à l’est de la frontière linguistique. Les villages de montagne et les communes situées en vallée, bien que proches géographiquement, sont néanmoins majoritairement inconnues de l’autre région du canton – bref, un «territoire inexploré». En 2017, Ganzer dépose donc un postulat avec trois autres parlementaires cantonaux. Pour renforcer la cohésion cantonale, le Gouvernement valaisan doit alors favoriser et accompagner les partenariats intercantonaux entre les communes. Dans le cadre de ce «pacte d’amitié», comme il est appelé en français, les deux communes liées d’amitié doivent entretenir différents échanges: entre les conseils municipaux, les écoles, les associations, les seniors. «Le fait est que nous vivons dans un canton bilingue, et que les Haut-Valaisans et les Bas-Valaisans ne se connaissent généralement que bien trop peu. Les avantages offerts par le bilinguisme ne sont pas assez mis à profit.» Charlotte Salzmann-Briand, présidente de la commune de Naters Cette initiative indépendante des partis étant considérée politiquement correcte et «très adéquate» par le Gouvernement valaisan, le postulat a été renvoyé pour exécution sans aucune opposition. Ce qui est loin d’être évident dans un canton où la minorité germanophone (environ un habitant sur quatre seulement parle allemand) se sent souvent délaissée, et dans lequel on entend régulièrement des appels populistes à la division du canton en deux demi-cantons. Une fois le postulat adopté, Stéphane Ganzer a naturellement voulu poursuivre sur cette voie en tant qu’initiateur du projet et président de la commune. Il a alors contacté le président de la commune de Saas-Fee, et quelques mois plus tard, le premier «pacte d’amitié» entrait officiellement dans les faits. «Nous avons convenu de parler la langue locale à chacune de nos rencontres», explique Ganzer. Pour les invités, cela exige certes un certain effort, mais au final, cela fonctionne. Depuis, les échanges ne se sont pas limités aux conseils municipaux des deux villages. Car même les élèves des écoles ont réalisé leur sortie d’automne sur le territoire de l’autre commune; et on envisage des matchs de football et des excursions des clubs, comme par exemple une rencontre entre les deux chorales. Dans l’intervalle, d’autres «pactes d’amitié» ont été conclus dans le Valais. Situé à seulement quelques minutes en voiture de Noble-Contrée, Crans-Montana a passé un pacte d’amitié avec la Commune de Fiesch. A son tour, la Commune de Chalais s’est maintenant liée d’amitié avec Granges, Grône avec Loèche-les-Bains, Icogne avec Ernen et Anniviers avec Naters. Prochainement, les autorités cantonales valaisannes souhaitent publier un guide destiné aux autres communes intéressées. La présidente de la commune de Naters, Charlotte Salzmann-Briand, s’exprime à ce sujet: «Le fait est que nous vivons dans un canton bilingue, et que les Haut-Valaisans et les Bas-Valaisans ne se connaissent généralement que bien trop peu. Les avantages offerts par le bilinguisme ne sont pas assez mis à profit.» Raison pour laquelle au conseil municipal, personne n’a hésité à conclure également un «pacte d’amitié» avec une commune francophone. L’objectif minimum défini est d’organiser au moins une fois par an une rencontre entre les autorités, les écoles, l’administration, la population ou les associations des deux communes. De sorte qu’aujourd’hui, il est prévu de réaliser un échange entre classes qui permettra à quelque 50 élèves du cycle d’orientation de passer une semaine dans l’autre région du canton. Des premiers contacts ont également été noués par courrier au niveau des écoles primaires. Le partenariat entre Icogne et Ernen est déjà plus avancé. Et il n’est pas le fait du hasard: les deux communes comptent environ 500 à 600 habitants, et dans les deux villages, le tourisme et les redevances hydrauliques ont leur importance. Les conseils municipaux échangent-ils alors entre eux des informations sur la manière d’aborder tel ou tel dossier? Francesco Walter, le président de la commune d’Ernen, fait un geste de dénégation: selon lui, les conseils ne sont pas très utiles – ils sont même le contraire d’un échange d’idées réciproque. Le conseil municipal d’Icogne s’est ainsi posé la question de savoir comment il était possible que plusieurs restaurants soient exploités à Ernen, alors qu’il n’y en avait plus aucun à Icogne. «Pourquoi ne pourrait-on donc pas conclure des partenariats avec des communes de l’autre région du canton?» Stéphane Ganzer, président de la commune de Noble-Contrée Inversement, leurs homologues d’Ernen ont par exemple échangé avec le conseil municipal d’Icogne quant au projet de nouvelle constitution cantonale, et ont expliqué aux Bas-Valaisans pourquoi la minorité haut-valaisanne voulait y inclure des garanties de représentation dans les organes politiques. Ensemble, ils ont examiné comment le village bas-valaisan coopérait avec les communes environnantes dans le domaine des sapeurs-pompiers. «Nous le faisons également, mais c’est toujours bon de voir comment les autres s’y prennent», indique Walter. Car se rencontrer seulement pour boire un bon petit verre de vin ensemble, cela n’apporte pas grand-chose. «L’idée est de rechercher des aspects communs et d’analyser ce que l’on peut en tirer.» Fabio Pacozzi

