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30 km/h: la Confédération freine l’autonomie communale

La motion Schilliger approuvée par le Parlement prévoit de manière générale une limitation à 50 km/h sur les routes à orientation trafic à l’intérieur des localités. Des exceptions doivent rester possibles, mais la manière dont elles sont définies n’est pas claire. Les communes craignent maintenant que l’introduction du 30 km/h soit limitée, même dans des zones névralgiques comme celles près des écoles. A Malters (LU), un moratoire cantonal retarde ainsi des mesures planifiées. Des voix critiques mettent en garde contre des directives centralisées qui ne tiennent pas compte de la situation locale. Pour l’ACS, une chose est claire: les décisions sur les limitations de vitesse doivent être prises par les communes, car elles sont les seules à avoir une vue d’ensemble de la sécurité, du bruit et de la réalité du trafic. «Si une majorité de la population locale le souhaite, il devrait être possible de mettre en œuvre une réduction de la vitesse.» Marcel Lotter, conseiller communal de Malters (LU) Fabio Pacozzi

Fu­tur ra­dieux pour in­fra­struc­tu­re ob­solè­te: transformation d’une STEP

Depuis l’extérieur, c’est un petit bâtiment qui n’a pas de toit. Situé le long du Rhône, le bassin de décantation hors sol, à ciel ouvert et flanqué de locaux techniques en périphérie, est le dernier vestige de la première station d’épuration (STEP) construite en Valais, au milieu des années 1960. Abandonnée en 1994 lors de la construction de la station d’épuration intercommunale de Bieudron, le bassin perd tout usage et devient ce vide imperceptible derrière des murs. Pendant ce temps, le village d’Aproz, idéalement situé entre Sion et Martigny, grandit rapidement grâce à des prix immobiliers encore accessibles. Dans le but de proposer des espaces publics à cette population croissante, les autorités communales mandatent Arnaud Michelet et Romain Legros, associés de En-Dehors, pour recenser des terrains disponibles. Dans ce cadre, la parcelle où se trouve le bassin est rapidement répertoriée pour sa situation proche du centre et son importante surface non construite. D’ailleurs, elle devient si intéressante que les communes de Sion et de Nendaz, sur lesquelles se répartit le village, y voient alors une surface potentielle pour une extension future de l’école. Les architectes-paysagistes proposent donc de changer de stratégie. Face à la pression foncière, ce sont eux qui suggèrent d’investir le volume du bassin abandonné et d’ainsi préserver le reste du terrain pour tout futur bâtiment. Une transformation d’abord surprenante, mais qui va ancrer le projet dans une circularité totale. À partir de cette décision et après vérification de la non-­pollution du site, En-Dehors va mener une véritable analyse de l’objet construit. À la manière d’architectes (non-paysagistes), ils s’intéressent au construit, à la statique des murs et aux éléments à récupérer. Bien qu’ils reconnaissent que ce n’est qu’une fois le bassin ouvert qu’ils ont pu réellement appréhender l’espace disponible, ces études mettent en place les grands principes. Le projet se développe autour du réemploi, en utilisant directement sur site la matière extraite du bassin: l’ouverture principale de la façade sud produit les marches qui y mènent, les garde-corps du chemin de ronde du bassin sont réutilisés pour l’accès, le tirant central au profil hexagonal marquant devient un banc… Le lieu inspire directement le projet, qui va continuer d’évoluer avec le chantier et grâce à un échange précieux avec les entreprises mandatées. Par exemple, en comprenant qu’il est plus simple de carotter que de scier le sol, En-Dehors adapte la forme des percements pour les plantations: les carrés deviennent des ronds. Les épais disques extraits se muent alors en assises. Toutes les pièces sont ainsi appréciées et considérées sur place, modelant progressivement le résultat. À la fin, c’est une véritable salle de jeux, plutôt qu’une place, qui est créée. Des douches et jets, parfois invisibles, alimentent en eau des parcours entaillés dans la masse du radier. Entre ces jeux d’eau actionnés par les enfants, mais aussi de manière aléatoire, des touffes de saule apportent de la fraîcheur et créent des cachettes. Dans un coin, des pierres ont été sélectionnées et montées sur le mur pour offrir des prises d’escalade. Seul élément à rompre la forte intériorité du lieu, un toboggan auquel on accède par une tour à l’extérieur et qui traverse ensuite le mur, via un carottage. À terme, le projet devrait sortir de ce cadre construit pour investir l’espace alentour. Pour le moment, il offre un point d’attraction et de rencontre dans ce quartier très résidentiel sans autre porosité. L’intervention se limite à la transformation du volume intérieur. Les autres façades de l’infrastructure, qui donnent accès à des locaux techniques encore en usage, n’ont pas été rénovées et la parcelle reste en friche. Loin de nuire au projet, ce contexte renforce l’effet de surprise et le sentiment d’avoir découvert un lieu secret, presque interdit. D’ailleurs, il aura fallu de nombreux échanges pour obtenir la certification de cet objet hors normes en place de jeux homologuée. Dans les parcs, la tendance actuelle est plutôt aux constructions en bois massif et aux copeaux de bois sur le sol. Alors pour mettre en œuvre les revêtements de sol souples prescrits et s’inscrire dans un imaginaire collectif de l’enfance, En-Dehors introduit de la couleur dans le projet, en rupture avec l’aspect brut du béton. Un assortiment des trois teintes primaires marque les interventions techniques comme les sciages ou les bandes étanches. Malgré sa petite taille, la place de jeux d’Aproz condense de nombreuses thématiques actuelles. Au-delà de la question des ressources et des déchets, la réponse apportée au devenir des infrastructures obsolètes héritées du XX e siècle est particulièrement intéressante. Plutôt que de démolir, le projet parvient à transformer un site a priori hostile et inopportun en un lieu attractif, qui accueille les utilisateurs et utilisatrices probablement les plus protégé·e·s de notre société: les enfants. Pour réussir ce tour de force, En-Dehors agit avec conviction et souplesse, pour expérimenter et s’adapter progressivement au lieu, mais surtout avec beaucoup de plaisir. Un sentiment à retrouver d’urgence dans nos métiers. Cet article est d’abord paru dans TRACÉS 06/2024, édité par espazium - les éditions pour la culture du bâti: Futur radieux pour infrastructure obsolète Transformation d’une STEP en aire de jeux, Aproz (VS) | Espazium Héloïse Gailing

