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FFLS 2025: la commune comme interface

La Fête fédérale de lutte suisse et des jeux alpestres (FFLS) aura lieu du 29 au 31 août sur le terrain de l’aérodrome de Mollis. Quelque 350 000 visiteuses et visiteurs sont attendus, bien plus que les 20 000 habitantes et habitants de Glaris Nord, la commune hôte. Celle-ci est en étroit contact avec le comité d’organisation de la fête. Elle est l’autorité qui accorde des autorisations. Le comité d’organisation dépose auprès de la commune des requêtes, par exemple pour des permis de construire pour diverses infrastructures de la fête. La commune consulte des offices cantonaux ou même fédéraux pour savoir si ces demandes sont admissibles. Elle donne ensuite son feu vert ou demande que des adaptations soient effectuées. La commune est ainsi une interface importante. Pour l’administration communale, cela signifie beaucoup de travail supplémentaire, mais aussi une grande joie. «Participer à un tel événement est unique», souligne Fritz Staub, maire de la commune. Nadja Sutter

AG 2025: L’autonomie communale en point de mire

La Confédération continue à considérer les communes davantage comme des organes d’exécution que comme des acteurs institutionnels de rang équivalent, l’autonomie communale étant plus interprétée comme un principe directeur que comme une garantie constitutionnelle. Celle-ci est pourtant ancrée dans la Constitution fédérale depuis 25 ans. «Les communes sont certes globalement mieux associées qu’avant. Des tendances à la centralisation sont toutefois clairement observables du côté de la Confédération et des cantons et elles mettent l’autonomie communale sous pression», a constaté le conseiller aux Etats Mathias Zopfi, président de l’Association des Communes Suisses (ACS), lors de l’Assemblée générale de l’ACS du 6 juin à Vernier (GE). «Nous avons besoin de lois qui sont adaptées aux communes et qui peuvent aussi être mises en œuvre dans le cadre d’un mandat de milice», a exigé Mathias Zopfi. Dans le même temps, il faut que les mesures qui ont un impact au niveau communal soient sans exception élaborées avec les communes et que leurs préoccupations soient entendues. «Ce réflexe fait encore trop souvent défaut au niveau fédéral.» D’autres anciennes présidentes et anciens présidents de communes et de villes ont débattu avec Mathias Zopfi: la conseillère d’Etat genevoise Carole-Anne Kast, le conseiller d’Etat thurgovien Walter Schönholzer, le conseiller national vaudois Laurent Wehrli et la présidente de l’Association des communes genevoises Karine Bruchez. Dans le cadre de l’Assemblée générale, l’ACS a présenté la déclaration «Les villes et les communes dans l’Etat fédéral» rédigée avec l’Union des villes suisses. Celle-ci a été signée à l’issue de l’assemblée par des douzaines de présidents de communes. La déclaration sera remise le 24 septembre au conseiller fédéral Beat Jans. Il n’y a pas eu de surprises dans la partie statutaire de l’Assemblée générale: toutes les propositions du comité ont été approuvées par les délégations des communes. Stéphane Coppey, ancien président de la ville de Monthey (VS), a démissionné du comité. Matthias Gysin, président de la commune de Duggingen (BL) et directeur de l’Association des communes de Bâle-Campagne a été élu pour le remplacer. «Nous avons besoin de lois qui sont adaptées aux communes et qui peuvent aussi être mises en œuvre dans le cadre d’un mandat de milice.» Mathias Zopfi, conseiller aux Etats et président de l’ACS Nadja Sutter

«J’aime bien être au service de la population»

