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Un syndic atypique a marqué Saint-Moritz pendant huit ans

Christian Jott Jenny a été un syndic peu ordinaire. Musicien, entrepreneur culturel et fondateur du Festival da Jazz, ce politicien atypique a été élu en 2018, alors qu’il y avait une grande volonté de changement à Saint-Moritz (GR) et qu’aucune candidature locale ne s’était manifestée, explique-t-il dans l’interview accordée à «Commune Suisse». Il a trouvé ses débuts en politique difficiles, avec de la méfiance, des luttes de pouvoir, et la prise de conscience que les visions ne déploient leur effet qu'une fois formulées en propositions concrètes. Il attachait une importance toute particulière à instaurer un climat de renouveau positif, à l’écoute et à la conciliation entre les intérêts de la population locale et la renommée internationale de Saint-Moritz. Aujourd’hui, il estime que la commune est bien positionnée. Il considère ses années en tant que président de commune comme le meilleur et le plus beau deuxième apprentissage de sa vie: «Il est difficile d’être plus proche de gens dans toute leur diversité. Je suis énormément reconnaissant et touché que la population m’ait donné cette possibilité pendant huit ans.» Fabrice Müller

Repenser l’espace urbain et la biodiversité

Le village de Ziefen (BL) figure depuis quelque temps dans l’Inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale. Lorsque le canton a annoncé en 2021 son intention de rénover la route principale, la commune en a profité pour étoffer le projet en y ajoutant des mesures de protection contre les inondations ainsi que des chemins piétonniers plus sûrs. Pascal Gysin, architecte paysagiste et propriétaire de la société pg landschaften GmbH à Sissach (BL), a été chargé par la commune d’un mandat d’aménagement du site. Lors du symposium de l’OFEV, le projet a été présenté de façon détaillée. Le processus de discussion et de planification qui a duré quatre ans a abouti à une solution où chaque surface a été renégociée. «Une culture du dialogue et de la planification sur un pied d’égalité avec toutes les parties concernées a été pour nous la clé du succès», a constaté rétrospectivement Pascal Gysin. Plus d’informations: www.ziefen.ch https://www.bafu.admin.ch/fr/journee-nature-paysage-2026 Fabrice Müller

Top sharing: un tandem de cadres réussi

Melanie Lienhard et Phuntsok Namgyal-Hofstetter se partagent depuis octobre 2024 le poste de responsable du département de la construction, de l’environnement et de l’économie de la commune de Hitzkirch (LU). Elles se sont sciemment portées ensemble candidates en top sharing et avaient déjà une expérience commune à un poste à responsabilités dans une autre commune. Selon Melanie Lienhard, la commune de Hitzkirch s’est d’entrée montrée ouverte à l’idée. «Pour nous, cette solution est idéale car nous pouvons ainsi bien concilier famille et travail », relève Phuntsok Namgyal-Hofstetter. Pour la commune, elle a aussi des avantages car les profils des deux collaboratrices, avec leur parcours professionnel différent, se complètent parfaitement. Melanie Lienhard se concentre davantage sur l’aménagement du territoire, Phuntsok Namgyal-Hofstetter plutôt sur le bâtiment et le génie civil. La réussite du modèle de top sharing est aussi liée au fait que le tandem de cadres se comprend sur le plan humain et qu’il collabore en partenariat sur un pied d’égalité. Fabrice Müller

Quand des communes exploitent des restaurants

Flims (GR) l’a fait et aussi Altnau (TG). Les deux communes possèdent et donnent en gérance des établissements de restauration. A Flims, un nouveau restaurant a été ouvert en 2024 sur un terrain communal au bord du lac de Cauma. «Avoir son propre restaurant n’est certes pas la tâche centrale d’une commune. Du fait de l’importance de ce lieu, le restaurant et le lac de Cauma doivent toutefois rester dans les mains de la commune», note le conseiller communal Guido Casty. A Altnau (TG), les citoyennes et citoyens ont approuvé en 2020 un crédit-cadre pour la zone centrale autour du restaurant Krone pour un montant total de 6,65 millions de francs. En seulement dix mois, un nouveau restaurant a été construit sous forme de pavillon à côté de l’ancien bâtiment de 1810 classé au patrimoine. Codirecteur de l’Institut d’économie régionale et d’entreprise à la Haute école de Lucerne, Stefan Bruni estime que l’acquisition par des communes d’un établissement de restauration est sensée lorsqu’elle répond à un besoin de la population et qu’elle permet de contrer une réduction des prestations. Fabrice Müller