«Il y a une incertitude latente»

Crise du coronavirus, crise ukrainienne, crise énergétique – les situations exceptionnelles semblent ne pas vouloir s’arrêter. Muriel Favre, l’année 2022 a-t-elle été plus difficile que d’habitude pour vous en tant que présidente de la commune de Vérossaz? Muriel Favre: L’année 2022 a été plus difficile, principalement en raison du climat anxiogène qui règne. L’incertitude est latente, et le budget des ménages ainsi que celui de la commune sont incertains. Je ne souhaite pas porter ici de jugement de valeur tant cette situation est difficile et inédite pour tous les acteurs. Je dirais qu’au vu de l’urgence, chacun a fait au mieux avec les moyens qui étaient à sa disposition. Des mesures sont en cours depuis plusieurs années avec des investissements réguliers sur le réseau d’éclairage public. Une grande partie du réseau est de type LED et est équipée de capteurs qui permettent de réguler l’éclairage. En dix ans, la consommation liée à l’éclairage public a diminué de 50%. D’autres mesures sont prévues pour l’assainissement énergétique des bâtiments et des installations communales. Nous finançons également des mesures de soutien pour favoriser les installations photovoltaïques et le remplacement des chauffages. C’est difficile, émotionnellement parlant. Mais l’optimisme doit rester une priorité, il nous faut nous appuyer sur les expériences du passé pour construire un futur plus serein. Notre situation ne nous permet pas de financer des services techniques, nous avons donc opté pour des collaborations intercommunales ainsi que pour des mandats ponctuels avec des bureaux spécialisés. Ces personnes sont donc d’une manière générale impliquées dans la vie locale et dans leur travail. Tout reste à faire, l’implémentation des technologies de cyberadministration, d’information et de communication sont les prochains défis importants qui nous attendent. Offrir un bon cadre de vie et maintenir les familles sur la commune. Vérossaz est la commune valaisanne avec le plus grand nombre de jeunes, qui représentent 26% de la population. Fabio Pacozzi

«Dès qu’il y a du stress, ce ne sont pas forcément les meilleures solutions qui se dégagent»

Crise du coronavirus, crise ukrainienne, crise énergétique, les situations exceptionnelles semblent ne pas vouloir s’arrêter. Thomas Iten, l’année 2022 a-t-elle été plus difficile que d’habitude pour vous en tant que président de la commune d’Ostermundigen? Thomas Iten: J’ai vécu l’année 2022 comme un parcours de montagnes russes. Au début de l’année, nous étions encore confrontés aux tests de masse et à la fermeture de classes. Et ensuite cette guerre terrible. Dans le même temps, des manifestations annulées pendant deux ans ont à nouveau pu avoir lieu en été. L’année a en tout cas été riche en émotions contradictoires. Au début, cela a pris du temps jusqu’à ce que «le moteur soit lancé». Maintenant, cela marche bien. Nous recevons par exemple une newsletter du canton avec toutes les informations importantes pour les communes. Dans un bâtiment scolaire, nous avons équipé les radiateurs de capteurs intelligents afin que les salles de classe soient chauffées de manière optimale. Nous avons par ailleurs prévu des installations bicombustibles dans deux immeubles communaux, et un bâtiment sera raccordé plus rapidement que prévu à un réseau de chauffage à distance. Société, économie ou culture, nous devons tous appréhender ces thèmes avec le respect nécessaire. Comme l’expérience l’a montré, il est important de rester calme. Dès qu’il y a du stress et de la nervosité, ce ne sont pas forcément les meilleures solutions qui se dégagent. La pénurie de personnel qualifié est un thème partout. Nous nous y sommes attaqués en introduisant un nouveau système salarial. Lorsqu’il est difficile de repourvoir un poste, nous pouvons nous adapter à la situation du marché grâce à un salaire plus élevé. L’entretien d’évaluation classique du personnel au moyen d’un formulaire avec des croix a été modernisé pour devenir un véritable dialogue. Notre plus grand pas en matière de numérisation a eu lieu pendant la pandémie. Nous avons par ailleurs mis en place des projets de la Confédération et du canton, par exemple eDéménagement. Nous introduisons maintenant d’autres outils. Personnellement, j’aimerais que la numérisation aille plus vite. Mais on doit aussi tenir compte du fait que la moitié environ de nos collaborateurs et collaboratrices sont rarement en contact avec le «monde numérique» dans leur travail quotidien. Nous devrions réfléchir à nos valeurs, davantage débattre des problèmes en commun autour d’une table et avoir le courage d’essayer quelque chose de neuf. Fabio Pacozzi

