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Search narrowed by: Catégorie: Commune numérique Auteur: Joachim Tillessen Remove all filters
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Numérisation: les communes ont de la peine à coopérer

La grande enquête sur la numérisation de l’association Ma Commune et de l’Association des Communes Suisses a mis cette année l’accent sur la collaboration entre les communes. Les résultats montrent que 62% des communes souhaitent aborder la transformation numérique ensemble. Elles espèrent en retirer des échanges en matière de savoir-faire, des gains d’efficacité et de meilleures prestations. Selon elles, une limitation de l’autonomie communale, des systèmes informatiques différents, des connaissances lacunaires et une faible volonté de coopérer font obstacle à cette collaboration. Celle-ci recueille en moyenne la note de 3,8. Pour expliquer ces difficultés, les communes invoquent des différences au niveau de la taille des communes, du niveau de maturité et des tâches à accomplir. Malgré des aspirations à l’autonomie, elles souhaitent des directives claires de la part de la Confédération et des cantons, ainsi que de meilleurs formats d’échanges et une collaboration coordonnée. Vers l’analyse détaillée de l’enquête: Ma Commune Joachim Tillessen

Cybersécurité: de nombreuses communes suisses gravement menacées

621 communes - près de 30 pour cent de toutes les communes suisses - ont participé à l’enquête 2025 sur les communes de l’association «Ma Commune» et de l’Association des communes suisses (ACS). Cela correspond à une augmentation réjouissante de 3,3 points de pourcentage par rapport à 2024. L’enquête de cette année était axée sur la situation actuelle en matière de sécurité et sur le besoin d’un soutien externe dans le domaine de la sécurité des données et de la cybersécurité. Le taux de participation élevé fournit une image significative de la situation réelle. Et cette image est alarmante dans de nombreux domaines. Un aperçu structuré des systèmes informatiques propres à chaque commune - ce que l’on appelle l’inventaire - fait déjà défaut dans de nombreuses communes. Or, sans inventaire, il est impossible de savoir quels systèmes existent, où ils se trouvent, comment ils sont utilisés - et comment ils devraient être protégés (voir fig. 1). L’image est également mitigée en ce qui concerne les directives en matière de sécurité: environ 40% des communes ne disposent d’aucune directive ou de directives peu claires en matière de cybersécurité. Et lorsqu’elles existent, il n’est pas clair dans quelle mesure elles sont orientées stratégiquement sur les besoins effectifs de la commune ou si elles ne couvrent que des normes minimales générales (voir fig. 2). Dans l’ensemble, les directives relatives à la cybersécurité ne constituent pas une base suffisante. La situation est encore plus critique en ce qui concerne les plans d’urgence. Certes, un peu plus de la moitié des communes disposent de solutions standardisées ou optimisées (voir fig. 3). Or, ce sont précisément les infrastructures critiques – comme l’approvisionnement en eau, en électricité ou les services administratifs – qui nécessitent des plans solides et éprouvés, capables de fonctionner même en situation de crise. De nombreuses communes ne seraient probablement que partiellement en mesure de réagir de manière adéquate à des problèmes techniques graves et à des cyber-attaques. La situation est similaire en ce qui concerne la gestion des risques: à peine la moitié des communes travaillent avec des procédures standardisées ou optimisées (voir fig. 4). Or, si l’on n’analyse pas systématiquement les risques, on ne peut pas non plus prendre de mesures préventives. Cette capacité fait souvent défaut dans les solutions actuellement en place. Autre point faible: les formations. En Suisse alémanique et en Suisse romande, environ 50 pour cent des communes disposent d’une offre de formation correspondante, au Tessin, elles ne sont que 21 pour cent - avec toutefois un petit nombre de cas. Il manque donc à de nombreux collaborateurs les connaissances et la compréhension nécessaires pour agir en étant conscient de la sécurité (voir fig. 5). Outre la question de l’inventaire, la situation en matière de formation doit être jugée insuffisante. Le besoin de soutien externe non couvert est par conséquent élevé: 46 % des communes interrogées souhaitent un soutien "plutôt important" ou "important" de la part de spécialistes externes. Les besoins les plus importants concernent la gestion des risques (59,5 %), les directives en matière de cybersécurité (59,0 %), la formation (58,8 %) et les plans d’urgence (58,1 %). Ainsi, les mêmes thèmes sont au centre de l’attention que lors de l’évaluation de la situation actuelle. Il est positif que le besoin de soutien par des experts en sécurité externes soit reconnu. Toutefois, comme les communes ne disposent pas toujours de leurs propres spécialistes dans le domaine de la sécurité des données et de la cybersécurité, la question se pose de savoir dans quelle mesure les accords de collaboration existants sont conçus de manière adéquate en termes de sécurité. Dans le meilleur des cas, les communes sont relativement bien protégées: les systèmes ont été largement épargnés et aucune attaque majeure ne s’est manifestement produite. Dans le pire des cas, c’est simplement la chance qui a joué jusqu’à présent – et nous sommes assis sur une poudrière numérique. Les responsables n’en sont peut-être pas toujours conscients, faute d’informations suffisantes ou de compétences adéquates. Sinon, il serait difficile d’expliquer pourquoi de nombreuses communes ne maîtrisent pas (totalement) des aspects importants de la cybersécurité ou n’ont pas encore pu combler les failles existantes. Compte tenu de l’importance sociétale du sujet et des conditions particulières du système de milice, la question se pose de savoir dans quelle mesure des normes techniques et légales pourraient aider à garantir une plus grande sécurité à l’échelle nationale. Joachim Tillessen

