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Médiateur entre associations et commune

Norbert Thaler a fortement contribué à façonner le nouveau projet «Sportwelt» à Gossau (SG). L’ancien chef du Service des sports, de la culture et des loisirs de la Ville de Gossau a, en collaboration avec les associations, écoles et autorités, développé une conception communale des installations sportives (CISCO). Celle-ci a ouvert la voie au renouvellement progressif des infrastructures sportives. Sa marque de fabrique: une collaboration étroite avec les futurs usagères et usagers. Au lieu de planifier des projets derrière des portes closes, il a rapidement réuni les associations autour d’une table et se voyait comme un «représentant des usagères et usagers» au sein de l’administration. Pour Norbert Thaler, les associations fournissent davantage que des offres de loisirs: elles favorisent les rencontres, renforcent la cohésion et apportent une contribution inestimable à la société. Selon lui, le plus grand défi a été de convaincre le monde politique et l’administration du bien-fondé des solutions communes. Même à la retraite, l’ancien fonctionnaire continue à s’engager en faveur de la collectivité. Marion Loher

Aire de jeux de Kreckel: un lieu qui réunit les générations

La place de jeux de Kreckel à Herisau (AR) est devenue un point de rencontre central, où des enfants jouent, des familles se détendent et des seniors participent activement à la vie de la commune. Sa proximité avec la maison de retraite et les installations sportives fait que des générations différentes se côtoient tout naturellement. Les équipements de jeux en lien avec la région donnent aussi au lieu une identité propre. Cette place de jeux à Herisau, fondée par une association privée, montre de manière exemplaire comment un engagement privé et un soutien communal créent ensemble une plus-value durable. Pour la commune, l’aire de jeux ne valorise pas seulement l’espace public, elle contribue aussi de façon importante à la cohésion sociale. Malgré des dépenses d’entretien croissantes, elle reste un lieu vivant qui rassemble les gens et enrichit la vie à Herisau. «Par beau temps, on peut compter jusqu’à 1000 personnes ici tout au long de la journée.» Glen Aggeler, président de l’association Spielinsel et conseiller municipal Marion Loher

Logements à Gonten: quand les statistiques sont trompeuses

Gonten (AI) compte 1470 habitantes et habitants. Un endroit idyllique mais qui offre peu de logements. Selon l’Office fédéral de la statistique, le taux de vacance s’y élève à 0,0%. Le syndic Urban Fässler refuse toutefois de parler de pénurie. Selon lui, de nombreux logements seraient transmis entre particuliers et rarement mis sur le marché. Le nombre de logements vacants est néanmoins passé de 22 en 2022 à 2 en 2025. Il y a par ailleurs 116 appartements et fermes servant de résidence secondaire et qui ne répondent souvent plus aux standards actuels. Les rénovations sont difficiles du fait de la protection du patrimoine et des zones à bâtir. Des constructions ont bien eu lieu ces dernières années, mais modérément. Depuis 2019, environ 30 nouveaux logements ont été créés, mais les terrains à bâtir ont presque tous été utilisés. Selon Urban Fässler, Gonten veut croître à l’avenir uniquement dans la mesure nécessaire pour garder son école et des commerces dans le village. «Nous ne voulons pas nous développer à grande échelle, mais nous devons tout de même le faire un peu.» Urban Fässler, syndic de Gonten (AI) Marion Loher

Rapperswil-Jona: la plus grande ville suisse avec une assemblée communale

Au cours des dernières dix années, l’introduction d’un parlement a déjà été rejetée à deux reprises à Rapperswil-Jona, la dernière fois en mars 2023. Serré, le résultat s’est joué à seulement 300 voix près. L’argument principal des adversaires était la perte d’un droit de regard direct. Le maire Martin Stöckling souligne qu’en raison des changements sociétaux le processus de formation de l’opinion politique ne fonctionne plus correctement. Il estime que le projet de parlement aurait de bonnes chances lors d’une nouvelle tentative. Selon lui, celle-ci ne devrait cependant pas être initiée par les autorités mais par la population. «Il y a des thèmes qui prennent du temps.» «Les procédures participatives actuelles ne peuvent pas remplacer à long terme le processus de formation de l’opinion parlementaire.» Martin Stöckling, maire de Rapperswil-Jona (SG) Marion Loher

