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LAT 2: à quoi faut-il s’attendre?

La deuxième grande révision partielle de la loi sur l’aménagement du territoire (connue sous le nom de «LAT 2») a une longue histoire (voir encadré «La révision de la LAT»). À l’issue de presque quatorze ans de travaux législatifs, le Parlement a adopté la modification à l’unanimité lors du vote final du 29 septembre 2023, un résultat inattendu qui a fait sensation parmi les spécialistes du domaine. Deux ans plus tard, les dispositions d’exécution sont désormais connues. En octobre 2025, le Conseil fédéral a adopté la version révisée de l’ordonnance sur l’aménagement du territoire (OAT) ainsi que d’autres documents. Dans une première réaction, les organisations responsables de l’initiative paysage II, entre-temps retirée, ont fait part de leurs préoccupations face à ce qu’elles qualifient d’«assouplissements inutiles». EspaceSuisse présente ici un résumé factuel des principales nouveautés. Pour ce premier tour d’horizon, nous nous en tiendrons à certains points essentiels (pour les nouvelles dispositions relatives à l’énergie, voir encadré «Énergies renouvelables: nouvelles règles»). Quoi? L’objectif dit de stabilisation est considéré comme l’élément central de la LAT 2: à travers lui, le Parlement affirme sa volonté de stabiliser le nombre de bâtiments ainsi que la surface imperméabilisée en dehors des zones à bâtir. Mais la liste des exceptions est longue. Les surfaces imperméabilisées utilisées à des fins agricoles, forestières ou touristiques en sont exclues, de même que les installations énergétiques et les infrastructures de transport cantonales et nationales. Chaque canton dispose d’une marge de manœuvre de deux pour cent par rapport à la situation au 29 septembre 2023 (date de référence). La Confédération a établi, en concertation avec les cantons et à partir de données harmonisées, les valeurs de référence propres à chacun d’eux; celles-ci figurent en annexe de l’OAT. Pourquoi? L’idée de stabiliser le développement des constructions en dehors des zones à bâtir a été intégrée dans le projet de LAT 2 en réponse à l’initiative paysage II. Si la loi va moins loin que l’initiative et accorde aux cantons une marge de manœuvre généreuse, le Parlement a néanmoins expressément maintenu le principe d’une limite au développement des constructions en dehors des zones à bâtir. Comment? Pour les cantons, le défi est de taille: ils doivent définir dans leur plan directeur un concept global montrant comment ils entendent atteindre l’objectif de stabilisation. Les cantons disposent de cinq ans, à compter de l’entrée en vigueur de la LAT 2, pour le faire. L’OAT règle en détail les différents objectifs visant à stabiliser le nombre de bâtiments et les surfaces imperméabilisées. Elle décrit notamment la marche à suivre lorsque les objectifs risquent de ne pas être atteints ou ne l’ont pas été. Les cantons doivent suivre de près le développement des constructions après la date de référence et réfléchir aux mesures de compensation à mettre en œuvre. Ils doivent aussi envisager des mesures immédiates, car la date de référence remonte déjà à plus de deux ans. Il serait également possible d’adapter la législation des cantons afin de limiter certaines dispositions fédérales (existantes) relatives à la construction hors zone à bâtir. Les cantons devront en outre rendre périodiquement compte à la Confédération de leur situation en matière de stabilisation. Articles pertinents - Art. 1 al. 2 let. b ter et b quater LAT - Art. 6 al. 3 let. d et e LAT - Art. 8d LAT - Art. 24f al. 2 et 3 LAT - Art. 27a LAT - Art. 38b al. 1, 3 et 4 LAT - Art. 38c LAT - Art. 25a - 25g OAT - Annexes 1 et 2 OAT - Guide de la planification directrice, Chapitre 1 Quoi? Les propriétaires de constructions et d’installations situées en dehors de la zone à bâtir reçoivent, en cas de démolition, une prime équivalant aux coûts de démolition. Elle n’est accordée que si aucune autre obligation légale ne prévoit la prise en charge des coûts de démolition. La prime est également versée lorsque des constructions ou installations à usage agricole ou touristique sont démolies pour être remplacées par de nouvelles constructions. Pourquoi? Pour que le nombre de bâtiments en dehors des zones à bâtir se stabilise réellement, les constructions et installations devenues inutiles doivent être démolies. C’est pour encourager cela que la prime de démolition a été introduite dans la loi. Toutefois, l’incitation financière restera limitée si seuls les coûts de démolition sont remboursés (selon l’Office fédéral du développement territorial, environ 20’000 à 30’000 francs par démolition). D’autant que les possibilités de réaffectation des bâtiments existants en dehors des zones à bâtir ont encore été élargies avec la LAT 2. De plus, le solde des bâtiments devrait, dans la plupart des cas, rester inchangé (en raison des constructions de remplacement à des fins agricoles). Comment? Il revient aux cantons de financer la prime de démolition. Ce financement doit provenir principalement des recettes issues de la compensation de la plus-value, complétées par des moyens financiers généraux. Les cantons se retrouvent ainsi confrontés à un besoin de financement accru. À l’avenir, ils devront utiliser une part considérable de leurs recettes issues de la compensation de la plus-value pour financer ces primes de démolition, en plus des indemnisations en cas de dézonage et du soutien aux mesures de développement de l’urbanisation vers l’intérieur. Une participation financière de la Confédération, comprise dans une fourchette de 20 à 30 pour cent, est certes prévue, mais elle est facultative. C’est-à-dire qu’elle pourrait ne pas être versée si la Confédération ne dispose pas des moyens suffisants. Dans ce contexte, les cantons sont invités à réexaminer leurs dispositions en matière de compensation de la plus-value et à les ajuster de manière ciblée. Articles pertinents - Art. 5a LAT - Art. 8d al. 1 LAT - Art. 24f al. 1 LAT - Art. 43d OAT - Art. 43e OAT Quoi? L'approche dite territoriale permet davantage de constructions et de changements d’affectation en territoire non constructible: les cantons peuvent, s’ils le souhaitent, déroger dans certains cas spécifiques aux dispositions fédérales contraignantes en matière de construction hors zone à bâtir. Pour cela, ils doivent désigner dans leur plan directeur des périmètres où certaines utilisations supplémentaires sont admises conformément à un concept territorial global (d’où le terme «approche territoriale»). Sur cette base, des «zones non constructibles incluant des utilisations soumises à compensation» peuvent être délimitées. Les utilisations en question doivent être «assorties des mesures de compensation et d’amélioration requises» et entraîner «globalement une amélioration de la situation générale de la structure du milieu bâti, de la culture du bâti, du paysage, des terres cultivables et de la biodiversité». Pourquoi? L'approche territoriale est un instrument de planification facultatif qui doit permettre aux cantons de mieux prendre en compte les particularités régionales en matière de construction hors zone à bâtir. Cet objectif ne change rien au fait qu’il s’agit explicitement de zones non constructibles au sens du principe de séparation. Des possibilités de construire accrues ne peuvent donc pas leur être associées, car les deux principes