Transformation numérique: la question des ressources reste actuelle

Depuis le début des relevés effectués par Ma Commune en 2021, les données montrent que la numérisation connaît un fort développement. La part des communes qui se considèrent (plutôt) comme pionnières a augmenté de 32 à 41% en 2023. La plupart des communes interrogées considèrent que la transformation numérique est indispensable afin d’améliorer les prestations pour les citoyennes et citoyens. De nombreuses communes manquent toutefois de ressources en personnel pour mettre en œuvre les mesures de numérisation. Comment dès lors trouver les ressources nécessaires? Deux communes sur cinq veulent augmenter les taux d’occupation, du moins momentanément. Près d’un quart envisagent d’avoir recours à une externalisation temporaire. Pour un bon cinquième des administrations, une réduction temporaire des prestations est concevable. Une chose est claire: ce n’est qu’en offrant des places de travail modernes que les communes peuvent se positionner en tant qu’employeuses attrayantes et ainsi attirer le personnel qualifié nécessaire. Résultats détaillés sur https://mynigmeind.ch/fr/umfrage Joachim Tillessen

Transformation numérique: il s’agit maintenant des ressources

La transformation numérique est l'un des cinq principaux enjeux au niveau communal, aux côtés des questions relatives aux infrastructures, à la finance, à la sécurité informatique et à l'énergie. Heureusement, une opinion positive semble s'être formée ces derniers mois à l'égard de la numérisation et de la transformation numérique, notamment au niveau de l'administration communale. Néanmoins, les communes continuent d'être autocritiques par rapport à la mise en œuvre. Seul un tiers se considère plutôt comme pionnier, les deux tiers plutôt comme retardataire. Près de 60 % des communes qui se considèrent comme (plutôt) pionnières ont désigné un poste (une ou plusieurs personne) pour la coordination interservices. Une commune sur trois a déjà défini une stratégie globale de numérisation. Ce n'est le cas que dans 14 % des communes qui se considèrent comme des retardataires. Le sondage de cette année se caractérise par un taux de réponse élevé de 34 % (736 sur 2179 communes). Les résultats sont donc représentatifs. L'erreur statistique est de +/- 2,95 % (conception de la recherche: voir encadré). Comme lors des deux premières enquêtes (2021 et 2022), environ 75 % des communes évaluent clairement la transformation numérique comme une opportunité (max. 100 %) et non comme un danger. Cependant, cette bonne valeur est quelque peu inférieure à celle des années précédentes, ce qui peut être dû au fait que des problèmes de sécurité ou de protection des données ont quelque peu modéré «l'euphorie». Les motivations centrales (bénéfices) de la transformation numérique sont identiques aux années précédentes (voir Fig. 1). Bien que la transformation numérique soit un processus complexe, l'accent mis sur les niveaux étatiques supérieurs (en particulier le gouvernement fédéral) et la coopération avec d'autres communes semblent être moins prononcés. Cependant, il y a une bonne volonté de répondre aux exigences des cantons ou de la Confédération. Les communes aux ressources limitées sont donc susceptibles de vouloir coopérer s'il existe des initiatives de cantonales ou fédérales avec des propositions de solutions concrètes. Les secrétaires municipaux et communaux sont les principaux participants à l'enquête (66 %), suivis des représentants des conseils municipaux et des syndics, présidents de commune ou maires (13 %). Ainsi, les mesures les plus importantes portent sur la numérisation des processus administratifs, la sécurité