Comment transformer les eaux usées en énergie propre

Située dans le canton de Schaffhouse, Neuhausen possède une attraction touristique de taille: les chutes du Rhin. Chaque année, plusieurs centaines de milliers de personnes venues de Suisse et de l’étranger se rendent dans la commune rhénane pour admirer son spectacle naturel. Ce que les gens savent moins, c’est que la station d’épuration ARA Röti est implantée à quelques mètres en amont. Depuis des années, celle-ci assure le traitement des eaux usées provenant de l’industrie et des foyers des communes environnantes. Depuis l’automne 2019, la chaleur contenue dans les eaux usées est récupérée pour alimenter en énergie propre le réseau de chauffage urbain de la société Energieverbund Neuhausen am Rheinfall AG (EVNH). Cette chaleur ambiante est utilisée comme chauffage écologique aussi bien par les particuliers que par les entreprises et diverses organisations. «Dans les 30 années à venir, nous éviterons ainsi d’émettre 138 000 tonnes de CO 2 », indique Daniel Meyer, directeur général d’EVNH. «C’est un grand pas en avant dans la transition énergétique de la commune.» EVNH est une filiale de la société Elektrizitätswerk des Kantons Schaffhausen AG (EKS). En 2014, lorsque la SIG gemeinnützige Stiftung décide de modifier la destination de la zone industrielle voisine de la station d’épuration ARA Röti, et notamment de remplacer les sources d’énergie fossiles par de l’énergie thermique renouvelable, EKS se joint également au projet. Le déroulement du projet révèle alors que le potentiel de consommateurs de chaleur pourrait être nettement supérieur en l’étendant au-delà du site de SIG. C’est alors qu’un concept énergétique intégral fait son apparition, incluant également l’exploitation des synergies existantes ainsi que le réseau de chaleur existant de Herbstäcker situé dans la commune, ou bien encore la chaufferie (Kesselhaus), l’ancienne centrale énergétique du site de SIG. Les premières étapes sur la voie de l’alliance énergétique sont alors franchies. La commune soutient le projet dès sa phase initiale, dont elle devient porteuse avant d’assumer le rôle d’actionnaire d’EVNH. «Dans les 30 années à venir, nous éviterons ainsi d’émettre 138 000 tonnes de CO 2 . C’est un grand pas en avant dans la transition énergétique de la commune.» Daniel Meyer, directeur général Energieverbund Neuhausen am Rheinfall AG (EVNH) Par suite d’une votation populaire, l’ancien réseau de chaleur de Herbstäcker, chauffé par des énergies fossiles, est intégré à la nouvelle alliance énergétique. La ligne est claire: le réseau de chauffage doit être étendu progressivement afin que de larges portions de la commune soient alimentées en chaleur récupérée renouvelable. Les travaux de la nouvelle alliance énergétique démarrent en février 2018, et les premiers clients sont alimentés en chauffage urbain dès l’automne de la même année. Depuis, le périmètre de l’alliance énergétique a été étendu au sein de la commune. Le réseau de canalisations mesure aujourd’hui 6,4 kilomètres, et 144 bâtiments étaient raccordés au chauffage urbain fin 2021. «Avant même cet hiver, notre troisième pompe à chaleur entrera en service», ajoute Meyer. «La puissance thermique installée de l’alliance énergétique passera ainsi à 16,5 mégawatts.» La centrale énergétique principale est implantée sur le site de SIG, dans la chaufferie (Kesselhaus). Elle est alimentée par les eaux usées traitées dans la station d’épuration de Röti via un échangeur de chaleur. Actuellement, la chaufferie est équipée de deux (bientôt trois) pompes à chaleur chargées de porter la chaleur résiduelle «froide» encore inutilisée de la station d’épuration à environ 70 degrés. «La quantité d’électricité requise pour cela est relativement faible», indique le directeur général d’EVNH. Cette opération génère un sous-produit important, le froid, qui est également livré aux clientes et aux clients qui en ont besoin dans la zone de fourniture. «Afin de pouvoir couvrir les charges de crête des jours d’hiver les plus froids, nous avons deux chaudières à gaz. En fonction de la température extérieure, la température de départ y est portée à 80 degrés.» Ce concept basé sur plusieurs productions d’énergie redondantes permet d’assurer une alimentation fiable en chaleur et en froid. «L’une des chaudières étant équipée de brûleurs mixtes, si le gaz vient à manquer, il est possible de basculer sur le mazout en cas d’urgence pour couvrir la charge de crête», selon Meyer. «Nous garantissons au client par contrat qu’au moins 80% de la chaleur provient de ressources renouvelables.» La chaleur ou le froid est transporté aux clientes et aux clients avec de l’eau déminéralisée via les canalisations de chauffage urbain. Ce transport s’effectue par des conduites souterraines bien isolées minimisant au mieux les pertes thermiques. Dès le départ, la commune a été enthousiasmée par l’idée d’exploiter cette chaleur résiduelle. «Il n’y a guère de solution plus durable que celle de récupérer de l’énergie à partir des eaux usées», affirme le président de la commune, Felix Tenger. Et cela s’inscrit dans le concept de la commune, porteuse du label Cité de l’énergie qui encourage l’abandon des énergies fossiles au profit des énergies renouvelables. Depuis le début de la guerre en Ukraine et la crise énergétique, les demandes de raccordement au réseau de chaleur ont fortement augmenté, indique Tenger. Raison pour laquelle une nouvelle extension du périmètre est prévue très prochainement. «Nous pourrons ainsi raccorder de nouveaux bâtiments au réseau de chauffage urbain.» «Il n’y a guère de solution plus durable que celle de récupérer de l’énergie à partir des eaux usées.» Felix Tenger, président de la commune de Neuhausen am Rheinfall Le nombre de bâtiments ne cessera de croître à l’avenir. Car la population de la commune des chutes du Rhin est en forte augmentation. D’ici fin 2024, le président de la commune table sur une augmentation de 2000 personnes pour atteindre 12 000 habitants au total. De quoi maintenir Neuhausen am Rheinfall au rang de deuxième commune du canton après Schaffhouse. En revanche, la commune est aux avant-postes avec son projet énergétique. Car actuellement, il n'existe rien de comparable dans le canton. Marion Loher

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