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«L’exemplarité des communes est centrale»

Patrick Kutschera, nous réalisons cette interview début février. La situation de l'approvisionnement de la Suisse en électricité et en gaz s'est détendue. Dans quelle mesure les efforts d’économie de l’«Initiative économies d’énergie Hiver» y ont-ils contribué? Patrick Kutschera: Une précision tout d’abord: la situation n’est pas détendue, elle est moins tendue que ce que l’on craignait. Cela est certainement en grande partie dû à l’hiver doux. Les économies d’électricité y ont contribué dans une proportion d’environ 5 à 8%, un peu plus pour le gaz. Il est difficile de la chiffrer. Chaque mesure contribue sûrement aux efforts d’économie. Mais il y a plus important que les kilowattheures économisés, c’est l’exemplarité des communes et des villes. Celle-ci est centrale. Nous avons reçu beaucoup de remarques de citoyens et citoyennes qui demandaient pourquoi ils ou elles devaient faire des économies, alors que les communes maintenaient les illuminations de Noël ou éclairaient leurs bâtiments toute la nuit. Les nombreuses communes qui ont pris des mesures bien visibles ont donné un signal essentiel. Nous savons tous que les illuminations de Noël ne représentent qu’une petite partie de la consommation d’énergie d’une commune. Mais c’est un thème très émotionnel car bien visible. Certaines personnes n’ont pas apprécié que des illuminations aient malgré tout été installées à l’heure des économies d’énergie. D’autres ont regretté qu’il n’y ait pas eu d’illuminations. De nombreuses communes ont trouvé de très bonnes solutions, en réduisant par exemple la durée des éclairages, en optant pour des éclairages consommant moins d’énergie ou en misant sur des décorations de Noël ne nécessitant pas d’électricité. Le bilan est très positif. Les membres fondateurs, parmi eux l’Association des Communes Suisses (ACS), sont très vite montés à bord et nous avons connu une croissance rapide. Au début du mois de février, nous comptions environ 370 membres, dont des communes et des villes, tous les cantons ainsi que des associations et des entreprises de l’économie privée. Chaque jour, de nouveaux membres nous rejoignent. L’alliance est importante parce qu’elle donne de la crédibilité aux efforts d’économies d’énergie. Celle-ci est plus grande si l’économie privée, les autorités et les associations soutiennent les efforts et pas seulement la Confédération. Les membres ont par ailleurs augmenté la portée de la campagne. Nous serions très heureux de voir encore davantage de communes devenir membres car elles ont cette importante fonction de modèle. Elles doivent montrer quelles mesures d’économies d’énergie elles prévoient ou ont mises en œuvre. C’est tout. L’adhésion ne coûte rien. Les communes sont au contraire gagnantes en bénéficiant d’une image positive et de l’échange mensuel sur la situation et les bons exemples. De très nombreuses bonnes idées ont été lancées au sein de l’Alliance. Trois exemples font figurent de modèles. A côté de mesure visant à économiser l’énergie, Collombey-Muraz (VS) a nommé un «ambassadeur durable» qui apporte son soutien aux différents services et qui remet sans cesse le thème de la durabilité au centre des discussions. Bregaglia (GR) a remplacé l’éclairage de ses routes par des LED dimmables. Horw (LU), qui s’était fixé l’échéance de 2030 pour remplacer l’éclairage sur le territoire communal, a décidé de faire avancer le projet sans tarder et a approuvé le budget nécessaire. La commune bénéficiera ainsi plus rapidement de coûts énergétiques plus bas. L’avantage des mesures volontaires réside dans le fait que les communes peuvent les mettre en œuvre là où elles sont les plus utiles. Les besoins sont en effet très différents. «L’avantage des mesures volontaires réside dans le fait que les communes peuvent les mettre en œuvre là où elles sont les plus utiles. Les besoins sont en effet très différents.» Patrick Kutschera, chef du service SuisseEnergie Le label donne des objectifs clairs et représente ainsi pour les communes et les villes une structure claire pour améliorer leur statut ainsi que planifier et mettre en œuvre des mesures. C’est par ailleurs une manière de confirmer les efforts consentis. Ici aussi, l’exemplarité compte. Dans la plupart des villes et des communes, un panneau à l’entrée de la localité signale le label ou celui-ci est mentionné en bonne place sur le site Internet. Nous allons tirer un bilan en mars et réduire tout d’abord les mesures en matière de communication. Mais nous pensons déjà à l’hiver prochain. La situation reste en effet tendue et l’hiver 2023/24 ne sera peut-être pas aussi doux que celui que nous venons de traverser. De plus, le gaz russe avec lequel on a rempli les stocks européens l’an passé manquera. Les économies sont aussi pertinentes en été, car c’est à ce moment-là que les réservoirs de gaz et les lacs de rétention sont remplis. Pour l’hiver prochain, nous avons maintenant un plus grand délai de réalisation et nous pouvons effectuer des adaptations techniques, afin de réduire la consommation d’énergie. Nous ne dépendons ainsi pas seulement de mesures qui sont axées sur le comportement des gens. En cas de besoin, nous allons à nouveau intensifier en automne les mesures en matière de communication. Absolument. Nous voulons continuer à cultiver les échanges au sein de l’Alliance pour les économies d’énergie, afin de nous préparer de façon optimale pour l’hiver prochain. L’Alliance continuera à croître avec, espérons-le, des communes supplémentaires qui la rejoindront. J’en profite pour remercier l’engagement des communes et de l’Association des Communes Suisses. Elles sont un élément important du puzzle car elles sont proches de la population. Informations: Informations importantes sur les économies d’énergie pour les communes sur le site de l’ACS: www.chgemeinden.ch L’«Initiative économie d’énergie Hiver» de la Confédération: www.stop-gaspillage.ch Alliance pour les économies d’énergie: https://alliance2022-23.ch Nadja Sutter