constitutionnels de séparation et de concentration continuent de s’y appliquer (ce qui vaut d’ailleurs pour l’ensemble des nouvelles dispositions). Par conséquent, la réaffectation de bâtiments agricoles à des fins d’habitation, expressément mentionnée dans la loi, ne sera possible que dans des cas particuliers. Comment? La condition pour pouvoir appliquer cet instrument est de désigner le périmètre en question dans le plan directeur cantonal sur la base d’un concept territorial global. Dans la planification d’affectation, il convient ensuite de délimiter la «zone non constructible incluant des utilisations soumises à compensation». En outre, la stratégie cantonale de stabilisation doit avoir été approuvée par la Confédération. Dans toutes ces étapes, le canton joue un rôle moteur. La Confédération procédera à un examen rigoureux des éléments inscrits dans le plan directeur pour veiller à ce que le principe de séparation ne soit pas contourné, comme cela a été souligné à plusieurs reprises lors des débats. La présence de nombreuses notions juridiques indéterminées ne facilitera pas la tâche. Articles pertinents - Art. 8c LAT - Art. 18 bis LAT - Art. 38b al. 2 LAT - Art. 33a OAT - Guide de la planification directrice, Chapitre 2 Quoi? Cette disposition permet, sous certaines conditions, de déplacer des surfaces bâties à l’intérieur d’un même compartiment de terrain afin d’agrandir des établissements d’hôtellerie et de restauration existants. Des limites sont fixées à ce transfert, mais elles sont généreuses: les hôtels situés en dehors de la zone à bâtir peuvent augmenter jusqu’à 120 leur nombre de lits, soit le double de la moyenne des hôtels suisses. Les restaurants peuvent augmenter leur nombre de places assises à un maximum de 100. L’agrandissement doit obéir à des impératifs d’exploitation. De plus, les utilisations supplémentaires doivent être raisonnablement proportionnées aux améliorations et aux mesures compensatoires prévues. Seuls les bâtiments commerciaux dont l’implantation n’est pas imposée par leur destination peuvent profiter de cette possibilité de compensation. Pourquoi? Le Parlement s’est prononcé en faveur de cette règle spéciale pour le secteur touristique (malgré les réserves du Conseil fédéral) afin que les établissements de restauration et d’hébergement créés selon l’ancien droit en dehors des zones à bâtir puissent s’adapter aux exigences actuelles en matière de construction, d’exploitation et de technique. Comment? Comme la plupart des règles relatives à la construction hors zone à bâtir, cette nouvelle disposition s’adresse aux propriétaires fonciers. Il s’agit en quelque sorte d’une version «light» de l'approche territoriale, appliquée directement dans le cadre de la procédure d’autorisation de construire. Il incombe au canton de s’assurer que les dispositions du droit de l’aménagement du territoire, et en particulier celles de l’ordonnance, soient respectées. Articles pertinents - Art. 37a al. 2 LAT - Art. 43 al. 4 - 8 OAT Quoi? La loi mentionne désormais expressément qu’en zone agricole, l’agriculture et ses besoins ont la priorité sur les utilisations non agricoles. À cette fin, l’autorité compétente doit notamment accorder des assouplissements en matière de protection de l’environnement lorsque les intérêts de l’agriculture l’emportent sur l’intérêt à respecter les distances minimales concernant les nuisances olfactives ou les prescriptions en matière de protection contre le bruit. L’OAT développe cette disposition plus en détail. À noter que la primauté de l’agriculture est réaffirmée également par les nombreuses exceptions prévues dans le cadre des objectifs de stabilisation. Pourquoi? Selon le Conseil fédéral, l’un des objectifs