Prix Wakker 2025 à la commune grisonne de Poschiavo

Malgré sa situation périphérique au sud du col de la Bernina, la commune grisonne de Poschiavo a su préserver un esprit vivant et entrepreneurial qui concilie innovation et tradition. Histoire, architecture et culture sont cultivées dans une atmosphère alpine et méditerranéenne. «Poschiavo illustre de manière saisissante comment les régions périphériques peuvent pleinement exploiter leur potentiel. En alliant culture du bâti, autonomie, agriculture durable et implication de la société civile, la commune s’est investie contre l’émigration et a su générer une qualité de vie élevée», peut-on lire dans l’argumentaire pour la remise du prix. Le président de la commune Giovanni Jochum est fier de cette distinction. Il explique que la singularité de la commune est notamment liée à sa situation isolée. Poschiavo a ainsi pu conserver de nombreux commerces comme des boulangeries ou des boucheries. «Si une localité de la même taille que la nôtre se trouvait à côté de Coire, la situation serait certainement différente», argue Giovanni Jochum. Gerhard Lob

Minergie-Quartier: un pas vers un urbanisme durable

De plus en plus de communes se fixent des objectifs climatiques ambitieux. Les mettre en œuvre dans l’aménagement du territoire est un défi. Le label Minergie-Quartier, disponible depuis septembre 2023, peut apporter une aide car il constitue une base claire pour la planification de quartiers respectueux du climat. Il englobe 17 exigences obligatoires ainsi que des critères volontaires qui encouragent la protection du climat, l’adaptation au changement climatique et la mobilité durable. Des éléments essentiels du label sont des bâtiments économes en énergie, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et un confort élevé également dans des conditions météorologiques extrêmes. Des quartiers Minergie peuvent aider des communes et des villes à atteindre plus facilement leurs objectifs climatiques et à créer en même temps une infrastructure vivable et durable. www.minergie.ch Stefanie Steiner