«La politique m’a toujours été familière», raconte César Murangira. Par un bel après-midi de printemps, le conseiller communal de Marly nous reçoit dans la grande salle de réunion de l’administration de cette commune de l’agglomération fribourgeoise. Il paraît tout d’abord réservé, mais son récit s’accélère rapidement pour remonter 40 ans en arrière, au Rwanda où il a grandi: «Mon père était un politicien local. Je me souviens des gens du coin qui venaient chez nous à la maison et de mon père qui se préoccupait de leurs problèmes.» Le père de César Murangira n’est aujourd’hui plus là pour faire bénéficier son fils de ses expériences politiques. Il a été tué lors du génocide de 1994 contre la minorité tutsie, tout comme de nombreux membres de la famille de César Murangira. «Cette expérience fait partie de moi et m’a marqué. Mais je ne crois pas qu’elle influence ma manière de faire de la politique», souligne César Murangira, en affirmant essayer de regarder vers l’avenir. Et d’ajouter: «Parfois, mon histoire m’aide à relativiser certaines situations. Je me dis alors que la situation n’est pas bonne mais qu’elle n’est pas synonyme de fin du monde. Et j’ai vécu la fin du monde.» César Murangira est arrivé en Suisse en 1997, pas comme réfugié mais comme étudiant. Il a fait des études en travail social, politique sociale et sociologie à l’Université de Fribourg. Il a ensuite déménagé à Marly (FR) avec sa femme suisse. Il y habite toujours et travaille pour les services sociaux de la Ville de Fribourg. La question de savoir s’il voulait aussi être actif dans sa nouvelle patrie ne s’est jamais posée, fait-il valoir. Et de préciser: «Assumer des responsabilités politiques est une évidence pour moi.» «La politique n’est jamais simple, notamment lorsqu’on vient d’Afrique, un continent sous-estimé.» César Murangira, conseiller communal de Marly (FR) César Murangira s’est tout d’abord informé sur les différents partis. Il a choisi les Verts car l’engagement en faveur de l’environnement est très important pour lui. «A l’époque, le parti était encore petit et il s’agissait de le développer et de travailler sur son programme.» Il a été cofondateur de la section dans le district de la Sarine ainsi que dans sa commune de Marly. En 2016, les Verts se sont pour la première fois présentés aux élections à Marly avec leur propre liste, et César Murangira a été élu au sein du parlement communal, le Conseil général. En 2021, il a réussi le saut au sein de l’exécutif. «Je suis le premier conseiller communal vert de Marly», relève-t-il, non sans fierté. Dans le même temps, il sait qu’il est important de travailler ensemble et de trouver un consensus. «Je ne souhaite pas moraliser, mais aller de l’avant avec de bons exemples.» Il a ainsi suggéré d’offrir de façon conséquente des aliments bio et si possible de la région dans le cadre de l’accueil extrascolaire. «Cela n’est pas seulement bénéfique pour les enfants mais aussi une manière de soutenir les agriculteurs de la région. Les trajets sont par ailleurs courts, ce qui protège le climat.» Cette idée a été bien accueillie à Marly et a entre-temps été mise en œuvre ( voir l’article dans «Commune Suisse» 2/2024 ). Lors de la campagne électorale, son origine a suscité des commentaires. «La politique n’est jamais simple, notamment lorsqu’on vient d’Afrique, un continent sous-estimé», argue-t-il. «On parle ici d’une Afrique, alors que le continent est tellement varié, avec une telle diversité de pays et de cultures.» D’un abord réservé, il trouve même qu’être sous-estimé est un avantage: «Je surprends les gens.» Ce que l’on pense de lui l’indiffère, dit-il en riant: «C’est peut-être pourquoi je suis actif en politique.» Lorsqu’on lui demande d’où il vient, il répond de manière conséquente: «De Marly.» César Murangira est un des rares politiciens communaux à avoir un passé migratoire. Que faire pour que cela change? Il réfléchit longtemps avant de répondre: «Des naturalisations facilitées pourraient permettre aux gens de se sentir ici vraiment chez eux et d’avoir envie d’assumer des responsabilités.» Il estime aussi qu’une meilleure rémunération pourrait rendre les mandats de milice plus attrayants. Un mandat de conseiller communal exige beaucoup d’engagement, les dossiers sont complexes. Il faut vraiment avoir le feu sacré pour la politique. C’est le cas de César Murangira. «J’aime bien être au service de la population. La Suisse et la commune de Marly m’ont donné la possibilité de le faire.» Nadja Sutter

Campagne pour davantage de respect à Reinach

Les insultes et les menaces à l’encontre du personnel communal ont fortement augmenté ces derniers mois dans la commune de Reinach (BL). Thomas Sauter, responsable de l’administration communale, constate depuis un moment plus d’irritabilité dans la population. Entrées en vigueur au début de l’année, deux modifications législatives concernant les places de parc et le ramassage des déchets verts ont manifestement suscité du mécontentement à Reinach. Afin de protéger les collaborateurs et collaboratrices, la commune a mis en place une campagne d’affichage invitant les visiteuses et visiteurs du bureau municipal et de l’administration scolaire à davantage de respect et de bienséance. Avec succès: les insultes ont reculé et de nombreuses réactions positives ont été enregistrées dans la population. Nadja Sutter