déclarés de la LAT 2 est d’améliorer les conditions-cadres de l’agriculture. À ce titre, il souligne que la disposition consacrant la primauté de l’agriculture a le statut d’une disposition de principe. L’enjeu dépasse bien sûr la seule production agricole, puisque la préservation des bases naturelles de la vie fait également partie du mandat confié à l’agriculture. Comment? La plupart des dispositions prioritaires sont des normes de droit fédéral directement applicables, qui n’ont pas besoin d’être précisées par les cantons. Articles concernés - Art. 15 al. 4 bis LAT - Art. 16 al. 4 et 5 LAT - Art. 38a OAT Quoi? Les autorités cantonales compétentes doivent veiller à ce que les utilisations non autorisées soient constatées en temps utile, puis interdites et interrompues immédiatement. Les démolitions destinées à rétablir l’état conforme au droit doivent être ordonnées et exécutées sans délai. En outre, seule l’autorité cantonale compétente a le pouvoir de renoncer exceptionnellement au rétablissement de la situation conforme au droit. Pourquoi? Le Parlement a souligné à plusieurs reprises que la LAT 2 visait à renforcer le principe de séparation. Cela suppose aussi d’agir efficacement contre les constructions illicites en dehors des zones à bâtir. Comment? Avec les nouvelles dispositions, il est clair que les cantons seront davantage mis à contribution. Les procédures concernées doivent désormais être condensées et simplifiées autant que possible. En outre, les autorités compétentes doivent être dotées des compétences décisionnelles et des ressources nécessaires. La question de savoir si, et dans quels domaines, le législateur cantonal doit intervenir dépend des modalités actuelles du droit cantonal. Articles concernés - Art. 25 al. 3 - 5 LAT - Art. 43b et 43c OAT Outre les points essentiels présentés ici, la deuxième révision partielle de la LAT entraîne de nombreuses autres adaptations du droit de l’aménagement du territoire. Les personnes intéressées ne pourront pas faire l’économie d’une lecture attentive des dispositions, souvent ardues, de la loi et de l’ordonnance ainsi que des autres outils disponibles. Même pour les spécialistes, le contenu et la portée de nombreuses dispositions demeurent encore largement flous. Les cantons se voient confier de nouvelles tâches et font face à d’importants défis. Ils doivent commencer par élaborer une stratégie de stabilisation, l’ancrer dans le plan directeur cantonal et la mettre en œuvre, le cas échéant au moyen d’instruments complémentaires. S’ils parviennent à trouver de bonnes solutions, la LAT 2 peut constituer une opportunité de protéger et d’améliorer le paysage tout en renforçant le principe de séparation. Les conséquences financières pour les cantons ne résultent pas seulement de la nouvelle prime de démolition, mais aussi des nouvelles tâches qu’ils devront assumer, avec les ressources correspondantes (par exemple l’adaptation des plans directeurs, les activités de suivi ou les mesures liées aux constructions illicites). L'approche territoriale nécessitera la mise en œuvre de projets pilotes par les cantons intéressés. À terme, il sera ainsi possible d’évaluer les chances et les risques que comporte cette nouvelle approche de planification en dehors des zones à bâtir. Le Conseil fédéral mettra en vigueur le droit révisé de l’aménagement du territoire de façon échelonnée: les dispositions ne nécessitant aucune adaptation entreront en vigueur le 1 er janvier 2026, les autres s’appliqueront à partir du 1 er juillet 2026. La deuxième révision partielle de la LAT continuera également d’occuper EspaceSuisse. Un examen approfondi des nouvelles dispositions sera présenté ultérieurement. Samuel Kissling