L’Association des Communes Suisses crée des avantages

Quelles sont les conséquences de la révision de la loi sur l’énergie pour les communes? Où les administrations communales ont-elles accès à des informations pertinentes sur les réfugiés ukrainiens? A quoi la Confédération devrait-elle être attentive lors de l’élaboration d’une nouvelle stratégie de service public pour La Poste? Et comment une commune sort-elle sans trop de préjudice d’une crise telle que la pandémie de coronavirus? Il s’agit là des dossiers importants sur lesquels s’est penchée dernièrement l’Association des Communes Suisses (ACS). Voici ci-après un aperçu (non exhaustif) des activités actuelles de l’ACS. L’an passé, l’Association des Communes Suisses s’est fortement engagée en faveur des projets du Parlement en lien avec le COVID-19 et donc pour la mise à disposition de plusieurs milliards de francs destinés aux mesures de soutien financier. Les communes en profitent directement car le Parlement et le peuple ont accepté des fonds pour les transports publics ou la culture, secteurs qui sont en bonne partie financés par les communes. Celles-ci en profitent aussi de façon indirecte, moins de personnes ayant dû avoir recours à l’aide sociale. Afin d’alléger l’aide sociale, l’ACS s’est de plus engagée au sein d’un groupe de projet chargé du développement d’un nouveau système de financement dans le domaine de l’asile. Divers gros projets fiscaux présentant de grands risques pour les budgets des communes sont actuellement en discussion au niveau fédéral. C’est pourquoi l’ACS suit attentivement les débats autour de l’abolition de la valeur locative, la mise en œuvre de la réforme fiscale de l’OCDE ou l’introduction de la taxation individuelle à l’échelle fédérale, et y participe activement. Le Conseil fédéral souhaite promouvoir le développement de la production d’électricité renouvelable grâce à une révision de la loi sur l’énergie. Les procédures de planification et d’autorisation des grandes installations hydrauliques et éoliennes doivent notamment être accélérées, ce qui réduirait fortement les possibilités de recours des communes, en violation flagrante de l’autonomie communale. L’ACS intervient de façon critique dans les débats. L’ACS est également critique à l’égard des plans de la commission fédérale d’experts sur le service postal universel. Ce qu’on appelle la «modernisation» de La Poste correspond en fait à une réduction quantitative et qualitative des prestations. Le service postal universel reste central pour l’ACS. Après des années de démantèlement de l’infrastructure postale et de diverses autres prestations, l’association s’engage afin qu’aucun nouveau démantèlement n’ait lieu dans ce domaine. L’ACS a proposé l’an passé un soutien à ses membres dans les domaines des finances communales et des marchés publics. L’association a publié un «guide de politique financière en temps de crise», ainsi que diverses fiches d’information qui apportent un soutien aux responsables communaux en matière de marchés publics. La brochure «La promotion de la santé des personnes âgées, de réels bénéfices!» montre comment les communes peuvent, grâce à une politique de santé prévoyante, non seulement améliorer la qualité de vie de leurs citoyennes et citoyens mais aussi soulager leurs caisses. Structurées en fonction des cantons, les communes trouvent sur notre plateforme en ligne les informations les plus importantes sur les procédures de saisie, d’enregistrement, de répartition et d’hébergement des personnes en quête de protection venant d’Ukraine. La plateforme est complétée par des directives, notices et recommandations des autorités et des organisations d’aide aux réfugiés. En collaboration avec l’association «Myni Gmeind», l’ACS organise régulièrement en ligne des échanges d’expériences autour du thème de la numérisation. Une formation de «pionnier numérique » a aussi été créée pour le personnel communal. En tant qu’organisation partenaire d’«ePublication», l’ACS aide par ailleurs des communes intéressées à ne plus publier que de façon numérique, ceci de manière sûre juridiquement, peu coûteuse et efficace. En participant au projet «Cyber-safe», des communes de petite et moyenne taille ont enfin la possibilité d’armer leur personnel contre la criminalité croissante sur Internet. Fabio Pacozzi