Communes fortes, Etat fort: une AG sous le signe de l’article consitutionnel communal

Cette année est une année anniversaire importante pour l’Association des Communes Suisses. Non, ce n’est pas l’ACS qui fête un jubilé (elle aura simplement 72 ans), mais l’article consitutionnel communal qui célèbre ses 25 ans. Vous vous demandez peut-être de quoi il est question. Concrètement, il s’agit de l’article 50 de la Constitution fédérale qui est entré en vigueur en 2000 avec la Constitution fédérale révisée. Il comprend trois alinéas: 1. L’autonomie communale est garantie dans les limites fixées par le droit cantonal. 2. La Confédération tient compte des conséquences éventuelles de son activité pour les communes. 3. Ce faisant, elle prend en considération la situation particulière des villes, des agglomérations urbaines et des régions de montagne. Ces trois alinéas sont essentiels pour la participation politique des communes au niveau fédéral et garantissent l’autonomie communale. L’article constitue aussi la base du travail politique de l’Association des Communes Suisses qui donne son avis sur de nombreux projets fédéraux et qui défend ainsi la position des communes. L’Association des Communes Suisses a été, tout comme l’Union des villes suisses, fortement impliquée dans l’élaboration de l’article sur les communes. Un anniversaire digne d’être fêté donc. L’Association des Communes Suisses le fera lors de son Assemblée générale de cette année. Celle-ci aura lieu le 6 juin à Vernier (GE) dans la cité satellite iconique du Lignon qui comprend un immeuble locatif d’une longueur de plus d’un kilomètre, le plus long de Suisse. L’ACS ne fêtera pas seulement l’article sur les communes lors de son AG, mais éclairera aussi le rôle de ces dernières au sein de l’Etat fédéral de manière critique. Des représentantes et représentants des communes, des cantons et de la Confédération en débattront lors d’une table ronde. L’ACS présentera par ailleurs une déclaration devant renforcer la position des communes et des villes au sein de l’Etat. Cela sera aussi important à l’avenir, comme le président de l’ACS et conseiller aux Etats Mathias Zopfi l’a noté lors de la manifestation pendant la session en mars de l’intergroupe parlementaire Politique communale. «L’intégration du niveau communal est bien appréciée là où elle correspond aux attentes des autorités de la Confédération et des cantons. Lorsque cela n’est pas le cas, les autorités sont rapidement plus sceptiques», a-t-il fait valoir. Participez aux discussions lors de notre AG! Nous nous réjouissons de votre participation, que vous soyez membre ou non de l’ACS. Inscrivez-vous encore aujourd’hui: https://www.chgemeinden.ch/fr/a-propos-de-nous/assemblee-generale/ Nadja Sutter

«La formation continue m’a offert un large réseau»

Après un apprentissage de commerce, Lucas Rodriguez, employé de la commune d’Oberrieden (ZH), a souhaité approfondir ses connaissances et acquérir un bagage de base sur le fonctionnement des communes. Il est ainsi tombé sur la formation de spécialiste en administration publique avec brevet fédéral. L’Association des Communes Suisses a participé à la mise en place de cet examen professionnel et siège au sein du comité de l’Organisation suisse d’examen de la formation professionnelle supérieure en administration publique. Lucas Rodriguez a effectué le cours préparatoire ainsi que la formation menant au diplôme au sein de la KV Business School à Zurich et a obtenu son brevet en 2024. Ses attentes ont été remplies. «Cette formation continue a vraiment été formidable et m’a offert un large réseau», fait-il valoir. Selon lui, ce diplôme est un pas important pour la suite de sa carrière. Il aimerait en effet devenir secrétaire communal. Informations: https://www.hbboev.ch/ Nadja Sutter