Pas une simple place de jeux

Le printemps revient, et avec lui l’envie de sortir, de se retrouver, d’investir les places de jeux. Espaces pour les plus petits, elles deviennent, à Uster (ZH), des lieux de rencontre intergénérationnels où se tissent des liens au-delà du jeu. Car si jouer reste leur vocation première, ces lieux révèlent bien d’autres facettes. A La Tour-de-Peilz (VD), la place de jeux du château se distingue par ses mikados géants et ses cartes à ciel ouvert, dans l’écrin d’un château du XIII e siècle, à quelques pas du Musée Suisse du Jeu. A Melide (TI), l’aire de jeux avec son bateau pirate, l’une des plus fréquentées du Tessin, incarne un compromis culturel entre régions linguistiques, entre attentes familiales et contraintes locales – jusqu’aux débats sur le bruit et la limitation de l’accès. Dès le 1 er avril 2025, la révision de la loi sur la protection de l’environnement ajoute un défi pour ces espaces: assainir les surfaces fréquentées par les tout-petits. Les communes ont jusqu’en 2060 pour bénéficier d’un cofinancement de 60 % de la Confédération. Dans ce numéro, nous décryptons ces nouvelles obligations et donnons des clés concrètes pour leur mise en œuvre. L’édition offre en outre un premier aperçu des discussions de notre Assemblée générale du 18 juin sur l’identité électronique. Nous vous souhaitons une lecture intéressante! «Car si jouer reste leur vocation première, les places de jeux révèlent bien d’autres facettes.» Manon Röthlisberger, directrice suppléante, Association des Communes Suisses Manon Röthlisberger