Infrastructure de recharge, Kreuzlingen montre l’exemple

Les communes peuvent notamment promouvoir activement le développement de l’infrastructure de recharge, créer des conditions-cadres favorables ou mettre en place des mesures incitatives. Kreuzlingen (TG) est en pleine démarche et a réalisé une étude de faisabilité qui montre où des points de recharge seront nécessaires, quel dimensionnement viser et quels coûts prévoir. Grâce au nouveau guide en ligne «Recharge dans les communes» de RechargeAuPoint , un programme de l’Office fédéral de l’énergie, les administrations apprennent comment organiser efficacement l’ensemble de ce processus, qu’elles aient déjà commencé ou qu’elles se demandent encore si et où des bornes de recharge sont nécessaires. Vers le guide en ligne «Recharge dans les communes»: https://www.recharge-au-point.ch/fr/outils/recharge-dans-les-communes/ Vérène Gaillard, Tim Trachsel

Aménagement du territoire: partenaires institutionnels à haute valeur ajoutée

Parmi les grands principes qui régissent l’aménagement du territoire en Suisse, il convient de relever un point essentiel: le sol est une ressource limitée dont il faut garantir une utilisation mesurée. Différents intérêts se heurtent souvent quant à l’utilisation des terres, tels que les besoins en surfaces cultivables ou les besoins en surfaces destinées aux infrastructures et au logement. La loi sur l’aménagement du territoire (LAT), adoptée par le Parlement en 1979, a pour principal objectif d’assurer une utilisation mesurée du sol et une occupation rationnelle du territoire, afin de protéger les bases naturelles de la vie. Au fil du temps, il a été constaté que l’on peinait à atteindre l’objectif premier de la LAT. La décision a donc été prise de procéder à une première révision partielle importante de la loi (LAT1). Cette révision a permis de cristalliser le principe de développement vers l’intérieur du milieu bâti, mettant un frein à l’expansion de l’urbanisation. C’est par le biais de ce qu’on appelle le «dimensionnement de la zone à bâtir» que sont déterminées les possibilités de développement du territoire dans une échelle temporelle de 15 ans. Or, la décision quant au dimensionnement de la zone à bâtir dans les communes n’incombe pas à celles-ci, mais bien à la Confédération et aux cantons. Ainsi, les communes, qui disposent en principe de compétences pour le développement de leur propre territoire, se doivent d’agir dans un cadre strict imposé d’une part par la Confédération, et d’autre part par leur canton respectif. Dix ans après l’entrée en vigueur de la LAT1 en 2014, on constate que les communes ont pris le sujet à bras le corps, et qu’elles ont adapté, ou sont en train de le faire, leurs plans d’affectations aux nouvelles prescriptions. Non sans effort. En 2015, alors que les cantons et les communes avaient tout juste entamé leurs travaux de mise en œuvre de la LAT1, la deuxième révision de la loi sur l’aménagement du territoire (LAT2) était déjà sur la table de la Confédération. Grâce à l’intervention de l’ACS, des cantons et de l’économie, il a été possible de mettre en suspens cette nouvelle révision de la LAT pendant un certain temps. Le message du Conseil fédéral concernant la LAT2 a été transmis au Parlement en octobre 2018, lançant cette fois-ci pour de bon la deuxième étape des travaux de révision portant essentiellement sur les constructions hors zone à bâtir. Après de longs mois de débat, le Parlement a entériné le projet en septembre 2023. «Il faut être bien informé pour pouvoir intervenir en conséquence dans le contexte parlementaire.» Maude Schreyer-Gonthier, responsable des secteurs politiques énergie, aménagement et mobilité, Association des Communes Suisses Du côté de l’ACS, le suivi de tels dossiers est non seulement un travail de longue haleine, mais également un travail qui demande de bien se tenir informé pour pouvoir intervenir en conséquence dans le contexte parlementaire. Si les cantons et les communes ne partagent pas systématiquement le même avis, en particulier dans le domaine de l’aménagement du territoire, cela n’empêche en aucun cas d’avoir des échanges constructifs. Depuis plusieurs années déjà, l’ACS dispose d’un siège d’observatrice (partagé avec l’Union des villes suisses) au sein du comité de la Conférence suisse des directeurs cantonaux des travaux publics, de l’aménagement du territoire et de l’environnement (DTAP). La DTAP est un partenaire institutionnel de choix pour l’ACS: la transmission d’informations de part et d’autre permet une coordination des niveaux cantonal et communal dans le contexte fédéral. Tout comme l’ACS, la DTAP rédige des prises de position en réponse aux projets mis en consultation par la Confédération. Dans ce contexte, l’ACS peut, au besoin, s’appuyer sur l’expertise technique et juridique de la DTAP pour étayer ses propres prises de positions. Dans l’autre sens, la personne qui représente l’ACS au sein du comité de la DTAP peut faire remonter les attentes des communes auprès des cantons. Ce système donnant-donnant permet à l’ACS d’appuyer ses travaux en matière d’aménagement du territoire sur des bases solides, et ce dans l’intérêt de toutes les communes. Maude Schreyer-Gonthier

