
Trois quarts de siècle dédiés au sauvetage à Estavayer-le-lac
Eté rime avec baignade, voile, paddle sur le lac… mais aussi avec danger. Pour porter secours à des personnes tombées à l’eau ou des embarcations à la dérive au sud du lac de Neuchâtel, la Société de Sauvetage d’Estavayer-le-lac, créée en 1951, reste mobilisable 24 heures sur 24. Soutenue par le Canton de Fribourg et la Commune d’Estavayer, elle joue un rôle de premier plan pour la société civile.
La Société de Sauvetage d’Estavayer-le-lac (SSE) compte environ 200 membres, tous volontaires, dont une trentaine pour le service d’intervention sur le lac, les autres étant actifs pour d’autres actions. «Ces dernières années, de nombreux jeunes âgés de 10 à 20 ans nous ont rejoints. Des anciens les secondent avec leur expertise», indique Gwennaëlle Riedweg, présidente d’une société qui fête en août ses 75 ans et dont les pôles d’activité recouvrent l’intervention, la formation et la prévention.
Mission de base
Tous les deux ans, avant les vacances d’été, des sauveteurs de la SSE rendent ainsi visite aux classes primaires d’Estavayer pour les rendre attentives aux dangers et aux comportements justes à adopter dans et sur l’eau. En complément de l’école, la SSE prodigue aussi des cours pour les 10 ans et plus désirant perfectionner leurs techniques de nage. «Pour poursuivre dans le secourisme, nous délivrons des brevets conformes aux lignes directrices de la Société Suisse de sauvetage», poursuit-elle. Pour les enseignants, parents et accompagnants, l’accent est mis notamment sur la prévention des noyades dites «silencieuses».
Secourir les usagers du lac qui sont en difficulté reste la mission de base de la SSE. Reliée à un système d’alarme, celle-ci est appelée par la police dès qu’une alerte est signalée. Une équipe de trois à quatre intervenants, selon leur disponibilité, peut alors partir en opération à bord du Jonas II, l’embarcation de la SSE. Qu’il s’agisse d’un problème technique sur un bateau ou d’un sauvetage à la personne. «La centrale d’engagement nous mobilise via l’alarme sur notre téléphone privé central. S’ensuit une brève description du cas. A nous de dire si nous sommes disponibles de suite, dans l’heure ou pas du tout. Notre responsable des interventions reçoit à ce moment-là les quittances de nos membres. Il évalue alors la situation et définit combien de sauveteurs sont nécessaires. C’est via notre groupe WhatsApp que l’on se coordonne pour partir en équipe complète», résume Gwennaëlle Riedweg.
Lac réparti en zones
Selon les cas, d’autres compagnies peuvent aussi intervenir. «Nous pouvons les contacter, le but étant d’arriver le plus vite possible. Selon la nature de l’alarme, nous obtenons du renfort», précise-t-elle. La police du lac et ses plongeurs ou encore la REGA, la nuit, peuvent compléter le dispositif pour des recherches liées en particulier à des personnes. Il faut agir souvent rapidement car les risques de noyade et d’hypothermie sont présents. La SSE forme au surplus de nouveaux pilotes pour conduire le Jonas II.
Avec un lac de Neuchâtel à cheval sur quatre cantons (NE, VD, FR, BE), c’est la police fribourgeoise qui gère la zone autour d’Estavayer. Mais comme la police ne possède qu’un seul bateau, il arrive qu’il opère déjà sur le lac de Morat ou en Gruyère. Comme toutes les communes n’ont pas de société de sauvetage sous la main, le lac de Neuchâtel a été scindé en plusieurs zones pour faciliter les interventions. «La société Sauvetage des Iris à Yverdon couvre la portion jusqu’à Yvonand. Nous prenons le relais jusqu’au port de Chevroux. De là, c’est la Société de sauvetage de Delley-Portalban-Gletterens qui intervient», dépeint-elle.
«Nous repêchons des kitesurfers au milieu du lac. Quand le vent faiblit, ils sont parfois trop loin pour revenir au bord.»
Avaries diverses
Avec l’arrivée de nouveaux sports nautiques sur le lac (paddle, kitesurf, windfoil, etc.), ces sociétés ne manquent pas de travail. Si à la hauteur de la réserve naturelle de la Grande Cariçaie des zones ont été interdites aux paddles, des avis de détresse s’invitent ailleurs. «Nous repêchons des kitesurfers qui ont chuté par exemple au milieu du lac. N’arrivant plus à remonter sur leur planche, ils s’épuisent. Et lorsque le vent faiblit, ils sont alors trop loin pour pouvoir revenir au bord», explique Gwennaëlle Riedweg. La SSE répond également à des pannes de moteur avec des bateaux remorqués sans faire le plein jusqu’à un port. Des voiliers et catamarans peuvent également se retourner à cause des vents violents. Et des embarcations sont retrouvées sans occupant et sans que la police ait été alertée. «Nous conseillons aux propriétaires de paddle d’inscrire leurs noms et téléphones sur les planches en cas de recherches», conclut Gwennaëlle Riedweg.
Le Canton de Fribourg et la Commune d’Estavayer allouent des aides à la SSE comme aux autres sociétés de sauvetage (Vully et Delley-Portalban). Son local, tout près du bord, a été mis à disposition par la commune qui en est propriétaire. Les dépenses de la SSE se résument surtout à des frais d’essence et d’entretien du bateau.
Joutes lacustres
«Le sauvetage, c’est un peu flou. On veut s’ouvrir à la population», lance Gwennaëlle Riedweg. Sa société fêtera les 22 et 23 août prochain ses 75 ans. Des joutes lacustres de sauvetage sportif sont programmées le samedi. «C’est ainsi que la SSE a été fondée. C’est dans notre ADN», indique-t-elle. On peut s’y inscrire par équipes de quatre pour des exercices dans et hors de l’eau, et sans esprit de compétition. Il s’agit de découvrir ici les techniques, méthodes et équipements. Le dimanche sera dédié aux partenaires: clubs sportifs de plongée, d’aviron, ambulanciers, pompiers, police du lac, plongeurs, samaritains. La station de filtration des eaux du lac et la Grande Cariçaie seront aussi représentées. Et le Musée d’Estavayer présentera des archives liées au lac.
Informations: www.sauvetage-estavayer.ch