Recettes contre la pénurie de personnel qualifié

Autrefois, tout était simple: le secrétaire communal habitait dans la commune et travaillait pour l’administration communale jusqu’à sa retraite. Aujourd’hui, c’est différent. Les employés et employées sont mobiles, suivent des formations continues, changent de branches. Cela a des effets sur les communes, et les offres d’emploi des administrations communales se multiplient. Les communes ont-elles perdu de leur attrait en tant qu’employeuses? Pas forcément. Elles ne sont en effet pas seules à rechercher désespérément du personnel. De nombreuses entreprises et autorités dans toutes les branches sont dans la même situation. Si les communes veulent lutter contre cette pénurie de personnel qualifié, elles doivent toutefois offrir des conditions de travail attrayantes. C’est là l’avis unanime des experts avec qui nous avons parlé dans cette édition. Nous essayons d’y analyser le phénomène en profondeur et présentons des initiatives porteuses de solutions. A l’exemple de la vidéo de l’Association lucernoise des secrétaires municipaux et du réseau de formation professionnelle Lunited, qui fait de la publicité pour l’apprentissage au sein d’une commune. Dans ce contexte, nous avons interrogé une jeune femme qui vient de terminer son apprentissage de commerce au sein d’une administration communale et lui avons demandé ce qu’il fallait faire pour que les jeunes employés des communes y restent. La pénurie de personnel qualifié sera aussi abordée lors de l’Assemblée générale de l’Association des Communes Suisses, qui aura une nouvelle fois lieu dans le cadre du salon Suisse Public. Vous découvrirez également dans ce numéro ce qui vous attend à Suisse Public ainsi qu’à Suisse Public SMART. Nadja Sutter