Espaces de vie pour réfugiés

Les solutions actuelles avec des containers et des appartements en location pour les demandeurs et demandeuses d’asile à Fehraltorf (ZH) n’étaient plus acceptables et pesaient fortement sur les finances publiques. A la suite de cette situation d’urgence, un projet de module de construction en bois a été réalisé en 2020. Ce bâtiment compact de quatre étages peut accueillir au moins 44 personnes dans des chambres doubles. A Fiesch (VS), la commune et le complexe Sport Resort mettent à disposition en collaboration avec le propriétaire du bâtiment «Rosentirli», la Croix-Rouge du Luxembourg, un hébergement pour les réfugiés ukrainiens. Des stages et des postes de travail leur sont proposés dans le centre d’accueil et au sein du Sport Resort, par exemple pour le nettoyage et à la cuisine. Fabrice Müller

Sörenberg: entre durabilité et transformation

«Une caractéristique centrale de notre destination est son appartenance à la biosphère de l’Entlebuch reconnue par l’UNESCO», explique Simon Zobrist, directeur de Sörenberg Flühli Tourisme. La durabilité fait aussi partie intégrante de la stratégie de la commune, ajoute la présidente de la commune Hella Schnider. L’orientation durable de la bourgade de 1800 âmes est attendue jusqu’à un certain point par ses hôtes. Grâce à la création de «Top of Biosphere», les remontées mécaniques de Sörenberg ont mis en place sur le Rothorn, le plus haut sommet lucernois, une importante plateforme sur la durabilité. En ce qui concerne la gestion des ressources naturelles, Sörenberg fait preuve depuis longtemps d’une grande durabilité, affirme Hella Schnider, en citant en exemple la protection des marais. Pour les acteurs du tourisme impliqués, cette orientation durable est synonyme de recherche constante de solutions ciblées et de création d’offres attrayantes. «Nous voulons aussi miser davantage sur le tourisme estival. Nous ne pouvons pas nous en passer.» Hella Schnider, présidente de la commune de Flühli (LU) Fabrice Müller

Cours d’eau naturels certifiés «Rivière Perle PLUS»

L’association Rivières Perles attribue le label «Rivière Perle PLUS» aux cours d’eau naturels afin de valoriser leur potentiel écologique et récompenser les responsables locaux. Certifiée en juin, la Goldach est la troisième rivière en Suisse à avoir reçu le label «Rivière Perle PLUS». Le WWF a reconnu le potentiel du cours d’eau qui traverse les communes de Rehetobel, Speicher, Trogen et Wald en Appenzell Rhodes-Extérieures. Celles-ci se sont engagées ensemble à prendre soin de la Goldach, à mettre en œuvre des mesures de renaturation et à sensibiliser la population à la protection de la nature. Le projet est basé sur le volontariat et une approche participative qui intègre tous les groupes intéressés. Les quatre communes se préparent maintenant au renouvellement de la certification prévu pour 2029. Informations: www.r iviereperleplus.ch Fabrice Müller

