La démarche Cool City, c’est bien plus que de planter davantage d’arbres.

Genève, laboratoire précurseur d’un territoire qui s’adapte au climat

16.06.2026
6 | 2026

Face à l’intensification des fortes chaleurs et du phénomène d’îlot de chaleur urbain, le canton de Genève lance, en 2019, la démarche Cool City dans le cadre du programme-pilote d’Adaptation aux changements climatiques de la Confédération. Le projet, qui s’inscrit dans la mise en œuvre du Plan climat cantonal, vise à expérimenter des solutions concrètes capables d’améliorer durablement le confort climatique de la population.

En 2019, peu de collectivités suisses abordent la question du rafraîchissement urbain de manière transversale, alors que l’adaptation aux changements climatiques nécessite des solutions globales, équitables, coordonnées et durables. Comment densifier sans aggraver la surchauffe urbaine? Comment rénover les espaces publics existants tout en améliorant la qualité de vie? Alors que l’adaptation aux changements climatiques nécessite des solutions globales, équitables, coordonnées et durables, en 2019, encore peu de collectivités suisses abordent la question du rafraîchissement urbain de manière transversale. Comment densifier sans aggraver la surchauffe urbaine? Comment rénover les espaces publics existants tout en améliorant la qualité de vie?

Pour accompagner ces arbitrages souvent complexes, l’Etat de Genève concrétise les objectifs du Plan climat cantonal pour lutter contre les fortes chaleurs en réunissant urbanistes, architectes, ingénieurs, spécialistes du paysage, chercheurs et collectivités publiques autour d’un objectif commun: intégrer les enjeux climatiques dans les projets d’aménagement. La démarche s’est construite en étroite collaboration avec l’UNIGE, la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (HEPIA), les communes partenaires ainsi que Latitude Durable, bureau d’étude chargé d’accompagner le projet. Il ne s’agissait pas seulement de planter davantage d’arbres, mais bien de repenser la manière de concevoir les espaces publics et les infrastructures. Fournir des réponses concrètes en proposant des outils et des mesures applicables à différentes échelles, du quartier à la cour d’école, telle était l'ambition de Cool City.

De la théorie à la pratique

Entre 2019 et 2023, cinq projets-pilotes ont servi de terrain d’expérimentation (voir l'illustration à droite). Chacun a permis d’éprouver, dans des contextes variés, des solutions de rafraîchissement et des processus de projets destinés à être reproduits et adaptés dans d’autres territoires.

À Boissonnas, un ancien parking a été transformé en oasis climatique grâce à la désimperméabilisation des sols, à la végétalisation et à une meilleure gestion des eaux pluviales. Dans les écoles, comme au cycle d’orientation de Sécheron, des préaux plus frais et conviviaux ont été créés en concertation avec les usagères et usagers. A Lancy, le concept d’«école-jardin» a intégré nature et usages collectifs au cœur d’un parc, en s’appuyant sur des données climatiques intégrées aux cahiers des charges et sur des spécialistes en environnement dans les concours d’architecture. D’autres projets ont exploré les liens entre architecture, espaces publics et densification urbaine, ainsi que l’amélioration du confort climatique des mobilités en rendant les parcours piétons, arrêts et espaces publics plus agréables lors des fortes chaleurs.

Le cahier 2 du rapport de projet offre une vue détaillée des cinq projets-pilotes avec pour objectif de présenter:

Les retours d’expérience qui pourront aider à intégrer les enjeux de l’adaptation aux changements climatiques dans les projets d’aménagement et d’infrastructure

Les outils les plus pertinents en fonction des stades et échelles des procédures

Construire aujourd’huila ville de demain

Au-delà des projets-pilotes, la démarche Cool City a permis de développer des outils très concrets aujourd’hui utiles aux communes et aux mandataires: méthodes de diagnostic microclimatique, indicateurs permettant d’évaluer les facteurs d’influence sur le confort thermique (ombrage, matériaux, vent, humidité, végétation ou présence d’eau) ou encore exemples de cahiers des charges intégrant les enjeux climatiques dès les premières phases de planification. Ces outils facilitent désormais l’intégration des questions de chaleur urbaine dans les appels d’offres, les projets d’espaces publics, les rénovations scolaires ou les opérations de densification.

L’un des apports majeurs de Cool City est précisément d’avoir transformé une problématique encore théorique il y a quelques années en critères opérationnels directement mobilisables par les collectivités. Cool City prouve qu’il n’est pas nécessaire de lancer immédiatement de grands projets coûteux pour agir: des interventions ciblées sur une cour d’école, une place publique, un arrêt de transport ou un parking peuvent déjà produire des effets mesurables sur le confort thermique.

Les principes développés à Genève – diagnostic climatique local, approche interdisciplinaire, expérimentation à petite échelle et implication des usagères et usagers – peuvent être transposés à divers contextes urbains. Ainsi, Cool City a contribué à faire sortir les enjeux climatiques du seul cercle des spécialistes pour les inscrire au cœur des politiques urbaines et du débat public.

Programme-pilote d’Adaptation aux changements climatiques

Entre 2013 et 2023, le programme-pilote de la Confédération a soutenu au total 81 projets qui doivent permettre à la Suisse de s’adapter aux changements climatiques, comme l’indique le site web de l’Office fédéral de l’environnement. Ce programme encourage des solutions novatrices dans toutes les régions du pays et épaule les communes, les régions et les cantons dans la mise en œuvre de mesures. La démarche Cool City de l’Etat de Genève était un des projets soutenus. 

Delia Fontaine
Direction de la durabilité et du climat
Adjointe scientifique
Etat de Genève