Concept éprouvé, nouveaux formats: Suisse Public 2023

Le dernier salon Suisse Public a eu lieu il y a pas moins de six ans. Les éditions 2020 et 2021 du plus grand salon professionnel suisse pour le secteur public ont dû être annulées en raison de la pandémie de COVID-19. Le salon ouvrira à nouveau ses portes du 6 au 9 juin sur le site de Bernexpo, où il accueillera les professionnels et les responsables des achats des communes, des cantons et des autorités fédérales, ainsi que des grandes entreprises. «Beaucoup de choses se sont passées depuis 2017», souligne le directeur du salon Christoph Lanz dans l’entretien accordé à «Commune Suisse». Une pause d’une telle longueur peut faire craindre un changement dans l’organisation du marché avec une baisse de l’attrait des salons. Christoph Lanz observe toutefois l’inverse: le besoin de rattrapage est grand. «La place du marché où l’on se rencontre et échange a manqué. Il n’y a en effet pas d’événement comparable en Suisse», note-t-il. 95% des surfaces du salon étaient ainsi déjà réservées au début du mois de février. «La place du marché où l’on se rencontre et échange a manqué. Il n’y a en effet pas d’événement comparable en Suisse.» Christoph Lanz, directeur du salon Suisse Public A Suisse Public, les personnes intéressées peuvent découvrir sur place des innovations et tester directement beaucoup de choses dans l’espace extérieur. «Dans une vidéo, il est difficile de constater à quel point un camion poubelle est silencieux. Il faut pouvoir l’évaluer sur place», relève Christoph Lanz. Le salon permet aux exposants de susciter de la confiance en leurs nouvelles solutions. Et pour les visiteuses et visiteurs, c’est aussi l’occasion d’échanger. L’aspect divertissant ne doit pas non plus être oublié. Le «Fire Fit Challenge» dans le secteur du salon réservé aux services du feu permet ainsi à des sapeurs-pompiers de se mesurer lors d’un concours sportif. Le secteur des exposants devrait aussi permettre de nombreuses découvertes. Le cycle de l’innovation n’a en effet pas été stoppé par la pause due au COVID-19, au contraire. Les thèmes prioritaires et les solutions techniques sont différents de ceux d’il y a six ans. «Le thème de l’énergie est aujourd’hui très sensible. Il n’en allait pas de même les années passées», argue Christoph Lanz. A côté de la crise énergétique, les communes s’intéressent actuellement aux stations de recharge pour les véhicules électriques ou aux véhicules communaux électriques. La numérisation est aussi un thème récurrent et un domaine qui évolue très rapidement. Suisse Public lui consacre un salon dans le salon: Suisse Public SMART. Celui-ci a déjà eu lieu en ligne en 2021 et sous la forme d’une journée conférence en 2022. Dans le cadre du salon principal, il proposera cette année un programme sur quatre jours et présentera des solutions intelligentes dans les secteurs les plus divers. Suisse Public SMART est divisé en deux parties: un salon et une conférence. Dans la partie salon, les exposants présenteront leurs produits sur des stands et sur une tribune au moyen de brefs exposés. S’y ajoutera un «solution park» conçu comme une zone de rencontre où les visiteuses et visiteurs pourront expérimenter directement divers objets exposés grâce à des applications pratiques. Par exemple des réverbères intelligents ou des bancs publics permettant de recharger les téléphones portables. Le responsable du projet SMART Christopher Wehrli ne veut toutefois pas dévoiler trop de détails. «Nous sommes en pleine planification», confie-t-il. Un étage au-dessus, les personnes intéressées par la partie conférence de Suisse Public SMART pourront approfondir leurs connaissances en matière de solutions intelligentes. Pendant les quatre jours, les contenus des exposés et des tables rondes seront centrés sur des thèmes précis. Le mardi 6 juin, il sera question du travail et des services de voirie du futur, le mercredi 7 des infrastructures du futur et de la transition en matière de mobilité. Le jeudi 8 juin sera consacré à la cyberadministration et le vendredi 9 juin aux solutions intelligentes pour les services d’urgence. La partie salon de Suisse Public SMART ainsi que le programme de conférence du mardi 6 juin et du vendredi 9 juin seront compris dans le prix d’entrée de Suisse Public. Pour la partie conférence du mercredi 7 et du jeudi 8 juin, un billet séparé sera nécessaire. En plus de l’entrée à la conférence et à Suisse Public, il comprendra aussi un repas de midi et un apéritif. «Nous voulons présenter de nouvelles voies permettant aux communes de renouveler leurs infrastructures en réseau et de manière intelligente. Cela vaut aussi pour la numérisation des services administratifs.» Christopher Wehrli, chef de projet Suisse Public SMART «Le salon SMART se concentrera sciemment sur des solutions facilement applicables et taillées sur mesure pour les communes, fait valoir le chef de projet Christopher Wehrli. Nous voulons présenter de nouvelles voies permettant aux communes de renouveler leurs infrastructures en réseau et de manière intelligente. Cela vaut aussi pour la numérisation des services administratifs.» L’intérêt des exposants pour ce nouveau format est grand. «Le salon a une bonne cote et est sur le radar de nombreux acteurs», indique Christopher Wehrli. Le temps est aussi un atout pour cette thématique, remarque le directeur du salon Christoph Lanz. Et une chose est sûre: lorsque le prochain salon Suisse Public aura lieu en 2026, les innovations auront à nouveau progressé. Nadja Sutter

«Des températures plus basses sont une affaire d’habitude»