Culture du bâti dans le Parc naturel de la vallée de Binn

Le Parc naturel de la vallée de Binn – en tant que parc naturel régional d’importance nationale – fait partie des pépites de la Suisse. Les bâtiments historiques, les sites pittoresques et le paysage naturel et culturel environnant relatent des histoires qui façonnent l’identité de la région. Mais comment les communes peuvent-elles préserver cet héritage tout en répondant aux exigences modernes? Comme institution régionale, le parc offre à cet effet une plateforme stable et durable pour l’échange et la collaboration avec les communes. Depuis des années, le parc soutient activement les communes en matière de culture du bâti et d’aménagement du territoire. Il ne s’agit pas seulement de préserver l’existant, mais aussi d’assurer un développement de qualité qui préserve le caractère de la région. Le projet-modèle de l’ARE pour le développement vers l’intérieur du milieu bâti, mené de 2014 à 2018, en constitue la pierre angulaire. La stratégie de développement territorial qui en résulte fournit un modèle pour le développement territorial souhaité dans les villages de la région. Elle propose également des pistes d’action sous forme de plans directeurs partiels pour des thèmes spécifiques tels que le paysage ou la mobilité. Cette stratégie de base a permis à divers projets concrets de voir le jour, illustrant ainsi les bénéfices que les communes tirent de leur collaboration et partenariat avec le Parc naturel de la vallée de Binn. Le conseil spécialisé mis en place par le parc repose sur deux piliers. Premièrement, il conseille les autorités sur les questions liées à la culture du bâti, au développement du milieu bâti et à l’aménagement du territoire. Citons, par exemple, le plan directeur pour le développement du milieu bâti à Grengiols, le soutien à l’élaboration de l’inventaire des bâtiments ainsi que la fiche d’information sur l’intégration des installations solaires dans les sites historiques sensibles, spécialement conçue pour les communes du parc. Deuxièmement, le comité d’experts de la culture du bâti, créé en 2023, offre un soutien ciblé. Cet organe, composé de spécialistes de l’architecture, de l’aménagement du paysage et de la conservation du patrimoine, conseille non seulement les communes, mais aussi les maîtres d’ouvrage privés. Ses activités portent sur les demandes préalables de permis de construire, les demandes d’autorisation de construire ou des projets publics de construction. Il veille à concilier la culture du bâti avec les exigences modernes et à atteindre une qualité élevée en matière d’urbanisme et d’aménagement. La planification intercommunale du paysage est un autre exemple de coopération. Le parc coordonne l’élaboration d’un concept paysager qui sert de base à l’aménagement durable du territoire. Ce concept associe les directives cantonales, comme la Conception Paysage cantonale (CPc), aux besoins locaux et présente des visions claires pour le développement futur. Y sont définis les zones de tension, ainsi que les qualités et les objectifs des différents types de paysages pour proposer aux communes des pistes d’action concrètes. La collaboration avec les services cantonaux et les experts garantit une planification du paysage à la fois ancrée localement et harmonisée au niveau suprarégional. Les communes suisses jouent un rôle clé dans l’entretien du paysage et de la culture du bâti. Conformément au plan directeur cantonal (Valais) et aux objectifs de la loi sur la protection de la nature et du paysage (LPN), la responsabilité des communes des parcs naturels est encore plus vaste et comprend la préservation et la valorisation du paysage culturel, des sites et du patrimoine bâti. Grâce au soutien du Parc naturel de la vallée de Binn à ses communes, celles-ci sont mieux outillées pour faire face aux exigences élevées dans le domaine du bâti. La coopération volontaire avec le parc leur permet de bénéficier de conseils spécialisés de manière flexible et adaptée à leurs besoins – que ce soit pour des demandes préalables de permis de construire, des développements de sites ou la planification de bâtiments publics. Des exemples de réussite, tels que la rénovation de bâtiments historiques utilitaires ou des approches innovantes en matière de développement du milieu bâti de qualité, illustrent à quel point l’expertise et la coopération sont décisives pour trouver des solutions durables. Faire évoluer des agglomérations historiques de manière vivante et par des approches modernes représente un défi qui exige créativité et courage. Le Parc naturel de la vallée de Binn montre que culture du bâti et durabilité peuvent aller de pair. La collaboration entre les communes et le parc permet de préserver le patrimoine culturel tout en trouvant des solutions orientées vers l’avenir. Il s’agit non seulement d’une contribution à la protection du paysage, mais aussi d’un investissement en faveur de la qualité de vie des générations futures. Moritz Clausen, Andreas Gattlen