Renoncer à l’éclat des lumières de Noël

Worb (BE) est depuis 2005 dotée du label Cité de l’énergie et a, selon ses propres dires, fait de «très grands progrès en matière d’économies d’énergie et d’approvisionnement en énergie durable», notamment grâce à des installations photovoltaïques sur cinq toits de bâtiments d’école et de jardins d’enfants ainsi qu’au raccordement de quatre bâtiments scolaires au réseau de chauffage à distance. Selon le conseiller communal Adrian Hauser, les économies d’énergie ont notamment été réalisées grâce au passage à des éclairages LED pour les rues et les bâtiments. En raison des menaces de pénurie d’énergie, le Conseil communal de la commune de 11 566 âmes a décidé de prendre diverses mesures pour économiser l’énergie dans l’espace public. Parmi elles figure la renonciation aux illuminations de Noël cette année. Pour Worb, cette décision signifie concrètement: pas d’étoiles lumineuses sur les lampadaires, pas d’arbres de Noël avec des guirlandes lumineuses dans l’espace public pendant la période de l’Avent et de Noël. «Nous avons pris cette décision parce que nous avons voulu en tant que commune assumer notre rôle de modèle vis-à-vis de la population et des entreprises», argue Adrian Hauser. Selon lui, cette mesure a plutôt un caractère de signal car les économies obtenues grâce à la renonciation aux illuminations de Noël ne devraient pas être si importantes. Jusqu’ici, il n’y a pas eu de réactions du côté de la population ou des entreprises. «Nous sommes persuadés que les gens peuvent comprendre ces mesures», affirme-t-il. «Nous sommes persuadés que les gens peuvent comprendre ces mesures.» Adrian Hauser, conseiller communal Worb Dans la commune argovienne d’Oftringen, le Conseil communal renonce également cette année aux quelque 120 étoiles de l’Avent le long des axes principaux, explique le maire Hanspeter Schläfli. Les arbres de Noël sont en revanche aussi décorés cette année, mais avec des guirlandes LED. «Une telle décision est en principe regrettable, mais c’est aussi un signe des temps de prendre les mesures adaptées dans des situations difficiles et donner l’exemple», fait valoir Hanspeter Schläfli. Comme à Worb, Oftringen et d’autres communes et villes, les illuminations de Noël sont aussi sur la sellette à Sursee (LU). Dans la petite cité au bord du lac de Sempach, elles ne sont toutefois pas totalement supprimées, comme le souligne Erich Felber, responsable du secteur numérique et projets et président de la communauté d’intérêt «Soorser Wiehnacht». Cela signifie que les illuminations sont réduites dans certains endroits et qu’elles sont allumées moins longtemps. Dans la vieille ville, elles n’ont débuté que le 24 novembre et non comme d’habitude le 17 et elles seront éteintes et démontées le 6 janvier déjà au lieu du 12. Et on renonce par ailleurs totalement aux traditionnelles illuminations de Noël le long de la rue de la Gare. Pendant que les illuminations de Noël brillent dans la vieille ville, l’éclairage normal des rues est éteint. La puissance des ampoules LED a été réduite de 15 à 0,7 watt. Selon Erich Felber, la commune a aussi renoncé aux illuminations sur des arbres ainsi qu’aux rideaux lumineux sur des bâtiments. Les arbres de Noël près de l’hôtel-de-ville et à la rue de la Gare sont en revanche richement décorés. Devant l’hôtel-de-ville, l’arbre est orné par des écoliers. Une solution créative a aussi pu être trouvée pour l’action «Vieille ville illuminée». L’association de quartier et la communauté d’intérêt des commerçants de la vieille ville décorent et éclairent les rues avec des bougies et des lanternes. «Grâce à ces mesures, nous voulons donner l’exemple et apporter une petite contribution aux économies d’énergie.» Erich Felber, responsable du secteur numérique et projets Sursee «Grâce à ces mesures, nous voulons donner l’exemple et apporter une petite contribution aux économies d’énergie», relève Erich Felber. Il est conscient qu’elles n’auront qu’une influence marginale sur la consommation d’électricité. L’écho dans la population est resté mesuré jusqu’ici. «A côté de quelques réactions négatives, l’attitude de la population a été généralement positive», constate Erich Felber. Fabrice Müller