Les efforts d’Amriswil (TG) en matière d’énergie sont visibles en ce jour d’hiver au ciel couvert. Le chemin menant de la gare à l’hôtel de ville traverse une zone limitée à 30 à l’heure. Des étoiles en carton colorées sont encore accrochées aux lampadaires. Devant la mairie, trois drapeaux rappellent que la localité a reçu la distinction «Cité de l’énergie Gold», un label qui lui a été décerné début janvier. «Nos efforts dans les domaines les plus divers nous ont permis d’obtenir cette distinction», note Sandra Reinhart. Il ne suffit en effet pas de s’engager dans certains secteurs seulement, une cité de l’énergie doit faire preuve d’un large engagement, depuis les acquisitions à la communication en passant par l’aménagement des espaces verts. Cet engagement se manifeste aussi au moyen des mesures d’économie d’énergie que la commune thurgovienne de 14 000 âmes a prises cet hiver. «Nous avons été informés tôt et savions que quelque chose allait se passer. En tant que cité de l’énergie, il était évident que nous allions entreprendre quelque chose. C’est une question de crédibilité.» A Amriswil, les illuminations de Noël ont laissé la place à des étoiles en carton colorées confectionnées par des artisans locaux. Un arbre de Noël a été dressé au centre-ville, avec des décorations mais sans lumières. Conformément aux recommandations du canton, l’éclairage public est éteint plus tôt, à 23h00. La ville a par ailleurs décidé d’installer des panneaux solaires supplémentaires sur les toits des édifices lui appartenant. Dans ses bâtiments, Amriswil a baissé la température ambiante. «Nous n’avons pas imposé une température uniforme, mais avons opté pour ce qui était sensé en fonction des divers lieux», explique Sandra Reinhart. Dans les espaces non utilisés, la température a été davantage réduite que là où l’on travaille. Et il fait plus frais dans les couloirs et les toilettes que dans les bureaux. Là, la température maximale est de 20 degrés. «Il était important que le climat de travail reste agréable malgré des températures plus basses.» Avec 20 degrés, c’est le cas. «Il fait clairement plus frais, mais avec un pull cela reste confortable.» Elle n’a pas eu connaissance de réactions négatives. «Il y a bien eu quelques plaisanteries au début, dit-elle en souriant. Mais la mesure a été fondamentalement bien accueillie.» Les écoles d’Amriswil ont édicté leurs propres règles et les températures y ont aussi été réduites. Selon Sandra Reinhart, tout s’est également bien passé. Une mesure dont on a beaucoup discuté en amont, mais qui a finalement été appliquée sans faire de vague? On pourrait le dire ainsi, confirme Sandra Reinhart. La mise en œuvre technique n’a pas non plus posé de gros problèmes, même si cela a été un peu plus compliqué à l’hôtel de ville, un vieux bâtiment. «Nos concierges ont toutefois rapidement eu les choses en main.» Les autres mesures de la ville d’Amriswil ont suscité plus de débats, à l’image de l’absence des illuminations de Noël ou de l’avancement de l’heure d’extinction des lampadaires. «Il y a d’abord eu un problème technique et les lampes se sont éteintes à 21h00 déjà, ce qui a provoqué du mécontentement.» Mais le problème a rapidement été réglé. Est-il concevable que la température ambiante continue à être abaissée dans les bâtiments communaux d’Amriswil l’hiver prochain? «Je peux l’imaginer. Les températures plus basses sont une affaire d’habitude», fait valoir Sandra Reinhart, en précisant toutefois que le conseil municipal n’a pas encore débattu de la question. Elle ne peut en revanche pas vraiment imaginer que les illuminations de Noël soient durablement supprimées. «Je pense que nous les suspendrons à nouveau les années où nous ne serons pas menacés par une pénurie d’électricité.» Les économies d’énergie et d’argent réalisées par Amriswil grâce aux baisses de température ne sont pas chiffrables. «C’est très difficile à dire car cela dépend beaucoup des températures extérieures. Nous avons eu un automne doux, une vague de froid, puis un redoux marqué à la fin de l’année», argue la conseillère municipale. Des comparaisons avec d’autres années sont donc difficiles. «Les chiffres concrets sont moins importants que le fait de donner l’exemple», estime-t-elle. C’est pourquoi la communication est aussi primordiale. La ville a un concept de communication clair, elle informe régulièrement sur ses efforts dans son bulletin «Info Amriswil» et a publié des recommandations destinées à sa population. «Lorsque nous apportons une contribution, il est important d’informer et d’expliquer pourquoi cet engagement est essentiel.» C’est pour cette raison qu’Amriswil a aussi adhéré à l’Alliance pour les économies d’énergie (voir encadré). «Lorsque nous apportons une contribution, il est important d’informer et d’expliquer pourquoi cet engagement est essentiel.» Sandra Reinhart, conseillère municipale d’Amriswil (TG) Du fait de la situation actuelle avec la guerre en Ukraine, la menace de pénurie d’électricité et le changement climatique, il est capital que les communes donnent l’exemple. Pour Amriswil, dotée depuis douze ans du label «Cité de l’énergie», c’est une évidence. Et Sandra Reinhart espère que cet engagement inspirera des citoyennes et citoyens car «chaque petit geste compte.» Nadja Sutter