Sols pollués: les places de jeux et les crèches en point de mire

Les polluants dans les sols peuvent être particulièrement dangereux pour les jeunes enfants. S’ils ingèrent de la terre contenant du plomb, cela peut nuire au développement de leur cerveau. C’est pourquoi une obligation d’assainissement est en vigueur depuis le 1 er avril 2025 pour les aires de jeux, les parcs ou les jardins des crèches qui sont situés sur des terrains publics ou qui sont exploités par une commune. C’est en principe le canton qui est compétent pour la mise en œuvre de l’assainissement, en étroite collaboration toutefois avec la commune. Celle-ci peut par exemple identifier des sites potentiellement contaminés. Un risque accru existe sur des terrains qui ont déjà été utilisés intensivement avant 1960 ou qui se trouvent à proximité de sites industriels. La Confédération prend en charge 60% des frais d’investigation et d’assainissement des sols. Pour en savoir plus: www.bafu.admin.ch/fr/controle-places-de-jeux Nadja Sutter

Berne assainit le sol de l’aire de jeux «Alte Gärtnerei»

La présence de polluants dangereux pour la santé dans les sols est un thème qui est débattu publiquement depuis quelques années et qui suscite de grandes incertitudes. C’est par exemple le cas avec la teneur élevée en dioxines dans les sols lausannois situés à proximité d’une ancienne usine d’incinération des déchets. Un grand projet d’assainissement est également en cours dans la commune de Reconvilier, dans le Jura bernois. Les activités d’une fonderie pendant de longues années y ont laissé des traces sous la forme de polluants dans des jardins privés. Dans la foulée, les places de jeux publiques se sont retrouvées au centre de l’attention. Les jeunes enfants jouent en effet souvent sur le sol et prennent de la terre dans la bouche. Si celle-ci contient des substances nocives, cela peut avoir des conséquences négatives. La Confédération a défini à partir du 1 er décembre 2025 de nouvelles valeurs limites pour les polluants dans les sols des aires de jeux publiques ainsi que des crèches. Cela signifie qu’un assainissement devient aujourd’hui nécessaire à partir de valeurs limites plus basses (voir aussi à ce propos l’article en pages 12 à 16). Quelques villes et communes sont déjà en train d’examiner des sites critiques. La Ville de Berne a fait un pas supplémentaire: la place de jeux «Alte Gärtnerei» à la Neubrückstrasse dans le quartier de la Länggasse sera complètement rénovée à partir de l’été 2026 et son sol remplacé. Des travaux préparatoires ont lieu actuellement. Comme son nom l’indique, le site a été utilisé de manière intensive comme jardinerie entre 1930 et 1987. «L’expérience montre que les sols horticoles utilisés de façon intensive affichent des niveaux de pollution élevés», explique Simon Gfeller, chef de projet au sein du Service des espaces verts de la Ville de Berne. Comme la place de jeux doit maintenant être rénovée, la ville a prélevé des échantillons du sol et a constaté que les valeurs limites actuelles pour le plomb et les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) étaient dépassées dans la moitié orientale du site. «La place de jeux est particulièrement appréciée par les parents de petits enfants parce qu’elle est clôturée et que les équipements de jeux sont destinés à ce groupe d’âge», note Simon Gfeller. Les polluants dans les sols représentent un risque tout particulier pour les jeunes enfants. C’est pourquoi la ville et le canton ont immédiatement réagi. En attendant l’assainissement, du gazon en rouleau recouvre le sol contaminé afin de protéger les enfants. «Du gazon en rouleau ou des tapis en caoutchouc sont particulièrement appropriés pour de telles solutions temporaires», relève Nicole Schmidlin, spécialistes des sites pollués à l’Office cantonal bernois des eaux et des déchets. «Nous avons fait de mauvaises expériences avec des copeaux de bois et des protections en feutre, les enfants étant encore plus incités à jouer sur le sol, ce qui peut les amener à être en contact avec de la terre contaminée.» L’assainissement proprement dit doit débuter en été 2026. Le sol pollué ne sera pas seulement enlevé et remplacé par un sol non contaminé, les équipements de jeux qui ont pris de l’âge seront eux aussi changés. Un assainissement du sol n’est pas une grosse affaire pour autant que suffisamment de terre de remplacement non contaminée soit à disposition et il peut généralement être effectué en quelques semaines, fait valoir Nicole Schmidlin. Mais comme la place de jeux «Alte Gärtnerei» abrite de nombreux arbres, la rénovation s’annonce plus complexe. «Nous n’abattons en général pas d’arbres sans raison valable», souligne Simon Gfeller. Le sol pollué sera dans la mesure du possible aspiré entre les racines. Quelques charmes devront malgré tout être abattus. «Ils ne supportent pas une modification du sol et dépériraient, argue Simon Gfeller. Afin de garantir que la totalité du sol contaminé soit autant que possible éliminé et remplacé, nous avons décidé d’enlever les charmes. Ils seront remplacés par d’autres arbres après l’assainissement.» «Près du tronc, entre les racines, nous pouvons retirer environ 5 à 7 centimètres de sol. Celui-ci redeviendra du gazon grâce à du terreau pour arbres et des grilles à gazon», précise Nicole Schmidlin. Davantage de sol sera enlevé plus loin des arbres, soit 10 centimètres. Et jusqu’à 40 centimètres seront ôtés en dehors de la zone des racines. On y mettra ensuite du gravier gazon. «Celui-ci est plus robuste et résistera mieux à l’utilisation intensive de la place de jeux.» Les travaux d’assainissement dureront probablement jusqu’au printemps 2027. La place de jeux sera fermée pendant ce laps de temps. Les coûts pour l’assainissement du sol et la rénovation de l’aire de jeux se montent au total à environ 600 000 francs. Conformément à la loi sur la protection de l’environnement, la Confédération participe dans certains cas aux coûts d’assainissement de places de jeux publiques. Communiqué de presse de la Ville de Berne (en allemand) Nadja Sutter