informatique, les services numériques pour les habitants et l'économie, la formation continue des employés, le changement culturel et le développement organisationnel (voir figure 2). En plus du niveau de processus, les niveaux des structures et de la culture sont également relevés. Si l'on demande aux communes de classer les facteurs de succès de la numérisation, la première priorité est de loin la «volonté politique claire» (comme en 2022) et ensuite – au même niveau – une «culture ouverte de l'administration et de ses employés» ainsi que des ressources financières et humaines (similaire à 2022, voir Fig. 3). Ainsi, l'attitude et la situation des ressources sont décisives. Mais pas les exigences techniques ou les compétences. Heureusement, dans ce contexte, le soutien de la direction administrative est le mieux noté avec un degré de satisfaction de 64 %, suivi des aspects de la cybersécurité, de la culture ouverte requise et de la volonté politique claire pour la numérisation. La disponibilité de moyens financiers et de ressources humaines suffisantes est considérée comme étant sensiblement moins importante. La question se pose de savoir dans quelle mesure les facteurs de succès dits «souples» (culture ouverte et volonté politique claire ainsi que soutien de la direction administrative = attitude) peuvent compenser les facteurs dits «durs» (ressources humaines et financières suffisantes). Depuis début 2022, de nouvelles règles pour les grandes entreprises sont en vigueur en Suisse afin de mieux protéger les personnes et l'environnement. En découle une obligation de publication, dans laquelle, en lien avec l'objectif de neutralité climatique d'ici 2050, la gestion des émissions de CO2 est aussi discutée. Cette évolution actuelle méritait une question particulière pour «Ma Commune» et l'association des communes. A la question : Votre commune a-t-elle formulé un objectif de protection climatique, environ 3/4 en moyenne ont répondu par la négative (voir Fig. 4). Seule une commune sur cinq a par exemple adopté un concept relatif à l'objectif de zéro émission nette de CO 2 ou en a au moins planifié un. Les municipalités sont en retard par rapport au secteur privé à cet égard. Affaire à suivre. Les enquêtes auprès des communes fournissent des informations précieuses pour la conception des services de soutien. Par exemple, l'offre de formation continue pour les communes « Pionnier Digital » répond clairement aux besoins. Le cours de deux jours a été organisé à plusieurs reprises avec succès depuis son lancement en 2022 et se tiendra à nouveau cette année les 3 et 4 octobre 2023 à Fribourg ( www.digitalpionier.ch/fr ). La nécessité d'une transformation numérique et donc d'une conception plus efficace et efficiente des processus administratifs ayant été largement reconnue, d'autres questions se posent désormais: comment les communes obtiennent-elles les ressources humaines et financières nécessaires? Quelles tâches de base effectuent-elles de manière indépendante et quelles tâches effectuent-elles avec des partenaires? Quelles sont les possibilités en termes d’objectifs et d’étapes pour arriver à des ressources suffisantes? La transformation numérique reste un sujet central dans le développement actuel des communes. Nous tenons à remercier toutes les communes pour leur participation à cette enquête, ainsi que les experts du milieu des communes pour leur soutien (voir encadré). Nous sommes déjà enthousiasmés par la poursuite du développement de la transformation numérique et par la manière dont les problèmes de ressources et de collaboration associés seront résolus. Joachim Tillessen

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