Quel avenir pour le statut de protection S? La position de l’ACS

L’invasion de l’Ukraine par la Russie en février dernier a conduit la Suisse à activer pour la première fois le statut de protection S. Celui-ci devait permettre un accueil rapide et sans complications des réfugiés de guerre en provenance d’Ukraine. Le statut de protection S est accordé pour une année et il mise sur le retour. Que va-t-il se passer une fois ce délai passé? Cela est notamment important pour les communes et les villes car elles sont en première ligne en ce qui concerne l’hébergement des réfugiés et les prestations d’intégration. Le statut de protection S a aussi occupé les Chambres fédérales. Lors d’une session extraordinaire en septembre, l’UDC a demandé dans plusieurs motions d’appliquer ce statut de protection de manière plus restrictive et de définir par exemple des régions sûres en Ukraine. Ces motions ont été rejetées à une nette majorité dans les deux Chambres. La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter a souligné que la situation était volatile et qu’il n’était pas possible aujourd’hui de déterminer des zones sûres. Un groupe de travail du Département fédéral de justice et police (DFJP) de Karin Keller-Sutter est actuellement en train d’évaluer le statut de protection S. L’Association des Communes Suisses a pris position dans ce contexte. Elle observe que le statut de protection S était approprié au début de la crise afin d’accueillir rapidement un grand nombre de réfugiés, l’enregistrement étant pris en charge de manière globale par la Confédération dans les centres fédéraux pour requérants d’asile (CFA). Le statut de protection a toutefois été fixé dans la loi dans les années 1990. Depuis, beaucoup de choses ont changé dans le système suisse de l’asile. Des points de friction sont ainsi apparus dans l’application de ce statut. Il est nécessaire d’agir au niveau législatif. Le transfert rapide dans les cantons et les communes des réfugiés ukrainiens enregistrés dans les CFA a entraîné un chamboulement des procédures d’asile éprouvées jusqu’ici. A l’échelle suisse, le non-respect au début d’une clé de répartition proportionnelle à la population a par ailleurs provoqué des inégalités régionales. Celles-ci ont encore été renforcées par une multitude de places d’hébergement offertes chez des privés. De nombreuses prestations d’intégration directes et indirectes sont fournies depuis le début de la crise par les communes et les villes. Le statut S étant orienté sur le retour des réfugiés, l’efficacité et la durabilité de nombreuses prestations d’intégration font débat. Pour l’avenir proche, il est nécessaire de disposer ici de règles mûrement pensées qui déterminent les tâches et les responsabilités dans le domaine de l’intégration et de la prise en charge. Une grande insécurité est aussi liée aux différents règlements particuliers qui privilégient les personnes au bénéfice d’un statut S par rapport aux autres requérants d’asile. Par exemple dans le domaine de l’aide sociale, du regroupement familial ou des voyages. Ce traitement inégal au sein des divers groupes de réfugiés doit être corrigé aussi rapidement que possible. L’acceptation au sein de la population, des autorités et chez les personnes directement concernées risque sinon de diminuer toujours davantage. Nadja Sutter, Fabio Pacozzi

Ce qui forge les communes

Le travail dans une commune tourne souvent autour d’éléments concrets: approvisionnement en eau, construction de routes, recettes fiscales. Pour une fois, «Commune Suisse» s’intéresse à des facteurs plus subjectifs, à ce qui caractérise les communes, c’est-à-dire leur identité. Celle-ci existe-t-elle vraiment? Voilà une question que se posent de nombreuses communes qui ont fortement grandi ces dernières années et dont la population n’est depuis longtemps plus seulement composée d’anciennes familles du lieu mais de nombreux nouveaux arrivants et nouvelles arrivantes. Presque partout perdurent toutefois des petites particularités et traditions qui ne marquent pas seulement la vie dans la commune mais qui peuvent aussi avoir un effet intégrateur. C’est ce que montre l’exemple de la commune argovienne de Mumpf, qui ne consacre pas seulement un musée à son histoire et à ses coutumes, mais également un dictionnaire en ligne. La langue est un marqueur identitaire particulièrement fort. C’est pourquoi notre magazine est pour une fois quadrilingue. L’interview de notre membre du comité Carmelia Maissen sur le plurilinguisme dans la commune de Ilanz/Glion n’est pas seulement publiée en allemand mais aussi en romanche. Nous nous penchons également dans ce numéro sur la situation de la deuxième langue minoritaire en Suisse, l’italien, en dehors du Tessin et des Grisons. L’identité se forge notamment dans les échanges avec les autres. C’est ce que montre notre exemple en Valais. Des partenariats entre communes francophones et germanophones y ont été noués afin de surmonter la barrière de la langue. Nadja Sutter