Centre de trail d’Aesch: un projet phare

Inauguré en 2022, le centre de trail d’Aesch est un lieu apprécié, rayonnant dans toute la Suisse du Nord-Ouest avec ses plus de 160 000 parcours par an. Les neuf pistes de trail peuvent être utilisées gratuitement et sont un important lieu de rencontres accueillant des écoles, des cours de formation et des événements. L’installation encourage le mouvement, la mobilité durable et la biodiversité, et elle s’adresse à toutes les générations, des thèmes centraux dans la stratégie de la commune d’Aesch. Celle-ci gère l’installation en commun avec l’Office du tourisme et l’Office des sports de Bâle-Campagne et l’association Trailnet Nordwestschweiz. Cela permet une exploitation efficace avec un large soutien. L’entretien est en grande partie assuré par des sponsors et les recettes issues des cartes journalières facultatives. Le centre de trail encourage le tourisme doux et crée une plus-value pour la population et la région. «Le centre de trail montre comment les communes peuvent contribuer activement à la qualité de vie de leurs habitants.» Roman Cueni, directeur de l’administration communale, Aesch (BL) Joël Gernet

Une nouvelle place de jeux en lien avec le Musée Suisse du Jeu

Edifié au XIII e siècle par Pierre de Savoie, le château de La Tour-de-Peilz est inscrit parmi les biens culturels d’importance nationale. Il s’élève sur un site stratégique occupé dès l’an mil par un donjon primitif, directement ancré dans le rocher en bordure du Léman. Acquis par la ville en 1979, il abrite depuis 1987 le Musée Suisse du Jeu . Le château et ses abords constituent un ensemble emblématique de La Tour-de-Peilz. Surplombant le port, le verger du château forme un espace vert prisé de la population boélande s’inscrivant harmonieusement dans l’écrin majestueux du bourg. Il abrite notamment une place de jeux très appréciée des familles de la commune et de toute la région, mais également fréquentée par les garderies et unités parascolaires communales. Les installations étant vieillissantes et posant des problèmes de sécurité, la municipalité a décidé en 2022 de lancer un projet de réfection complète. Au vu de la proximité immédiate avec le Musée Suisse du Jeu et afin d’ancrer dans l’espace public la thématique de la «Ville du jeu», qui vise à positionner touristiquement la ville entre ses deux voisines (Montreux – Ville de musique et Vevey – Ville d’images), la municipalité a souhaité réaliser des installations ludiques immédiatement reconnaissables. Après sollicitation de diverses entreprises spécialisées, c’est le projet de la société KuKuk Gmbh à Arlesheim (BL) qui a été retenu. Conçues sur mesure et avec des matériaux bruts recyclables à terme (bois de robinier non traité, acier inoxydable, etc.), les installations prennent la forme de mikados géants et de châteaux de cartes, faisant écho à la silhouette du château qui veille sur le site. Les installations sont adaptées à plusieurs tranches d’âge et composées de différents jeux faisant la part belle à l’agilité des enfants. Des murs de grimpe, toboggans, filets, balançoires, barres de pompier et cartes sur ressort permettent à tous de s’amuser en toute sécurité et de manière collaborative; le site est prévu pour que 50 à 70 enfants puissent y jouer en même temps. Profitant judicieusement de la déclivité naturelle du site (anciens fossés autour du château), un toboggan et une tour de mikados ont également été installés en contrebas de la place de jeux principale. S’agissant du revêtement de sol, lequel doit être amortissant, le choix s’est porté sur des copeaux de bois de type «Ricoplay», spécialement conçus à cet effet. Ces derniers permettent par ailleurs le passage de personnes à mobilité réduite et de poussettes. Finalement, plusieurs nouveaux arbres ont été plantés afin d’améliorer à terme l’ombrage des lieux. Après l’approbation du crédit de réalisation de 320 000 francs par le conseil communal, les travaux ont démarré fin 2023. Ils ont notamment permis d’affiner les connaissances archéologiques sur le bourg primitif de La Tour-de-Peilz, lequel occupait notamment l’espace aujourd’hui dévolu à la place de jeux. En effet, lors des terrassements nécessaires à la réalisation des socles en béton pour la stabilité des installations, différentes anciennes structures de murs ont été mises au jour, correspondant probablement aux fondations d’une ancienne habitation. Les investigations archéologiques ont été réalisées sans impact majeur sur le planning et la nouvelle place de jeux a pu être mise en service début février 2024. Municipale en charge du Service de l’urbanisme et des travaux publics, Elise Kaiser relève que: «Le projet réalisé correspond parfaitement aux attentes. Il a permis une mise en valeur de ce lieu prisé de la population aux abords du château et de son Musée Suisse du Jeu et est très apprécié des familles.» Pour sa part, Maximilien Walter, chef du service précité, précise que «les travaux se sont parfaitement déroulés. Les découvertes archéologiques, qui n’ont pas été une surprise vu la localisation du site, ont pu être gérées de façon adéquate et sans trop retarder le planning. La collaboration avec la société KuKuk, s’agissant notamment des normes de sécurité à respecter, s’est également parfaitement déroulée.» «Le projet réalisé a permis une mise en valeur de ce lieu prisé de la population aux abords du château et de son Musée Suisse du Jeu et est très apprécié des familles.» Elise Kaiser, municipale en charge du Service de l’urbanisme et des travaux publics Maximilien Walter