Une planification précoce vaut la peine

L’agrandissement de l’école primaire de Mammern (TG) montre combien une planification précoce et approfondie est importante pour un projet d’une telle ampleur. Un atelier avec les habitantes et habitants, et une étude de faisabilité ont permis de fixer des exigences claires pour le concours d’architecture. Malgré des ressources en terrains limitées, la commune a réussi à trouver un site adapté pour la construction. Le concours d’architecture ouvert a suscité le dépôt de 26 projets et c’est le projet «Rotkehlchen» de l’ARGE ekip Architekten Studio de Pedrini qui a été choisi. Les citoyens voteront sur le crédit de construction en 2025. «Les échanges avec la population sont centraux afin de trouver une solution architecturale durable et répondant aux besoins», souligne Anita Dähler-Engel, présidente de la commune de Mammern. Le Guide pour l’acquisition de prestations d’études aide les maîtres d’ouvrage à trouver la forme d’acquisition appropriée et augmente les chances de réussite des projets de construction. Orientations pour l’achat de services d’architecture et d’ingénierie: Guide pour l’acquisition de prestations d’études Trias Guide pour les marchés publics Barbara Angehrn Saiki

Sécurité sismique: des mesures simples sont utiles

Les séismes violents sont rares en Suisse, mais ils ont néanmoins un énorme potentiel de dégâts. Sven Heunert, expert séisme à l’Office fédéral de l’environnement et président du Conseil communal de Thierachern (BE), explique que la sécurité sismique n’est pas toujours très coûteuse et compliquée. Des petites mesures comme la sécurisation des étagères dans les écoles peuvent déjà être utiles. Lors de la rénovation de bâtiments, il vaut la peine d’examiner leur sécurité sismique. Les nouvelles constructions sont déjà soumises à des exigences de sécurité standardisées. Les communes devraient par ailleurs revoir leurs plans d’urgence afin d’être préparées à des scénarios spécifiques comme des pannes prolongées de courant. Au niveau législatif, la Confédération est en train d’élaborer un message sur le financement des dommages causés aux bâtiments par des tremblements de terre. Nadja Sutter