La région de Soleure sur le chemin du paradis du vélo

Trois femmes à bicyclette passent devant Sascha Attia. Le délégué vélo du canton de Soleure se trouve au bord d’une voie cyclable près de Zuchwil (SO). Derrière lui, on entend le bruit de l’autoroute au-dessus de laquelle passe un pont pour les cyclistes. A côté de lui, un terre-plein avec des arbres, ensuite une route plus petite et derrière un bâtiment industriel. «C’est un bon exemple pour un chemin cyclable. Il est assez large pour pouvoir croiser et bien séparé de la route pour le trafic individuel motorisé», fait valoir Sascha Attia. Il se penche et active le compteur sur le sol avec un aimant. Grâce à une app, il peut maintenant faire le décompte des vélos qui sont passés depuis le début des mesures mais aussi ce jour-là. Le compteur est quasiment imperceptible pour les cyclistes. Il s’agit d’une boucle d’induction qui est visible sur l’asphalte sous la forme d’une bande en treillis. Ces mesures sont utiles pour la planification des voies cyclables prioritaires dans le canton. Celles-ci doivent permettre aux cyclistes de rouler de manière aussi sûre que possible d’un point A à un point B. Par exemple de Soleure à Subingen en passant par Zuchwil et Derendingen. «Commune Suisse» a accompagné Sascha Attia sur cet itinéraire déjà réalisé. D’autres sont planifiés. De Zuchwil, le tracé continue en direction de Derendingen. Au pont sur l’Emme, la piste cyclable devient plus étroite, nous devons freiner. «Cet endroit n’est pas idéal, mais nous ne pouvons pas élargir le pont. Nous devons nous adapter aux conditions du lieu.» Sascha Attia sait ce que les cyclistes apprécient: des pistes larges, bien séparées du trafic automobile et poids lourds, si possible en ligne directe et avec une infrastructure homogène, afin de ne pas devoir trop freiner ou s’arrêter. Un savoir indispensable. «Nous devons planifier les voies cyclables là où les gens roulent à vélo, fait-il valoir. Les itinéraires doivent être compris de façon intuitive.» La meilleure infrastructure ne sert à rien si elle se trouve au mauvais endroit, car elle ne sera pas utilisée. Le Canton de Soleure a la compétence de planifier et de réaliser des itinéraires cyclables prioritaires et principaux sur les routes communales. Une responsabilité qui incombe à Sascha Attia. Ces parcours relient plusieurs localités entre elles. Les itinéraires cyclables prioritaires sont conçus pour plus de 1000 vélos par jour, les itinéraires cyclables principaux pour plus de 500 vélos par jour. La planification s’appuie sur les déplacements des pendulaires: combien de personnes se rendent régulièrement de quel endroit à quel autre? Les communes soleuroises restent compétentes pour le réseau cyclable communal. Celui-ci doit par exemple permettre de se rendre à vélo d’un quartier au centre de la localité pour effectuer des achats. «Les communes ont aussi besoin d’une bonne planification du réseau et d’une coordination, souligne Sascha Attia. Des projets isolés peuvent certes être utiles, mais uniquement s’ils sont planifiés en gardant à l’œil l’ensemble du tracé.» La collaboration entre les communes est centrale. «Les cyclistes se moquent des frontières communales et cantonales, précise-t-il. Ils ne comprennent pas qu’une voie cyclable s’arrête à la limite d’une commune ou d’un canton.» «Les communes ont besoin d’une bonne planification du réseau. Des projets isolés peuvent certes être utiles, mais uniquement s’ils sont planifiés en gardant à l’œil l’ensemble du tracé.» Sascha Attia, délégué vélo du canton de Soleure Par le biais des projets d’agglomération, la Confédération encourage des mesures de circulation comme les itinéraires vélo. Dans l’agglomération soleuroise, une liaison cyclable est ainsi planifiée entre Granges et Soleure et elle figure dans la 4 e génération des projets d’agglomération. «Les projets d’agglomération sont aujourd’hui institutionnalisés, relève Sascha Attia. Il est maintenant important de bien réfléchir afin de savoir quels projets sont réalisables et dans quel laps de temps. Pour cela, une bonne planification du réseau est nécessaire.» Revenons à notre tour à vélo. De Derendingen, celui-ci conduit le long de l’Emme jusqu’à Luterbach et de là à nouveau à Soleure par Zuchwil. Dans cette localité, le tracé passe sous deux grandes routes et le chemin de fer, sans rencontrer d’obstacle. Sur la petite route, des pistes séparées sont marquées dans les deux sens pour les vélos et les piétons. C’est notamment en raison d’un tel projet que Zuchwil s’est hissée au deuxième rang des localités les plus favorables aux vélos de Suisse, juste derrière Berthoud (BE). Pour Sascha Attia, une infrastructure aussi bien développée et personnalisée n’est toutefois pas toujours nécessaire. Parfois, il est plus sensé de déplacer l’itinéraire sur une route de quartier tranquille, plutôt que d’installer des pistes cyclables sur une route principale. «Les cyclistes ne roulent pas volontiers sur des routes principales très fréquentées. Ils se rabattent d’eux-mêmes sur des routes plus calmes.» La planification des itinéraires pour les cyclistes tient justement compte de ce comportement. «Le vélo ne nécessite que ponctuellement de nouvelles infrastructures. C’est pourquoi une bonne planification du réseau est importante.» Nadja Sutter