Aire de jeux de Kreckel: un lieu qui réunit les générations

La place de jeux de Kreckel à Herisau (AR) est devenue un point de rencontre central, où des enfants jouent, des familles se détendent et des seniors participent activement à la vie de la commune. Sa proximité avec la maison de retraite et les installations sportives fait que des générations différentes se côtoient tout naturellement. Les équipements de jeux en lien avec la région donnent aussi au lieu une identité propre. Cette place de jeux à Herisau, fondée par une association privée, montre de manière exemplaire comment un engagement privé et un soutien communal créent ensemble une plus-value durable. Pour la commune, l’aire de jeux ne valorise pas seulement l’espace public, elle contribue aussi de façon importante à la cohésion sociale. Malgré des dépenses d’entretien croissantes, elle reste un lieu vivant qui rassemble les gens et enrichit la vie à Herisau. «Par beau temps, on peut compter jusqu’à 1000 personnes ici tout au long de la journée.» Glen Aggeler, président de l’association Spielinsel et conseiller municipal Marion Loher

Rénovation réussie d’un bâtiment scolaire classé

L’ancienne école Wolfgraben à Langnau am Albis (ZH) a été construite en 1826 et est un exemple typique de l’architecture scolaire de l’époque. Une rénovation totale du bâtiment a été entreprise ces dernières années car il ne répondait plus aux exigences d’accessibilité. La commune a procédé à cette rénovation avec tout le soin nécessaire, l’édifice figurant dans l’inventaire communal du patrimoine bâti. Une expertise externe a été effectuée pour évaluer ce qui était digne de protection. Dans le même temps, certaines prescriptions architecturales ont dû être appliquées. Lors de la planification, des compromis ont donc dû être trouvés à tous les niveaux, comme le note Urs Waser, responsable des constructions et de la planification de la commune. Concrètement, un ascenseur a été installé afin de rendre le bâtiment accessible. Mais il n’est pas visible de l’extérieur. Les anciennes colonnes en acier dans les salles de classe ont par ailleurs été conservées, mais avec un nouveau revêtement car elles posaient problème du point de vue de la sécurité incendie. Nadja Sutter

Place forestière avec du bois local

Près de la localité de Rombach, dans une grande forêt de hêtres de quelque 230 hectares, se trouve une place forestière idyllique au bord d’un petit ruisseau. Elle est équipée de tables, de sièges, d’un brasero, d’une fontaine, de toilettes, de coffres en bois et d’un grand canapé forestier. Le service forestier Jura, sous la direction de Martin Blattner, a réalisé la plus grande partie de l’infrastructure à partir de sapins de Douglas, de mélèzes et de sapins blancs locaux. Des apprenties et apprentis ont aussi donné un coup de main. Pour les personnes ayant besoin d’accompagnement de la Fondation Seehalde, la place offre des expériences en lien avec la nature, les sens et le travail. Des tâches simples comme la récolte des déchets ou l’entretien du foyer leur sont également confiées. L’objectif est la participation, l’auto-efficacité et l’interaction. La collaboration entre le Service forestier et la Fondation Seehalde est née grâce à la société de conseil WaldFink & Buess. Service forestier, institution et société en tirent tous profit. Sarah C. Sidler

Repenser l’espace urbain et la biodiversité

Le village de Ziefen (BL) figure depuis quelque temps dans l’Inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale. Lorsque le canton a annoncé en 2021 son intention de rénover la route principale, la commune en a profité pour étoffer le projet en y ajoutant des mesures de protection contre les inondations ainsi que des chemins piétonniers plus sûrs. Pascal Gysin, architecte paysagiste et propriétaire de la société pg landschaften GmbH à Sissach (BL), a été chargé par la commune d’un mandat d’aménagement du site. Lors du symposium de l’OFEV, le projet a été présenté de façon détaillée. Le processus de discussion et de planification qui a duré quatre ans a abouti à une solution où chaque surface a été renégociée. «Une culture du dialogue et de la planification sur un pied d’égalité avec toutes les parties concernées a été pour nous la clé du succès», a constaté rétrospectivement Pascal Gysin. Plus d’informations: www.ziefen.ch https://www.bafu.admin.ch/fr/journee-nature-paysage-2026 Fabrice Müller

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