Pénurie de personnel qualifié notamment dans les directions

Selon l’Office fédéral de la statistique, près de 220 000 personnes travaillaient dans les administrations publiques en 2020. Il y a cinq ans, ce chiffre se montait à environ 200 000. La demande en personnel qualifié dans les communes et les administrations publiques a augmenté. Il semble toutefois y avoir un déséquilibre entre l’offre et la demande. «Nous constatons qu’il est devenu plus difficile de recruter du personnel qualifié dans le secteur public», note Adrian Ritz, professeur au Centre de compétence de management public de l’Université de Berne (voir interview). Les postes sont particulièrement difficiles à pourvoir dans les domaines du management et des infrastructures. La situation est la même que dans le secteur privé, souligne René Barmettler, responsable de mandat au sein de la firme Jörg Lienert AG à Lucerne, spécialisée dans la recherche et la sélection de cadres et de personnel qualifié, également pour les administration communales. «Des fonctions qui sont difficiles à pourvoir dans l’économie privée le sont également dans les administrations communales», fait-il valoir. Cette pénurie de personnel qualifié touche notamment les fonctions de direction dans le secteur immobilier et le génie civil. Les postes vacants dans les domaines des finances, du secrétariat communal et de la gestion administrative sont en général plus faciles à pourvoir. René Barmettler voit encore un autre parallèle avec l’économie privée: «L’attrait en tant qu’employeur, en termes de région, de taille, d’identité, de réputation, etc., a une importance centrale tant pour l’économie privée que pour l’administration communale.» Trouver le personnel adéquat est donc un défi particulier lorsque la commune n’est pas stable politiquement, a une mauvaise réputation ou affiche une forte fluctuation au sein de ses collaborateurs et collaboratrices. Selon lui, les villes et les communes rurales, suivant leur taille et leur région, sont moins concernées par cette pénurie de personnel qualifié que les villages de montagne par exemple. «Dans les petites communes, des généralistes sont par ailleurs aussi de plus en plus demandés», précise-t-il. Comme les communes et leurs administrations sont davantage exposées publiquement et médiatiquement, elles sont aussi toujours plus sous les projecteurs en tant qu’employeur. Et comme il s’agit de l’argent des contribuables, la sensibilité à l’égard des administrations communales est plus grande, estime René Barmettler. Cela a également un impact sur les personnes qui travaillent au sein de ces administrations. «Il est nécessaire de disposer d’un talent pour la diplomatie, mais aussi de capacités de communication clairement orientées vers les personnes auxquelles on s’adresse, d’un important sens du service et, à côté d’autres compétences encore, d’une sensibilité pour la perception du public», relève-t-il. Face à la difficulté de trouver du personnel qualifié approprié, certaines communes font-elles appel à des personnes moins qualifiées ou venant de l’étranger? «Je ne peux pas le confirmer, répond René Barmettler. Elles sont toutefois certainement davantage ouvertes et prêtes à donner une chance à des personnes en reconversion professionnelle.» Afin de lutter contre cette pénurie de personnel qualifié, les communes doivent compter sur de jeunes professionnels qui optent pour une formation professionnelle initiale au sein d’une administration publique et qui constituent, une fois leur apprentissage terminé, une réserve de personnel qualifié. Selon l’Office fédéral de la statistique, 295 000 jeunes ont effectué un apprentissage d’employé de commerce dans l’administration publique en 2020. Pour René Barmettler, la formation professionnelle au sein d’une administration communale est attrayante. «La pénurie de personnel qualifié n’a pas de lien direct avec le recrutement des apprentis. C’est davantage une question de perspectives, de possibilités de développement et de signal montrant que les collaborateurs et collaboratrices que l’ont a formés sont soutenus», argue-t-il. Fabrice Müller

Découvrir l’aventure du chemin de l’école à pied grâce à des semaines d’actions

Sheila Kehrli est enseignante à Roggwil. Avec ses élèves de première et de deuxième année, elle est montée sur le podium des semaines de la campagne «walk to school» de l’ATE. Cette campagne encourage les enfants, les parents et les enseignants à aborder les questions de la sécurité routière et du chemin de l'école. À Roggwil, la campagne a reçu un accueil positif. Les parents ont été sensibilisés à l'importance du chemin de l'école en tant que lieu d'apprentissage et d'expérience, et les enfants ont pratiqué un comportement correct dans la circulation. Après la campagne, de nombreux parents envoient désormais consciemment leurs enfants à l'école à pied, explique Sheila Kehrli. L’ATE est convaincu que les écoles et les municipalités peuvent contribuer à réduire les trajets de dépose et de reprise en voiture devant les bâtiments scolaires grâce à de telles semaines de campagne. Les enfants ne peuvent aprrendre le bon comportement en matière de circulation qu'à pied. Depuis dix ans, l’ATE lance la campagne annuelle «walk to school» ; 10 000 enfants y ont participé en 2019. Mais pourquoi est-ce nécessaire ? «Le chemin de l'école est un lieu d'apprentissage et d'expérience important pour les enfants», souligne Nadja Mühlemann, responsable de la campagne. «Les enfants adoptent le bon comportement en matière de circulation, se font des amis et font régulièrement de l'exercice au grand air.» «Les communes peuvent également apporter une contribution précieuse à la sécurisation des chemins de l'école», souligne Nadja Mühlemann. L’ATE collabore avec les communes afin d'augmenter la sécurité des parcours scolaires. «L'objectif de cette offre est d'analyser les infrastructures existantes de la commune du point de vue des enfants et de les adapter en conséquence.» Informations: www.ate.ch Fabrice Müller

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