Affronter les crises avec de bons exemples

Les crises se succèdent coup sur coup: pandémie de coronavirus, guerre en Ukraine et éventuelle pénurie d’électricité. A quoi s’ajoute le changement climatique qui plane au-dessus de nos têtes comme un nuage noir ou plutôt comme un soleil brûlant. Une réalité que l’été chaud et sec nous a cette fois clairement mise devant les yeux. La nécessité de diminuer nos émissions de CO 2 est largement acceptée politiquement et la mobilité est particulièrement visée. Compte tenu de la pénurie d’électricité qui menace, nous ne pouvons pas uniquement nous appuyer sur l’électrification du trafic motorisé. De nombreuses initiatives communales font progresser la mobilité douce, encouragent le trafic piétonnier et à vélo. Cette mobilité douce n’est pas forcément plus lente. Avec le vélo, on est souvent plus rapidement au centre-ville et dans les quartiers. Du moins quand des pistes cyclables ont été bien aménagées. Nous avons des exemples allant dans ce sens dans la région de Soleure et dans le val Maggia. Les projets d’agglomération pour la planification et le financement de telles infrastructures jouent un grand rôle. La consultation sur la 4 e génération des projets d’agglomération vient de s’achever. La région du Chablais, où nous avons suivi les responsables, était aussi concernée. L’article qui lui est consacré peut peut-être répondre à certaines interrogations en lien avec ces projets d’agglomération. Et donner des inputs pour de futurs projets. Affrontons les crises avec de bons exemples! Nadja Sutter

«Il est important que le système soit facile à utiliser»

Stéphane Schwab: L’objectif est de permettre à la population fribourgeoise d’avoir accès grâce à une plateforme à des services d’administration en ligne du canton et des communes. Le canton met à disposition des communes un guichet virtuel et des services de base. Ceux-ci englobent par exemple un programme pour authentifier des documents, un service de paiement ou un login pour la population. Ces services de base permettent aux communes de se concentrer sur le développement des prestations. La cyberadministration est un domaine très complexe. Si les 126 communes fribourgeoises doivent chacune réinventer la roue, c’est compliqué. Par exemple en matière d’e-inclusion, soit d’accès sans barrière aux prestations pour les personnes en situation de handicap. Si nous collaborons, nous pouvons exploiter des synergies et proposer à la population la même logique de navigation. Ce n’est pas seulement plus simple mais aussi moins cher pour les communes. Il n’y a qu’un point d’accès par le guichet virtuel. Derrière, il n’y a cependant pas une banque de données pour tout, mais plusieurs systèmes différents. Nous avons de très hauts standards de sécurité. Nous ne pouvons les garantir que parce que nous collaborons. Pour une seule commune, notamment une petite, cela pourrait être plus difficile et très cher de développer de tels standards de sécurité. Nous testons actuellement deux prestations d’administration en ligne dans des communes pilotes des sept districts et des deux régions linguistiques: l’annonce électronique d’un déménagement ainsi que la commande d’une attestation de domicile. Les tests ont débuté à la fin de 2021 et nous récoltons maintenant leurs résultats. Nous adapterons ensuite si nécessaire les prestations et les préparerons pour leur reprise dans d’autres communes. Cela devrait être possible fin 2022. Notre objectif est de mettre sur pied un catalogue standard avec diverses prestations de cyberadministration. Les communes peuvent s’informer à travers le catalogue et activer les prestations souhaitées. Le guichet virtuel et les services de base sont mis à disposition par le Canton de Fribourg. Le Conseil d’Etat a aussi financé un centre de conseils qui soutient les communes. L’Association des Communes Fribourgeoises, la Ville de Fribourg et le Rechenzentrum der Gemeinden Deutschfreiburgs travaillent actuellement à une feuille de route, à de premières prestations et à un outil d’aide. Les communes doivent être autonomes dès 2023. Les sondages montrent que la population et les communes veulent surtout une chose: une plateforme commune. Les gens ne veulent pas avoir à utiliser différents mots de passe pour des prestations différentes. Il est aussi important d’avoir une logique de navigation qui reste toujours la même afin de s’y retrouver rapidement. Bref, le système doit être facile à utiliser, aussi bien pour la population que pour les communes. Le guichet virtuel s’est d’ailleurs déjà implanté au sein de la population. Les sondages montrent que 65% des gens utilisent les services en ligne pour obtenir des documents d’état civil. A Fribourg, 97’000 personnes se sont déjà enregistrées pour les prestations cantonales. Nadja Sutter

«La cyberadministration a besoin d’une base solide»