Aesch (BL) encourage ses cadres

Située dans l’agglomération bâloise, la commune d’Aesch (BL) a réorganisé son administration au cours des dernières années. Une formation pour ses cadres a aussi fait partie du processus. Environ 25 personnes, de la présidente de la commune Eveline Sprecher et du responsable de l’administration Roman Cueni au chef du groupe de la voirie, l’ont suivie pendant plusieurs mois. La formation a été dispensée par Mario Müller-Rottmann de l’entreprise Percoms AG et a été organisée de façon hybride. Une partie a été effectuée en autoformation au moyen d’une plateforme en ligne. L’autre partie a consisté en des exercices pratiques durant lesquels les cadres s’entraînaient par exemple à mener des entretiens difficiles grâce à des jeux de rôles. Ils ont par ailleurs pu discuter avec un coach de situations de leur quotidien. Le responsable de l’administration Roman Cueni est persuadé que cet investissement en faveur des cadres est intéressant pour la commune. «Grâce à une bonne culture de direction, nous renforçons l’ensemble de l’administration, veillons à une atmosphère de travail agréable et luttons contre la pénurie de personnel qualifié.» «Grâce à une bonne culture de direction, nous renforçons l’ensemble de l’administration.» Roman Cueni, responsable de l’administration, commune d’Aesch (BL) Nadja Sutter

Formations professionelles et continues pour le personnel communal

Les exigences que doivent relever les collaboratrices et collaborateurs des administrations communales augmentent sans cesse. C’est pourquoi des formations professionelles et continues proches de la pratique et tenant compte des changements dans le monde professionnel sont de plus en plus importantes. L’Association des Communes Suisses (ACS) soutient cette évolution en proposant de nombreuses offres, par exemple le diplôme de spécialiste en administration publique ou la formation de spécialiste en droit ES. En collaboration avec divers partenaires comme l’Association FPS ap, l’Association responsable de la formation de spécialistes en droit ES et le Groupement d’intérêt IAöB, l’offre de formations est sans cesse développée pour répondre aux exigences actuelles. Les associations cantonales de communes proposent également de nombreux cours spécifiques pour le personnel communal et pour des membres élus des autorités. Un aperçu des différentes offres est disponible en ligne: chgemeinden.ch Nadja Sutter

«Le travail pour les communes  est un privilège»

Ancienne directrice suppléante, Claudia Kratochvil est, depuis son entrée en fonction en juillet dernier, la première femme à la tête du secrétariat de l’Association des Communes Suisses. Son élection est gage de continuité et d’expérience, la nouvelle directrice travaillant pour l’ACS depuis 2009 déjà. «Je considère que c’est un grand privilège de pouvoir m’engager pour le niveau communal à l’échelon fédéral. Je suis fascinée par la diversité des tâches des communes et leur rôle important au sein de l’Etat fédéral», relève-t-elle. Elle souhaite intensifier les contacts avec les communes et le Parlement fédéral afin d’encore mieux positionner l’ACS au niveau politique. La promotion des femmes est aussi une de ses préoccupations. Grâce à la Conférence internationale des présidentes de commune organisée à Schaffhouse par l’ACS en juin dernier, la mise en réseau des présidentes de commune a été renforcée. Les mesures d’économie de la Confédération vont occuper les communes l’an prochain, mais aussi les débats autour du service universel postal. Avec des partenaires, l’ACS a lancé un nouveau projet afin de soutenir les communes dans la mise en œuvre de projets de numérisation. Il s’agit d’un guide qui permet aux communes et aux cantons de développer ensemble un portail pour des prestations numériques. L’ACS fêtera par ailleurs en 2025 le 25 e anniversaire de l’article 50 de la Constitution fédérale, l’article sur les communes qui oblige la Confédération à tenir compte des intérêts des communes. Nadja Sutter

Mümliswil-Ramiswil: mieux que sa réputation

Alors que Mümliswil-Ramiswil a été ces dernières années à chaque fois la lanterne rouge du classement de la «Handelszeitung», elle a atteint la 935 e place sur 954 en 2024. A Mümliswil-Ramiswil, on réagit à cette nouvelle avec humour, en notant qu’être la lanterne rouge suscite au moins une certaine attention médiatique. Le conseil communal en a profité pour lancer un sondage auprès de la population. Celui-ci a montré que les habitantes et habitants étaient tout à fait satisfaits de leur commune. L’offre de loisirs et les prestations de l’administration communale sont tout particulièrement appréciées. Les critiques ont porté sur les opportunités de shopping et les offres pour les seniors. Le conseil communal veut s’inspirer des résultats de l’enquête pour sa future politique. Nadja Sutter

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