«La commune m’a communiqué que certaines de mes données avaient peut-être été piratées»

Que signifie concrètement la numérisation tant citée pour les communes? Que doit faire l’administration d’un village, d’une ville ou d’une agglomération pour travailler «intelligemment»? Ces questions et d’autres seront abordées par des experts et des politiciens le 19 mai lors de l’Assemblée générale de l’Association des Communes Suisses (voir encadré). L’un des invités est le professeur Marcel Salathé, qui dirige le Laboratoire d’épidémiologie numérique de l’EPFL. (Rires) Je me réserve le droit de noter uniquement mes étudiants. Il y a certainement des exemples où il aurait été utile que la Suisse soit déjà plus numérisée. Certes, l’application Swiss Covid a également été développée rapidement, mais n’a pas été bien intégrée dans notre système de santé. Pourtant, la technologie contenue dans l’application s’est avérée solide dans le monde entier. La technologie, qui se trouve dans l’application, a très bien servi dans plusieurs pays. En Angleterre, par exemple, il a été prouvé qu’elle a empêché des centaines de milliers de contaminations et a ainsi sauvé des centaines ou des milliers de vies. Cependant, en Suisse, l’application était plutôt un corps étranger dans le système. Rien que pour activer l’application, vous deviez attendre un code, et cela prenait parfois beaucoup trop de temps. Mon bilan est donc mitigé. Bien sûr, tout aurait été beaucoup plus compliqué et plus lent. Cela commence par la découverte du virus: la séquence génétique du virus a été rapidement accessible à tous et toutes sur Internet. En conséquence, le schéma pour un vaccin était déjà en place quelques jours plus tard. Rien de tout cela n’aurait été possible sans la numérisation. D’une part, la numérisation peut réduire les charges pour une administration communale. D’autre part, elle peut également améliorer l’interaction avec les citoyennes et citoyens. Voici un exemple concret: mes enfants sont d’âge scolaire. S’ils veulent manger à la cantine de l’école, ils doivent payer avec des bons en papier. Cependant, ces bons en papier ne sont disponibles qu’au guichet communal, qui à son tour n’est ouvert que deux demi-journées par semaine. Ce n’est certainement plus dans l’air du temps. Il faudrait se demander si les enfants qui ont un téléphone portable ne pourraient pas aussi payer avec celui-ci? Ou si les bons pourraient au moins être commandés en ligne et imprimés à la maison. Je suis sûr qu’il existe des milliers d’exemples de ce type où, grâce à la numérisation, les communes pourraient rendre la vie beaucoup plus facile à leurs citoyennes et citoyens, ainsi qu’à elles-mêmes. «De nombreuses communes sont assez petites et n’ont peut-être pas les moyens de se protéger de manière professionnelle contre les attaques de pirates informatiques.» Prof. Dr. Marcel Salathé Bien sûr. Récemment, une commune m’a dit que certaines de mes données avaient peut-être été piratées. Malheureusement, de telles cyberattaques contre les communes sont de plus en plus fréquentes. Cependant, en même temps, de nombreuses communes sont assez petites et n’ont peut-être pas les moyens de se protéger de manière professionnelle contre les attaques de pirates informatiques. Des solutions doivent certainement encore être trouvées dans ce domaine. Je ne pense pas. C’est probablement comme en médecine: plus une administration communale est numérisée, plus il y a de temps pour de véritables échanges. En d’autres termes, si je n’ai pas à perdre de temps à obtenir ces bons en papier, j’aurai plus de temps pour m’impliquer ailleurs dans la commune, si je le souhaite. Je vois la numérisation avant tout comme une opportunité. Fabio Pacozzi

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