«Numérisation et cyberadministration ne sont pas la même chose», souligne Philippe Jenny en préambule de l’entretien accordé à «Commune Suisse». Directeur depuis 2012 du Service de l’informatique de la Ville de Fribourg, il a dans cette fonction vécu de près les développements fulgurants dans ce secteur. «Lorsque nous parlons de numérisation, nous pensons notamment aux systèmes au sein de l’administration, comme l’infrastructure, les logiciels ou les banques de données que nous utilisons pour travailler.» La cyberadministration est en revanche la gestion purement numérique de prestations. «Plus rien n’est imprimé ou rempli à la main», note Philippe Jenny. Le but est que les systèmes communiquent entre eux et traitent des informations. «Remplir un formulaire qui doit ensuite être imprimé et retraité dans un service n’est pas de la cyberadministration.» On ne peut en parler qu’au moment où, suite à une demande, des processus sont enclenchés au sein des systèmes. Cela est valable aussi bien pour des demandes venant de la population, de l’extérieur donc, que pour des processus au sein de l’administration. La cyberadministration de la Ville de Fribourg est en plein développement. Philippe Jenny cite un exemple: le paiement des factures téléphoniques de ses quelque 600 employés. Auparavant, c’était une tâche complexe avec des piles de factures, ce qui prenait deux semaines. Le Service de l’informatique a développé une méthode pour consolider les factures et les transférer de façon groupée à la comptabilité. Deux semaines de travail sont ainsi économisées. Fribourg est aussi l’une des huit communes pilotes du canton qui testent actuellement le programme eDéménagement. Ce dernier permet aux habitants et habitantes d’annoncer leur déménagement en ligne. «Nous avons débuté le 1 er février, mais n’avons pas encore fait trop de publicité, précise-t-il. Nous voulons d’abord tester comment cela marche et devons encore améliorer certains processus. A l’arrière-plan, tout ne fonctionne en effet pas de façon purement numérique.» La publicité active n’aura lieu que quand tout marchera sans problème. «La confiance est centrale en informatique. La protection des données est un thème sensible et en tant que pouvoir public, nous devons être particulièrement fiables.» eDéménagement est dans tous les cas promis au succès, le nombre des usagers et usagères augmentant sans cesse. Mais Philippe Jenny ne veut pas encore citer des chiffres. «Il est trop tôt pour cela.» Philippe Jenny entend parfois des critiques parce que certains services ne sont pas encore en ligne. «Le fait est que la cyberadministration est une affaire très complexe.» Et particulièrement pour une commune. «Quand vous êtes une entreprise, vous offrez des prestations dans un secteur. Les communes, qu’elles aient 40 ou 400 000 habitants, offrent toujours des prestations dans de nombreux secteurs différents.» Il y a l’élimination des déchets, la gestion de l’eau, les finances, les écoles et bien plus encore. Cela complexifie les choses et exige des solutions très spécifiques. «L’objectif de la cyberadministration est de simplifier le travail et d’industrialiser les processus.» Philippe Jenny, chef du Service de l’informatique de la Ville de Fribourg Le défi est de connaître les processus et les besoins de ces divers secteurs et de développer des solutions sur mesure. «Cela nécessite d’abord beaucoup de travail au sein de l’administration, avant de pouvoir proposer une offre virtuelle à la population, relève Philippe Jenny. La cyberadministration a besoin d’une base solide.» Il faut procéder pas à pas et avancer uniquement quand une solution a fait ses preuves. Pour Philippe Jenny, la collaboration avec les autres communes et le canton est centrale. Il prend à nouveau un exemple: «Nous avons un système de réservation numérique pour les salles de gymnastique. Tous les processus se déroulent en ligne.» Pour ce faire, Fribourg a repris le système d’une autre ville. «La collaboration dans le secteur public a pour but de partager les frais de développement. Nous n’assumons ainsi qu’une partie de ces coûts, mais prenons en revanche pleinement en charge ceux pour l’installation et l’entretien.» Cette collaboration entre les communes est sensée car elles sont toutes confrontées aux mêmes défis et ne sont pas en concurrence sur ce terrain. Si des bonnes solutions sont partagées, des coûts peuvent être épargnés, ce qui est important car il s’agit d’argent public. Depuis 2018, les communes fribourgeoises et le canton collaborent étroitement sur le projet DIGI-FR. Ce que Philippe Jenny juge fructueux. «Je sens de la part du canton une grande volonté de travailler avec les communes.» Il est important que les solutions des communes et du canton soient compatibles, ce qui facilite les choses pour les communes. Malgré les développements actuels, le guichet communal analogue n’est pas encore obsolète. «Tout le monde n’a pas un smartphone ou accès à Internet. On ne peut pas laisser des gens de côté.» C’est pourquoi le guichet classique va subsister. «Le travail au guichet pourrait alors être axé sur l’aide aux personnes qui ont de la peine à s’orienter.» Ce n’est pas seulement ce travail qui pourrait être modifié par la cyberadministration, mais celui de nombreux employés communaux. «L’objectif de la cyberadministration est de simplifier le travail et d’industrialiser les processus.» C’est pourquoi il faudra éventuellement moins de personnel pour certaines tâches. Les communes sont responsables de ce personnel et devraient engager les ressources libérées de façon sensée. «Pour cela, il faut un plan, et cela doit être pris en compte lors du changement des processus», estime Philippe Jenny. Nadja Sutter

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