La multimodalité: le gymkhana de la mobilité

La multimodalité est la possibilité de relier deux lieux par divers modes de déplacements. Un déplacement dit «intermodal» signifie un déplacement au cours duquel le pendulaire change de moyen de transport. Les lieux de transition entre plusieurs modes de transport sont des interfaces de transport de voyageurs. Le bon fonctionnement de notre système de transport dépend de la facilité à pouvoir passer d’un moyen de transport à un autre. La planification et la réalisation des interfaces multimodales incombent aux cantons, aux communes et aux entreprises de transport. La Confédération peut apporter un soutien financier à ces infrastructures à travers le Programme en faveur du trafic d’agglomération. Chacune des 2148 communes suisses fait face à des défis en termes de mobilité qui vont de la «simple» gestion d’une route communale à la réflexion d’un plan de mobilité complexe gérant tant la politique de stationnement que de nouveaux outils pour favoriser un report modal de la voiture individuelle aux transports publics et à la mobilité douce. Les communes font face à des défis croissants pour faire cohabiter mobilité et aménagement du territoire. Cette complexité ne s’arrête pas aux frontières des plus grandes villes du pays, car près de 20% des trajets pendulaires trouvent leur origine en périphérie des agglomérations. Ces zones moins densément peuplées sont aussi moins bien desservies par les transports publics; par conséquent, les déplacements s'effectuent entièrement en voiture, alors même que les transports publics sont développés sur une grande partie du trajet. Le conseiller aux Etats Matthias Michel (ZG) met le doigt sur la cause: peu de possibilités de passer d’un moyen de transport à un autre. Les possibilités de cofinancement d’infrastructures de la Confédération sont claires et significatives pour les communes géographiquement comprises dans les périmètres d’agglomération. Grâce à ce programme, la Confédération, à partir du moment où les communes se regroupent en structure d’agglomération, cofinance des mesures liées à des infrastructures de transport entre 30 et 45%. Pour les communes en dehors du périmètre d’agglomération ou non organisées en structure d’agglomération un cofinancement est possible mais l’accès à ces fonds est plus complexe et la participation financière significativement moins importante. C’est spécifiquement ce raccordement en milieu rural qui est défaillant. L’ACS s’engage pour que toutes les communes qui le souhaitent et où un besoin est avéré puissent être soutenues dans un développement coordonné et efficient de l’urbanisation et des transports indépendamment de leur emplacement géographique. Cette position est portée par notre président le conseiller aux Etats Mathias Zopfi: «Ces infrastructures doivent être adaptées aux besoins tout en proposant des alternatives attractives au transport individuel motorisé, et ce également dans les régions rurales et périphériques.» «Ces infrastructures doivent être adaptées aux besoins tout en proposant des alternatives attractives au transport individuel motorisé, et ce également dans les régions rurales et périphériques.» Mathias Zopfi, conseiller aux Etats, président de l’ACS En septembre 2021, la Confédération, les cantons et les communes suisses ont signé la Déclaration d’Emmenbrücke afin de sceller politiquement leur collaboration en matière de multimodalité. Cette étape a officiellement lancé un programme pluriannuel. Trois ans plus tard, les mêmes acteurs se réunissent à nouveau pour tirer un bilan de ce programme. Le conseiller fédéral Albert Rösti le juge positif car il contribue à renforcer le trait d’union entre zones rurales et zones urbaines: «Avec le programme pour les interfaces multimodales, nous avons fait un grand pas en avant pour rendre notre système de transport encore plus efficace et plus résistant. Il faut maintenant passer à la mise en œuvre dans les cantons, les communes et les villes, et j’ai bon espoir que ce travail se poursuivra avec le même engagement qu’auparavant.» «Avec le programme pour les interfaces multimodales, nous avons fait un grand pas en avant pour rendre notre système de transport encore plus efficace et plus résistant.» Albert Rösti, conseiller fédéral C’est par ce proverbe que Ulrich Seewer, sous-directeur de l’Office fédéral du développement territorial (ARE), illustre la fin du programme pour les interfaces multimodales. Car, même si ce programme prend officiellement fin lors de la manifestation du 16 août, la multimodalité continuera à se développer. Ces interfaces font déjà partie intégrante de tous les programmes d’agglomération: la preuve que ce concept est déjà bien en route. Pour l’ACS, l’objectif est clair: permettre à toutes les personnes qui le souhaitent de pouvoir changer facilement de moyen de transport et cela aussi dans les régions périphériques. Manon Röthlisberger

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